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Information professionnelle sur Bridion®:MSD Merck Sharp & Dohme AG
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PrésentationsTitulaireMise à jour 

Composition

Principes actifs
Sugammadex (sel de sodium).
Excipients
Natrii hydroxidum, acidum hydrochloricum, aqua ad iniectabilia.
Contient jusqu'à 9,7 mg/ml de sodium (voir «Mises en garde et précautions»).

Indications/Possibilités d’emploi

Décurarisation après bloc neuromusculaire induit par le rocuronium ou le vécuronium.
Chez l'enfant et l'adolescent, le sugammadex est recommandé uniquement pour la décurarisation après un bloc neuromusculaire induit par le rocuronium.

Posologie/Mode d’emploi

Le sugammadex ne doit être administré que par un anesthésiste ou sous la surveillance de celui-ci. L'utilisation d'une méthode appropriée de monitorage neuromusculaire est recommandée pour surveiller la récupération du bloc neuromusculaire.
La dose de sugammadex recommandée dépend du degré du bloc neuromusculaire mais non du protocole de l'anesthésie.
Posologie usuelle
Adultes
Le sugammadex peut être utilisé pour décurariser différents degrés de bloc neuromusculaire induit par le rocuronium ou le vécuronium.
Décurarisation en routine du bloc neuromusculaire
Une dose de 4,0 mg/kg de poids corporel est recommandée après réapparition de 1 à 2 réponses au Compte Post Tétanique (PTC) après un bloc neuromusculaire induit par le rocuronium ou le vécuronium. Le délai médian jusqu'à la récupération d'un rapport T4/T1 de 0,9 est alors d'environ 3 minutes (voir «Propriétés/Effets»).
Une dose de 2,0 mg/kg est recommandée après réapparition spontanée de la 2e réponse (T2). Le délai médian jusqu'à la récupération d'un rapport T4/T1 de 0,9 est alors d'environ 2 minutes (voir «Propriétés/Effets»).
L'utilisation des doses recommandées pour une décurarisation en routine conduit à un délai médian jusqu'à la récupération d'un rapport T4/T1 de 0,9 légèrement plus court pour le bloc neuromusculaire induit par le rocuronium comparativement au bloc neuromusculaire induit par le vécuronium.
Décurarisation immédiate du bloc neuromusculaire
En cas de nécessité clinique d'une décurarisation immédiate après administration de rocuronium, une dose de 16,0 mg/kg de sugammadex est recommandée.
L'administration de 16,0 mg/kg de sugammadex 3 minutes après une injection en bolus de 1,2 mg/kg de bromure de rocuronium permet un délai médian jusqu'à la récupération d'un rapport T4/T1 de 0,9 d'environ 1,5 minute (voir «Propriétés/Effets»).
En l'absence de données, le sugammadex n'est pas recommandé pour une décurarisation immédiate après un bloc neuromusculaire induit par le vécuronium.
Posologie en cas de récurrence du bloc neuromusculaire
Dans le cas exceptionnel d'une récurrence du bloc neuromusculaire en phase postopératoire (voir «Mises en garde et précautions») après une dose initiale de 2 mg/kg ou de 4 mg/kg de sugammadex, il est recommandé d'administrer une dose supplémentaire de 4 mg/kg de sugammadex. Il est possible que le patient ait besoin d'une ventilation artificielle. Après l'administration de cette seconde dose de sugammadex, le patient devra être étroitement surveillé afin de s'assurer d'une récupération stable de la fonction neuromusculaire.
Nouvelle administration de rocuronium ou de vécuronium après le sugammadex
Pour les délais d'attente à respecter avant une nouvelle administration de rocuronium ou de vécuronium après la décurarisation par sugammadex, voir «Mises en garde et précautions».
Instructions posologiques particulières
Posologie chez les patients obèses
Chez les patients obèses, y compris les patients présentant une obésité morbide (indice de masse corporelle ≥40 kg/m2), la dose de sugammadex devrait être basée sur le poids corporel réel. Les doses recommandées sont les mêmes que pour la population adulte.
Patients présentant des troubles de la fonction hépatique
Aucune étude n'a été effectuée auprès de patients atteints d'insuffisance hépatique. Le sugammadex étant principalement éliminé par voie rénale, les doses recommandées sont les mêmes chez les patients présentant une insuffisance hépatique légère à modérée sans coagulopathie simultanée que pour la population adulte.
La plus grande prudence est de rigueur lors de l'utilisation de sugammadex chez des patients présentant une insuffisance hépatique sévère ou une insuffisance hépatique accompagnée d'une coagulopathie (voir «Mises en garde et précautions»).
Patients présentant des troubles de la fonction rénale
Dans le cas d'une insuffisance rénale légère ou modérée (clairance de la créatinine entre 30 et 80 ml/min), les recommandations posologiques sont les mêmes que celles en vigueur pour les patients dont la fonction rénale est normale.
L'utilisation chez les patients présentant une insuffisance rénale sévère – y compris les patients nécessitant un traitement par dialyse (ClCr <30 ml/min) – n'est pas recommandée (voir «Mises en garde et précautions»).
Les données d'études dont on dispose sur la sécurité chez les patients souffrant d'insuffisance rénale sévère ne suffisent pas pour recommander une utilisation du sugammadex chez ce type de patients (voir «Propriétés/Effets»).
Concernant le délai nécessaire avant une nouvelle administration de rocuronium ou de vécuronium, voir «Mises en garde et précautions».
Patients âgés:
Bien que les délais de récupération semblent être globalement plus longs chez les patients âgés, les recommandations posologiques sont les mêmes que pour la population adulte. Après administration de sugammadex à la réapparition de la 2e réponse (T2) après un bloc neuromusculaire induit par le rocuronium, le délai médian jusqu'à la récupération d'un rapport T4/T1 de 0,9 était de 2,2 minutes chez l'adulte (18 à 64 ans), de 2,6 minutes chez le sujet âgé (65 à 74 ans) et de 3,6 minutes chez le sujet très âgé (75 ans et plus) (voir «Mises en garde et précautions»).
Enfants et adolescents
Enfants et adolescents (de 2 à 17 ans):
Pour une décurarisation en routine du bloc neuromusculaire induit par le rocuronium lors de la réapparition de T2 chez l'enfant et l'adolescent (2-17 ans), les doses recommandées sont les mêmes que pour la population adulte. D'autres situations de décurarisation n'ont pas été étudiées et, par conséquent, le sugammadex n'est pas recommandé dans ces situations en l'absence de données supplémentaires disponibles.
Chez l'enfant et l'adolescent, l'administration de doses supérieures à 2,0 mg/kg (comme dans le cas d'une décurarisation immédiate) n'a pas été étudiée et n'est par conséquent pas recommandée en l'absence de données complémentaires disponibles.
Bridion peut être dilué pour une plus grande précision de la dose administrée dans la population pédiatrique (voir «Remarques particulières»).
Nouveau-nés et enfants en bas âge:
Les données sur l'utilisation du sugammadex chez l'enfant en bas âge (de 30 jours à 2 ans) sont très limitées; son utilisation chez le nouveau-né (moins de 30 jours) n'a pas été étudiée. L'utilisation du sugammadex chez les nouveau-nés ainsi que chez les enfants en bas âge n'est donc pas recommandée en l'absence de données supplémentaires disponibles.
Mode d'administration
Le sugammadex doit être administré rapidement (en 10 secondes) par voie intraveineuse, de préférence en bolus unique, dans un cathéter intraveineux déjà mis en place (voir «Remarques particulières»). Au cours des études cliniques, le sugammadex n'a été administré que par injection en bolus unique.

