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Information professionnelle sur Rocuronium-Mepha®:Mepha Pharma AG
Information professionnelle complèteDDDimprimé 
Composit.Forme gal.Indic./emploiPosolog./mode d'empl.Contre-Ind.PrécautionsInteract.Grossesse
Apt.conduiteEffets indésir.SurdosagePropriétésPharm.cinét.Donn.précl.RemarquesNum. Swissmedic
PrésentationsTitulaireMise à jour 

OEMéd

Composition

Principe actif: Rocuronium ut Rocuronii bromidum.
Excipients: Natrii acetas, Natrii chloridum, Acidum aceticum, Aqua ad inject.

Forme galénique et quantité de principe actif par unité

Solution injectable: 10 mg/ml
1 Flacon-ampoule Rocuronium-Mepha 50 contient: 50 mg de bromure de rocuronium/5 ml.
1 Flacon-ampoule Rocuronium-Mepha 100 contient: 100 mg de bromure de rocuronium/10 ml.

Indications/Possibilités d’emploi

Rocuronium-Mepha est indiqué dans le cadre de l’anesthésie générale pour faciliter l’intubation trachéale et pour maintenir la relaxation de la musculature squelettique pendant toute la durée de l’intervention chirurgicale.

Posologie/Mode d’emploi

Rocuronium-Mepha est administré par voie intraveineuse, soit en injection en bolus, soit en perfusion continue (voir aussi «Remarques concernant l’utilisation»).
Rocuronium-Mepha doit exclusivement être administré par ou sur la surveillance de cliniciens expérimentés qui connaissent bien l’effet et le mode d’emploi de ces médicaments.
Comme avec tous les curarisants, il faut fixer la posologie de Rocuronium-Mepha cas par cas. Lors du choix de la dose, il faut tenir compte des éléments suivants: type d’anesthésie, durée prévue de l’opération, méthode de sédation, durée prévue de la ventilation artificielle, interactions possibles avec d’autres médicaments administrés en même temps et état du patient.
Pour évaluer le bloc neuromusculaire et sa disparition ultérieure, il est recommandé d’utiliser une technique appropriée de surveillance neuromusculaire.
Les anesthésiques volatils renforcent l’effet curarisant du bromure de rocuronium. Cependant, pendant le cours d’une anesthésie, cette potentialisation ne devient cliniquement notable que lorsque les anesthésiques volatils ont atteint des concentrations tissulaires suffisantes pour que cette interaction se produise. C’est pourquoi, il faut ajuster les doses de Rocuronium-Mepha, soit en diminuant les doses d’entretien et en allongeant l’intervalle entre administrations, soit en réduisant le débit de la perfusion pendant les opérations longues (plus d’une heure) (voir aussi «Interactions»).
Adultes
Chez l’adulte, les posologies suivantes sont proposées à titre indicatif pour l’intubation trachéale et l’obtention d’une relaxation musculaire lors des opérations de durée courte à longue et pour l’utilisation en réanimation.
Utilisation en chirurgie
Intubation trachéale
La dose standard pour l’intubation lors d’une anesthésie de routine est de 0,6 mg/kg de bromure de rocuronium; après l’administration de cette dose, on obtient des conditions d’intubation acceptables dans un délai de 60 secondes chez 75–80% des patients.
Pour l’intubation en urgence, il faut une dose de 1 mg/kg.
Doses plus fortes
Dans les études cliniques, des doses allant jusqu’à 2,0 mg/kg ont été utilisées pour l’intubation en urgence (voir «Mises en garde et précautions»).
Dose d’entretien
La dose d’entretien recommandée est de 0,15 mg/kg de bromure de rocuronium. En cas d’utilisation prolongée d’anesthésiques volatils, il faut réduire cette dose à 0,075–0,1 mg/kg de bromure de rocuronium.
Il faut de préférence administrer les doses d’entretien une fois que l’amplitude des contractions musculaires a de nouveau atteint 25% de la valeur témoin ou quand il existe deux à trois réponses à une quadruple stimulation (TOF).
Perfusion continue
Quand le bromure de rocuronium est administré en perfusion, il est recommandé d’administrer une dose initiale de 0,6 mg/kg de bromure de rocuronium et d’entreprendre la perfusion dès que le bloc neuromusculaire commence à régresser. Il faut fixer le débit de la perfusion de façon à maintenir une amplitude des contractions musculaires représentant 10% de l’amplitude témoin ou à garantir le maintien de 1 à 2 réponses à la quadruple stimulation (TOF). Chez l’adulte, le débit de perfusion nécessaire à cet effet est de 0,3–0,6 mg/kg/heure sous anesthésie intraveineuse et de 0,3–0,4 mg/kg/h sous anesthésie par inhalation. Il faut impérativement surveiller continuellement le bloc neuromusculaire car le débit de perfusion varie d’un patient à l’autre et dépend de la méthode d’anesthésie utilisée.
