CompositionPrincipes actifs
Amphotericinum B
Excipients
Acidum desoxycholicum, Dinatrii phosphas dodecahydricus, Natrii dihydrogenophosphas dihydricus, Natrii hydroxidum (pour ajuster le pH), Acidum phosphoricum (pour ajuster le pH) pro vitro (l’air dans l’ampoule est remplacé par de l’azote)
Ce médicament contient au maximum 8,26 mg (0,36 mmol) de sodium par dose.
Indications/possibilités d’emploiFungizone est indiqué dans le traitement de patients présentant des mycoses invasives (à l’exception de Petriellidium boydii); Fungizone ne doit pas être utilisé contre les infections non invasives. Fungizone est utilisé spécialement pour le traitement des infections pouvant être mortelles causées par des germes sensibles appartenant aux espèces suivantes: Aspergillus, Blastomyces, Candida, Coccidioides, Cryptococcus, Histoplasma ainsi que pour combattre les germes provoquant la mucormycose tels qu’Absidia, Mucor, Rhizopus et les infections extracutanées dues à Sporothrix.
Possibilités d’emploi
Infections dues à Conidiobolus, Basidiobolus
Posologie/Mode d’emploiIl existe plusieurs formes parentérales du principe actif amphotéricine B. Prière de vérifier le nom et la posologie du produit avant de l’utiliser.
Mode d’administration/Posologie
Fungizone est administré lentement par voie intraveineuse, la dose devant être augmentée progressivement. Étant donné que la tolérance est très variable d’un patient à l’autre, la dose d’amphotéricine B doit être adaptée aux besoins individuels (et, au cas par cas, en tenant compte de la localisation et de l’intensité de l’infection).
Pour la perfusion, on recommande une concentration de 0,1 mg/ml (1 mg/10 ml) (voir «Remarques particulières: Préparation de la solution pour perfusion»).
L’amphotéricine B cristalline étant insoluble dans l’eau, on la prépare en solution colloïdale par l’adjonction de désoxycholate de sodium, ce qui permet l’application par voie parentérale.
Dose initiale usuelle
Dose quotidienne de 0,25 mg/kg de poids corporel, administrée en l’espace de 6 h environ. Ensuite, augmenter la posologie par paliers de 5 à 10 mg/jour jusqu’à la posologie recommandée de 0,5 à 1,0 mg/kg de poids corporel/jour.
En cas d’infections sévères provoquées par des germes peu sensibles, la dose maximale est de 1,0 mg/kg de poids corporel par jour ou de 1,5 mg/kg de poids corporel tous les deux jours.
Attention lors du dosage de Fungizone: la dose maximale quotidienne de 1,5 mg/kg de poids corporel ne doit en aucun cas être dépassée. Un surdosage peut provoquer un arrêt cardiaque ou respiratoire dont l’issue peut être fatale. Avant l’administration, vérifiez le nom du produit et le dosage d’amphotéricine B, notamment si la dose prescrite dépasse 1,5 mg/kg de poids corporel (voir aussi «Mises en garde et précautions» et «Surdosage»).
Durée de la perfusion
La dose établie est administrée lentement par perfusion pendant environ 6 h, en respectant les précautions usuelles qui s’appliquent aux perfusions intraveineuses.
Comme Fungizone est éliminé très lentement, une perfusion tous les deux jours est généralement suffisante. Cela permet de limiter les symptômes d’intolérance.
Dose d’essai
Pour évaluer la tolérance, on peut administrer une dose d’essai initiale (1 mg dans 20 ml de solution de glucose à 5%) pendant un intervalle de temps de 20 à 30 minutes. Contrôler la température, le pouls, la respiration et la tension artérielle toutes les 30 minutes pendant 2 à 4 h.