Contre-indications

Hypersensibilité au principe actif ou à l'un des excipients (voir «Composition»).

Mises en garde et précautions

Surveillance de la fonction respiratoire au cours de la récupération
Le patient doit être mis sous respiration artificielle jusqu'au retour d'une respiration spontanée efficace après décurarisation du bloc neuromusculaire.
Même après décurarisation complète, d'autres médicaments utilisés en période péri- et postopératoire peuvent déprimer la fonction respiratoire, c'est pourquoi une ventilation assistée peut encore être nécessaire.
En cas de récurrence du bloc neuromusculaire après l'extubation, une ventilation assistée adéquate devra être mise en place.
Récurrence du bloc neuromusculaire
Dans des études cliniques menées auprès de patients traités par le rocuronium ou le vécuronium (n=2022), dans le cadre desquelles le sugammadex a été administré à la dose recommandée pour le degré de bloc neuromusculaire, une récurrence du bloc neuromusculaire a été observée avec une incidence de 0,20% d'après la surveillance neuromusculaire ou le constat clinique. Les doses inférieures à la dose recommandée peuvent entraîner un risque accru de récurrence du bloc neuromusculaire après la décurarisation initiale et ne doivent donc pas être utilisées (voir «Posologie/Mode d'emploi»).
Délai nécessaire avant une nouvelle administration de curares après décurarisation par le sugammadex
Tableau 1: Nouvelle administration de rocuronium ou de vécuronium après la décurarisation en routine du bloc neuromusculaire chez les patients dont la fonction rénale est normale (sugammadex allant jusqu'à 4 mg/kg)

