CompositionPrincipes actifs
Prilocaini hydrochloridum
Excipients
Natrii chloridum
Aqua ad iniectabile
Prilocain Sintetica 5 mg/ml contient 3.23 mg de sodium par ml.
Prilocain Sintetica 10 mg/ml contient 2.76 mg de sodium par ml.
Prilocain Sintetica 20 mg/ml contient 1.89 mg de sodium par ml.
Indications/Possibilités d’emploiAnesthésie d'infiltration, anesthésie de conduction, blocs sympathiques, blocs thérapeutiques et diagnostiques.
Posologie/Mode d’emploiLes injections intravasculaires devraient être évitées, afin de prévenir des réactions de toxicité aiguë. Il est recommandé d’aspirer avec précaution avant et pendant l’injection.
La dose principale doit être injectée lentement, avec une vitesse de 100-200 mg/min, ou en dose croissante, tout en maintenant un contact verbal avec le patient. Lorsque apparaissent des symptômes d’intoxication, l’injection doit être interrompue immédiatement.
Des doses d’anesthésique local inutilement hautes sont à éviter. Une concentration plus faible est indiquée pour le blocage de petits nerfs, ou lorsqu’un blocage de moindre intensité est nécessaire (par exemple pour soulager les douleurs des contractions). Le volume du médicament administré détermine l’étendue de l’anesthésie.
Posologie recommandée pour les adultes et les enfants (>12 ans)
Le tableau ci-dessous indique les doses recommandées pour les techniques les plus usuelles chez l’adulte. Pour le calcul de la dose indiquée, des expériences cliniques et l’état physique général du patient sont très importants.
Lorsqu’un blocage prolongé est nécessaire, par exemple une administration répétée, il faut prendre en considération le risque d’atteindre un taux plasmatique toxique ou de provoquer des lésions locales de nerfs.
Les posologies indiquées dans le tableau sont nécessaires pour obtenir un blocage efficace. Elles sont données à titre indicatif, pour un adulte moyen (70 kilos). Comme le délai d’apparition de l’effet et la durée d’action varient beaucoup d’un patient à l’autre, il est impossible de donner des informations précises à cet égard. Pour les autres techniques d’anesthésie régionale, il faut consulter les ouvrages standard sur la question.
Type de blocage
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Concentration
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Dose
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Entrée en action
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Durée d’action
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mg/ml
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%
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mg
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min
|
h
|
Anesthésie chirurgicale
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Anesthésie épidurale lombaire¹
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20
|
2,0
|
300-500
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15-20
|
1,5-2
|
Anesthésie épidurale thoracique1
|
20
|
2,0
|
200-300
|
10-20
|
1,5-2
|
Bloc épidural caudal¹
|
10 20
|
1,0 2,0
|
200-300 300-500
|
15-30 15-30
|
1-1,5 1,5-2
|
i.v. anesthésie régionale (Bloc Bier)
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Extrémité supérieure ² Extrémité basse: Pression de Tourniquet cuisse² Pression de Tourniquet jambe²
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5 5 5
|
0,5 0,5 0,5
|
200 300 200
|
10-15 10-15 10-15
|
* * *
|
Bloc intra-articulaire
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5 10
|
0,5 1,0
|
≤300 ≤400
|
5-10 5-10
|
**
|
Bloc de champ (p.ex. bloc de petits nerfs et infiltration)
|
Infiltration
|
5 10
|
0,5 1,0
|
≤500 ≤500
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1-2 1-2
|
1,5-2 2-3
|
Bloc digital Bloc intercostal# (par nerf)
|
10 10
|
1,0 1,0
|
10-50 20-50
|
2-5 3-5
|
1,5-2 1-2
|
Rétrobulbaire Péribulbaire
|
20 10
|
2,0 1,0
|
80 100-150
|
3-5 3-5
|
1,5-2 1,5-2
|
Bloc des nerfs principaux
|
Bloc du plexus brachial:
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Axillaire Supraclaviculaire Interscalénique et subclavia périvasculaire
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10 10
|
1,0 1,0
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400-500 300-400
|
15-30 15-30
|
1,5-2 1,5-2
|
Sciatique
|
20
|
2,0
|
300-400
|
15-30
|
2-3
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3 en 1 nerf crural, n. obturateur et n. cut. fém. (latéral)
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10
|
1,0
|
300-400
|
15-30
|
1,5-2
|
¹ Dose y compris dose de test.