Un patient atteint d’une infection sévère et d’évolution rapide qui présente de bonnes fonctions cardio-pulmonaires et qui a bien toléré la dose d’essai, peut alors être mis sous traitement avec une dose d’amphotéricine B de 0,3 mg/kg qui sera administrée par voie intraveineuse durant environ 6 h. Chez les personnes atteintes de troubles de la fonction cardiaque ou pulmonaire ou chez les patients réagissant fortement à la dose d’essai, appliquer une deuxième dose moins forte de 5 ou de 10 mg.
Dans le cas d’infections mettant la vie du patient en danger — en particulier en cas d’immunodépression sévère (p. ex. agranulocytose) — administrer aux patients qui ont bien toléré la dose d’essai la dose entière de 1 mg d’amphotéricine B/kg de poids corporel dès le premier jour du traitement.
Durée du traitement
Le traitement des mycoses profondes peut être nécessaire pendant 6 à 12 semaines ou plus.
Étant donné que l’on peut le plus souvent n’obtenir que des concentrations fongistatiques dans le sang, Fungizone doit être administré pendant des semaines, voire des mois.
Posologie en cas d’interruption du traitement
Si le traitement a été interrompu durant plus de 7 jours, le reprendre avec la dose initiale, c’est-à-dire à raison de 0,25 mg/kg de poids corporel; la dose peut être ensuite être augmentée lentement jusqu’à la dose optimale.
Posologie si le taux de créatinine sérique sous traitement est supérieur à 265 µmol/l (3 mg/100 ml)
En cas d’augmentation excessive du taux de créatinine sérique lors du traitement par Fungizone, faire la part entre les risques de la mycose et les dangers d’une détérioration de la fonction rénale. Le traitement doit être interrompu ou la posologie diminuée jusqu’à ce que la fonction rénale se soit améliorée (voir aussi «Mises en garde et précautions»).
Instructions posologiques particulières
Patients pédiatriques
On ne dispose que de données limitées, publiées dans des études, sur l’efficacité et la sécurité de l’amphotéricine B-désoxycholate chez les enfants et les adolescents. Les ouvrages de référence considèrent l’amphotéricine B-désoxycholate comme médicament de réserve spécialement pour le traitement de la candidose invasive grave chez les prématurés et les nouveau-nés (appelée candidose néonatale), y compris des infections touchant le système nerveux central.
Fungizone ne doit être administré aux enfants et adolescents que par des infectiologues pédiatriques et, en raison du manque de données, uniquement après une évaluation minutieuse du rapport bénéfice-risque (en tenant compte d’une éventuelle insuffisance rénale préexistante) et sous surveillance étroite (voir «Mises en garde et précautions»). Tenir compte également des recommandations thérapeutiques en vigueur. Envisager un STP (Suivi thérapeutique pharmacologique), notamment chez les nouveau-nés et les nourrissons en bas âge.
Patients âgés
La sécurité et l’efficacité de l’amphotéricine B-désoxycholate n’a pas fait l’objet d’études spécifiques chez les patients de plus de 65 ans. Il n’est probablement pas nécessaire d’adapter la dose en fonction de l’âge. Il convient cependant de tenir compte patients présentant éventuellement des troubles de la fonction rénale.
Patients présentant des troubles de la fonction rénale
L’amphotéricine B-désoxycholate n’a pas fait l’objet d’études spécifiques chez les patients présentant une insuffisance rénale. Les recommandations posologiques ne sont donc pas possibles. Veiller à ce que la vitesse de perfusion soit suffisamment lente (voir plus haut). Fungizone est contre-indiqué en cas de troubles sévères de la fonction rénale.
Patients présentant des troubles de la fonction hépatique
L’amphotéricine B-désoxycholate n’a pas fait l’objet d’études spécifiques chez les patients présentant une insuffisance hépatique. Les recommandations posologiques ne sont donc pas possibles. Fungizone est contre-indiqué en cas d’insuffisance hépatique grave.
Contre-indicationsAntécédents d’hypersensibilité connue à l’un des constituants de la préparation, sauf si le patient se trouve dans un état critique et si l’amphotéricine B est le seul traitement possible.
Troubles sévères de la fonction hépatique et rénale.
