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Xylocain® Solution pour injection
AstraZeneca AG

Composition

Xylocain 1% et 2%
Principe actif: Lidocaini hydrochloridum anhydricum.
Excipients: Natrii chloridum, Conserv.: Methylis parahydroxybenzoas (E 218) (1 mg/ml), Aqua ad iniectabilia.
Xylocain 2% (sans agent conservateur)
Principe actif: Lidocaini hydrochlori dum anhydricum.
Excipients: Natrii chloridum, Aqua ad iniectabilia.

Forme galénique et quantité de principe actif par unité

Xylocain 1% et 2%: 1 ml de solution pour injection contient 10 mg ou 20 mg de Lidocaini hydrochloridum anhydricum.

Indications/Possibilités d’emploi

Infiltration locale;
anesthésies de conduction majeures et mineures;
anesthésie épidurale.

Posologie/Mode d’emploi

Les injections intravasculaires doivent être évitées, afin de prévenir des réactions de toxicité aiguë. Il est recommandé d ’aspirer avec précaution avant et pendant l’injection.
Lorsqu’une dose élevée doit être injectée, par exemple lors d’une anesthésie épidurale, il est conseillé d’injecter une dose test de 3–5 ml de lidocaïne contenant de l’adrénaline. Une injection intrava sculaire accidentelle se reconnaît par une accélération passagère du rythme cardiaque. La dose principale doit être injectée lentement , avec une vitesse d’injection de 100–200 mg/min, ou en dose croissante, tout en maintenant un contact verbal avec le pati ent. Lorsque apparaissent des symptômes d’intoxication, l’injection doit être interrompue immédiatement.
Le blocage complet de toutes les fibres nerveuses de grands nerfs requiert généralement des doses plus fortes de médicament. En général, l’anesthésie c hirurgicale requiert une concentration et une posologie plus élevées (par ex. utilisation épidurale). Une concentration plus faible est indiquée pour les nerfs plus petits, ou lorsqu’un blocage d’intensité moindre est nécessaire (par ex. pour soulager les douleurs de contractions). Le volume de médicament administré détermine l’étendue de l’anesthésie.
Lorsqu’un blocage prolongé est nécessaire, par ex. lors d’une administration répétée, le risque qu’un taux plasmatique toxique soit atteint ou que des lésion s locales de nerfs soient provoquées doit être pris en considération.
Recommandation posologique chez les adultes et les enfants de plus de 12 ans
Le tableau ci-dessous indique les doses recommandées pour les techniques les plus usuelles chez l’adulte moye n.
Pour le calcul de la dose nécessaire, des expériences cliniques et l’état physique général du patient sont très importants.
Les posologies indiquées dans le tableau sont nécessaires pour obtenir un blocage efficace. Elles sont données à titre indicatif pour un adulte moyen (70 kg). Comme le délai d’apparition de l’effet et la durée d’action varient beaucoup d’un patient à l’autre, il est impossible de donner des informations précises à cet égard. Pour les autres techniques d’anesthésie régionale, consul ter les ouvrages standards sur la question.

Type de blocage     Concen-    Dose          Entrée 

                     tration                   en     

                                              action  

                    mg/ml %    ml    mg      min    

Anesthésie   chirurgicale                              

Anesthésie   épi -     20    2    15–25 300–500 15–20  

durale  lombaire¹                                    

Anesthésie   épi -     20    2    10–15 200–300 10–20  

durale  thoracique¹                                  

Bloc  épidural        20    2    15–25 300–500 15–30  

caudal¹                                             

Bloc de  champ                                         

Infiltration        10    1    ≤15   ≤150    1–2  

Bloc digital        10    1    1–5   10–50   2–5    

Bloc intercostal³   10    1    2–5   20–50   3–5    

(par  nerf / segment )                                  

Rétrobulbaire        20    2    4     80      3–5    

Bloc  honteux         10    1    10    100     5–10   

Bloc des  nerfs   principaux                            

Bloc  paracervical    10    1    10    100     3–5    

(par  côté )                                          

Bloc du  plexus       10    1    ≤15   ≤150    15–30

brachial                                            

Supraclaviculaire    10    1    ≤15   ≤150    15–30

et  interscalénique                                    

Sciatique            20    2    15–20 300–400 15–30  

3 en 1              10    1    ≤15   ≤150    15–30

( Nerf   crural ,                                       

N.  obturateur  et                                    

N.  cut .  fém .                                        

latéral )                                            