² Pendant 20 min après l'injection, ne pas laisser échapper l'air.
# Nombre maximal de nerfs bloqués simultanément ≤10.
* Jusqu'à l'élimination de pression de Tourniquet.
** 30-60 minutes après lavage.
≤: jusqu'à.
Instructions posologiques particulières
Les patients âgés et les patients dont l'état général est diminué reçoivent des doses plus faibles.
Il est déconseillé d'utiliser la prilocaïne pour le bloc paracervical, le bloc honteux en obstétrique, car ceci peut provoquer une méthémoglobinémie chez les nouveau-nés (voir aussi «Mises en garde et précautions»).
Enfants et adolescents
Chez les enfants âgés de plus de 6 mois, la dose doit être calculée sur la base du poids corporel, et peut aller jusqu'à 5 mg/kg.
La prilocaïne ne doit pas être utilisée chez l'enfant de moins de 6 mois.
Le risque d’une méthémoglobinémie existe chez l’enfant et le nouveau-né.
Les dosages indiqués sur le tableau «Posologie conseillée chez l’enfant de plus de 6 mois et jusqu’à 12 ans» servent de lignes directrices pour l'utilisation chez l'enfant. On peut observer des variations -individuelles. La dose doit être ajustée en fonction de l'âge et du poids corporel. En se basant sur le poids idéal, il convient d'administrer des doses en quantités progressivement décroissantes chez les enfants adipeux. Pour la recherche d'autres techniques d'anesthésie et pour les besoins individuels des patients, il est conseillé de consulter les traités de référence en matière d'anesthésie.
Posologie conseillée pour les enfants de plus de 6 mois et jusqu’à 12 ans.
Type de blocage
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Concentration
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Dose
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Entrée en action
|
Durée d’action
|
mg/ml
|
%
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mg/kg
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min
|
h
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Bloc caudal épidural (enfants >6 mois)
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10
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1,0
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5
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10-15
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1-1,5
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Contre-indicationsHypersensibilité au principe actif, prilocaïne, à d'autres anesthésiques locaux de type amide ou à un des excipients.
Prilocain Sintetica est contreindiqué chez les patients présentant une méthémoglobinémie congénitale ou idiopathique.
Prilocain Sintetica 20 mg/ml (2%) ne doit pas être administrée à des patients souffrant
de troubles de conduction cardiaque sévères
d’anémie sévère
d’insuffisance cardiaque décompensée
de choc cardiogénique et hypovolémique
Prilocain Sintetica est contre-indiqué chez les enfants de moins de 6 mois en raison du risque de méthémoglobinémie.
Mises en garde et précautionsLes anesthésies régionales doivent toujours être effectuées avec un matériel approprié et dans un environnement hospitalier adéquat. Le médecin doit disposer à portée de main du matériel nécessaire et les médicaments permettant de surveiller le patient et de le réanimer en urgence, au besoin. Lors de blocages importants ou de l'application de hautes doses, il faut introduire une canule i.v. avant l'injection de l'anesthésique local. Le médecin pratiquant l'anesthésie locale devrait disposer d'une expérience suffisante et d’exercice approprié. La reconnaissance et le traitement d'effets secondaires, de toxicité systémique ou d'autres complications (voir «Surdosage») devrait lui être familiers.
Afin de réduire le risque potentiel d’effets secondaires dangereux, une prudence particulière est de rigueur chez les patients suivants:
– Patients âgés ou patients en mauvais état général.