Chez l’enfant
Chez les jeunes enfants (âgés de 28 jours à 23 mois), les enfants (2–11 ans) et les adolescents (12–18 ans), la dose recommandée pour l’intubation pendant une anesthésie de routine et la dose d’entretien sont les mêmes que chez de l’adulte.
Sauf chez les enfants de 2 à 11 ans, le débit de la perfusion continue est le même en pédiatrie que chez l’adulte. Chez les enfants de 2 à 11 ans, un débit plus élevé peut être nécessaire mais la dose initiale recommandée pour la perfusion est la même que chez l’adulte; ajuster le débit de la perfusion pour obtenir une amplitude des contractions musculaires représentant 10% de la valeur témoin ou 1 à 2 réponses à la quadruple stimulation (TOF).
Les données disponibles sont insuffisantes pour permettre de formuler des recommandations posologiques pour l’utilisation du bromure de rocuronium chez les nouveau-nés (0–1 mois).
L’expérience acquise à propos de l’utilisation du bromure de rocuronium pour l’induction rapide en pédiatrie est limitée. C’est pourquoi l’usage du bromure de rocuronium pour faciliter l’induction rapide de l’intubation trachéale n’est pas recommandé chez l’enfant.
Posologie pour les patients âgés et patients présentant des maladies du foie et/ou des voies biliaires et/ou une insuffisance rénale
Lors d’une anesthésie de routine, la dose d’intubation standard pour les patients âgés et patients présentant des maladies du foie et/ou des voies biliaires et/ou une insuffisance rénale est de 0,6 mg/kg de bromure de rocuronium. Quand un allongement de la durée d’action est prévisible, il faut envisager d’utiliser une dose de 0,6 mg/kg pour l’induction rapide. En cas d’induction rapide avec une dose de 0,6 mg/kg il faut attendre 80 à 90’ avant d’intuber. Indépendamment de la technique d’anesthésie utilisée, la dose d’entretien recommandée pour ces patients est de 0,075 à 0,1 mg/kg de bromure de rocuronium et le débit de perfusion recommandé est de 0,3 à 0,4 mg/kg/h (voir aussi «Perfusion continue»).
Surcharge pondérale ou une obésité
En cas d’obésité et de surcharge pondérale (poids corporel dépassant de 30% ou plus le poids idéal), il est recommandé de réduire la dose, en la calculant sur la base de la masse corporelle maigre.
Utilisation en unité de soins intensifs
Intubation trachéale
Lors de l’intubation trachéale, il faut utiliser les mêmes doses que celles mentionnés ci-dessus au paragraphe «Utilisation en chirurgie».
Dose d’entretien
Il est recommandé d’utiliser une dose initiale de 0,6 mg/kg de bromure de rocuronium puis une perfusion continue dès que l’amplitude des contractions musculaires atteint 10% de la valeur témoin ou après la réapparition de 1 à 2 réactions à une quadruple stimulation (TOF). Il faut toujours ajuster la posologie en fonction de l’effet chez le patient considéré. Chez l’adulte, le débit de perfusion recommandé pour le maintien d’un bloc neuromusculaire de 80–90% est de 0,3 à 0,6 mg/kg/h pendant la première heure d’administration. Pendant les 6 à 12 heures suivantes, il faut réduire le débit de perfusion en fonction de l’effet individuel. Par la suite, la dose individuelle nécessaire reste relativement constante.
Des études cliniques contrôlées ont montré d’importantes fluctuations interindividuelles du débit horaire de perfusion: les débits horaires moyens allaient de 0,2 à 0,5 mg/kg/heure, suivant la nature et le degré de sévérité des défaillances organiques, les traitements médicamenteux concomitants et les caractéristiques propres des patients.
Pour garantir un contrôle optimal chez chaque patient, il est vivement recommandé de surveiller la transmission neuromusculaire. On a étudié les effets de l’administration pendant jusqu’à 7 jours.
Il n’est pas recommandé d’utiliser Rocuronium-Mepha pour faciliter la ventilation artificielle en unité de soins intensifs chez les enfants et les personnes âgées, car il n’existe pas de données concernant la sécurité d’emploi et l’efficacité dans ces tranches d’âge.

