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Norcuron®
MSD Merck Sharp & Dohme AG

Composition

Principe actif
Bromure de vécuronium
Excipients
Acide citrique, phosphate disodique, mannitol (E 421), hydroxyde de sodium (pour l’ajustement du pH), acide phosphorique (pour l’ajustement du pH).
Solvant: eau pour préparations injectables
 

Forme galénique et quantité de principe actif par unité

Lyophilisat pour préparation d'une solution à injecter par voie intraveineuse.
Flacon ponctionnable de 10 mg de bromure de vécuronium
 

Indications/Possibilités d’emploi

Norcuron est indiqué au cours de l’anesthésie générale pour faciliter l’intubation trachéale et maintenir une relaxation musculaire pendant la durée de l’acte chirurgical.
 

Posologie/Mode d’emploi

Posologie usuelle
Norcuron doit toujours être administré par un médecin expérimenté connaissant bien l’effet et le mode d’emploi de ce médicament ou sous la surveillance d'un tel médecin.
Comme avec tous les curarisants, il faut déterminer la posologie de Norcuron cas par cas. Lors de la fixation de la dose, il faut tenir compte de la méthode d’anesthésie, de la durée prévue de l’intervention, des interactions possibles avec d’autres médicaments administrés avant ou pendant l’opération ainsi que de l’état du patient.
Il est recommandé d’utiliser une technique appropriée de surveillance neuromusculaire pour évaluer la curarisation et la décurarisation.
Les anesthésiques inhalés renforcent l’effet curarisant de Norcuron. En cours d’anesthésie, il faut ajuster les doses de Norcuron, soit en administrant des doses d’entretien plus faibles à des intervalles plus longs, soit en réduisant le débit de la perfusion pendant les opérations prolongées (plus d’une heure) (voir aussi«Interactions»).
Adultes
Les posologies suivantes sont proposées à titre indicatif pour les adultes, pour l’intubation trachéale et la relaxation musculaire lors des opérations de durée courte à longue:
Intubation trachéale
La dose standard pour l’intubation lors d’une anesthésiede routineest de 0,08-0,1 mg de bromure de vécuronium par kilo de poids. Chez presque tous les patients, cette dose permet d’obtenir de bonnes conditions d’intubation dans un délai de 90-120 secondes.
Dose pour les interventions réalisées après intubation avec de lasuccinylcholine
0,03-0,05 mg de bromure de vécuronium par kilo de poids.
En cas d’utilisation de succinylcholine pour faciliter l’intubation, il ne faut administrer Norcuron qu’après disparition des effets curarisants de la succinylcholine.
Dose d’entretien recommandée
0,02-0,03mg/kg de poids.
Il est préférable d’administrer la dose d’entretien lorsque l'amplitude des contractions musculaires est revenue à 25% de la valeur témoin.
Administration en perfusion continue
Après l’administration d’une dose initiale lors de l’intubation (voir «Intubation trachéale»), il faut instaurer la perfusion dès le début de la récupération de la curarisation initiale. Il faut ajuster le débit de la perfusion de façon à maintenir une amplitude des contractions musculaires représentant 10% de l'amplitude témoin ou à garantir le maintien de 1 à 2 réponses à laquadruple stimulation (TOF). L’expérience montre que chez l’adulte ce niveau de curarisation est obtenu avec des débits de perfusion compris entre 0,8 et 1,4μgde bromure de vécuronium par kilo de poids par minutesous anesthésie intraveineuse. Pour lesenfants et les nouveau-nés, voir ci-dessous. Il faut impérativement contrôler en permanence la curarisation car le débit de la perfusion est variable d’un patient à l’autre et dépend de la méthode d’anesthésie utilisée.