– Patients avec bloc cardiaque partiel ou complet, car l’anesthésique local peut affaiblir la conduction du myocarde.
– Patients souffrant d’une maladie hépatique avancée ou d’insuffisance rénale sévère.
– Le risque d’une méthémoglobinémie doit être envisagé chez les patients souffrant d’une anémie sévère ou d’une insuffisance cardiaque (voir «Effets indésirables»).
– Les patients traités par des anti-arythmiques de classe III (comme par ex. l’amiodarone) doivent être surveillés et un examen par ECG doit être pris en considération car les effets cardiaques peuvent être additifs.
– Chez les patients atteints de porphyrie aiguë, Prilocain Sintetica ne doit être administré que dans des cas d’urgence car il pourrait être porphyrinogène. Des mesures de précaution appropriées doivent être prises dans le cas de patients présentant de tels risques.
Certaines formes d'anesthésies locales peuvent, quel que soit le produit d'anesthésie utilisé, provoquer des effets secondaires graves, par exemple:
- Les blocages centraux de nerfs peuvent provoquer des dépressions cardiovasculaires, particulièrement lors de l'apparition d'une hypovolémie. Les anesthésies épidurales ne devraient être appliquées qu'avec prudence auprès de patients souffrant d'insuffisance cardiovasculaire.
Dans de rares cas, les injections rétrobulbaires peuvent atteindre l'espace sous-arachnoïdien crânien, ce qui peut provoquer les symptômes passagers suivants: cécité, collapsus cardiovasculaire, apnée, convulsions etc. Ces symptômes doivent être diagnostiqués et traités immédiatement.
Les injections rétrobulbaires et péribulbaires n'ont qu'un risque minime d'une dysfonction de la musculature oculomotrice. Y compris les symptômes principaux comme traumatisme et/ou des effets locaux toxiques pour les muscles et/ou les nerfs.
- L'intensité de ces réactions tissulaires est en rapport avec la gravité du traumatisme, la concentration de l'anesthésique local et le temps d'exposition de l’anesthésique local au tissu. Pour cette raison la dose et la concentration de l'anesthésique local , la plus basse qu’efficace doit être appliquée. Des vasoconstricteurs comme d'autres suppléments peuvent aggraver les réactions tissulaires, et doivent être appliqués pourvu que nécessaire.
- Les injections au niveau de la tête et de la nuque, qui ont été effectuées accidentellement dans une artère, provoquent des symptômes aussi sévères qu'après une dose faible.
- Le bloc paracervical peut parfais provoquer une bradycardie/tachycardie chez le fœtus. Une surveillance étroite du rythme cardiaque du fœtus est donc indiquée.
– La Prilocaïne ne doit pas être utilisée chez des enfants de moins de 6 mois .
– Il est déconseillé d’appliquer un bloc paracervical ou le bloc pudendal en obstétrique , car cela peut provoquer une méthémoglobinémie chez le nouveau-né.
L'anesthésie épidurale peut provoquer une hypotension et une bradycardie. Afin de réduire le risque de telles complications, il convient de procéder à une expansion préalable de la volémie avec des solutions cristalloïdes ou colloïdes. Une hypotension doit être traitée immédiatement par l'administration d'un sympathomimétique, par exemple 5-10 mg d'éphédrine i.v. et doit être répétée si nécessaire.
– Une injection intrathécale involontaire se reconnaît par les signes d’un blocage spinal.
– Il existe des rapports postcommercialisation signalant une chondrolyse chez des patients ayant reçu une perfusion intra-articulaire continue d’anesthésiques locaux en postopératoire. La majorité des cas signalés concernent l’articulation de l’épaule. Vu les multiples facteurs d’influence sur le mécanisme d’action et vu la disparité existant dans la littérature scientifique, le rapport entre les éléments considérés n’est pas démontré. La perfusion intra-articulaire continue n’est pas une indication homologuée de Prilocain Sintetica.