Mises en garde et précautionsAttention lors du dosage de Fungizone: la dose maximale quotidienne de 1,5 mg/kg de poids corporel ne doit en aucun cas être dépassée. Un surdosage peut provoquer un arrêt cardiaque ou respiratoire dont l’issue peut être fatale. Avant l’administration, vérifiez le nom du produit et le dosage d’amphotéricine B, notamment si le dosage prescrit dépasse 1,5 mg/kg de poids corporel (voir aussi «Posologie/Mode d’emploi» et «Surdosage»).
Fungizone doit être administré seulement en cas d’infections mycosiques sévères constatées ou suspectées qui pourraient mettre la vie du patient en danger (y compris aux patients immunodéprimés chez qui l’on suspecte fortement une telle infection).
Le traitement par perfusions de Fungizone ne doit être administré qu’aux patients hospitalisés ou sous surveillance permanente par un spécialiste. Contrôler la température, le pouls, la respiration et la tension artérielle toutes les 30 minutes pendant 2 à 4 h après la fin de la perfusion. Les perfusions de courte durée inférieure à une heure (notamment chez les personnes présentant des troubles de la fonction rénale) ont été associées à une hypotension, une hypokaliémie, des arythmies et chocs.
L’administration d’amphotéricine B-désoxycholate peut entraîner des dysfonctions rénales pouvant aller jusqu’à une insuffisance rénale aiguë (voir «Effets indésirables»). Une interruption du traitement entraîne le plus souvent une amélioration. Des lésions rénales persistantes peuvent apparaître notamment chez les patients qui reçoivent des doses cumulées élevées (c’est-à-dire supérieures à 5 g d’amphotéricine B) ou qui suivent simultanément un traitement par d’autres substances néphrotoxiques (aminoglycosides, ciclosporine, ganciclovir, foscarnet, vancomycine, AINS et autres).
L’administration de Fungizone peut présenter un risque d’hypokaliémie. Un apport de potassium peut être nécessaire. Des cas d’hyperkaliémie, dont certains ont conduit à des arythmies ou un arrêt cardiaque, ont cependant été rapportés sous traitement par Fungizone.
C’est pourquoi il convient de contrôler régulièrement les fonctions rénale et hépatique, les électrolytes sériques (en particulier le magnésium et le potassium) et la formule sanguine pendant le traitement par Fungizone, afin d’adapter la dose si nécessaire. Le taux de la créatinine sérique ne doit pas dépasser 265 µmol/l (3 mg/100 ml) et l’azote uréique sanguin (BUN) ne doit pas dépasser 14,3 mmol/l. Si les taux augmentent, arrêter le traitement par Fungizone ou réduire la dose jusqu’à ce que la fonction rénale se soit améliorée. En raison de la néphrotoxicité de l’amphotéricine B, éviter si possible l’administration concomitante d’autres substances néphrotoxiques au cours du traitement par amphotéricine B. Si cela est inévitable, surveiller de très près la toxicité cumulative. Un traitement diurétique simultané peut également accentuer la détérioration de la fonction rénale.
En revanche, l’apport de liquide et/ou de solution physiologique saline avant chaque administration d’amphotéricine B peut empêcher l’apparition d’effets néphrotoxiques chez certains patients; cette mesure est donc nécessaire.
De rares cas de leucoencéphalopathies ont été observés lors du traitement par amphotéricine B chez les patients sous radiothérapie de l’organisme entier.
On ne dispose que de données limitées sur l’efficacité et la sécurité de l’amphotéricine B-désoxycholate chez les enfants et les adolescents. Ces données suggèrent que le profil de sécurité de la population pédiatrique ne diffère pas significativement de celui des adultes. Administrer Fungizone à des patients pédiatriques uniquement si d’autres antimycosiques systémiques (tels que les azoles, les échinocandines ou l’amphotéricine B liposomale) n’entrent pas en ligne de compte.