Posologies particulières
Posologie chez les patients âgés
La dose d’intubation et la dose d’entretien sont les mêmes que chez les adultes plus jeunes (respectivement 0,08-0,1 mg/kg de poidset0,02-0,03 mg/kg de poids). Chez les patients âgés, la durée d’action est allongée, mais le délai d’action est comparable à celui observé chez les adultes plus jeunes.
Posologie en pédiatrie
Du fait de la possibilité de variabilité de la sensibilité de la jonction neuromusculaire, surtout chez le nouveau-né jusqu’à la quatrième semaine de vie et vraisemblablement aussi chez le nourrisson jusqu’à l'âge de quatre mois, il est recommandé d’administrer une dose test initiale de 0,01-0,02 mg/kg de bromure de vécuronium, suivie d’autres doses unitaires jusqu’à l’obtention d’une curarisation de 90%-95%. Lors des opérations portant sur des nouveau-nés, il ne faut pas dépasser la dose de 0,1 mg/kg.
Pour les nouveau-nés (0 à 1 mois) et les nourrissons (1 à 23 mois), la posologie est la même que chez l’adulte. Comme le délai d’action est beaucoup plus court que chez l’adulte, il n’est généralement pas nécessaire d’administrer des doses fortes pour obtenir rapidement de bonnes conditions d’intubation. Comme la durée de la curarisation et de la décurarisation est plus longue chez le nouveau-né et le nourrisson que chez l’adulte et l’enfant, il faut espacer les doses d’entretien de Norcuron (allonger le délai entre les réinjections).
Chez les enfants (âgés de 2 à 11 ans), les doses utilisées chez l’adulte lors de l’intubation et les doses d’entretien recommandées (respectivement 0,08-0,1 mg/kget 0,02-0,03 mg/kg) sont généralement suffisantes. Toutefois, comme la durée d’action est plus courte que chez l’adulte, il faut généralement raccourcir l’intervalle entre les réinjections.
Bien qu’il n’existe que très peu d’informations concernant les posologies à utiliser chez l’adolescent, il est recommandé d’utiliser les mêmes doses que chez l’adulte, compte tenu du stade de développement à cet âge.
Patients obèses
Il est recommandé de réduire la dose chez les patients obèses. Il faut calculer la dose en s’appuyant sur la masse corporelle maigre.
Utilisation de doses plus fortes
S’il est nécessaire d’utiliser des doses plus fortes, on peut se guider sur l’expérience acquise: des doses initiales comprises entre 0,15 mg et 0,3 mg de bromure de vécuronium par kilo de poids ont été administrées pendant des opérations sous anesthésie par l’halothane ou sous neuroleptanalgésie et n’ont pas induit d’effets indésirables cardio-vasculaires, sous réserve d’une ventilation correcte. Avec les doses fortes, le délai d’action est raccourci et la durée d’action allongée.
Lors des césariennes et des opérations portant sur des nouveau-nés, il ne faut pas dépasser une dose de 0,1 mg/kg.
Césarienne
Des études ont démontré la sécurité d’emploi de Norcuron à des doses allant jusqu’à 0,1 mg/kg dans le cadre des césariennes.
Mode d’emploi
Après préparation de la solution prête à l’emploi, Norcuron est administré par voie intraveineuse, soit en injection en bolus, soit en perfusion continue (voir la rubrique «Remarques particulières/Remarques concernant la manipulation»).
 

