SurdosageLa sensibilité à la morphine variant sensiblement d’un individu à l’autre, des signes d’intoxication peuvent survenir chez l’adulte dès la prise d’une unitaire correspondant à une administration sous-cutanée ou intraveineuse d’environ 30 mg. Ces valeurs sont souvent dépassées chez les patients cancéreux, sans entraîner pour autant d’effets secondaires graves.
Une intoxication aux opiacés se traduit par la triade: myosis, dépression respiratoire et coma. Les pupilles commencent tout d’abord par se contracter jusqu’à avoir la taille de «têtes d’épingles». Puis, en cas d’hypoxie sévère, elles se dilatent. La respiration diminue fortement (jusqu’à atteindre 2 à 4 respirations par minute). Les signes d’une cyanose apparaissent.
Un surdosage par la morphine entraîne une obnubilation et une stupeur, et peut aller jusqu‘au coma. La pression artérielle reste tout d’abord normale, puis chute rapidement à mesure que l’intoxication progresse.
Une hypotension prolongée peut entraîner un état de choc. Une tachycardie, une bradycardie et une rhabdomyolyse peuvent survenir. On observe une chute de la température corporelle. La musculature squelettique se relâche et des crampes généralisées peuvent survenir occasionnellement, particulièrement chez les enfants. Le plus souvent, le décès est occasionné par une insuffisance respiratoire ou par certaines complications comme un oedème pulmonaire.
Traitement
En cas de perte de connaissance avec arrêt respiratoire, ventiler le patient, l’intuber et lui administrer un antagoniste des opiacés en intraveineux (0,4 mg de naloxone i.v., p.ex.). En cas d’insuffisance respiratoire prolongée, il faut administrer 1 à 3 doses en respectant un intervalle de 3 minutes entre elles, jusqu’à ce que la fréquence respiratoire soit redevenue normale et que le patient réagisse à nouveau à la douleur.
Il convient ensuite de surveiller étroitement le patient pendant au moins 24 heures, car la durée d’action de l’antagoniste des opiacés est plus courte que celle de la morphine, ce qui peut occasionner une nouvelle insuffisance respiratoire.
Chez les enfants, la dose unitaire de l’antagoniste des opiacés à administrer est de 0,01 mg par kg de poids corporel.
Des mesures de protection contre la déperdition de chaleur de même qu’un traitement volumique peuvent être nécessaires.
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