PharmacocinétiqueAbsorption
Lors de l'emploi de Nicotinell 1 mg ou 2 mg comprimé à sucer, de la nicotine est libérée régulièrement dans la bouche et est rapidement absorbée par la muqueuse buccale. Une partie est avalée avec la salive et atteint l'estomac et les intestins, où la majeure partie de la nicotine est inactivée (effet de premier passage, métabolites inactifs).
Après administration unique de Nicotinell 1 mg comprimé à sucer, la concentration plasmatique maximale se monte à env. 3 ng/ml; après des emplois répétés (steady state) de Nicotinell 1 mg comprimé à sucer, elle s'est montée en moyenne à 10,4 ng/ml.
Après administration unique de Nicotinell 2 mg comprimé à sucer, la concentration plasmatique maximale se monte à env. 4,8 ng/ml; après des emplois répétés (steady state) de Nicotinell 2 mg comprimé à sucer, elle s'est montée en moyenne à 22,5 ng/ml.
La voie d'absorption principale de la nicotine contenue dans le comprimé à sucer passe directement par la muqueuse buccale. La biodisponibilité systémique de la nicotine avalée est moindre en raison de l'élimination de premier passage. C'est pourquoi les concentrations de nicotine élevées et rapidement atteintes observées lors de la consommation de tabac ne se retrouvent que rarement lors d'un traitement de substitution tabagique. Les concentrations sanguines thérapeutiques de nicotine, soit la concentration à laquelle les symptômes de sevrage sont diminués, sont fonction de la dépendance individuelle du patient à la nicotine.
Distribution
Le volume de distribution de la nicotine après administration intraveineuse se monte à 2-3 l/kg. La liaison de la nicotine aux protéines plasmatiques est inférieure à 5%. C'est pourquoi aucune influence significative sur la cinétique de la nicotine n'est à craindre lorsque la liaison de la nicotine change, que ce soit suite à une association médicamenteuse ou à une altération des protéines plasmatiques résultant d'une maladie.
La nicotine passe la barrière hémato-encéphalique, traverse le placenta et passe dans le lait maternel.
Métabolisme
La nicotine est métabolisée essentiellement dans le foie. Une métabolisation a également lieu dans les poumons et les reins. Plus de 20 métabolites de la nicotine différents ont été identifiés, tous vraisemblablement moins actifs que la substance mère. Le métabolite principal retrouvé dans le plasma, la cotinine, est éliminé avec une demi-vie de 15 à 20 heures et atteint des concentrations dix fois supérieures à celles de la nicotine.
Elimination
La demi-vie de la nicotine est de 2 heures environ. La clairance plasmatique est de 1,2 l/min. En général, 10% de la nicotine sont excrétés sous forme inchangée par les reins. Toutefois, cette excrétion peut augmenter jusqu'à 30% lorsque la diurèse est importante ou lorsque l'acidité de l'urine atteint un pH inférieur à 5. Seule une petite proportion de cotinine (15% de la dose) est éliminée sous forme inchangée par les reins. La cotinine subit une métabolisation additionnelle qui la transforme en substances polaires hydrophiles. Elle est essentiellement retrouvée dans l'urine sous forme hydroxylée (45% de la dose).
L'élimination des métabolites est principalement rénale.
Aucune différence pharmacocinétique n'existe entre les femmes et les hommes.
Cinétique pour certains groupes de patients
Troubles de la fonction hépatique
La clairance de la nicotine reste inchangée chez les patients atteints de cirrhose hépatique et d'insuffisance hépatique légère (Child-score de 5), alors qu'elle diminue lors d'une insuffisance hépatique modérée (Child-score de 7).
Troubles de la fonction rénale
Une altération de la clairance aussi bien de la nicotine que de ses métabolites est à prévoir lors d'insuffisance rénale grave. Des taux plasmatiques de nicotine plus élevés ont été observés chez les patients fumeurs atteints d'insuffisance rénale.
Patients âgés
Chez les patients âgés, une légère diminution de la clairance totale de la nicotine a été mise en évidence, ne justifiant toutefois aucune adaptation posologique.
|