Délai d'attente minimal

Curarisant et dose à administrer

5 minutes

Rocuronium 1,2 mg/kg

4 heures

Rocuronium 0,6 mg/kg ou
Vécuronium 0,1 mg/kg

Lorsque le rocuronium est administré à la dose de 1,2 mg/kg dans les 30 minutes suivant la décurarisation du bloc neuromusculaire par sugammadex, l'apparition du bloc neuromusculaire peut être retardée jusqu'à environ 4 minutes et la durée du bloc neuromusculaire peut être raccourcie jusqu'à une durée d'environ 15 minutes.
D'après les modélisations pharmacocinétiques, le délai d'attente après une décurarisation en routine du bloc neuromusculaire par sugammadex chez les patients présentant une insuffisance rénale légère ou modérée doit être de ≥24 h avant une nouvelle administration de rocuronium 0,6 mg/kg ou de vécuronium 0,1 mg/kg. En cas de nécessité urgente de raccourcir le délai d'attente, la dose de rocuronium pour l'obtention d'un nouveau bloc neuromusculaire doit être de 1,2 mg/kg.
Nouvelle administration de rocuronium ou de vécuronium après la décurarisation immédiate du bloc neuromusculaire (sugammadex 16 mg/kg):
Pour ces cas très rares, on recommande un délai d'attente de ≥24 heures.
En cas de nécessité d'un bloc neuromusculaire avant la fin du délai recommandé, un agent de blocage neuromusculaire non stéroïdien devra être utilisé. La prise d'effet d'un curarisant dépolarisant peut être plus lente qu'attendue, une proportion considérable de récepteurs nicotiniques post-synaptiques pouvant encore être occupée par le curarisant.
Insuffisance rénale
L'utilisation de sugammadex chez les patients présentant une insuffisance rénale sévère – y compris les patients dialysés (ClCr <30 ml/min) – n'est pas recommandée (voir «Propriétés/Effets» et «Pharmacocinétique»).
Interactions dues à une prolongation de l'effet du rocuronium ou du vécuronium
Lors de l'utilisation de médicaments potentialisant le bloc neuromusculaire au cours de la période postopératoire, il convient de surveiller attentivement la possibilité d'une récurrence possible du bloc neuromusculaire. Pour connaître la liste des médicaments spécifiques potentialisant le bloc neuromusculaire, reportez-vous à la notice d'emballage du rocuronium ou du vécuronium. En cas de récurrence du bloc neuromusculaire, il est possible que le patient doive être placé sous ventilation assistée et recevoir une nouvelle dose de sugammadex (voir «Posologie/Mode d'emploi»).
Interactions potentielles
Interactions par formation d'un composé complexe:
Après administration de sugammadex, l'efficacité de certains médicaments peut être réduite par diminution de leurs concentrations plasmatiques libres (voir «Interactions, Contraceptifs hormonaux»).
Lorsqu'un tel cas est observé, il est conseillé au clinicien d'envisager une nouvelle administration du médicament impliqué, l'administration d'un équivalent thérapeutique (de préférence un principe actif de classe différente) et/ou des interventions non pharmacologiques.
Interactions par déplacement:
Le rocuronium ou le vécuronium peuvent en théorie être déplacés du sugammadex par l'administration de certains médicaments après le sugammadex. Actuellement, peu de substances sont susceptibles de produire des interactions par déplacement (torémifène et acide fusidique, voir «Interactions»). Celles-ci peuvent entraîner une recurarisation. Dans ce cas, le patient devra être placé sous ventilation assistée. L'administration du médicament ayant entraîné un tel déplacement devra être arrêtée en cas de perfusion. Dans les situations susceptibles d'entraîner une interaction, les patients doivent être surveillés attentivement (pendant 15 minutes environ, pour détecter les signes d'une éventuelle recurarisation) après l'administration parentérale d'un autre médicament dans les 7,5 heures suivant l'administration du sugammadex.
Complications anesthésiques
Au cours d'essais cliniques sur une décurarisation immédiate, une décurarisation après un bloc neuromusculaire par sugammadex a été réalisée volontairement à mi-anesthésie. Des signes de récupération de la fonction neuromusculaire ont alors occasionnellement pu être observés (mouvement, toux, grimaces et déglutition).
En cas de décurarisation après un bloc neuromusculaire en cours d'anesthésie, des doses supplémentaires d'anesthésiques et/ou d'opiacés devront être administrées conformément aux pratiques cliniques courantes (voir «Effets indésirables»).
Bradycardie prononcée
On a observé dans de rares cas une bradycardie prononcée en l'espace de quelques minutes après l'administration de sugammadex. Des cas isolés de bradycardie avec arrêt cardiaque ont été rapportés (voir «Effets indésirables»). Chez les patients traités par sugammadex, les paramètres hémodynamiques doivent être surveillés étroitement pendant et après l'administration du sugammadex. Si une bradycardie cliniquement significative est observée, il faut prendre immédiatement les mesures d'urgence qui s'imposent et administrer un anticholinergique (par exemple de l'atropine).
Insuffisance hépatique
Le sugammadex n'est ni métabolisé ni excrété par le foie; par conséquent, aucune étude spécifique n'a été réalisée chez des patients présentant une insuffisance hépatique.
Les patients en insuffisance hépatique sévère doivent être traités avec un maximum de précaution. La durée de récupération pourrait être prolongée. Si l'insuffisance hépatique est associée à une coagulopathie, il faut tenir compte des informations fournies au sujet de l'influence sur l'hémostase.
Utilisation en unité de soins intensifs
Le sugammadex n'a pas été étudié chez les patients en unité de soins intensifs.
Décurarisation après un bloc neuromusculaire induit par des curares autres que le rocuronium/vécuronium
Le sugammadex ne doit pas être utilisé pour une décurarisation après un bloc neuromusculaire induit par des curares non stéroïdiens comme la succinylcholine ou les benzylisoquinolines.
Le sugammadex ne doit pas être utilisé pour une décurarisation après un bloc neuromusculaire induit par des curares stéroïdiens autres que le rocuronium ou le vécuronium car il n'existe pas de données d'efficacité et de sécurité dans ces situations.
Les données sur l'utilisation du sugammadex pour la décurarisation après un bloc neuromusculaire induit par le pancuronium étant limitées, l'utilisation du sugammadex est déconseillée dans cette situation.
Temps de récupération prolongé
Dans certaines conditions associées à un prolongement du temps de circulation, par exemple maladies cardiovasculaires, sénescence (voir «Posologie/Mode d'emploi) ou état œdémateux (p.ex. insuffisance hépatique sévère), le temps de récupération est prolongé.
Effet sur l'hémostase
Dans une étude chez des volontaires, des doses de 4 mg/kg et de 16 mg/kg de sugammadex ont allongé le temps moyen de céphaline activée (TCA) de 17 à 22% au maximum et le temps de prothrombine (TP[INR]) de 11 à 22%. Ces allongements limités observés pour les valeurs moyennes de TCA et de TP[INR] ont été de courte durée (≤30 minutes). Sur la base des données cliniques (n=3519), aucun effet cliniquement significatif n'a été constaté sur l'incidence des complications hémorragiques péri-opératoires ou postopératoires lors d'une administration de sugammadex seul ou en association avec d'autres anticoagulants.
Dans une étude menée auprès de 1184 patients soumis à une intervention chirurgicale, qui étaient en même temps sous traitement anticoagulant, une légère augmentation transitoire de 5,5% du TCA resp. de 3,0% du TP[INR] a été observée dans l'heure suivant l'administration du sugammadex 4 mg/kg. Cette augmentation n'a pas causé d'augmentation cliniquement manifeste du risque hémorragique dans cette étude.
Un allongement supplémentaire du TCA et du TP a été observé sous sugammadex en association avec des antagonistes de la vitamine K, l'héparine non fractionnée, des héparinoïdes de bas poids moléculaire, le rivaroxaban et le dabigatran lors d'expériences in vitro. Cette interaction pharmacodynamique n'est pas cliniquement significative chez les patients recevant un traitement anticoagulant prophylactique post-opératoire de routine. Des précautions doivent être prises au moment de prendre la décision d'utiliser le sugammadex chez des patients recevant un traitement anticoagulant pour une pathologie préexistante ou présente actuellement.
Une augmentation du risque hémorragique ne peut être exclue chez les patients:
·présentant des déficits héréditaires en facteurs de la coagulation dépendants de la vitamine K;
·présentant des coagulopathies préexistantes connues;
·traités par des dérivés coumariniques et présentant un INR supérieur à 3,5;
·traités par des anticoagulants et recevant une dose de 16 mg/kg de sugammadex.
S'il y a une nécessité médicale à administrer du sugammadex à ces patients, l'anesthésiste devra déterminer si le bénéfice l'emporte sur le risque potentiel de complications hémorragiques, en tenant compte des antécédents d'épisodes hémorragiques du patient et du type de chirurgie prévue. Si du sugammadex est administré à ces patients, il est recommandé de surveiller les paramètres de l'hémostase et de la coagulation.
Le risque hémorragique sous sugammadex >4 mg/kg n'ayant pas été systématiquement étudié, les paramètres de la coagulation doivent être surveillés attentivement, conformément à la pratique clinique de routine, chez les patients présentant une coagulopathie et les patients anticoagulés qui reçoivent du sugammadex à la dose de 16 mg/kg.
Hypersensibilité au médicament
Les cliniciens doivent être préparés au risque de survenue de réactions d'hypersensibilité au médicament (y compris de réactions anaphylactiques) et doivent prendre les précautions nécessaires (voir «Effets indésirables»).
Les symptômes associés aux réactions d'hypersensibilité peuvent être: flush, urticaire, éruption érythémateuse, hypotension (sévère), tachycardie, gonflement de la langue, gonflement du pharynx, bronchospasme et obstruction pulmonaire. Les réactions sévères d'hypersensibilité peuvent être mortelles.
Sodium
Ce médicament contient jusqu'à 9,7 mg de sodium par ml, ce qui équivaut à 0,5% de l'apport alimentaire quotidien maximal recommandé par l'OMS de 2 g de sodium par adulte.