Contre-indications

Hypersensibilité au vécuronium, à l’ion bromure ou à l’un des excipients entrant dans la composition du produit.
 

Mises en garde et précautions

Comme tous les curarisants, Norcuron ne doit être administré que par des médecins expérimentés connaissant bien l’effet et le mode d’emploi de ces médicaments ou sous la surveillance de tels médecins.
Etant donné que Norcuron provoque une paralysie des muscles respiratoires, il faut assurer une ventilation assistée jusqu’à rétablissement de la respiration spontanée.
Comme avec d’autres curarisants, on a signalé des cas de curarisation résiduelle avec Norcuron. Pour éviter les complications liées à une curarisation résiduelle, il ne faut procéder à l’extubation qu’une fois que les patients ont suffisamment bien récupéré de la curarisation. Il faut également tenir compte d’autres facteurs qui peuvent contribuer à allonger la durée de la curarisation (interactions avec d’autres médicaments, état de santé du patient). Il faut envisager une neutralisation de la curarisation par sugammadex ou par un autre inhibiteur à la fin de l’intervention et une surveillance neuromusculaire, surtout chez les patients qui sont exposés à une curarisation résiduelle.
Des réactions anaphylactiques sont possibles après l’administration de curarisants. Il faut donc toujours prendre des précautions pour pouvoir traiter de telles réactions, en particulier chez les patients qui ont des antécédents de réactions anaphylactiques aux curarisants, étant donné que des réactions allergiques croisées ont été signalées.
Dans la fourchette des doses recommandées, Norcuron est dénué d’effets cardio-vasculaires. Il n’atténue donc pas la bradycardie éventuellement provoquée par certains anesthésiques et opiacés ou par des réflexes vagaux pendant l’opération.
Il faut donc envisager l’emploi et/ou définir la posologie de médicaments vagolytiques en prémédication ou lors de l’induction de l’anesthésie quand il s’agit d’opérations (par exemple opérations oculaires, abdominales ou anorectales) qui risquent de provoquer des réactions vagales.
L’utilisation prolongée de corticoïdes et de Norcuron en réanimation peut provoquer un allongement de la durée dela curarisation ou des myopathies (voir la rubrique «Interactions»).
Les maladies suivantes peuvent modifier la pharmacocinétique et/ou la pharmacodynamique de Norcuron.
Maladies hépatiques et/ou biliaires et insuffisance rénale
Le bromure de vécuronium est essentiellement excrété par voie biliaire et rénale. Il faut donc utiliser Norcuron avec prudence chez les patients qui ont des maladies graves du foie et/ou des voies biliaires et/ou des reins. Chez ces patients, on a observé un allongement dépendant de la dose de la durée d’action, en particulier après l’administration de doses fortes devécuronium (0,15-0,20 mg/kg) à des patients présentant des perturbations de la fonction hépatique.
Allongement du temps de circulation
Dans les situations qui s’accompagnent d’un ralentissement du temps de circulation, par exemple maladies cardiovasculaires, patients âgés et œdèmes provoquant une augmentation du volume de distribution, le délai d’action peut être allongé.
Maladies neuromusculaires
Comme les autres curarisants, Norcuron doit être utilisé avec une prudence extrême chez les patients qui ont des maladies neuromusculaires ou des antécédents de poliomyélite, car la réaction aux curarisants peut être considérablement modifiée dans ces cas. L’ampleur et la nature de ces modifications peuvent fortement varier. En cas de myasthénie ou de syndrome pseudo-myasthénique (syndrome de Lambert-Eaton), de faibles doses de Norcuron ont parfois un très puissant effet. Il faut donc être extrêmement prudent et utiliser des doses très faibles dans ces cas.
Hypothermie
Au cours des opérations réalisées en hypothermie, l’effet curarisant de Norcuron est à la fois accentué et prolongé.
Obésité
Chez les obèses, si on calcule la dose en se fondant sur le poids effectif du patient, on aboutit à surdosage relatif avec allongement de l’effet et ralentissement de la récupération spontanée. Chez ces patients, il faut réduire la dose (voir la rubrique «Posologie/Mode d’emploi»)
Brûlures
Les brûlés peuvent être réfractaires aux curarisants non dépolarisants. Il faut ajuster la posologie cas par cas.
Autres situations cliniques
Les situations qui peuvent augmenter l’effet de Norcuron sont les suivantes: l’hypokaliémie (résultant par exemple de vomissements importants, d’une diarrhée et d’un traitement diurétique), l’hypermagnésiémie, l’hypocalcémie (après des transfusions massives), l’hypoprotéinémie, la déshydratation, l’acidose, l’hypercapnie et la cachexie.
Il faut donc éviter autant que possible les désordres électrolytiques sévères, les anomalies du pH sanguin ou la déshydratation.
 

Interactions

Les médicaments suivants peuvent modifier l’intensité et la durée de l’effet des curarisants non dépolarisants:
Accentuation de l’effet
Les anesthésiques volatils halogénés (par exemple enflurane, isoflurane, sévoflurane, desflurane, halothane) renforcent l’effet curarisant de Norcuron mais cet effet ne devient perceptible que pendant le traitement d’entretien (voir la rubrique «Posologie/Mode d’emploi»). La neutralisation de la curarisation par des inhibiteurs des cholinestérases peut aussi être inhibée.
Succinylcholine (voir la rubrique «Posologie/Mode d’emploi»).
L’utilisation prolongée de corticoïdes et de Norcuron en réanimation peut conduire à un allongement de la durée de la curarisation ou à des myopathies (voir la rubrique «Mises en garde et précautions»).
Autres médicaments
Antibiotiques: aminosides, lincosamides et antibiotiques polypeptidiques, acylaminopénicilline, diurétiques, quinidine, sels de magnésium, antagonistes du calcium, sels de lithium, cimétidine, lidocaïne, administration aiguë de phénytoïne ou de bêta-bloquants.
On a signalé une recurarisation après l’administration postopératoire d’aminosides, de lincosamides, d’antibiotiques polypeptidiques, d’acylaminopénicilline, de quinidine et de sels de magnésium (voir la rubrique «Mises en garde et précautions»).
Réduction de l’effet
Traitement continu préalable par la phénytoïne ou la carbamazépine.
Effet variable
L’administration simultanée d’autres curarisants non dépolarisants et de Norcuron peut atténuer ou accentuer la curarisation. Cela dépend de la séquence d’administration et du curarisant lui-même. La succinylcholine, administrée après le bromure de vécuronium, peut accentuer ou atténuer la curarisation provoquée par Norcuron.
Effet de Norcuron sur d’autres médicaments
L’administration concomitante de Norcuron et de lidocaïne peut raccourcir le délai d’action de la lidocaïne.
 