Prilocain Sintetica 5 mg/ml :
Ce médicament contient 32.3 mg de sodium par ampoule à 10 ml resp. 64.6 mg de sodium par ampoule à 20 ml. Cela équivaut à 1.62 % resp. 3.23 % de l’apport alimentaire quotidien maximal recommandé par OMS de 2 g sodium par adulte.
Prilocain Sintetica 10 mg/ml :
Ce médicament contient 27.6 mg de sodium par ampoule à 10 ml resp. 55.2 mg de sodium par ampoule à 20 ml. Cela équivaut à 1,38 % resp. 2,76% de l’apport alimentaire quotidien maximal recommandé par OMS de 2 g sodium par adulte.
Prilocain Sintetica 20 mg/ml :
Ce médicament contient moins de 1 mmol (23 mg) de sodium par ampoule à 10 ml, c.-à-d. qu’il est essentiellement « sans sodium ».
Ce médicament contient 37.8 mg de sodium par ampoule à 20 ml. Cela équivaut à 1,89 % de l’apport alimentaire quotidien maximal recommandé par OMS de 2 g sodium par adulte.
InteractionsLa prilocaïne devrait être utilisée avec prudence chez les patients traités simultanément par d'autres anesthésiques locaux, ou d'autres principes actifs de structure apparentée aux anesthésiques locaux de type amide (anti-arythmiques comme par ex. la tocanoide et la méxilétine), car leurs effets toxiques systémiques sont additifs.
Aucune étude d'interactions spécifique entre la prilocaïne et les anti-arythmiques de classe III (par ex. l'amiodarone) n'a été effectuée. La prudence est toutefois recommandée (voir «Mises en garde et précautions»).
Le prilocaïne administrée à hautes doses, spécialement lors de l'administration simultanée d'autres médicaments induisant une méthémoglobinémie comme par ex. les sulfonamides, les antipaludiques ou quelques substances à base de nitrite, peut conduire à une augmentation de la concentration de méthémoglobine.
Grossesse, AllaitementGrossesse
Il n'existe aucune étude contrôlée chez la femme enceinte. Des données issues d'expérimentations sur l'animal ont mis en évidence des effets létaux sur le foetus. Par conséquent, la préparation ne doit être utilisée qu’en cas d’absolue nécessité.
Si la prilocaïne est utilisée à des doses supérieures à 600 mg en obstétrique, les métabolites de la prilocaïne peuvent provoquer une méthémoglobinémie maternelle et foetale: Une méthémoglobinémie néonatale en rapport avec un bloc paracervical ou un bloc honteux en obstétrique a été rapportée.
Une éventuelle bradycardie chez le fœtus due à l'anesthésique local peut apparaître lors d'un blocage anesthésique paracervical, en raison des concentrations élevées de l'anesthésique local atteignant le fœtus.
Allaitement
On ignore quelle quantité de prilocaïne passe dans le lait maternel, mais l'application de doses thérapeutiques ne devrait pas constituer de risque pour l'enfant.
Effet sur l’aptitude à la conduite et l’utilisation de machinesLes conducteurs d`automobile et de machine devraient tenir compte que les anesthésiques locaux (en fonction de la dose) peuvent provoquer des légers troubles de la concentration et de la coordination et restreindre temporairement la capacité de locomotion
Effets indésirablesLe profil de sécurité de Prilocaine est semblable à ceux d'autres anesthésiques locaux à longue durée d'action et de type amide.
Les effets indésirables provoqués par le médicament en soi ne peuvent que difficilement être distingués des:
- effets physiologiques d'une anesthésie par blocage nerveux (par ex. chute tensionnelle, bradycardie),
- événements qui ont été provoqués directement ou indirectement par la ponction (par ex. traumatisme du nerf, abcès épidural).
Fréquences: «très fréquents» (≥1/10), « fréquents » (≥1/100 à <1/10), «occasionnels» (≥1/1000 à <1/100), «rares» (≥1/10 000 à <1/1000), «très rares» (<1/10 000).