Type de blocage                      Durée d’action 

                                      h              

Anesthésie   chirurgicale                              

Anesthésie   épidurale  lombaire¹       1,5–2          

Anesthésie   épidurale  thoracique¹     1,5–2          

Bloc  épidural  caudal¹                1,5–2          

Bloc de  champ                                         

Infiltration                         2–3            

Bloc digital                         1,5–2          

Bloc intercostal³ (par nerf/segment) 1–2            

Rétrobulbaire                         1,5–2          

Bloc  honteux                          1,5–2          

Bloc des  nerfs   principaux                            

Bloc  paracervical  (par  côté )         1–1,5          

Bloc du  plexus  brachial              1,5–2          

Supraclaviculaire  et  interscalénique  1,5 –2          

Sciatique                             2–3            

3 en 1                               1,5–2          

(Nerf crural, N. obturateur et                      

N.  cut .  fém .  latéral )                               

≤: jusqu’à .
¹ Dose y compris dose test.
² Nombre maximal de nerfs bloqués simultanément ≤8.
Attention: Les solutions de xylocaïne en récipients multidoses contenant du parahydroxybenzoate de méthyle (méthylparaben) ne doivent pas être utilisées pour une anesthésie int rathécale, épidurale (y compris caudale), intrabulbaire ou rétrobulbaire.
Recommandations posologiques particulières
Pédiatrie
Les dosages suivants sont nécessaires pour obtenir un bloc efficace et constituent une référence pour l’utilisation chez l’enfan t. Des variations individuelles sont possibles. Une réduction posologique par paliers est souvent nécessaire chez les enfants adipeux et devrait se baser sur le poids idéal. Pour la recherche d’autres techniques d’anesthésie et pour les besoins individuels des patients, il est conseillé de consulter les traités de référence en matière d’anesthésie.
Chez les enfants, la dose doit être calculée sur la base du poids corporel, et peut aller jusqu’à 5 mg/kg.
L’utilisation et la sécurité d’emploi de Xylocain n’o nt pas à ce jour été étudiées chez l’enfant de moins d’1 an.
Recommandation posologique chez l’enfant (1–12 ans)

Concentration         Dose                           

[mg/ml]    %                                        

10         1         0,5 ml/kg    5  mg/kg           

Entrée en action     Durée d’action                 

[min]                [h]                            

10–15                1–1,5                          

Attention: Les solutions de xylocaïne en récipients multidoses contenant du parahydroxybenzoate de méthyle (méthylparaben) ne doivent pas être utilisées pour une anesthésie intrathécale, épidurale (y compris caudale), intrabulbaire ou rétrobulbaire.

Contre-indications

Hypersensibilité au principe actif, la lidocaïne, à d’autres anesthésiques locaux de type amide ou à un des excipients conformément à la composition.
Les ampoules de 50 ml contiennent l’agent conservateur E 218 (parahydroxybenzoate de méthyle). Elles n e doivent par conséquent pas être administrées à des patients présentant une allergie aux anesthésiques locaux de type ester ou aux métabolites PABA (parahydroxybenzoate) tels que le benzoate.