Grossesse/Allaitement

Les données concernant l’emploi pendant la grossesse sont insuffisantes.
Les études expérimentales menées chez l’animal n’ont pas montré d’effets toxiques sur la reproduction, mais ces données sont insuffisantes pour permettre une évaluation des dommages potentiels pour le fœtus (voir «Données précliniques»). Norcuron ne doit être administré à des femmes enceintes que si le médecin présent estime que cela est absolument indispensable.
Césarienne
Des études menées avec des doses de Norcuron allant jusqu’à 0,1 mg/kg ont montré sa sécurité d’emploi dans le cadre des césariennes. En cas de césarienne, il ne faut pas dépasser la dose de 0,1 mg/kg.
Norcuron ne modifie ni le score d’Apgar, ni le tonus musculaire fœtal ni l’adaptation cardio-respiratoire du nouveau-né. L’étude d’échantillons de sang prélevés dans les vaisseaux du cordon ombilical montre que le passage transplacentaire de Norcuron est très faible et insuffisant pour provoquer des effets indésirables chez le nouveau-né.
Mise en garde
Chez les patientes qui reçoivent du sulfate de magnésium en raison d’une toxémie gravidique, la décurarisation après l’administration de Norcuron peut être insuffisante, car les sels de magnésium accentuent la curarisation.
C’est pourquoi, chez les patientes qui reçoivent du sulfate de magnésium, il faut réduire la posologie et l’ajuster soigneusement en fonction de la réaction musculaire.
Il n’existe pas d’informations concernant l’utilisation pendant l’allaitement. Il ne faut pas administrer ce médicament pendant l’allaitement, sauf en cas de nécessité absolue.
 

Effet sur l’aptitude à la conduite et l’utilisation de machines

Etant donné que Norcuron est utilisé comme adjuvant de l’anesthésie générale, en cas d’opération réalisée en ambulatoire il faut respecter les précautions habituelles après une anesthésie générale.
 

Effets indésirables

Occasionnels/rares (<1%, >0,01%); très rares (≤0,01%) 1
Système immunitaire
Très rares:Hypersensibilité, réactions anaphylactiques, réactions anaphylactoïdes, choc anaphylactique, choc anaphylactoïde
Système nerveux
Très rare:Paralysie flasque
Troubles cardio-vasculaires
Occasionnel/rare:Tachycardie
Troubles vasculaires
Occasionnel/rare:Hypotension artérielle
Très rares:Collapsus circulatoire, choc
Organes respiratoires
Très rare:Bronchospasme
Troubles cutanés et des tissus sous-cutanés
Très rares:Oedèmede Quincke, urticaire, rash, éruption érythémateuse
Troubles musculo-squelettiques et des os
Très rares:Faiblesse musculaire 2 , myopathie 2
Troubles généraux
Occasionnels/rares: Inefficacité, affaiblissement ou accentuation de l’effet pharmacologique/de la réponse thérapeutique
Très rares:Oedèmefacial, douleurs au site d’injection, réactions au site d’injection
Blessures/intoxications
Occasionnels/rares: Prolongation de la curarisation, allongement de la durée de récupération après l’anesthésie
Très rare:Complications respiratoires lors de l’anesthésie
1)   Les fréquences sont des estimations fondées sur les comptes rendus de surveillance post-marketing et sur des données de la littérature.
2)   Après utilisation prolongée en réanimation
Prolongationde la curarisation
L’effet indésirable le plus fréquent est une prolongation de l’effet pharmacologique du médicament au delà de la durée nécessaire ou souhaitée. Ce phénomène peut se traduire par une faiblesse musculaire squelettique ou aller jusqu’à une prolongation de la curarisation conduisant à une insuffisance respiratoire et une apnée. On a rapporté quelques cas de myopathie après l’utilisation de Norcuron en association avec des corticoïdes, chez des patients hospitalisés en soins intensifs (voir aussi la rubrique «Mises en garde et précautions»).
Réactions anaphylactiques
Des réactions anaphylactiques graves aux curarisants, y compris à Norcuron, ont été signalées, mais très rarement. Exemples de réactions anaphylactiques/anaphylactoïdes: bronchospasmes, hypotension artérielle, tachycardie, collapsus circulatoire, choc, anomalies cutanées (par exemple œdème de Quincke, urticaire). Dans quelques cas, ces réactions ont été mortelles. Dans la mesure où des réactions graves sont possibles, il faut toujours prendre les précautions nécessaires.
Libération d’histamine et réactions histaminoïdes
Les curarisants peuvent déclencher une libération d’histamine, aussi bien locale (au site d’injection) que systémique. Il faut donc toujours être attentif à la survenue d’un prurit ou d’un érythème au niveau du site d’injection et/ou aux réactions histaminoïdes (anaphylactoïdes) généralisées (voir aussi «Réactions anaphylactiques»).
Des études expérimentales concernant l’injection intradermique de Norcuron montrent que le risque de déclenchement d’une libération locale d’histamine est faible avec ce médicament.
Les études contrôlées menées chez l’être humain ne montrent pas d’augmentation significative du taux plasmatique d’histamine après l’administration intraveineuse de Norcuron. De tels cas n’ont été que rarement rapportés, alors que Norcuron est très largement utilisé.
 