Affections hématologiques et du système lymphatique
Occasionnel: méthémoglobinémie (voir «Surdosage»), cyanose.
Affections du système immunitaire
Rare: réactions allergiques, réactions anaphylactiques, choc anaphylactique.
Affections du système nerveux
Fréquent: paresthésie, vertiges.
Occasionnel: signes et symptômes d'une toxicité du SNC (convulsions, paresthésie circumorale, insensibilité de la langue, hyperacousie, trouble de la vision, tremblements, acouphènes, dysarthrie, perte de conscience) (voir «Surdosage» et «Pharmacocinétique»).
Rare: neuropathie, lésion nerveuse périphérique, arachnoïdite.
Affections oculaires
Rare: diplopie.
Affections cardiaques
Rare: arrêt cardiaque, arythmie cardiaque.
Occasionnel: bradycardie.
Affections vasculaires
Très fréquent: hypotension.
Occasionnel : hypertension
Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales
Rare: dépression respiratoire.
Affections gastro-intestinales
Très fréquent: nausée.
Fréquent:vomissement.
L’annonce d’effets secondaires présumés après l’autorisation est d’une grande importance. Elle permet un suivi continu du rapport bénéfice-risque du médicament. Les professionnels de santé sont tenus de déclarer toute suspicion d’effet secondaire nouveau ou grave via le portail d’annonce en ligne ElViS (Electronic Vigilance System). Vous trouverez des informations à ce sujet sur www.swissmedic.ch.
SurdosageSignes et symptômes
Toxicité systémique
Lors d'une injection intravasculaire accidentelle, l'effet toxique se fait ressentir au bout de 1-3 minutes, alors qu'en cas de surdosage, la concentration plasmatique maximale, dépendante du site d'injection, n'est pas atteinte après 20-30 minutes, et que les signes d'une toxicité sont donc retardés. Les réactions toxiques surviennent principalement dans le système nerveux central et dans le système cardio-vasculaire.
Toxicité du système nerveux central
Celle-ci croît par paliers successifs avec des signesd’aggravation croissante. Les premiers signes en sont normalement: paresthésies périorales, engourdissement de la langue, torpeur, bourdonnements et troubles de la vision. La dysarthrie et les tremblements musculaires sont plus sévères et précédent des convulsions généralisées. Ces symptômes ne doivent pas être confondus avec des troubles névrotiques. Il peut ensuite se produire une perte de connaissance et des convulsions de grand mal qui peuvent durer de quelques secondes à plusieurs minutes. Aux crises convulsives, succèdent rapidement une hypoxie et hypercapnie du fait de l'augmentation de l'activité musculaire, en même temps qu'une interférence de la respiration normale et une perte possible du réflexe protecteur des voies aériennes. Dans des cas graves, une apnée est possible. L'acidose augmente l'effet toxique des anesthésiques locaux.
La récupération dépend de la redistribution de l'anesthésique local depuis le système nerveux central et du métabolisme. La récupération peut être rapide si les quantités injectées n'étaient pas importantes.
Toxicité du système cardiovasculaire
Dans des cas sévères, des effets sur le système cardiovasculaire sont observés. Ceux-ci sont généralement précédés de signes toxiques du système nerveux central. Si le patient est sous sédatifs puissants ou sous anesthésie générale, il se peut que les symptômes prodromiques du SNC ne se manifestent pas ou que la détection des premiers signes d’une toxicité soit difficile. Une hypotension, une bradycardie, une arythmie et même un arrêt cardiaque peuvent survenir comme conséquence de concentrations systémiques élevées d’anesthésiques locaux. Il est arrivé dans de rares cas qu’un arrêt cardiaque se produise sans symptômes SNC prodromiques.