On dispose de données notamment pour l’indication de la candidose néonatale. Quelques publications rendent compte d’une néphrotoxicité plus faible chez cette classe d’âge que chez les adultes. Malgré tout, l’administration de Fungizone ne doit intervenir chez tous les patients pédiatriques qu’après une évaluation minutieuse du rapport bénéfice-risque et sous surveillance étroite, notamment de la fonction rénale et des électrolytes. Envisager un STP, notamment chez les nouveau-nés et les nourrissons en bas âge. En cas d’apparition d’effets indésirables graves, arrêter le traitement par Fungizone et le remplacer par un autre antimycosique systémique.
Ce médicament contient moins de 1 mmol de sodium (23 mg) par dose, c’est-à-dire qu’il est essentiellement «sans sodium».
InteractionsLa solution pour perfusion de Fungizone ne doit pas être mélangée avec d’autres médicaments.
Interactions pharmacocinétiques
Flucytosine
L’administration concomitante augmente la toxicité de la flucytosine par augmentation de la pénétration cellulaire et/ou diminution de l’excrétion rénale. Pour cette raison, surveiller étroitement les paramètres de la fonction rénale en cas d’administration simultanée de flucytosine.
Les solutions pour perfusion d’amphotéricine B et de flucytosine doivent être administrées séparément.
Interactions pharmacodynamiques
Les substances néphrotoxiques telles que le cisplatine, la pentamidine, les aminoglycosides, la vancomycine, les AINS ou la ciclosporine peuvent augmenter le risque de lésions rénales et ne doivent donc être administrées simultanément qu’avec prudence. Surveiller étroitement les paramètres de la fonction rénale en cas d’administration simultanée de Fungizone et de ces substances.
Diurétiques: Un traitement simultané peut augmenter la probabilité d’apparition de lésions rénales et renforcer l’effet hypokaliémiant.
Des interactions sont également possibles avec des substances dont l’effet ou la toxicité sont renforcés par une hypokaliémie, tels que les glycosides digitaliques, les myorelaxants (curarisants) et les antiarythmiques.
Le foscarnet et le ganciclovir (ainsi que le ténofovir, l’adéfovir) peuvent renforcer les effets indésirables hématologiques (leucocytopénie, thrombocytopénie) et rénaux.
Les substances antinéoplasiques (p. ex. moutardes azotées) peuvent augmenter le risque de lésions rénales, de bronchospasme et d’hypotension et ne doivent donc être administrées qu’avec la plus extrême prudence.
Les corticostéroïdes et l’ACTH peuvent aggraver l’hypokaliémie induite par l’amphotéricine B. L’administration simultanée de corticostéroïdes, à faible dose, se fera uniquement pour traiter des effets indésirables.
Transfusion de leucocytes
Des lésions pulmonaires aiguës ayant été rapportées en cas de transfusion de leucocytes concomitante à une administration d’amphotéricine B, espacer les perfusions le plus possible et surveiller la fonction pulmonaire.
Grossesse/AllaitementGrossesse
Les études de reproduction menées sur l’animal n’ont révélé aucun risque pour les fœtus. Il n’existe pas d’études contrôlées chez la femme enceinte. Cependant, des mycoses systémiques ont été traitées avec succès par Fungizone chez des femmes enceintes, sans que l’on n’ait observé de signes indiquant des risques significatifs pour l’embryon ou le fœtus. N’administrer Fungizone pendant la grossesse qu’en cas de nécessité manifeste et si les bénéfices pour la mère prédominent sur les risques éventuels pour l’enfant à naître.
Allaitement
On recommande aux femmes allaitantes de ne plus allaiter car on ignore si l’amphotéricine B passe dans le lait maternel.
Effet sur l’aptitude à la conduite et l’utilisation de machinesSans objet.
Effets indésirablesOn observe des réactions d’intolérance aussi aux doses thérapeutiques chez la plupart des patients. La tolérance peut être améliorée par l’administration d’acide acétylsalicylique (attention: thrombopénie), d’antipyrétiques (p. ex. paracétamol), d’antihistaminiques ou d’antiémétiques. La péthidine (25 à 50 mg par voie intraveineuse) peut réduire la durée et l’intensité des frissons et de la fièvre après l’administration d’amphotéricine B.