Mises en garde et précautions

Les anesthésies régionales doiven t toujours être effectuées avec un matériel approprié et dans un environnement hospitalier adéquat. Le médecin doit avoir à portée de main le matériel nécessaire et les médicaments permettant de surveiller le patient et de le réanimer en urgence si nécessa ire.
En cas de blocages importants ou d’administration de doses importantes, une canule i.v. doit être introduite avant l’injection de l’anesthésique local.
Les médecins pratiquant l’anesthésie locale doivent disposer d’une expérience et d’un entraînement suffisants. De même, ils doivent impérativement maîtriser le diagnostic et le traitement d’effets secondaires potentiels, et savoir gérer la toxicité systémique ou d’autres complications éventuelles (voir «Surdosage»).
Afin de réduire les risques d’effets secondaires dangereux, il convient d’accorder une attention particulière aux patients suivants:
Patients âgés ou patients en mauvais état général.
Patients avec bloc cardiaque partiel ou complet, car l’anesthésique local peut affaiblir la conduction du myo carde.
Patients souffrant d’une maladie hépatique avancée ou d’insuffisance rénale sévère.
Le risque d’une méthémoglobinémie doit être envisagé chez les patients souffrant d’une anémie sévère ou d’une insuffisance cardiaque (voir «Effets indésirables»).
Les patients traités par des anti-arythmiques de classe III (comme par ex. l’amiodarone) doivent être surveillés et un examen par ECG doit être pris en considération car les effets cardiaques peuvent être additifs.
Chez les patients atteints de porphyrie a iguë, Xylonest ne doit être administré que dans des cas d’urgence car il pourrait être porphyrinogène. Des mesures de précaution appropriées doivent être prises dans le cas de patients présentant de tels risques.
Certaines formes d’anesthésies locales peuv ent, quel que soit le produit d’anesthésie utilisé, provoquer des effets secondaires graves, par exemple:
Les blocages centraux de nerfs peuvent provoquer des dépressions cardiovasculaires, particulièrement lors de l’apparition d’une hypovolémie; par consé quent, les anesthésies épidurales ne devraient être appliquées qu’avec prudence chez les patients souffrant d’insuffisance cardiovasculaire.
Dans des cas isolés, les injections rétrobulbaires peuvent atteindre l’espace sous-arachnoïdien crânien et provoque r: cécité passagère, collapsus cardiovasculaire, apnée, convulsions, etc. Ces symptômes doivent être diagnostiqués et traités immédiatement.
Le risque d’une dysfonction permanente de la musculature oculaire est minime lors d’injections rétrobulbaires. Les causes principales incluent un traumatisme et/ou des effets locaux toxiques sur les muscles et/ou sur les nerfs.
L’intensité de ces réactions tissulaires est en rapport avec la gravité du traumatisme, la concentration de l’anesthésique local et le temps d ’exposition du tissu à l’anesthésique local. C’est pourquoi, comme pour tous les autres anesthésiques locaux, la plus petite concentration et la plus faible posologie de l’anesthésique local encore efficaces seront administrées.
Les injections au niveau d e la tête et de la nuque qui ont été effectuées accidentellement dans une artère provoquent des symptômes cérébraux déjà à une dose faible.
Le bloc paracervical peut provoquer une bradycardie/tachycardie chez le foetus de sorte qu’une surveillance étroite du rythme cardiaque du foetus est nécessaire.
L’anesthésie épidurale peut provoquer une hypotension et une bradycardie. Afin de réduire le risque de telles complications, il convient de procéder à une expansion préalable de la circulation avec des solution s cristalloïdes ou colloïdales. Une hypotension doit être traitée immédiatement par l’administration par ex. de 5 à 10 mg d’éphédrine i.v. et qui sera répétée si nécessaire.
Les solutions de xylocaïne en récipients multidoses contenant du parahydroxybenzoa te de méthyle (méthylparaben) ne doivent pas être utilisées pour une anesthésie intrathécale, épidurale (y compris caudale), intrabulbaire ou rétrobulbaire.
Une injection intrathécale involontaire se reconnaît par les signes d’un blocage spinal.
Il existe des rapports postcommercialisation signalant une chondrolyse chez des patients ayant reçu une perfusion intra-articulaire continue d’anesthésiques locaux en postopératoire. La majorité des cas signalés concernent l’articulation de l’épaule. Vu les multiple s facteurs d’influence sur le mécanisme d’action et vu la disparité existant dans la littérature scientifique, le rapport entre les éléments considérés n’est pas démontré. La perfusion intra-articulaire continue n’est pas une indication homologuée de Xyloc ain.

Interactions

La lidocaïne devrait être utilisée avec prudence chez les patients traités simultanément par d’autres anesthésiques locaux ou d’autres principes actifs de structure apparentée aux anesthésiques locaux de type amide (anti-arythmiques comme par ex. la tocaïnide et la méxilétine), car leurs effets toxiques systémiques sont additifs.
Aucune étude d’interactions spécifique entre la lidocaïne et les anti-arythmiques de classe III (par ex. l’amiodarone) n’a été effectuée. La prudence est toutefoi s recommandée (voir «Mises en garde et précautions»).

Grossesse/Allaitement

Des études contrôlées chez l’animal ou chez la femme enceinte ou chez l’animal ne sont pas disponibles. Dans ces conditions, le médicament ne doit pas être administré, sauf nécessi té absolue.
Une éventuelle bradycardie chez le foetus due à l’administration d’un anesthésique local peut se manifester lors d’un blocage anesthésique paracervical, en raison des concentrations élevées d’anesthésique local atteignant le foetus.
Allaitement
La lidocaïne passe dans le lait maternel en quantités si faibles, qu’elle ne représente généralement aucun risque pour le nourrisson lorsqu’elle est utilisée à des doses thérapeutiques.