Méthémoglobinémie
L'apparition d'une méthémoglobinémie est possible après l'administration de prilocaïne. L'administration répétée de prilocaïne, même à des doses relativement faibles, peut conduire à une méthémoglobinémie (cyanose) manifeste sur le plan clinique. C'est pourquoi l'emploi de la prilocaïne n'est pas recommandé pour les techniques d'anesthésie locale en continu.
La conversion de l'hémoglobine en méthémoglobine est provoquée par l'orthotoluidine, un métabolite de la prilocaïne. L'orthotoluidine a une longue demi-vie et a tendance à s'accumuler; elle se convertit tout d'abord en 4-hydroxytoluidine, puis en 6-hydroxytoluidine. Le taux plasmatique de méthémoglobine a augmenté de manière cliniquement significative chez les patients ayant reçu des doses élevées de prilocaïne. Une cyanose apparaît à partir d'une concentration sanguine de méthémoglobine de 1-2 g/100 ml (6-12% de la concentration normale d'hémoglobine). L'oxydation de la méthémoglobine en hémoglobine ne se produit que lentement. Ce processus peut être accéléré par l'injection intraveineuse de bleu de méthylène.
Suite à l'emploi de prilocaïne, la diminution de la capacité de saturation en oxygène est insignifiante chez le patient normal. C'est pourquoi la méthémoglobinémie est habituellement asymptomatique. Cependant, la formation de méthémoglobine peut conduire à une hypoxémie et/ou une défaillance cardiaque chez le patient fortement anémique.
Un risque accru de formation de méthémoglobine existe chez le nouveau-né et l'enfant en bas âge. (voir «Mises en garde et précautions»).
Prendre en considération qu'une faible concentration de méthémoglobine interfère déjà avec la mesure d'oxymétrie de pouls et peut donc conduire à un résultat erroné de faible saturation en oxygène.
Traitement de la toxicité aiguë
Si des signes d'une toxicité systémique apparaissent, l'injection de l'anesthésique local doit être interrompue immédiatement.
Lorsque des symptômes SNC apparaissent (convulsions, dépression du SNC), les objectifs thérapeutiques suivants doivent: être visés:
Maintenir l'apport d'oxygènefaire cesser les convulsions et soutenir la circulation, au besoin en utilisant en plus un masque et un ballon Ambu ou en procédant à une intubation trachéale.
Si les convulsions ne cessent pas spontanément en 15-20 secondes, injecter un antispasmodique par voie i.v. Le thiopental sodique. 1-3 mg/kg en i.v. fait rapidement cesser les convulsions. Une autre possibilité consiste à administrer du diazépam 0,1 mg/kg en i.v. bien que son action soit lente. Des convulsions persistantes peuvent mettre en danger la respiration et l’absorption d’oxygène par le patient. L'injection d'un myorelaxant (par ex. succinylcholine 1 mg/kg) fera cesser rapidement les convulsions, facilitant la respiration et permettant le contrôle de l'apport en oxygène. Dans de tels cas, une intubation endotrachéale doit être envisagée rapidement. Si une dépression cardiovasculaire (hypotonie, bradycardie) est mise en évidence, un sympathomimétique, par ex. éphédrine 5-10 mg i.v., doit être administré et si nécessaire, renouvelé après 2-3 minutes. Chez les enfants, la posologie de l’éphédrine doit être adaptée en fonction de l'âge et du poids.
En cas de collapsus circulatoire, une réanimation cardio-pulmonaire rapide est nécessaire :un apport optimal d'oxygène, un soutien de la respiration et de la circulation ainsi qu'un traitement de l'acidose sont d’une importance vitale.
Traitement de la méthémoglobinémie:
La méthémoglobinémie peut être traitée très rapidement par une injection i.v. de bleu de méthylène 1% (1 mg/kg de poids corporel) pendant 5 minutes. La cyanose manifeste disparaît env. 15 minutes après l'injection i.v. de bleu de méthylène.
Cette dose ne devrait pas être répétée, car le bleu de méthylène est un oxydant d'hémoglobine à des concentrations élevées.