Interactions

Interactions avec d'autres médicaments/autres formes d'interactions
Les informations contenues dans cette rubrique sont basées sur l'affinité de la liaison entre le sugammadex et d'autres médicaments, sur des expérimentations précliniques, des études cliniques et des données de modélisation des effets pharmacodynamiques de substances causant un bloc neuromusculaire avec prise en compte des interactions pharmacocinétiques entre ces substances causant un bloc neuromusculaire et le sugammadex. Sur la base de ces données, aucune interaction pharmacodynamique cliniquement significative avec d'autres médicaments n'est attendue à l'exception des suivants:
Pour le torémifène et l'acide fusidique, une interaction par déplacement ne peut pas être exclue (aucune interaction cliniquement significative due à une formation de complexes n'est attendue).
Pour les contraceptifs hormonaux, une interaction cliniquement significative due à une formation de complexes ne peut pas être exclue (aucune interaction due à un déplacement n'est attendue).
Interactions pouvant potentiellement modifier l'efficacité du sugammadex (voir «Mises en garde et précautions»)
Torémifène:
Le torémifène, qui présente une affinité de liaison relativement élevée pour le sugammadex et peut être présent à des concentrations plasmatiques relativement élevées, peut causer un certain déplacement du vécuronium ou du rocuronium du complexe formé avec le sugammadex. Le délai jusqu'à la récupération d'un rapport T4/T1 de 0,9 peut par conséquent être allongé chez les patients ayant reçu du torémifène le jour même de l'intervention.
Administration intraveineuse d'acide fusidique:
L'administration d'acide fusidique en phase préopératoire peut prolonger le temps jusqu'au rétablissement du rapport T4/T1 à 0,9. Aucune recurarisation n'est attendue en phase postopératoire, étant donné que l'acide fusidique est perfusé sur plusieurs heures et que les taux sanguins s'accumulent sur 2 à 3 jours. Au sujet d'une nouvelle administration de sugammadex, voir «Posologie/Mode d'emploi».
Interactions pouvant modifier l'efficacité d'autres médicaments (voir «Mises en garde et précautions»).
Contraceptifs hormonaux:
Dans un modèle de simulation PC/PD, l'administration de 4 mg/kg de sugammadex a entraîné une réduction de la concentration du progestatif (34% de l'ASC) comparable à celle observée en cas de prise d'un contraceptif oral avec 12 heures de retard, ce qui peut en réduire l'efficacité. Dans le cas d'œstrogènes, l'effet attendu est plus faible. Par conséquent, l'administration d'une injection de sugammadex peut être considérée comme équivalente à l'oubli d'une dose quotidienne d'un contraceptif hormonal oral (progestatif ou œstroprogestatif). En cas de prise d'un contraceptif oral le jour de l'opération, se reporter aux instructions données en cas d'oubli d'une prise dans la notice du contraceptif oral.
Dans le cas de contraceptifs hormonaux non administrés par voie orale, la patiente devra utiliser en complément une autre méthode contraceptive non hormonale pendant les 7 jours suivants. De plus, il faut signaler à la patiente qu'elle doit consulter la notice d'emballage du contraceptif.
Interférence avec les examens de laboratoire
Une interférence avec le test de dosage de la progestérone sérique a été observée avec des concentrations plasmatiques de sugammadex de 100 µg/ml (pics de concentration plasmatique après injection en bolus de 8 mg/kg).
Dans une étude chez des volontaires, des doses de 4 mg/kg et de 16 mg/kg de sugammadex ont allongé le temps moyen de céphaline activée (TCA) de 17 à 22% au maximum et le temps de prothrombine (TP[INR]) de 11 à 22%. Dans tous les cas, ce léger allongement était de courte durée (≤30 minutes).
Une interaction pharmacodynamique (allongement du TCA et du TP) avec des antagonistes de la vitamine K, l'héparine non fractionnée, des héparinoïdes de bas poids moléculaire, le rivaroxaban et le dabigatran a été mise en évidence lors d'expériences in vitro (voir «Mises en garde et précautions»).
Patients pédiatriques
Aucune étude d'interaction n'a été réalisée chez l'enfant. Les interactions, mises en garde et précautions mentionnées ci-dessus chez l'adulte doivent également être prises en compte pour la population pédiatrique.

Grossesse, allaitement

Grossesse
Il n'existe pas de données disponibles sur l'utilisation du sugammadex chez la femme enceinte.
Les études chez l'animal n'ont pas montré d'effets délétères directs ou indirects sur la gestation, le développement embryonnaire ou fœtal, la parturition ainsi que sur le développement postnatal.
Pendant la grossesse, le sugammadex ne doit être administré qu'en cas d'absolue nécessité.
Allaitement
Chez les rates, au maximum 0,22% de la dose de sugammadex administrée est excrété dans le lait. La teneur dans le lait diminue proportionnellement à la baisse de la concentration plasmatique. Le sugammadex absorbé avec le lait n'a aucun effet sur les paramètres de survie ou de poids corporel ni sur les paramètres physiques, comportementaux ou développementaux des rats nouveau-nés examinés dans le cadre d'études de développement péri- et postnatal. L'excrétion du sugammadex dans le lait maternel n'a pas été étudiée chez l'être humain. En se basant sur des données précliniques, on peut toutefois s'attendre à une telle excrétion. L'utilisation de sugammadex pendant l'allaitement n'est pas conseillée.

Effet sur l’aptitude à la conduite et l’utilisation de machines

Bridion n'a aucune influence sur l'aptitude à la conduite ou l'utilisation de machines.

Effets indésirables

La sécurité du sugammadex a été évaluée chez 3519 sujets à l'aide de la base de données de sécurité réunissant les données des phases I à III.
Dans le sous-groupe des études cumulatives, contrôlées versus placebo, dans lesquelles les sujets ont reçu une anesthésie et/ou des curarisants (1078 patients ayant reçu du sugammadex versus 544 patients ayant reçu du placebo), les effets indésirables suivants ont été observés:
Tableau 2: Pourcentage d'expositions de patients présentant des effets indésirables avec une incidence ≥2% et au moins deux fois plus fréquente par rapport au placebo qui ont reçu une anesthésie et/ou des curarisants dans les études cumulatives, contrôlées versus placebo de phases I à III

Classe de systèmes d'organes

Effets indésirables (Preferred Term)

Sugammadex

Placebo

(n=1078)

(n=544)