On peut réduire l’incidence de l’inappétence et des phlébites en appliquant les perfusions de Fungizone tous les deux jours. L’administration de faibles doses de corticostéroïdes avant ou pendant la perfusion de Fungizone peut atténuer les réactions fébriles. La posologie et la durée de la corticothérapie doivent toutefois être limitées à un minimum en raison d’éventuelles interactions (voir «Interactions»). Le changement du site de l’injection, l’emploi de canules à demeure aussi petites que possible, l’héparine (1000 U.I. par perfusion) ainsi que le traitement tous les deux jours peuvent diminuer la fréquence des thrombophlébites.
L’extravasation peut provoquer une irritation chimique.
Les effets indésirables suivants ont été observés lors de l’administration d’amphotéricine B-désoxycholate:
La fréquence indiquée est définie selon les critères suivants: «très fréquent» (≥ 1/10), «fréquent» (≥ 1/100 à < 1/10), «occasionnel» (≥ 1/1000 à < 1/100), «rare» (≥ 1/10 000 à < 1/1000), «très rare» (< 1/10 000), «inconnu» (repose principalement sur des annonces spontanées issues de l’observation du marché, les données disponibles ne permettant pas d’estimer la fréquence précise).
Affections hématologiques et du système lymphatique
Fréquent: Anémie normochrome normocytaire
Occasionnel: Thrombopénie, leucopénie, agranulocytose
Rare: Troubles de la coagulation, éosinophilie, leucocytose
Affections du système immunitaire
Rare: Réactions anaphylactiques et autres réactions allergiques, pneumopathie d’origine allergique
Troubles du métabolisme et de la nutrition
Très fréquent: Hypokaliémie
Fréquent: Inappétence, hypomagnésémie
Rare: Perte de poids, hyperkaliémie
Affections du système nerveux
Fréquent: Céphalées
Occasionnel: Neuropathie (périphérique)
Rare: Vertiges passagers, acouphènes, convulsions, encéphalopathie
Affections oculaires
Rare: Vision trouble, vision double
Affections de l’oreille et du labyrinthe
Rare: Perte auditive
Affections cardiaques
Occasionnel: Arythmies, y compris fibrillation ventriculaire
Rare: Insuffisance cardiaque, arrêt cardiaque
Affections vasculaires
Fréquent: Hypotension
Occasionnel: Bouffée congestive
Rare: Hypertension, choc
Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales
Fréquent: Dyspnée
Occasionnel: Bronchospasme
Rare: Œdème pulmonaire (d’origine non cardiaque)
Affections gastro-intestinales
Fréquent: Perte d’appétit, nausées, vomissements, diarrhée
Occasionnel: Crampes épigastriques
Rare: Dyspepsie, gastro-entérite hémorragique, méléna
Inconnu: Colite pseudomembraneuse
Affections hépatobiliaires
Fréquent: Valeurs hépatiques pathologiques
Occasionnel: Ictère
Rare: Insuffisance hépatique aiguë
Affections de la peau et du tissu sous-cutané
Occasionnel: Éruptions cutanées
Rare: Prurit, épidermolyse, syndrome de Stevens-Johnson, nécrolyse épidermique toxique, exanthème maculopapuleux
Affections musculosquelettiques et du tissu conjonctif
Occasionnel: Myalgies
Rare: Douleurs généralisées, arthralgies
Affections du rein et des voies urinaires
Très fréquent: Augmentation des valeurs de l’azote uréique et de la créatinine sérique (voir «Mises en garde et précautions»)
Fréquent: Troubles de la fonction rénale, y compris azotémie, insuffisance rénale aiguë
Rare: Oligurie, anurie, hyposthénurie, acidose tubulaire rénale, néphrocalcinose, diabète insipide néphrogénique
Troubles généraux et anomalies au site d’administration
Fréquent: Fièvre (parfois associée à des frissons apparaissant 15 à 20 minutes après le début de la perfusion d’amphotéricine B)
Occasionnel: Douleurs au site d’injection avec ou sans phlébite / thrombophlébite
Rare: Malaise
Sécurité chez la population pédiatrique
Selon les quantités limitées de données publiées, le profil de sécurité de l’amphotéricine B-désoxycholate chez les enfants et les adolescents ne diffère pas de manière significative de celui des adultes.