Contre-indications

Hypersensibilité au rocuronium, au bromure ou à l’un des excipients.

Mises en garde et précautions

Rocuronium-Mepha ne doit être administré que par/sous la surveillance de cliniciens expérimentés, connaissant bien les effets de ces médicaments et les méthodes appropriées pour la surveillance du bloc neuromusculaire.
Comme Rocuronium-Mepha provoque une paralysie des muscles respiratoires, chez les patients traités par ce médicament une ventilation artificielle est indispensable jusqu’au rétablissement de la respiration spontanée.
Comme avec tous les curarisants, il est important de prévoir les éventuelles difficultés d’intubation, surtout quand Rocuronium-Mepha est utilisé pour l’intubation en urgence.
Comme avec les autres curarisants, on a signalé une curarisation résiduelle après l’administration de bromure de rocuronium. Pour éviter les complications liées à un blocage neuromusculaire résiduel, il ne faut extuber les patients qu’une fois qu’ils ont suffisamment bien récupéré du blocage neuromusculaire. Il faut aussi tenir compte des autres facteurs qui contribuent à la prolongation du bloc neuromusculaire après l’extubation à la phase postopératoire (par exemple interactions médicamenteuses ou état de santé des patients). Il faut envisager une neutralisation du bloc neuromusculaire à la fin de l’opération et ensuite une surveillance neuromusculaire, surtout chez les patients chez lesquels la probabilité de curarisation résiduelle est augmentée.
Lors de l’administration de doses plus fortes, il faut tenir compte du fait que le délai d’apparition de l’effet se raccourcit et que la durée d’action du bromure de rocuronium s’allonge. Des études cliniques ont montré qu’une dose de 2 mg/kg pouvait agir pendant jusqu’à 160 minutes (durée médiane: 110 minutes.). Par contre, on n’a pas observé de relation entre la dose et les effets indésirables cardio-vasculaires (voir «Propriétés/Effets»).
Des réactions anaphylactiques sont possibles après l’administration de myorelaxants. Il faut donc toujours prendre les précautions appropriées pour pallier la survenue éventuelle de telles réactions, surtout si le patient a des antécédents de réactions anaphylactiques à des myorelaxants, étant donné que l’on a signalé des réactions allergiques croisées entre myorelaxants.
En général, on a observé une paralysie et/ou une faiblesse musculaire prolongée après l’utilisation prolongée de myorelaxants en unité de soins intensifs. Pour éviter tout risque d’allongement du bloc neuromusculaire et/ou de surdosage, il est vivement recommandé de surveiller la transmission neuromusculaire pendant l’utilisation de myorelaxants. En outre, les patients doivent recevoir un traitement analgésique et sédatif approprié. Il faut aussi que les myorelaxants soient administrés par/sous la surveillance de médecins expérimentés, qui connaissent bien les effets du médicament et les méthodes appropriées de surveillance neuromusculaire et il faut toujours ajuster la posologie en fonction de l’effet chez le patient considéré.
On a souvent signalé des myopathies après l’utilisation prolongée de curares non-dépolarisants en réanimation et en association avec une corticothérapie. C’est pourquoi, chez les patients qui reçoivent des curares et des corticoïdes, il faut limiter le plus possible la durée d’utilisation des curares.
Quand du suxaméthonium est utilisé pour l’intubation, il ne faut administrer Rocuronium-Mepha qu’une fois que le patient a récupéré du bloc neuromusculaire induit par le suxaméthonium.
Les maladies suivantes peuvent modifier la pharmacocinétique et/ou l’effet pharmacodynamique de Rocuronium-Mepha.
Maladies du foie et/ou des voies biliaires et insuffisance rénale
Etant donné que le rocuronium est éliminé dans les urines et dans la bile, il faut utiliser Rocuronium-Mepha avec prudence en cas de maladie cliniquement notable du foie et/ou des voies biliaires et/ou d’insuffisance rénale. Chez ces patients, on a constaté un allongement de la durée d’action après l’administration de doses de 0,6 mg/kg de bromure de rocuronium.
Allongement du temps de circulation
Dans les situations où le temps de circulation est allongé, ce qui provoque une augmentation du volume de distribution, par exemple en cas de maladie cardio-vasculaire, chez les patients âgés ou s’il y a des oedèmes, le délai d’apparition de l’effet peut être allongé. Par suite de la diminution de la clairance plasmatique, la durée d’action peut être allongée dans ces situations.
Maladies neuromusculaires
Comme tous les autres myorelaxants, il faut utiliser le bromure de rocuronium avec une prudence extrême en cas de maladie neuromusculaire et après une poliomyélite étant donné que chez ces patients l’ampleur et la nature de l’effet curarisant peuvent être fortement modifiées. Chez les patients connus pour être atteints de myasthénie grave ou de syndrome pseudo-myasthénique (syndrome de Lambert-Eaton), de faibles doses de bromure de rocuronium ont parfois des effets intenses. Dans ces cas, il faut ajuster la dose en conséquence.
Hypothermie
Lors des opérations effectuées en hypothermie, l’effet curarisant de bromure de rocuronium est à la fois plus intense et prolongé.
Obésité
Chez les obèses, le calcul de la dose sur la base du poids corporel réel aboutit à un surdosage relatif avec allongement de la durée d’action et du délai de récupération spontanée. Chez ces patients, il faut réduire la dose (voir la rubrique «Posologie/Mode d’emploi»).
Brûlés
Les brûlés peuvent développer une résistance aux curares non-dépolarisants. Il faut ajuster la posologie cas par cas.
Anomalies qui peuvent accentuer l’effet de Rocuronium-Mepha
Hypokaliémie (notamment après des vomissements intenses, en cas de diarrhée et de traitement diurétique), hypermagnésiémie, hypocalcémie (après des transfusions massives), hypoprotéinémie, déshydratation, acidose, hypercapnie, cachexie.
Dans la mesure du possible, il faut d’abord corriger les désordres électrolytiques graves, les anomalies du pH sanguin ou la déshydratation.