%

%

Lésions, intoxications et complications d'interventions

Complication respiratoire de l'anesthésie

4

0

Complication de l'anesthésie

3

<1

Hypotension lors d'une intervention

3

2

Complication lors d'une intervention

2

1

Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales

Toux

5

2

Les complications liées à l'anesthésie ou à l'intervention chirurgicale ont été classées par les médecins investigateurs des études cliniques dans les catégories ci-dessous d'effets indésirables et ont englobé les termes suivants:
Complication respiratoire de l'anesthésie:
Les complications respiratoires de l'anesthésie ont englobé une violente résistance à la ventilation par sonde endotrachéale (cabrade), une toux, une légère cabrade, une réaction d'éveil pendant l'intervention chirurgicale, de la toux pendant l'anesthésie ou l'intervention chirurgicale, ou une respiration contre le ventilateur (respiration spontanée du patient pendant l'anesthésie).
Complication de l'anesthésie:
Les complications anesthésiques indiquant une restauration de la fonction neuromusculaire englobent des mouvements d'un membre ou du corps ou une toux pendant l'anesthésie ou l'intervention chirurgicale, des grimaces ou la succion de la sonde endotrachéale (voir «Mises en garde et précautions»).
Complication lors d'une intervention:
Les complications lors d'une intervention ont englobé toux, tachycardie, bradycardie, mouvement et fréquence cardiaque augmentée.
Les effets indésirables suivants ont été rapportés conformément aux données de sécurité cumulées des études cliniques contrôlées versus placebo de phases I à III:
[très fréquents (≥1/10), fréquents (≥1/100 à <1/10), occasionnels (≥1/1000 à <1/100), rares (≥1/10'000 à <1/1000), très rares (<1/10'000, y compris cas isolés)].
Affections du système nerveux
Occasionnels: sensation vertigineuse.
Affections psychiatriques
Rares: insomnie.
Affections de l'oreille et du labyrinthe
Occasionnels: vertige.
Affections cardiaques
Occasionnels: tachycardie.
Rares: extrasystoles.
Affections vasculaires
Occasionnels: hypotension, hématome, hypertension.
Rares: collapsus circulatoire.
Affections hématologiques et du système lymphatique
Occasionnels: anémie.
Rares: hématies anormales.
Affections du rein et des voies urinaires
Rares: incontinence urinaire, rétention urinaire.
Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales
Fréquents: toux.
Rares: hoquet, éternuement.
Affections gastro-intestinales
Fréquents: nausées, vomissement.
Occasionnels: bouche sèche.
Rares: symptômes abdominaux, constipation, diarrhée, ptyalisme.
Affections de la peau et du tissu sous-cutané
Occasionnels: érythème, urticaire.
Rares: hyperhidrose.
Affections musculosquelettiques et du tissu conjonctif
Occasionnels: faiblesse musculaire.
Troubles du métabolisme et de la nutrition
Rares: appétit diminué, hypokaliémie.
Troubles généraux et anomalies au site d'administration
Fréquents: réponse thérapeutique diminuée.
Rares: frissons, sensation de modification de la température corporelle, malaise, œdèmes périphériques, fièvre.
Lésions, intoxications et complications d'interventions
Occasionnels: anémie postopératoire, complication respiratoire de l'anesthésie, complication de l'anesthésie, hémorragie post intervention, retard du réveil postanesthésie, complication lors d'une intervention, hypotension lors d'une intervention, hémorragie due à une plaie.
Rares: complications après une intervention, hématome postopératoire, durée de l'anesthésie diminuée, étourdissement lié à une intervention, vomissement lié à une intervention, hématome sous-cutané, conscience indésirable pendant l'anesthésie.
Actes médicaux et chirurgicaux
Rares: anesthésie superficielle, drainage après intervention.
Investigations
Occasionnels: albumine urinaire présente, bêta-2-microglobuline urinaire augmentée, N-acétyl-β-D-glucosaminidase augmentée, intervalle QT prolongé à l'électrocardiogramme, bilirubine sanguine augmentée, hématocrite diminué, hémoglobine diminuée, numération plaquettaire diminuée.
Rares: temps de céphaline activée allongé, bêta-2-microglobuline augmentée, créatinine sanguine augmentée, glucose sanguin augmenté, pression artérielle diminuée, intervalle QT anormal sur électrocardiogramme, haptoglobine diminuée, fréquence cardiaque diminuée, INR (international normalised ratio) augmenté, prothrombine augmentée, globules rouges diminués.
Description de certains effets indésirables
Réactions d'hypersensibilité au médicament:
Les réactions d'hypersensibilité au sugammadex observées dans les études cliniques ont compris des réactions cutanées isolées jusqu'à des réactions systémiques sévères (c.-à-d. anaphylaxie, choc anaphylactique) et sont survenues chez des patients n'ayant pas été exposés au préalable au sugammadex.
Dans une étude randomisée réalisée en double aveugle, l'incidence des réactions d'hypersensibilité a été examinée chez des sujets ayant reçu jusqu'à trois doses consécutives d'un placebo (n=76), de sugammadex 4 mg/kg (n=151) ou de sugammadex 16 mg/kg (n=148). Les rapports de réactions d'hypersensibilité suspectées ont été soumis à l'appréciation en aveugle d'un comité. L'incidence des réactions d'hypersensibilité confirmées était de 1,3% dans le groupe ayant reçu le placebo, de 6,6% dans le groupe ayant reçu du sugammadex 4 mg/kg et de 9,5% dans le groupe ayant reçu le sugammadex 16 mg/kg. Il n'y a eu aucun rapport d'anaphylaxie après l'administration du placebo ou du sugammadex 4 mg/kg. Un cas unique d'anaphylaxie confirmée s'est produit après la première dose de sugammadex 16 mg/kg (incidence de 0,7%). On n'a trouvé aucune preuve d'une augmentation de la fréquence ou de la sévérité des réactions d'hypersensibilité en rapport avec l'administration répétée de sugammadex.
Trois cas confirmés d'anaphylaxie (incidence de 2,0%), survenus tous les trois après l'administration de sugammadex 16 mg/kg, avaient été rapportés dans une étude précédente de conception similaire.
Bradycardie prononcée:
Après la commercialisation du médicament, des cas isolés de bradycardie prononcée et de bradycardie avec arrêt cardiaque ont été observés en l'espace de quelques minutes après l'administration de sugammadex (voir «Mises en garde et précautions»).
Informations complémentaires concernant des populations particulières
Patients ayant une pathologie pulmonaire:
Dans le cadre de la surveillance post-commercialisation et dans un essai clinique chez des patients présentant des antécédents de complications pulmonaires, un bronchospasme a été rapporté comme étant un effet indésirable possible. Comme pour tous les patients avec des antécédents de complications pulmonaires, le médecin doit être averti de la survenue possible d'un bronchospasme.
Population pédiatrique:
Les données limitées à disposition suggèrent que le profil de sécurité du sugammadex (jusqu'à 4 mg/kg) chez les patients pédiatriques est comparable à celui observé chez l'adulte.
Patients présentant une obésité morbide:
Dans une étude clinique chez des patients présentant une obésité morbide, le profil des effets indésirables était généralement similaire à celui observé chez les patients adultes dans les études cumulatives de phases I à III (voir Tableau 2).
Patients atteints d'une maladie systémique sévère:
Dans une étude des patients classés comme American Society of Anesthesiologists (ASA) de classe 3 ou 4 (patients atteints d'une maladie systémique sévère ou ceux ayant une maladie systémique sévère qui est une menace constante à la vie), le profil d'effets indésirables chez ces patients de classes ASA 3 et 4 était généralement similaire à celui observé chez les patients adultes dans les études cumulatives de phases I à III (voir tableau ci-dessus). Voir la rubrique «Propriétés/Effets».
L'annonce d'effets secondaires présumés après l'autorisation est d'une grande importance. Elle permet un suivi continu du rapport bénéfice-risque du médicament. Les professionnels de santé sont tenus de déclarer toute suspicion d'effet secondaire nouveau ou grave via le portail d'annonce en ligne ElViS (Electronic Vigilance System). Vous trouverez des informations à ce sujet sur www.swissmedic.ch.