L’annonce d’effets secondaires présumés après l’autorisation est d’une grande importance. Elle permet un suivi continu du rapport bénéfice-risque du médicament. Les professionnels de santé sont tenus de déclarer toute suspicion d’effet secondaire nouveau ou grave via le portail d’annonce en ligne ElViS (Electronic Vigilance System). Vous trouverez des informations à ce sujet sur www.swissmedic.ch.
SurdosageUn surdosage d’amphotéricine B peut provoquer un arrêt cardiaque ou respiratoire dont l’issue peut être fatale. En cas de surdosage, arrêter le traitement et surveiller l’état du patient (particulièrement les fonctions cardiopulmonaires, rénales et hépatiques ainsi que la formule sanguine et les électrolytes sériques) et prendre les mesures de soutien appropriées s’il y a lieu. L’amphotéricine B n’est éliminée en quantité notable ni par hémodialyse, ni par dialyse péritonéale. L’état du patient doit être stabilisé avant que le traitement ne puisse reprendre (corriger notamment d’éventuels troubles électrolytiques, etc.).
Propriétés/EffetsCode ATC: J02AA01
Mécanisme d’action
L’amphotéricine B fait partie du groupe des antibiotiques polyéniques et elle est isolée à partir de Streptomyces nodosus. Son mécanisme d’action repose sur une réaction avec les stérols de la membrane cytoplasmique des champignons sensibles, ce qui perturbe la fonction de la membrane et endommage partiellement sa structure. L’amphotéricine B agit principalement de manière fongistatique mais éventuellement aussi fongicide, en fonction de la sensibilité du champignon et des concentrations atteintes dans les liquides corporels.
Spectre d’action
L’amphotéricine B agit contre un grand nombre de levures et de champignons pathogènes humains, les espèces de Candida, Cryptococcus neoformans, Histoplasma capsulatum, Coccidioides immitis, Blastomyces dermatitidis, Rhodotorula, Sporothrix schenkii, Aspergillus fumigatus et Mucor mucedo. La CMI de la plupart des champignons cliniquement importants est de 0,03 à 1,0 µg/ml in vitro (les tests de sensibilité in vitro pour les antimycosiques ne sont pas standardisés, les valeurs déterminées peuvent donc varier en fonction de la méthode utilisée).
Il existe une synergie cliniquement significative en cas d’association avec la flucytosine (voir l’information professionnelle correspondante).
L’amphotéricine B est inefficace contre les bactéries, les virus et les rickettsies.
Pharmacodynamique
On ne dispose pas de données détaillées sur la pharmacodynamique de cette substance.
Développement de résistances
Aucun test de sensibilité in vitro n’a été établi.
En règle générale, les résistances dépendent des espèces et apparaissent occasionnellement et lentement dans des isolats prélevés sur des patients traités par amphotéricine B. Des résistances sont apparues lors du traitement de souches isolées de Candida, dans des isolats de Scedosporium apiospermum, Fusarium spp., Sporothrix schenckii ainsi que dans toutes les souches de Scedosporium prolificans.
Efficacité clinique
On ne dispose pas de données détaillées sur l’efficacité clinique de cette substance.
Population pédiatrique
La quantité de données sur l’application de l’amphotéricine-B-désoxycholate chez la population pédiatrique est limitée et repose exclusivement sur des études publiées et autres comptes rendus. On dispose notamment de données sur le traitement de la candidose néonatale (y compris les cas impliquant le système nerveux central) qui décrivent une réponse. Dans le cadre de cette indication, on a examiné le plus souvent une dose de 1,0 mg/kg par jour, en renonçant occasionnellement à la dose d’essai initiale habituelle chez les adultes. Pour cette classe d’âge, on décrit une meilleure pénétration de l’amphotéricine B-désoxycholate dans le système nerveux central que chez les adultes. Les concentrations atteintes dans les voies urinaires sont également efficaces sur le plan thérapeutique.