Interactions

Les médicaments suivants peuvent modifier l’intensité et/ou la durée des effets des curares non-dépolarisants:
Influence d’autres médicaments sur Rocuronium-Mepha
Renforcement de l’effet
Les anesthésiques volatils halogénés (enflurane, isoflurane, sévoflurane, desflurane, halothane) renforcent l’effet curarisant du rocuronium. Cet effet ne se manifeste qu’avec la dose d’entretien (voir «Posologie/Mode d’emploi»). La neutralisation du bloc neuromusculaire par des inhibiteurs de la cholinestérase peut également être impossible.
Après intubation avec du suxaméthonium (voir «Mises en garde et précautions»).
L’utilisation prolongée de corticoïdes et de rocuronium en unité de soins intensifs peut aboutir à un allongement du bloc neuromusculaire ou à une myopathie (voir «Mises en garde et précautions» et «Effets indésirables»).
Antibiotiques: aminosides, lincosamides, antibiotiques polypeptidiques, acylaminopénicillines.
Diurétiques, quinidine et son isomère quinine, sels de magnésium, antagonistes du calcium, sels de lithium.
Anesthésiques locaux (lidocaïne i.v., bupivacaïne péridurale) et administration aiguë de phénytoïne ou de β-bloquants.
On a signalé des cas de recurarisation après l’administration postopératoire d’aminosides, de lincosamides, de pénicillines polypeptidiques et acylaminopénicillines, de quinidine, de quinine et de sels de magnésium (voir «Mises en garde et précautions»)
Diminution de l’effet
Antécédents de traitement prolongé par la phénytoïne ou la carbamazépine.
Effets variables
L’administration simultanée d’autres curares non-dépolarisants et de bromure de rocuronium peut affaiblir ou renforcer le bloc neuromusculaire. Ce phénomène dépend de la séquence d’administration et du curare utilisé.
L’administration de suxaméthonium après celle de rocuronium peut renforcer ou affaiblir l’effet curarisant de bromure de rocuronium.
Effet du rocuronium sur d’autres médicaments
Lors de l’utilisation concomitante de rocuronium et de lidocaïne, l’effet de cette dernière peut apparaître plus rapidement.