Surdosage

Lors des études cliniques, 1 cas de surdosage accidentel avec administration de 40 mg/kg de sugammadex a été rapporté sans aucun effet indésirable significatif. Dans une étude de tolérance chez l'homme, le sugammadex a été administré à des doses atteignant 96 mg/kg et a été bien toléré.
Le sugammadex peut être éliminé par hémodialyse avec filtre à haut flux, mais non avec filtre à bas flux. D'après les études cliniques sur le sugammadex 4,0 mg/kg, la concentration plasmatique de sugammadex est réduite de 60 à 70% par une dialyse de 3 à 6 heures avec filtre à haut flux.

Propriétés/Effets

Code ATC
V03AB35
Le sugammadex forme un complexe sélectif en se liant spécifiquement à des myorelaxants.
Mécanisme d'action
Le sugammadex est une gamma cyclodextrine modifiée qui forme un complexe avec le rocuronium et le vécuronium (agents de blocage neuromusculaire). Cette interaction diminue ainsi la quantité de curare disponible pour la liaison aux récepteurs nicotiniques de la jonction neuromusculaire, provoquant une décurarisation après un bloc neuromusculaire induit par le rocuronium et le vécuronium.
Pharmacodynamique
Le sugammadex a été administré à des doses allant de 0,5 mg/kg à 16 mg/kg au cours d'études dose-réponse sur la décurarisation après un bloc neuromusculaire induit par le rocuronium (0,6; 0,9; 1,0 et 1,2 mg/kg de bromure de rocuronium avec ou sans doses d'entretien) ainsi que sur la décurarisation après un bloc neuromusculaire induit par le vécuronium (0,1 mg/kg de bromure de vécuronium avec ou sans doses d'entretien) à différents délais et différents niveaux de relaxation. Dans ces études, une relation dose-réponse a été observée de manière évidente.
Efficacité clinique
Le sugammadex peut être administré à différents moments après l'administration de bromure de vécuronium et de rocuronium.
Décurarisation en routine – bloc neuromusculaire profond
Dans une étude pivot, les patients ont été randomisés pour recevoir soit du rocuronium soit du vécuronium. Après la dernière dose de rocuronium ou de vécuronium, et la réapparition de 1 ou 2 réponses au PTC, les patients ont reçu soit 4,0 mg/kg de sugammadex soit 70 μg/kg de néostigmine selon un ordre randomisé. Le délai (minutes) entre le début de l'administration du sugammadex ou de la néostigmine et la récupération d'un rapport T4/T1 de 0,9 a été:
Tableau 3: Délai (minutes) entre l'administration du sugammadex ou de la néostigmine et la récupération d'un rapport T4/T1 de 0,9 au cours d'un bloc neuromusculaire profond (1 à 2 réponses au PTC) induit par injection de rocuronium ou de vécuronium

Curare

Schéma thérapeutique

Sugammadex
(4,0 mg/kg)

Néostigmine
(70 µg/kg)

Rocuronium

N

37

37

Médiane (minutes)

2,7

49,0

Valeurs extrêmes

1,2-16,1

13,3-145,7

Vécuronium

N

47

36

Médiane (minutes)

3,3

49,9

Valeurs extrêmes

1,4-68,4

46,0-312,7

Décurarisation en routine – bloc neuromusculaire modéré
Dans une autre étude pivot, les patients ont été randomisés pour recevoir soit du rocuronium soit du vécuronium. Après la dernière dose de rocuronium ou de vécuronium, et réapparition de T2, les patients ont reçu soit 2,0 mg/kg de sugammadex soit 50 µg/kg de néostigmine selon un ordre randomisé. Le délai (en minutes) entre le début de l'administration du sugammadex ou de la néostigmine et la récupération d'un rapport T4/T1 de 0,9 était:
Tableau 4: Délai (minutes) entre l'administration du sugammadex ou de la néostigmine à la réapparition de T2 et la récupération d'un rapport T4/T1 de 0,9 après injection de rocuronium ou vécuronium

Curare

Schéma thérapeutique

Sugammadex
(2,0 mg/kg)

Néostigmine
(50 µg/kg)

Rocuronium

N

48

48

Médiane (minutes)

1,4

17,6

Valeurs extrêmes

0,9-5,4

3,7-106,9

Vécuronium

N

48

45

Médiane (minutes)

2,1

18,96

Valeurs extrêmes

1,2-64,2

2,9-76,2

La décurarisation par le sugammadex d'un bloc neuromusculaire induit par le rocuronium a été comparée à la décurarisation par la néostigmine d'un bloc neuromusculaire induit par le cisatracurium. À la réapparition de T2, une dose de 2,0 mg/kg de sugammadex ou de 50 μg/kg de néostigmine a été administrée. Le sugammadex a entraîné une décurarisation du bloc neuromusculaire induit par le rocuronium plus rapide par rapport à une décurarisation du bloc neuromusculaire induit par le cisatracurium avec la néostigmine.
Tableau 5: Délai (minutes) entre l'administration du sugammadex ou de la néostigmine à la réapparition de T2 et la récupération d'un rapport T4/T1 de 0,9 après injection de rocuronium ou cisatracurium

Curare

Schéma thérapeutique

Rocuronium et sugammadex
(2,0 mg/kg)

Cisatracurium et néostigmine
(50 µg/kg)

N

34

39

Médiane (minutes)

1,9

7,2

Valeurs extrêmes

0,7-6,4

4,2-28,2

Décurarisation immédiate
Le délai de récupération d'un bloc neuromusculaire induit par la succinylcholine (1,0 mg/kg) a été comparé au délai de récupération par le sugammadex à 16 mg/kg 3 minutes après un bloc neuromusculaire induit par le rocuronium (1,2 mg/kg).
Tableau 6: Délai (minutes) entre l'administration de rocuronium et celle de sugammadex ou de succinylcholine et une récupération de 10% de T1

Curare

Schéma thérapeutique

Rocuronium et sugammadex
(16,0 mg/kg)

Succinylcholine
(1,0 mg/kg)

N

55

55

Médiane (minutes)

4,2

7,1

Valeurs extrêmes

3,5-7,7

3,7-10,5

Dans une analyse de résultats compilés, les délais de récupération suivants, dans le cas d'une administration de 16 mg/kg de sugammadex après administration de 1,2 mg/kg de bromure de rocuronium, ont été rapportés:
Tableau 7: Délai (minutes) entre l'administration de sugammadex 3 minutes après le rocuronium et la récupération d'un rapport T4/T1 de 0,9; 0,8 ou 0,7

T4/T1 de 0,9

T4/T1 de 0,8

T4/T1 de 0,7

N

65

65

65

Médiane (minutes)