Surdosage

En cas de surdosage et de persistance prolongée de la curarisation, il faut maintenir le patient sous ventilation assistée et sous traitement sédatif. Dans cette situation, il y a deux options pour lever la curarisation: (1) le sugammadex peut être administré pour neutraliser une curarisation intense et profonde; la dose de sugammadex à administrer dépend du degré de curarisation; (2) un inhibiteur de l’acétylcholinestérase (par exemple néostigmine, édrophonium, pyridostigmine) peut être utilisé aux premiers signes de rétablissement spontané; il doit être administré aux doses adéquates.
Si la curarisation persiste malgré l’administration d’un inhibiteur des cholinestérases, il faut poursuivre la ventilation assistée jusqu’au rétablissement de la ventilation spontanée. L’administration réitérée d’inhibiteurs de l’acétylcholinestérase peut être dangereuse.
 

Propriétés/Effets

Code ATC
M03AC03
Mécanisme d’action
Norcuron (bromure de vécuronium) est un curarisant non-dépolarisant. Il interrompt la transmission entre la terminaison du nerf moteur et le muscle strié en entrant en compétition avec le neurotransmetteur acétylcholine pour la liaison aux récepteurs nicotiniques de la plaque terminale des muscles striés.
Contrairement aux curarisants dépolarisants tels que la succinylcholine, Norcuron ne provoque pas de fasciculations musculaires. Dans la fourchette des doses recommandées, Norcuron n’a aucune propriété vagolytique ou ganglioplégique.
Pharmacodynamie/Efficacité clinique
Intubation trachéale
L’injection intraveineuse d’une dose de 0,08-0,1 mg/kg permet d’obtenir des conditions bonnes à excellentes pour l’intubation endotrachéale au bout de 90 à 120 secondes. Une paralysie musculaire générale permettant toute intervention chirurgicale est obtenue en 3 à 4 minutes.
A cette dose, la durée d’action (délai de remontée de l'amplitude des contractions musculaires à 25% de la valeur témoin) est de 24 à 60 minutes.
Le délai nécessaire pour que l'amplitude des contractions musculaires remonte à 95% de la valeur témoin est d’environ 60-80 minutes.
Aux doses plus élevées, le délai d’obtention de la curarisation maximale est plus court et la durée d’action est allongée. Avec des doses de 0,15, 0,2, 0,25et 0,3 mg/kg de bromure de vécuronium, la valeur moyenne du délai d’action sous neuroleptanalgésie est respectivement de 146 secondes, 110 secondes, 92 secondes et 77 secondes. A ces doses, la durée d’action moyenne est respectivement de 41 minutes, 55 minutes, 70 minutes et 86 minutes. Avec ces doses fortes, on peut observer une augmentation progressive, mais relativement discrète, de l’index de décurarisation.
Perfusion continue
En cas d’utilisation sous la forme d’une perfusion intraveineuse continue, l’administration du principe actif sous un débit constant permet de maintenir une curarisation de 90% à l’état stationnaire. Après l’arrêt de la perfusion, il n’y a pas d’allongement cliniquement notable du temps de récupération du bloc neuromusculaire.
Norcuron ne s’accumule pas. C’est pourquoi plusieurs doses d’entretien peuvent être administrées successivement quand l'amplitude des contractions musculaires a récupéré une valeur représentant 25% de la valeur témoin.
Grâce à cette propriété, Norcuron convient très bien tant pour les opérations courtes que pour les opérations de longue durée.
Décurarisation