Grossesse/Allaitement

Grossesse
Il n’existe pas de données cliniques concernant l’emploi du bromure de rocuronium chez des femmes enceintes. Les études animales n’ont pas montré d’effets nocifs indirects ou directs sur la gestation, le développement embryonnaire/foetal, la mise-bas ou le développement post-natal. Il ne faut pas administrer ce médicament pendant la grossesse, sauf nécessité impérieuse.
Mise en garde
Chez les patientes qui reçoivent des sels de magnésium en raison d’une toxémie gravidique, il peut être impossible ou difficile de neutraliser le bloc neuromusculaire induit par les myorelaxants car les sels de magnésium renforcent le bloc neuromusculaire. Chez ces patientes, il faut donc réduire la dose de Rocuronium-Mepha et l’ajuster selon la réaction musculaire.
Allaitement
On ignore si le bromure de rocuronium est excrété dans le lait maternel. Les études animales montrent la présence de concentrations négligeables de bromure de rocuronium dans le lait maternel. Les expérimentations animales n’ont pas non plus montré d’effets nocifs indirects ou directs sur la gestation, le développement embryonnaire ou foetal, la mise-bas ou le développement postnatal. Le bromure de rocuronium ne doit être administré pendant l’allaitement qu’en cas de nécessité absolue.

Effet sur l’aptitude à la conduite et l’utilisation de machines

Comme le bromure de rocuronium est utilisé à titre adjuvant dans le cadre de l’anesthésie générale, les patients ambulatoires qui ont subi une anesthésie générale doivent prendre les précautions d’usage.

Effets indésirables

Les effets indésirables les plus fréquents sont des réactions au site d’injection, des modifications des fonctions vitales et une prolongation du bloc neuromusculaire. Dans le cadre de la surveillance post-marketing, les effets indésirables les plus fréquents sont des réactions anaphylactiques et anaphylactoïdes et les symptômes qui y sont associés.
Réactions anaphylactiques
On a signalé, bien que très rarement, de graves réactions anaphylactiques après l’administration de curarisants, y compris le bromure de rocuronium.
Ces réactions peuvent se manifester par les symptômes suivants: anomalies cutanées telles qu’urticaire et oedème angioneurotique; bronchospasme; modifications cardio-vasculaires (hypotension, tachycardie, collapsus circulatoire pouvant aller jusqu’au choc). Dans quelques cas, ces réactions ont été mortelles. Etant donné la possibilité de réactions graves, il faut toujours prendre les précautions nécessaires.
Les myorelaxants peuvent provoquer une libération locale et systémique d’histamine. Il faut prendre garde à la survenue de démangeaisons et de réactions érythémateuses au site d’injection et/ou de réactions histaminoïdes (anaphylactoïdes) généralisées (voir aussi plus haut «Réactions anaphylactiques»).
Prolongation du blocage neuromusculaire
L’effet secondaire le plus fréquent des curares non-dépolarisants consiste en un allongement de l’effet pharmacologique du médicament au delà de la durée nécessaire. Ce phénomène peut aller d’une faiblesse des muscles squelettiques jusqu’à une paralysie persistante et prolongée des muscles squelettiques et aboutir à une dyspnée, voire une apnée.
Occasionnels/rares: <1/100, >1/10’000; très rares: <1/10’000.
Perturbations du système immunitaire
Très rares: hypersensibilité, réactions anaphylactiques, réactions anaphylactoïdes, choc anaphylactique, choc anaphylactoïde.
Affections neurologiques
Très rare: paralysie flasque.
Troubles cardiaques
Occasionnelle: tachycardie.
Troubles vasculaires
Occasionnelle: hypotension.
Très rares: collapsus circulatoire, choc, flush.
Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales
Très rare: bronchospasme.
Anomalies de la peau et du tissu sous-cutané
Très rares: oedème de Quincke, urticaire, éruption cutanée, éruption cutanée érythémateuse.
Affections musculo-squelettiques et du tissu conjonctif
Très rares: faiblesse musculaire¹, myopathie stéroïdienne¹.
¹ Après utilisation prolongée en réanimation.
Troubles généraux et réactions au site d’administration
Occasionnelles: inefficacité, accentuation/réduction de l’effet, douleurs au site d’injection, réactions au site d’injection.
Très rare: oedème du visage.
Blessures et intoxications
Occasionnels: prolongation du bloc neuromusculaire, allongement du délai de récupération après l’anesthésie.
Très rares: complications respiratoires lors de l’anesthésie.
Réactions locales au site d’injection
En anesthésie, on signale des douleurs au site d’injection pendant une induction rapide, surtout quand le patient n’a pas encore complètement perdu conscience et en particulier quand du propofol est utilisé pour l’induction. Dans les études cliniques, des douleurs au site d’injection ont été signalées chez 16% des patients soumis à une induction rapide par le propofol et moins de 0,5% des patients soumis à une induction rapide par le fentanyl et le thiopental.