1,5

1,3

1,1

Valeurs extrêmes

0,5-14,3

0,5-6,2

0,5-3,3

Insuffisance rénale
L'efficacité et la sécurité du sugammadex ont été comparées chez des patients chirurgicaux avec et sans insuffisance rénale sévère dans le cadre de deux études ouvertes. Dans l'une de ces études, le sugammadex (4 mg/kg, n=68) a été administré après l'induction d'un bloc neuromusculaire par rocuronium (1 à 2 réponses au compte post-tétanique). Dans l'autre étude, le sugammadex (2 mg/kg, n=30) a été administré après rétablissement de T2. La durée de récupération a été plus longue chez les patients présentant une insuffisance rénale sévère que chez les patients sans insuffisance rénale (rapport T4/T1 de 0,9: en médiane 3,25 minutes vs 1,52 minute dans la première étude et 2,00 minutes vs 1,39 minute dans la deuxième étude, voir «Mises en garde et précautions»). Dans ces études, aucune curarisation résiduelle et aucune recurarisation n'a été rapportée chez les patients présentant une insuffisance rénale sévère.
Influence sur l'intervalle QTc
Trois études cliniques totalisant n=287 patients ont examiné spécifiquement les variations de l'intervalle QTc sous sugammadex seul, sous sugammadex associé au rocuronium ou au vécuronium et sous sugammadex associé au propofol ou au sévoflurane. Aucun allongement cliniquement significatif du QT/QTc n'a été constaté sous sugammadex versus placebo dans ces études. Les constats intégrés des examens par ECG et des effets indésirables observés dans les études de phases II à III soutiennent cette observation.
Patients présentant une obèsité morbide
Une étude chez 188 patients diagnostiqués avec une obésité morbide (indice de masse corporelle ≥40 kg/m2), a évalué le délai de récupération après un bloc neuromusculaire modéré ou profond induit par le rocuronium ou le vécuronium. Les patients ont reçu 2 mg/kg ou 4 mg/kg de sugammadex, selon le degré de blocage, dosé en fonction du poids corporel réel ou idéal de manière randomisée et en double aveugle. Regroupé par profondeur du bloc et par curarisant, le délai médian jusqu'à la récupération d'un rapport T4/T1 ≥0,9 a été statistiquement significativement plus rapide chez les patients ayant reçu une dose en fonction du poids corporel réel que chez les patients ayant reçu une dose en fonction du poids corporel idéal (1,8 vs 3,3 minutes; p <0,0001).
Sécurité
Le sugammadex a été utilisé sans problèmes chez des patients présentant des complications pulmonaires ou cardiaques.
Patients atteints d'une maladie systémique sévère
Une étude chez 331 patients de classe ASA 3 ou 4 a évalué l'incidence des arythmies liées au traitement (bradycardie sinusale, tachycardie sinusale ou autres arythmies cardiaques) après l'administration de sugammadex.
Chez les patients ayant reçu du sugammadex (2 mg/kg, 4 mg/kg ou 16 mg/kg), l'incidence des arythmies liées au traitement était généralement similaire à celle de la néostigmine (50 µg/kg à une dose maximale de 5 mg) + glycopyrrolate (10 µg/kg à une dose maximale de 1 mg). Le pourcentage de patients présentant une bradycardie sinusale liée au traitement était significativement plus faible dans le groupe sugammadex à 2 mg/kg par rapport au groupe néostigmine (p=0,026). Le pourcentage de patients présentant une tachycardie sinusale liée au traitement était significativement plus faible dans le groupe sugammadex à 2 mg/kg et 4 mg/kg par rapport au groupe néostigmine (p=0,007 et 0,036, respectivement). Le profil des effets indésirables chez les patients de classes ASA 3 et 4 était généralement similaire à celui observé chez les patients adultes dans les études cumulatives de phases I à III, par conséquent, aucun ajustement posologique n'est nécessaire (voir «Effets indésirables»).

Pharmacocinétique

Les paramètres pharmacocinétiques du sugammadex ont été calculés à partir de la somme totale des concentrations de sugammadex libre et de sugammadex lié sous forme de complexes. Chez les patients anesthésiés, on suppose que les paramètres pharmacocinétiques tels que la clairance et le volume de distribution sont identiques pour le sugammadex libre et le sugammadex lié sous forme de complexes.
Distribution
Le volume de distribution du sugammadex observé à l'état d'équilibre est d'environ 11 à 14 litres chez les patients adultes présentant une fonction rénale normale (sur la base d'une analyse pharmacocinétique conventionnelle non compartimentale).
Des études in vitro sur des échantillons de plasma sanguin et de sang de sujets masculins ont montré que ni le sugammadex, ni les complexes de sugammadex et de rocuronium ne se lient aux protéines plasmatiques ou aux érythrocytes. Le sugammadex administré en bolus i.v. présente une cinétique linéaire aux doses de 1 à 16 mg/kg.
Métabolisme
Au cours d'études précliniques et cliniques, aucun métabolite du sugammadex n'a été observé.
Élimination
Le sugammadex est essentiellement éliminé dans les urines sous forme inchangée.
Chez des patients adultes anesthésiés présentant une fonction rénale normale, la demi-vie d'élimination (t1/2) du sugammadex est d'environ 2 heures et la clairance plasmatique estimée est d'environ 88 ml/min. Une étude d'équilibre de masse a démontré que >90% de la dose est éliminée dans les 24 heures. 96% de la dose sont éliminés dans les urines, dont au moins 95% sous forme inchangée. Moins de 0,02% de la dose est excrété dans les fèces ou par l'air expiré. L'administration du sugammadex à des volontaires a entraîné une augmentation de l'élimination rénale du rocuronium sous forme complexée.
Cinétique pour certains groupes de patients
Troubles de la fonction rénale et patients âgés:
Lors d'une étude pharmacocinétique dans laquelle des patients présentant une insuffisance rénale sévère ont été comparés à des patients présentant une fonction rénale normale, les taux plasmatiques de sugammadex étaient semblables pendant la première heure suivant l'administration, puis ont diminué plus rapidement dans le groupe témoin. Chez les patients présentant une insuffisance rénale sévère, l'exposition était dans l'ensemble prolongée, ce qui a conduit à une exposition 17 fois plus élevée. Chez les patients souffrant d'une insuffisance rénale sévère, de faibles concentrations de sugammadex sont détectables pendant au moins 48 heures après l'administration.
Dans une seconde étude dans laquelle des patients présentant une insuffisance rénale modérée ou sévère ont été comparés à des patients présentant une fonction rénale normale, la clairance du sugammadex a progressivement diminué et t½ a été progressivement prolongée avec la diminution de la fonction rénale. L'exposition était 2 fois plus élevée chez les patients présentant une insuffisance rénale modérée et 5 fois plus élevée chez les patients présentant une insuffisance rénale sévère. Plus de 7 jours après l'administration, le sugammadex n'était plus détectable chez les patients présentant une insuffisance rénale sévère.
Un résumé des paramètres pharmacocinétiques du sugammadex, stratifiés selon l'âge et la fonction rénale, est présenté ci-dessous, sur la base des résultats d'une modélisation de la cinétique de population:
Tableau 8: Paramètres pharmacocinétiques