On ne dispose que de très peu de données de patients pédiatriques pour d’autres indications.
PharmacocinétiqueAbsorption
Sans objet.
Distribution
En perfusant 0,4 à 0,6 mg d’amphotéricine B/kg de poids corporel par jour, on obtient des taux plasmatiques de 0,5 à 2 µg/ml. Après une baisse initiale rapide, les taux plasmatiques atteignent une valeur de plateau de 0,5 µg/ml.
L’amphotéricine B circulante est liée aux protéines plasmatiques à > 90%. Le volume de distribution de l’amphotéricine B est de 4 l/kg.
Il n’existe pas de données détaillées en ce qui concerne la distribution tissulaire, mais il s’agit apparemment d’une distribution multicompartimentale. Des concentrations élevées ont été trouvées principalement dans le foie. On a mesuré environ 2/3 de la concentration plasmatique correspondante dans le liquide interstitiel de la plèvre enflammée, le péritoine, la synovie et l’humeur aqueuse; les concentrations mesurées dans le liquide céphalo-rachidien (rarement plus de 2,5% de la concentration plasmatique chez les adultes), le corps vitreux de l’œil et le liquide amniotique ont été très faibles.
Métabolisme
On ne dispose pas de données détaillées sur le métabolisme de cette substance.
Élimination
L’amphotéricine B-désoxycholate présente une élimination biphasique avec une demi-vie terminale d’environ 15 jours. L’amphotéricine B n’est éliminée que très lentement par les reins, environ 2 à 5% de la dose administrée sous forme biologiquement active. Après l’arrêt du traitement, l’amphotéricine B est encore détectable dans l’urine pendant 3 à 4 semaines. Environ 40% de la dose administrée se trouvent dans l’urine au cours de 7 jours.
Cinétique pour certains groupes de patients
Enfants et adolescents
On ne dispose que de données limitées, issues de publications, sur la pharmacocinétique de l’amphotéricine B-désoxycholate chez les enfants et les adolescents. Ces données suggèrent que la clairance de l’amphotéricine B diminue avec l’âge. Les paramètres pharmacocinétiques présentent cependant une très grande variabilité d’un individu à l’autre chez les enfants et les adolescents (notamment chez les nouveau-nés).
La documentation décrit une meilleure pénétration dans le liquide céphalo-rachidien chez les nouveau-nés et les jeunes nourrissons que chez les adultes (env. 40%).
Patients âgés
La pharmacocinétique de l’amphotéricine B-désoxycholate n’a pas fait l’objet d’études spécifiques chez les patients de plus de 65 ans.
Patients présentant des troubles de la fonction rénale
Les taux sériques d’amphotéricine B-désoxycholate ne sont pas influencés par des troubles de la fonction rénale (voir aussi «Mises en garde et précautions»). Les patients urémiques présentent toutefois un taux d’amphotéricine B libre plus élevé que les autres patients. L’amphotéricine B-désoxycholate n’est presque pas dialysable en raison de son degré élevé de liaison protéique.
Patients présentant des troubles de la fonction hépatique
Les taux sériques ne sont pas influencés par des troubles de la fonction hépatique.
Données précliniquesAucune étude à long terme sur la carcinogénicité, la mutagénicité ou la fertilité n’a été réalisée.
Remarques particulièresIncompatibilités
Les solvants contenant des électrolytes comme les solutions salines, d’autres médicaments et des agents antimicrobiens tels que l’alcool benzylique peuvent provoquer une précipitation de l’amphotéricine B. Jeter toute solution pour perfusion trouble.
L’emploi d’une solution de glucose avec un pH de moins de 4,2 pour la dilution peut entraîner la coagulation des particules colloïdales d’amphotéricine B.