Effet sur l’aptitude à la conduite et l’utilisation de machines

Les c onducteurs d’automobiles et de machine doivent tenir compte du fait que les anesthésiques locaux peuvent, en fonction de la dose, provoquer des légers troubles de la concentration et de la coordination et restreindre passagèrement la capacité de locomotion . Par conséquent, la prudence est de mise.

Effets indésirables

Le profil de sécurité de Xylocain est semblable à celui d’autres anesthésiques locaux de type amide.
Les effets indésirables provoqués par le médicament en soi ne peuvent que difficilement être distingués:
– des effets physiologiques d’une anesthésie par blocage nerveux (par ex. chute de la tension artérielle, bradycardie),
– des événements qui ont été provoqués directement ou indirectement par la ponction (par ex. traumatisme du nerf, abcès ép idural).
Système immunitaire
Rare: réactions allergiques, réactions anaphylactiques, choc anaphylactique.
Système nerveux
Fréquent: paresthésie, vertiges.
Occasionnel: signes et symptômes d’une toxicité du SNC (convulsions, paresthésie circumorale, insensibilité de la langue, hyperacousie, trouble de la vision, tremblements, acouphènes, dysarthrie, dépression du SNC).
Rare: neuropathie, lésion nerveuse périphérique, ara chnoïdite.
Yeux
Rare: diplopie.
Coeur
Fréquent: bradycardie.
Rare: arrêt cardiaque, arythmie cardiaque.
Système vasculaire
Fréquent: hypotension, hypertension.
Organes respiratoires
Rare: dépression respiratoire.
Système digestif
Fréquent: nausée, vomissement.

Surdosage

Toxicité systémique aiguë
Lors d’une injection intravasculaire accidentelle, l’effet toxique se fait ressentir au bout de 1 à 3 minutes, alors qu’en cas de surdosage, la concentration plasmatique maximale n’est pas atteinte avant 20 à 30 minutes en fonction du site d’injection, les signes d’une toxicité étant ainsi retardés. Les réactions toxiques apparaissent principalement au niveau du système nerveux central et du système cardiovasculaire.
Toxicité au niveau du système ner veux central
Elle se manifeste progressivement avec des signes d’aggravation croissante. Les premiers signes en sont normalement: paresthésies circumorales, anesthésie de la langue, torpeur, hyperacousie, acouphènes et troubles de la vision. La dysarthrie et les spasmes musculaires sont plus sévères et précèdent des spasmes généralisés. Ces signes ne doivent pas être confondus par erreur avec des troubles psychiatriques. Ils peuvent être suivis de perte de connaissance et de crises de grand mal, qui peuvent durer de quelques secondes à quelques minutes. Une hypoxie et une hypercapnie surviennent rapidement du fait de l’augmentation de l’activité musculaire, en même temps qu’une interférence de la respiration normale et une perte du réflexe de protection des voies aériennes. Dans les cas graves, une apnée peut apparaître. L’acidose hyperkaliémique, l’hypocalcémie et l’hypoxie augmentent et prolongent l’effet toxique des anesthésiques locaux.
Le rétablissement dépend de la redistribution du médicament anesthési que local depuis le système nerveux central et de la métabolisation. Le rétablissement peut être rapide si la quantité d’anesthésique injecté n’était pas trop importante.
Toxicité cardiovasculaire
Dans des cas graves, des effets sur le système cardiovascul aire peuvent être observés. Ceux-ci commencent généralement par des signes de toxicité au niveau du système nerveux central. Lorsque des sédatifs puissants ont été administrés ou sous anesthésie générale, il est possible que les symptômes SNC prodromiques ne se manifestent pas ou que la détection des premiers signes d’une toxicité soit difficile. Une hypotension, une bradycardie, une arythmie et même un arrêt cardiaque peuvent survenir comme conséquence de concentrations systémiques élevées d’anesthésiques locaux. Il est arrivé dans des cas rares qu’un arrêt cardiaque se produise sans symptômes SNC prodromiques.
Traitement de la toxicité aiguë
Si des signes de toxicité systémique aiguë apparaissent, l’injection de l’anesthésique local doit être immédiatemen t interrompue.
Lorsque des symptômes SNC apparaissent (convulsions, dépression du SNC), les objectifs thérapeutiques suivants doivent être visés:
Maintenir l’apport d’oxygène, faire cesser les convulsions et soutenir la circulation, au besoin en utilisant en plus un masque et un masque à ballon ou en procédant à une intubation endotrachéale.
Si les crampes ne disparaissent pas spontanément en 15 à 2 0 secondes, il faut injecter un myorelaxant par voie i.v. Thiopental sodique 1 à 3 mg/kg en i.v. fait rapidement cesser les convulsions. Une autre possibilité consiste à administrer du diazépam 0,1 mg/kg en i.v. bien qu’il agisse lentement. Des convulsions persistantes peuvent mettre en danger la respiration et l’absorption d’oxygène par le patient. L’injection d’un relaxant musculaire (par ex. succinylcholine 1 mg/kg) fera cesser rapidement les convulsions, facilitant la respiration et permettant le contrô le de l’apport en oxygène. Dans de tels cas, une intubation endotrachéale doit être envisagée rapidement.
Si une dépression cardiovasculaire (hypotonie, bradycardie) est évidente, l’injection i.v. d’un sympathomimétique, par ex. éphedrine 5 à 10 mg, doit ê tre administrée et si nécessaire renouvelée après 2 à 3 minutes. Chez les enfants, la posologie de l’éphedrine doit être adaptée en fonction de l’âge et du poids.
En cas de collapsus circulatoire, une réanimation cardio-pulmonaire rapide est nécessaire: un apport optimal d’oxygène, un soutien de la respiration et de la circulation ainsi qu’un traitement de l’acidose sont vitaux.