Surdosage

En cas de surdosage et de bloc neuromusculaire prolongé, il faut poursuivre la ventilation assistée et le traitement sédatif et administrer, comme antidote, des doses adéquates d’un inhibiteur de l’acétylcholinestérase (tel que néostigmine, édrophonium, pyridostigmine) jusqu’au rétablissement de la respiration spontanée.
Si l’administration d’un inhibiteur de l’acétylcholinestérase reste sans effet, il faut poursuivre la ventilation assistée jusqu’à la restauration de la respiration spontanée. L’administration répétée d’inhibiteurs de l’acétylcholinestérase peut être dangereuse.
Dans les expérimentations animales, une dépression grave de la fonction cardio-circulatoire, susceptible de déboucher sur une insuffisance cardiaque, n’est apparue qu’après l’administration d’une dose cumulée représentant 750 fois la DE 90 (135 mg/kg de bromure de rocuronium).

Propriétés/Effets

Code ATC: M03AC09
Mécanisme d’action
Le bromure de rocuronium est un myorelaxant non-dépolarisant d’action rapide et de durée d’action intermédiaire, qui possède toutes les propriétés pharmacologiques caractéristiques de cette classe de médicaments (curares). Le bromure de rocuronium agit en se fixant, par un phénomène de compétition, sur les récepteurs cholinergiques nicotiniques de la plaque motrice. L’administration d’inhibiteurs de l’acétylcholinestérase tels que par exemple néostigmine, pyridostigmine ou édrophonium, neutralise l’effet de bromure de rocuronium.
Pharmacodynamie/Efficacité clinique
Au cours d’une anesthésie intraveineuse, la DE 90 (dose requise pour inhiber de 90% la réponse musculaire mesurée au niveau du pouce après stimulation du nerf cubital) est d’environ 0,3 mg/kg de bromure de rocuronium. Chez l’enfant, la DE 95 est plus élevée que chez l’adulte, ce qui peut s’expliquer par le fait que le rapport masse musculaire/graisse est différent. Chez les enfants, l’effet apparaît plus rapidement et dure moins longtemps car la DE 95 chez l’enfant (0,35 mg/kg) n’est pas significativement plus élevée que chez l’adulte (0,40 mg/kg).
A la dose de 0,6 mg/kg de bromure de rocuronium, la durée d’action clinique (délai écoulé jusqu’à une récupération spontanée de 25% de l’amplitude témoin des contractions musculaires) est de 30 à 40 minutes.
La durée d’action totale (délai écoulé jusqu’à la récupération spontanée à 90% des l’amplitude témoin des contractions musculaires) est de 50 minutes. Après l’injection d’un bolus de 0,6 mg/kg de bromure de rocuronium, le délai moyen pour que la récupération spontanée de l’amplitude des contractions passe de 25% à 75% (index de récupération) est de 14 minutes.
Avec des doses plus faibles, comprises entre 0,3 et 0,45 mg/kg de bromure de rocuronium (1 à 1,5 fois la DE 90 ), le bloc survient moins rapidement et sa durée est raccourcie. Une étude clinique menée avec des doses allant jusqu’à 2,0 mg/kg a montré un allongement de la durée d’action à 110 minutes.
Intubation en anesthésie de routine
L’administration intraveineuse de 0,6 mg/kg de bromure de rocuronium (double de la DE 90 sous anesthésie intraveineuse) permet d’obtenir des conditions d’intubation satisfaisantes en l’espace de 60 secondes chez presque tous les patients (dans 80% des cas, ces conditions sont excellentes). En l’espace de deux minutes, on obtient une relaxation musculaire généralisée suffisante pour n’importe quel type d’opération. L’administration de 0,45 mg/kg de bromure de rocuronium permet d’obtenir des conditions d’intubation acceptables dans un délai de 90 secondes.
Induction rapide
Pendant l’induction rapide de l’anesthésie par le propofol ou le fentanyl/thiopental, des conditions d’intubation appropriées sont atteintes en l’espace de 60 secondes chez respectivement 93% et 96% des patients ayant reçu 1,0 mg/kg de bromure de rocuronium. Chez 70% de ces patients, les conditions d’intubation se sont avérées excellentes. Après l’administration de cette dose, l’effet clinique persiste en moyenne une heure. Pendant l’induction rapide de l’anesthésie par le propofol ou le fentanyl/thiopental, des conditions d’intubation appropriées sont atteintes en l’espace de 60 secondes chez respectivement 81% et 75% des patients ayant reçu 0,6 mg/kg de bromure de rocuronium.
Cas particuliers
Avec une dose d’intubation de 0,6 mg/kg, le délai moyen de survenue du bloc est un peu plus court chez l’enfant que chez l’adulte. Quelques études ont aussi montré que le délai de survenue du bloc était plus court chez les nourrissons que chez les adultes. La durée de la relaxation et la durée de la récupération semblent plus courtes chez l’enfant que chez le nourrisson et l’adulte.
Sous anesthésie par l’enflurane et l’isoflurane, chez les patients âgés et en cas de maladie hépatique et/ou rénale, la durée d’action clinique moyenne des doses d’entretien de 0,15 mg/kg de bromure de rocuronium est un peu plus longue (environ 20 minutes) que chez les patients sous anesthésie intraveineuse sans perturbation des fonctions des organes excréteurs (environ 13 minutes). Aucun phénomène d’accumulation (augmentation progressive de la durée d’action) n’a été observé après l’administration répétée des doses d’entretien recommandées.
En unité de soins intensifs
En cas de perfusion continue en unité de soins intensifs, le délai de récupération d’un rapport de 0,7 au train de quatre (TOF) dépend de l’intensité du bloc à la fin de la perfusion. Après une perfusion continue de 20 heures ou plus, l’intervalle écoulé entre le retour du T 2 lors d’un train de quatre et le rétablissement d’un rapport de 0,7 au train de quatre est en moyenne de 1,5 heure (1 à 5 heures) chez les patients sans défaillance multi-organique et de 4 (1–25) heures chez les patients présentant une défaillance multi-organique.
Chirurgie cardio-vasculaire
Chez les patients devant subir une opération cardio-vasculaire, les modifications cardio-vasculaires les plus fréquentes au moment du bloc maximal après l’administration de 0,6 à 0,9 mg/kg de bromure de rocuronium consistent en une légère augmentation de la fréquence cardiaque, cliniquement négligeable (atteignant au maximum 9%), et une augmentation de la pression artérielle moyenne (atteignant au maximum 16% des valeurs témoins).
Neutralisation de l’effet myorelaxant
L’administration d’inhibiteurs de l’acétylcholinestérase (néostigmine, pyridostigmine ou édrophonium) lors de la survenue de T 2 ou lors des premiers signes de récupération clinique neutralise l’effet de bromure de rocuronium.