Influence sur les méthodes de diagnostic
Les valeurs de laboratoire de l’azote uréique sanguin (BUN) peuvent augmenter sous traitement par amphotéricine B. Après l’arrêt de la médication, les valeurs de l’azote uréique sanguin peuvent être inférieures à la norme.
Stabilité
Ce médicament ne doit pas être utilisé au-delà de la date figurant après la mention «EXP» sur l’emballage.
Stabilité après ouverture
Utiliser immédiatement la solution de perfusion prête à l’emploi.
Une décomposition des solutions utilisées ou conservées de manière inappropriée n’est pas visible. Jeter toute solution non utilisée.
Remarques particulières concernant le stockage
Conserver les ampoules au réfrigérateur (2 à 8 °C) et les protéger de la lumière.
Solution mère: à l’abri de la lumière, se conserve 24 h à température ambiante (15 à 25 °C); se conserve 1 semaine au réfrigérateur (2 à 8 °C).
Tenir hors de portée des enfants.
Remarques concernant la manipulation
Préparation de la solution pour perfusion
1. Préparation de la solution mère:
Préparer tout d’abord une solution mère en ajoutant 10 ml d’eau pour injections à 50 mg d’amphotéricine B en utilisant une aiguille et une seringue stériles. Agiter vigoureusement quelques minutes jusqu’à ce que la solution se soit éclaircie.
Cette solution mère se conserve 1 jour à température ambiante (15 à 25 °C et à l’abri de la lumière) et 1 semaine au réfrigérateur (2 à 8 °C).
2. Préparation de la solution pour perfusion:
Prélever sur la solution mère (5 mg d’amphotéricine B par ml) la quantité qui correspond à la dose quotidienne d’amphotéricine B. Ensuite, en ajoutant une solution de glucose à 5% dont le pH doit être supérieur à 4,2, préparer la solution pour perfusion à une concentration de 0,1 mg d’amphotéricine B par ml, c’est-à-dire que 50 ml de solution de glucose sont nécessaires par ml de solution mère. La solution pour perfusion doit être utilisée immédiatement et il n’est pas nécessaire de la protéger de la lumière durant l’administration. La solution pour perfusion ne doit pas être mélangée avec d’autres médicaments.
Le pH des solutions de glucose disponibles dans le commerce spécialisé est généralement supérieur à 4,2. Si le pH n’est pas spécifié, il convient de le mesurer avant d’utiliser la solution. Il s’est révélé avantageux d’ajuster le pH de la solution pour perfusion avec 1 à 2 ml de la solution tampon décrite ci-dessous:
Composition du tampon phosphate:
NaH2PO4 (anhydre) 0,96 g
Na2HPO4 (anhydre) 1,59 g
Aqua ad iniectabilia q.s. 100,00 ml
Avant d’ajouter la solution tampon au glucose, la stériliser soit par filtration membranaire soit par passage à l’autoclave durant 30 minutes à 121 °C (filtrer au préalable pour éliminer les fibres).
Attention: Étant donné qu’aucun agent conservateur n’est ajouté, la préparation de la solution tampon et de la solution pour perfusion doit se faire dans des conditions strictement aseptiques. Utiliser une aiguille stérile pour ajouter une substance dans l’ampoule.
L'utilisation de solutions salines, d’agents conservateurs ou de solvants autres que ceux susmentionnés peut provoquer une précipitation de l’amphotéricine B. Ne pas utiliser de telles solutions pour la perfusion intraveineuse.
Pour la solution de perfusion d’amphotéricine B, on peut utiliser un filtre à membrane en ligne; le diamètre moyen des pores ne doit cependant pas être inférieur à 1 µm afin de permettre la filtration de la dispersion colloïdale.
Numéro d’autorisation31'096 (Swissmedic)
PrésentationFlacons à 50 mg: 1 [A]
Titulaire de l’autorisationCHEPLAPHARM Schweiz GmbH
Huebweg 18-20
4102 Binningen
Mise à jour de l’informationFévrier 2025
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