Caractéristiques des patients sélectionnées

Paramètres pharmacocinétiques moyens attendus (CV*%)

Données démographiques

Fonction rénale clairance de la créatinine
[ml/min]

Clairance
[ml/min]

Volume de distribution à l'état d'équilibre [l]

Demi-vie d'élimination [h]

Adultes

Normale

100

88 (22)

12

2 (21)

40 ans

Insuffisance rénale

Légère

50

51 (22)

13

4 (22)

75 kg

Modérée

30

31 (23)

14

6 (23)

Sévère

10

9 (22)

14

19 (24)

Sujets âgés

Normale

80

75 (23)

12

2 (21)

75 ans

Insuffisance rénale

Légère

50

51 (24)

13

3 (22)

75 kg

Modérée

30

31 (23)

14

6 (23)

Sévère

10

9 (22)

14

19 (23)

Adolescents

Normale

95

77 (23)

9

2 (22)

15 ans

Insuffisance rénale

Légère

48

44 (23)

10

3 (22)

56 kg

Modérée

29

27 (22)

10

5 (23)

Sévère

10

8 (21)

11

17 (23)

Enfants

Normale

51

37 (22)

4

2 (20)

7 ans

Insuffisance rénale

Légère

26

19 (22)

4

3 (22)

23 kg

Modérée

15

11 (22)

4

5 (22)

Sévère

5

3 (22)

5

20 (25)

* CV = coefficient de variation

Sexe:
Aucune différence liée au sexe n'a été observée.
Origine ethnique:
Dans une étude comparative menée chez des sujets japonais et caucasiens, aucune différence cliniquement significative n'a été observée au niveau des paramètres pharmacocinétiques. Les données limitées ne permettent pas de conclure à des différences des paramètres pharmacocinétiques chez les Noirs ou les Afro-Américains.
Poids corporel:
Une analyse pharmacocinétique d'une population de patients adultes et de patients âgés n'a montré aucune relation cliniquement significative entre la clairance ou le volume de distribution et le poids corporel.
Obésité:
Dans une étude clinique chez des patients présentant une obésité morbide, 2 mg/kg et 4 mg/kg de sugammadex ont été administré selon le poids corporel réel (n=76) ou selon le poids corporel idéal (n=74). L'exposition au sugammadex a augmenté de manière dose-dépendante et linéaire après l'administration selon le poids corporel réel ou le poids corporel idéal. Aucune différence cliniquement significative n'a été observée dans les paramètres pharmacocinétiques entre les patients présentant une obésité morbide et la population générale.

Données précliniques

Étant donné que le sugammadex est utilisé de façon conforme et unique et qu'il n'a pas de potentiel génotoxique, aucune étude du potentiel carcinogène n'a été effectuée.
Chez le rat, le sugammadex à la dose de 500 mg/kg/jour – correspondant à une exposition systémique de 6 à 50 fois environ supérieure à celle atteinte chez l'homme avec la dose recommandée – n'a pas affecté la fertilité des mâles ou des femelles. En plus, aucune anomalie morphologique des organes de reproduction des mâles ou des femelles n'a été constatée dans une étude de toxicité de 4 semaines chez des rats et des chiens. Le sugammadex n'était pas tératogène chez le rat et le lapin.
Le sugammadex est rapidement éliminé chez les espèces animales utilisées dans les études précliniques, mais on a trouvé du sugammadex résiduel dans les os et les dents de rats juvéniles. Des études précliniques sur des rats adultes jeunes et matures ont montré que le sugammadex n'a pas de conséquence néfaste sur la couleur des dents ou sur la qualité osseuse ou la structure osseuses, ou le métabolisme osseux. Le sugammadex n'a pas d'effet sur la guérison des fractures et sur le remodelage osseux.
Lors d'administrations répétées chez le rat juvénile, une coloration blanchâtre des incisives a été notée ainsi qu'une perturbation de la formation de l'émail; cependant il s'agissait de niveaux d'exposition correspondant à 48-480 fois la dose clinique de 4 mg/kg utilisée chez l'être humain.

Remarques particulières

Incompatibilités
Une incompatibilité physique a été rapportée avec le vérapamil, l'ondansétron et la ranitidine.
Bridion ne doit pas être mélangé avec d'autres solutions à l'exception de celles mentionnées dans la rubrique «Remarques concernant la manipulation». Si Bridion est administré dans la même tubulure que celle déjà utilisée pour d'autres médicaments, il est important que la ligne de perfusion soit suffisamment rincée (par ex. avec du NaCl à 0,9%), et ce en particulier entre l'administration de Bridion et des médicaments pour lesquels une incompatibilité avec Bridion a été démontrée ou pour lesquels la compatibilité avec Bridion n'a pas été établie.
Stabilité
Le médicament ne doit pas être utilisé au-delà de la date figurant après la mention «EXP» sur le récipient.
Stabilité après ouverture
La stabilité physico-chimique de la solution reconstituée a été démontrée pendant 48 heures à une température comprise entre 2°C et 25°C. Toutefois, pour des raisons microbiologiques, la préparation prête à l'emploi devrait être utilisée immédiatement après la dilution. Si elle n'est pas utilisée immédiatement, la solution diluée ne devrait normalement pas être conservée plus de 24 heures entre 2°C et 8°C.
Remarques particulières concernant le stockage
Conserver le médicament dans l'emballage d'origine, à l'abri de la lumière, à une température comprise entre 2°C et 30°C, sans dépasser la date figurant sur l'emballage après la mention «EXP». Les flacons ponctionnables peuvent être conservés hors de leur emballage jusqu'à 5 jours. Concernant le stockage du produit dilué, voir «Stabilité».
Conserver hors de portée des enfants.
Remarques concernant la manipulation
Bridion peut être injecté dans la ligne de perfusion intraveineuse d'une perfusion en cours avec les solutions intraveineuses suivantes: NaCl à 0,9%, glucose à 5%, NaCl à 0,45% et glucose à 2,5%, solution de Ringer Lactate, solution de Ringer, glucose à 5% dans du NaCl à 0,9%.
La ligne de perfusion doit être suffisamment rincée (par exemple avec du NaCl à 0,9%) entre l'administration de Bridion et d'autres médicaments.
Chez les patients pédiatriques, Bridion peut être dilué à l'aide d'une solution de NaCl à 0,9% à une concentration de 10 mg/ml (voir «Posologie/Mode d'emploi»).
Les restes éventuels de flacons ouverts doivent être jetés.

Numéro d’autorisation

58509 (Swissmedic)

Présentation

Flacons ponctionnables de 2 ml: 10 (B)
Flacons ponctionnables de 5 ml: 10 (B)

Titulaire de l’autorisation

MSD MERCK SHARP & DOHME AG
Lucerne

Mise à jour de l’information

Décembre 2020
CCDS082019 + CCDS042020 / RCN000004508-CH + RCN000013267-CH

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