Pharmacocinétique

Distribution/Elimination
Après l’administration intraveineuse d’un bolus unique de bromure de rocuronium, la courbe des concentrations plasmatiques en fonction du temps comprend trois phases exponentielles. Chez l’adulte en bonne santé, la demi-vie d’élimination moyenne est de 73 minutes (IC à 95%: 66–80 minutes); le volume de distribution (apparent) à l’état d’équilibre est de 203 (193–214) ml/kg et la clairance plasmatique de 3,7 (3,5–3,9) ml/kg/min.
Distribution
Si une perfusion continue destinée à faciliter la ventilation artificielle est administrée pendant 20 heures ou plus, la demi-vie d’élimination moyenne et le volume de distribution (apparent) moyen à l’état d’équilibre sont augmentés. Les études contrôlées ont montré d’importantes fluctuations entre les patients; ces fluctuations dépendaient du type et de la gravité des défaillances organiques (multiples) ainsi que des particularités du patient. Chez des patients présentant une défaillance multi-organique, on a constaté une demi-vie d’élimination moyenne (± écart-type) de 21,5 (± 3,3) heures, un volume (apparent) de distribution à l’état d’équilibre de 1,5 (± 0,8) ml/kg et une clairance plasmatique de 2,1 (± 0,8) ml/kg/min.
Elimination
Le rocuronium est excrété dans les urines et dans la bile. L’excrétion urinaire représente environ 40% en l’espace de 12 à 24 heures. Après l’injection d’une dose de bromure de rocuronium marqué par un isotope, l’excrétion de la radioactivité au bout de 9 jours est en moyenne de 47% dans les urines et 43% dans les selles. Environ 50% sont retrouvés sous la forme de la molécule mère.
Cas particuliers
Dans les études contrôlées, la clairance plasmatique s’est avérée réduite chez les patients âgés et les patients souffrant de perturbations rénales, mais dans la majeure partie des études cette réduction n’était pas statistiquement significative. En cas de maladie hépatique, la demi-vie d’élimination moyenne est allongée (30 minutes) et la clairance plasmatique moyenne est réduite de 1 ml/kg/minute.
Chez les nourrissons de 3 mois à un an, le volume de distribution apparent à l’état d’équilibre est plus élevé que chez l’adulte et l’enfant de 1 à 8 ans. Il semble que, chez les enfants plus âgés (3–8 ans), la clairance soit plus élevée et la demi-vie d’élimination plus courte (environ 20 minutes) que chez les adultes, les enfants plus jeunes et les nourrissons.