Les effets du bromure de vécuronium peuvent être neutralisés soit par le sugammadex, soit par des inhibiteurs de l’acétylcholinestérase tels que la néostigmine, l’édrophonium ou la pyridostigmine. Le sugammadex peut être administré pour une levée de la curarisationen routineen présence de 1 à 2 réponses au compte post-tétanique, jusqu’au rétablissement de T 2 . Les inhibiteurs de l’acétylcholinestérase peuvent être administrés à la réapparition de T 2 ou aux premiers signes de rétablissement clinique.
Utilisation en pédiatrie
Nouveau-nés et nourrissons jusqu’à un an
Pendant l’anesthésie au protoxyde d’azote chez les nouveau-nés et les nourrissons, la DE 95 est d’environ 0,047 mg/kgde poids, c’est-à-dire similaire à celle de l’adulte (environ 0,043 mg/kg). Chez le nouveau-né et le nourrisson, le délai d’action est beaucoup plus court que chez l’adulte, ce qui peut s’expliquer par le fait que la transmission neuromusculaire est plus sensible aux curarisants.
Chez les nouveau-nés et les nourrissons, la durée d’action et le délai de récupération sont plus longs que chez l’adulte. Il faut donc allonger l’intervalle entre les administrations.
Enfants (2-11 ans)
Pendant une anesthésie par le protoxyde d’azote chez l’enfant, il faut des doses plus fortes que chez l’adulte (0,081 par rapport à 0,043 mg/kgde poids). En général, la durée d’action est plus courte que chez l’adulte (réduction d’environ 30%) et le temps de récupération est également plus court que chez l’adulte (raccourcissement de 20-30%).
Chez l’enfant comme chez l’adulte, il n’y a pas d’effet cumulé lors de l’administration répétée de doses d’entretien, si ces doses représentent un quart de la dose initiale et que l'amplitude des contractions musculaires est de l’ordre de 25% de la valeur témoin.
 

Pharmacocinétique

Distribution
Après administration intraveineuse de 0,1-0,15 mg/kg, le vécuronium se distribue rapidement, essentiellement dans le liquide extracellulaire, avec une demi-vie d’environ 1,2-1,4 minute.Chez l’adulte, le volume de distribution à l’état stationnaire est de 0,19-0,51 l·kg -1 . La clairance plasmatique du vécuronium est de 3,0-6,4 ml·kg -1 ·min -1 . La demi-vie d’élimination plasmatique est de 36-117 min.
Métabolisme
La transformation métabolique du vécuronium est relativement faible. Dans la bile et les urines humaines, on retrouve un métabolite 3-hydroxy dont le pouvoir curarisant représente d’environ 50% de celui du vécuronium. Chez les patients ne présentant ni maladies hépatiques ni maladies rénales, la concentration plasmatique de ce métabolite se situe en dessous du seuil de sensibilité du dosage. Ce métabolite ne contribue donc pas à la curarisation obtenue après l’administration de Norcuron.
Elimination
Le vécuronium est essentiellement éliminé par voie biliaire. On estime que dans les 24 heures suivant l’administration intraveineuse, 40% à 60 % de la dose administrée sont éliminés dans la bile sous forme monoquaternaire: environ 95% de ces produits excrété se trouvent sous forme de vécuronium inchangé et moins de 5% sous la forme du métabolite 3-hydroxy-vécuronium.
L’élimination rénale des dérivés monoquaternaires est relativement faible. Au cours des 24 heures suivant l’administration, 20-30% de la dose de vécuroniumsont retrouvés dans les urines.
Cinétique dans des populations particulières
Insuffisance hépatique/biliaire
Un allongement de la durée d’action a été constaté chez des patients présentant des maladies hépatiques et/ou biliaires, ce qui s’explique probablement parune réduction de la clairance.
Insuffisance rénale
La durée d’action est allongée en cas d’insuffisance rénale. Cela s’explique probablement par une augmentation de la sensibilité au vécuronium et par une réduction de la clairance plasmatique.
 