Propriétés/Effets

Code ATC: Xylocain N01BB02
Mécanisme d’action/Pharmacodynamie
Le chlorhydrate de lidocaïne (Xylocain) est un an esthésique local de type amide. Il est doté d’une entrée en action rapide et d’une durée d’action moyenne.
Une solution à 2% en injection épidurale a une durée d’action de 1,5–2 heures, et jusqu’à 5 heures en injection périphérique.
Une solution à 1% a un effet moindre sur les fibres nerveuses motrices, et la durée d’action est plus courte.
L’entrée en action et la durée d’action de l’effet anesthésiant local induit par la lidocaïne dépendent de la posologie et du lieu d’application.
Comme d’autres anesthés iques locaux, la lidocaïne provoque un blocage réversible de la propagation de l’influx nerveux en inhibant le passage d’ions sodiques vers l’intérieur de la membrane des cellules nerveuses. On suppose la présence de récepteurs de molécules d’anesthésiques locaux dans les canaux sodiques des membranes nerveuses.
Les anesthésiques locaux peuvent avoir un effet semblable sur d’autres membranes excitables du cerveau et du myocarde.
Lorsque des quantités excessives de principe actif passent rapidement dans la c irculation générale, les signes et les symptômes de toxicité apparaissent principalement au niveau du système nerveux central et du système cardiovasculaire.
Des symptômes de toxicité au niveau du système nerveux central (voir «Surdosage») précèdent habitu ellement les effets sur le système cardiovasculaire, car les manifestations nerveuses centrales apparaissent déjà à des concentrations plasmatiques faibles.
Des effets immédiats cardiovasculaires de l’anesthésique local sont: une conduction lente, une inot ropie négative et éventuellement un arrêt cardiaque.
Des effets indirects cardiovasculaires (hypotonie, bradycardie) peuvent se manifester après une application épidurale; ils dépendent toutefois de l’étendue du blocage sympathique simultané.