Données précliniques

Dans les études précliniques, des effets n’ont été observés qu’avec des doses très largement supérieures aux doses maximales utilisées chez l’Homme; ces données ne sont pas pertinentes pour la pratique clinique.
Il n’existe pas de modèle animal adéquat qui permettrait de reproduire la complexité de la situation d’un patient en unité de soins intensifs. C’est pourquoi la sécurité d’emploi de bromure de rocuronium, utilisé pour la ventilation artificielle en service de réanimation, est essentiellement étayée par les résultats d’études cliniques.

Remarques particulières

Incompatibilités
Il est établi qu’il existe une incompatibilité physique entre le bromure de rocuronium et les solutions des médicaments suivants: amphotéricine, amoxicilline, azathioprine, céfazoline, cloxacilline, dexaméthasone, diazépam, énoximone, érythromycine, famotidine, furosémide, succinate sodique d’hydrocortisone, insuline, Intralipide, méthohexital, méthylprednisolone, succinate sodique de prednisolone, thiopental, triméthoprime et vancomycine.
Il ne faut pas mélanger Rocuronium-Mepha à d’autres médicaments, sauf s’il s’agit des médicaments mentionnés à la rubrique «Remarques concernant l’utilisation».
Quand Rocuronium-Mepha est administré dans le même système de perfusion que d’autres médicaments, il faut veiller à rincer soigneusement ce dispositif (par exemple avec du NaCl à 0,9%). Cela vaut tout particulièrement quand Rocuronium-Mepha est administré avec des médicaments pour lesquels une incompatibilité avec le bromure de rocuronium a été prouvée ou dont la compatibilité avec le bromure de rocuronium n’est pas démontrée.
Remarques concernant l’utilisation
Il est établi qu’à des concentrations comprises entre 0,1 mg/ml et 5,0 mg/ml, Rocuronium-Mepha est compatible avec les solutions pour perfusion suivantes:
eau pour préparations injectables;
solution glucosée à 5%;
solution glucosée à 5% dans une solution de chlorure de sodium;
solution de NaCl à 0,9%.
La stabilité chimique et physique avec ces solutions a été démontrée pendant 24 heures; passé ce délai, il faut éliminer les restes éventuels de la solution diluée. Cependant, pour des raisons d’ordre microbiologique, il faut utiliser la solution diluée immédiatement après sa dilution.
Si la solution diluée n’est pas utilisée immédiatement, le délai d’utilisation et les conditions de stockage relèvent de la responsabilité de l’utilisateur mais, de manière générale, l’entreposage ne devrait pas dépasser 24 heures à une température comprise entre 2 et 8 °C, sauf si la dilution/reconstitution se déroule dans des conditions aseptiques contrôlées et validées.
Conservation
Ce médicament doit être utilisé avant la date de péremption imprimée sur le récipient avec la mention «EXP».
Comme Rocuronium-Mepha ne contient pas de conservateurs, il faut utiliser la solution dès l’ouverture du flacon et jeter la solution inutilisée.
Modalités de conservation
Conserver le médicament au réfrigérateur, à une température comprise entre +2 °C et +8 °C. Dans ces conditions, Rocuronium-Mepha se conserve jusqu’à la date imprimée sur le conditionnement et l’étiquette avec la mention «EXP». Rocuronium-Mepha peut être conservé pendant au maximum 12 semaines hors du réfrigérateur, à une température ambiante (15–25 °C). Une fois sorti du réfrigérateur, Rocuronium-Mepha ne doit plus y être remis et il faut l’utiliser au cours de la période susmentionnée.

Numéro d’autorisation

59447 (Swissmedic).

Présentations

Quantité

CHF

SM

Catégories de remb.

ROCURONIUM Mepha 50 mg/5ml

10 flacons 5 ml

B

ROCURONIUM Mepha 100 mg/10ml

10 flacons 10 ml

B

Titulaire de l’autorisation

Mepha Pharma SA, Aesch/BL.

Mise à jour de l’information

Février 2010.

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