Données précliniques

Le bromure de vécuronium n’est pas génotoxique.
Des études menées chez le rat et le lapin n’ont pas montré d’effets embryotoxiques ou tératogènes. Cependant, étant donné que ces études ont dû être réalisées avec des doses infra-pharmacologiques, la signification de ces observations pour l’être humain est incertaine.
Les études de toxicité menées chez le rat, le chien et le chat après une administration unique ou répétée n’ont pas montré de risques particuliers pour l’être humain.
 

Remarques particulières

Incompatibilités
Comme beaucoup d’autres médicaments, Norcuron est incompatible avec le thiopental et avec les solutions contenant du thiopental.
A l’exception des solutions avec lesquelles Norcuron est compatible (voir ci-dessous), il ne faut pas mélanger Norcuron avec d’autres solutions ou médicaments dans la même seringue ou la même poche.
Quand Norcuron est administré avec le même système de perfusion que d’autres médicaments, il faut veiller à rincer soigneusement ce système (par exemple avec du chlorure de sodium à 0,9%). Cela vaut en particulier si Norcuron est administré avec des médicaments connus pour être incompatibles avec Norcuron ou dont la compatibilité avec Norcuron n’est pas prouvée.
Compatibilités
Après reconstitution de Norcuron avec de l’eau distillée pour préparations injectables, la solution obtenue peut être mélangée aux solutions pour perfusion suivantes, dans du matériel en verre ou en PVC. La dilution maximale est de 40 mg/l.
-Solution de chlorure de sodium à 0,9%
-Solution glucosée à 5%
-Solution de Ringer
-Solution de Ringer-glucose.
La solution reconstituée avec de l’eau distillée peut aussi être injectée dans la tubulure d’une perfusion rapide des solutions suivantes:
-Dextran-40 à 5% dans une solution de chlorure de sodium à 0,9%
-Solution glucosée à 5% et solution de chlorure de sodium à 0,9%
-Haemaccel
-Solution de Ringer-lactate
-Solution de Ringer-lactate avec 5% de glucose.
La perfusion en cours peut contenir les médicaments suivants: fentanyl, dropéridol, chlorhydrate de nicomorphine et bromure de pancuronium.
La compatibilité avec d’autres solutions pour perfusion n’a pas été étudiée.
Stabilité
Ne pas utiliser ce médicament au-delà de la date de péremption imprimée sur l’emballage après la mention «EXP».
Sous la forme de solution reconstituée, Norcuron reste chimiquement et physiquement stable pendant 24 heures à température ambiante et à la lumière du jour. Si son utilisation immédiate est impossible, l’utilisateur est responsable de la conservation de Norcuron en solution reconstituée, conservée à une température comprise entre 2 et 8°C pendant 24 heures au maximum, sauf si Norcuron a été préparé dans des conditions d’asepsie contrôlées et validées. Pour éviter les contaminations bactériennes, il est recommandé d’utiliser la solution dès sa reconstitution.
Remarques concernant le stockage
Conserver le médicament à l’abri de la lumière dans la boîte en carton (boîte d’origine) à température ambiante (15-25°C).
Remarques concernant la manipulation
Flacons ponctionnables de 10 mg:
Ajouter 5 ml d’eau stérile pour préparations injectables pour obtenir une solution isotonique de pH 4, contenant 2 mg de bromure de vécuronium par ml (2 mg/ml).
Pour obtenir des solutions moins concentrées, on peut aussi reconstituer Norcuron 10 mg avec des volumes allant jusqu’à 10 ml des solutions pour perfusion suivantes:
-Solution injectable de glucose à 5%
-Solution injectable de chlorure de sodium à 0,9%
-Solution de Ringer-lactate
-Solution de Ringer-lactate avec 5% de glucose
-Solution injectable de glucose à 5% et de chlorure de sodium à 0,9%.
 

Numéro d'autorisation

45190 (Swissmedic)
 

Présentations

Flacons ponctionnables de 10 mg: 10 (B)
 

Titulaire de l’autorisation   

 MSD MERCK SHARP & DOHME AG
 Lucerne
 

Mise à jour de l’information

Mai 2013
RA 8720 CH S5(ref 4.0)