Propriétés/EffetsCode ATC: A02BC02
Mécanisme d’action et pha rmacodynamie
Le pantoprazole appartient à la classe des inhibiteurs de la pompe à protons. Il conduit d’une manière spécifique et dépendant de la dose à une inhibition de l’enzyme H+/K+-ATPase des cellules pariétales, responsable de la sécrétion de l’acide gastrique.
Le pantoprazole est un benzimidazole substitué. Après son absorption, il s’accumule dans le compartiment acide des cellules pariétales, où il est transformé en sa forme active, un sulfénamide cyclique. Ce dernier se fixe ensuite à l’enzyme H+/K +-ATPase et inhibe ainsi la pompe à protons. On obtient ainsi une inhibition durable de la sécrétion basale et de la sécrétion stimulée de l’acide gastrique. Comme l’action du pantoprazole est distale au niveau des récepteurs (sur la pompe à protons), il d iminue la sécrétion acide indépendamment de l’origine du stimulus (acétylcholine, histamine, gastrine).
Après administration orale ou intraveineuse, le pantoprazole inhibe de manière dose-dépendante la sécrétion d’acide gastrique stimulée par la pentagastr ine . Chez des volontaires, une dose orale de 40 mg a permis d’atteindre une inhibition de 51% le jour 1 et de 85% le jour 7. L’acidité basale des 24 heures a baissé de 37% le jour 1 et de 98% le jour 7 sous l’effet de 40 mg par voie orale.
La sélectivité d u pantoprazole repose sur sa propriété de déployer la totalité de son effet uniquement dans le milieu fortement acide (pH <3) des cellules pariétales, alors qu’il reste largement inactif à pH plus élevé. En conséquence, le pantoprazole ne peut développer u n effet pharmacologique complet et donc un effet thérapeutique que dans les cellules pariétales de l’estomac possédant une activité acide.
Dans le cadre d’un processus de rétroaction, cet effet diminue de nouveau dans la même mesure que l’inhibition global e de la sécrétion acide. Dans les traitements au long cours par le pantoprazole , les taux de gastrine à jeun s’inscrivent à la hausse pour atteindre environ le double des valeurs normales. Mais dans la plupart des cas, les concentrations de gastrine n’augm entent pas de manière excessive. Après un traitement par voie orale, les valeurs médianes de la gastrine retombent nettement. La suppression de la sécrétion acide peut provoquer une multiplication de cellules endocrines particulières (les cellules ECL ou e ntérochromaffines ) par l’intermédiaire d’une augmentation de la sécrétion de gastrine (hyperplasie simple à adénomateuse ). Cependant, l’apparition de précurseurs carcinoïdes (hyperplasie atypique) ou de tumeurs carcinoïdes gastriques telle qu’elle a été dé crite chez l’animal (voir «Données précliniques») n’a pas été observée chez l’homme.
Au vu des résultats des expériences menées sur l’animal, il n’est pas totalement exclu que les traitements à long terme de plus d’un an par le pantoprazole aient un impact sur les paramètres endocriniens de la thyroïde.
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