Pharmacocinétique

Absorption
Le taux d’absorption dépend de la dose, de la voie d’administration et de la vascularisation du lieu d’injection.
Distribution
La lidocaïne présente un pK a de 7,9 et un coefficient de répartition huile/eau de 2,9. La liaison aux protéines plasmatiques se monte à 65%. La lidocaïne est principalement liée à la glycoprotéine alpha-1 acide.
Le volume de distribution à l’état stationnaire est de 91 l.
La lidocaïne traverse rapidement la barrière placentaire et l’équilibre par rapport à la concentration libre est vite atteint. Chez le foetus, le taux de liaison aux protéines plasmatiques est inférieur à celui de la mère, ce qui conduit à une concentratio n plasmatique totale plus faible chez le foetus.
La lidocaïne passe dans le lait maternel, mais en quantité si faible qu’elle ne représente pratiquement aucun risque pour le nourrisson lorsqu’elle est utilisée à des concentrations thérapeutiques.
Métabolis me
Les principaux métabolites de la lidocaïne sont le mono-éthyl-glycine-xylidide (MEGX), le glycine-xylidide (GX), la 2,6-xylidine et la 4-hydroxy-2,6-xylidine. Le métabolisme du MEGX se fait par N-désalkylation et implique les CYP1A2 et CYP3A4. Le métabo lisme de la 2,6-xylidine en 4-hydroxy-2,6-xylidine, métabolite principal dans les urines, passe par le CYP2A6.
Comme la lidocaïne, le MEGX déploie une activité anticonvulsive, sa demi-vie est toutefois un peu plus longue. Le GX ne possède aucune activité a nticonvulsive et possède une demi-vie d’environ 10 heures.
Elimination
La lidocaïne présente une absorption complète et biphasique depuis l’espace épidural, avec des demi-vies de 9,3 min et de 82 min respectivement. La lente absorption limite le taux d’élimination de la lidocaïne. Cela explique que l’élimination soit plus len te après une injection épidurale qu’après une injection intraveineuse. L’absorption de la lidocaïne depuis l’espace sous-arachnoïdien est monophasique avec une demi-vie de 71 minutes.
La lidocaïne présente une clairance plasmatique totale de 0,95 l/min et une demi-vie de 1,6 heures. La clairance de la lidocaïne dépend pratiquement exclusivement du métabolisme hépatique, et varie ainsi en fonction de l’irrigation du foie et de l’activité des enzymes hépatiques.
Seuls juste 2% de lidocaïne sont éliminés sous forme inchangée. Une fraction pouvant aller jusqu’à 70% se re­trouve dans les urines sous forme de 4-hydroxy-2,6-xylidine.
Cinétique pour certains groupes de patients
Nouveau-nés: La demi-vie d’élimination des nouveau-nés se monte à environ le double de ce lle des adultes (3,2 heures), alors que la clairance est semblable (10,2 ml/min kg).

Données précliniques

Génotoxicité
Certains signes indiquent que la 2-6-xylidine, un produit du métabolisme de la lidocaïne retrouvé chez le rat, éventuellement aussi chez l’être humain, pourrait avoir des effets mutagènes. Ces informations sont issues de tests in vitro dans lesquels ce métabolite a été utilisé à des concentrations très élevées, pratiquement toxiques. Actuellement, rien n’indique que la substance mère, la li docaïne, soit elle-même mutagène.
Cancérogénicité
Dans une étude sur la cancérogénicité menée chez le rat avec exposition trans-placentaire et traitement post-partum des animaux sur 2 ans avec des doses élevées de 2-6-xylidine, des tumeurs malignes et béni gnes ont été observées, principalement dans la cavité nasale (ethmoturbinalia). La pertinence de ces observations pour l’homme n’est pas élucidée. Il est par conséquent indiqué de ne pas utiliser la lidocaïne à long terme à des posologies élevées.

Remarques particulières

Incompatibilités
La solubilité de la lidocaïne est limitée à un pH supérieur à 6,5. Cette propriété doit être prise en considération principalement lorsque la lidocaïne doit être mélangée à des solutions alcalines, par ex. des carbonates, c ar un précipité peut se former.
Stabilité
Le médicament ne doit pas être utilisé au-delà de la date de péremption figurant après la mention «EXP» sur l’emballage.
Remarques concernant le stockage
Conserver les solutions de Xylocain à température ambiante (15–25 °C).
Ne pas congeler les solutions de Xylocain.
Délai d’utilisation des flacons à usage unique
La solution contenue dans le flacon monodose (sans agent conservateur) est destinée à l’usage unique. Après l’ouverture du flacon , jeter toute solution non utilisée .
Délai d’utilisation des flacons à usage multiple
Après l’ouverture du flacon multidose, les solutions injectables (avec agent conservateur) doivent être utilisées dans les 3 jours.
Remarques concernant la manipulation
Lors de l’usage des flac ons à usage multiple, le risque de contamination microbienne est plus important qu’avec les récipients monodoses. Par conséquent, il convient d’utiliser les récipients monodoses chaque fois que cela est possible.
Lors de l’emploi des flacons à usage multi ple, il convient de prendre les mesures de précaution adéquates pour éviter une contamination microbienne, par exemple:
Utiliser un système d’injection stérile à usage unique.
Utiliser une aiguille stérile neuve et une seringue stérile lors de chaque prélè vement de solution.
Éviter l’introduction de substances ou de liquides contaminés dans les flacons à usage multiple.

Numéro d’autorisation

14975 ( Swissmedic ).

Présentation

Xylocain sol inj 1% flac 5 × 50 ml.
Xylocain sol inj 2% flac 5 × 50 ml.
Xylocain sol inj 2% s cons amp 5 × 5 ml. (B)

Titulaire de l’autorisation

AstraZeneca AG, 6301 Zug.

Mise à jour de l’information

Août 2011.