Propriétés/EffetsCode ATC
N01BB04
Mécanisme d’action
Le chlorhydrate de prilocaïne (Prilocain Sintetica) est un anesthésique local de type amide. Il est doté d'une entrée en action rapide et d'une durée d'action moyenne. Une solution à 20 mg/ml (2%) en injection épidurale a une durée d'action de 1,5-2 heures, et jusqu'à 5 heures en injection périphérique. Une solution à 10 mg/ml (1%) a un effet moindre sur les fibres nerveuses motrices, et la durée d'action est plus courte. Les valeurs sanguines sont plus faibles que celles obtenues avec la même dose de lidocaïne et elles sont éliminées plus rapidement. La prilocaïne a une toxicité aiguë plus faible que celle de la lidocaïne. L'entrée en action et la durée d'action de l'effet anesthésiant local induit par la prilocaïne dépendent de la posologie et du lieu d'application. La propriété qu’a la prilocaïne de provoquer une méthémoglobinémie la rend inappropriée pour des techniques d’anesthésie en continu.
Pharmacodynamique
Comme d'autres anesthésiques locaux, la prilocaïne provoque un blocage réversible de la propagation de l'influx nerveux en inhibant le passage d'ions sodiques vers l'intérieur de la membrane des cellules nerveuses. On suppose la présence de récepteurs de molécules d'anesthésiques locaux dans les canaux sodiques des membranes nerveuses.
Les anesthésiques locaux peuvent avoir un effet semblable sur d'autres membranes excitables du cerveau et du myocarde. Lorsque des quantités excessives de principe actif passent rapidement dans la circulation générale, les signes et les symptômes de toxicité apparaissent principalement au niveau du système nerveux central et du système cardiovasculaire.
Des symptômes de toxicité au niveau du système nerveux central (voir «Surdosage») précédent habituellement les effets sur le système cardiovasculaire, car les manifestations nerveuses centrales apparaissent déjà à des concentrations plasmatiques faibles.
Des effets immédiats cardiovasculaires de l'anesthésique local sont: une conduction lente, une inotropie négative et éventuellement un arrêt cardiaque.
Des effets indirects cardiovasculaires (hypotonie, bradycardie) peuvent se manifester après une application épidurale; ils dépendent toutefois de l'étendue du blocage sympathique simultané.
Efficacité clinique
Aucune donnée.
PharmacocinétiqueAbsorption
Les concentrations sanguines dépendent de la dose, du mode d'application, de la vascularité du site d'injection et des vasoconstricteurs administrés simultanément. Il existe une relation linéaire entre la dose appliquée de prilocaïne et la concentration plasmatique résultante dans la zone posologique de 200-600 mg.
Le pic de concentrations plasmatiques est atteint après un bloc intercostal. Il diminue progressivement selon l'ordre des blocs suivants: bloc caudal, épidural, bloc du plexus brachial, bloc du plexus sciatique et bloc fémoral.
Les concentrations plasmatiques élevées après administration intercostale peuvent être liées aux injections répétées nécessaires pour cette technique. Lors du bloc intercostal, la solution est exposée à une importante région vascularisée, ce qui augmente l'absorption. Par ailleurs, le tissu adipeux dans l'espace lombaire épidural retarde l'absorption vasculaire.
Distribution
La prilocaïne a une valeur pKa de 7,9 et un coefficient de partage N-heptane/tampon pH 7,4 de 0,9, un coefficient de partage octanol/eau de 25, et une liaison aux protéines plasmatiques de 40% (principalement à la glycoprotéine alpha-1 acide).
La prilocaïne montre une clairance plasmatique totale de 2,37 l/min, son volume de distribution dans le sang est compris entre 190 et 260 litres.
La prilocaïne passe la barrière placentaire. La concentration plasmatique libre est comparable chez le foetus et chez la mère. Lors d'une acidose foetale, la concentration plasmatique peut être légèrement majorée chez le foetus. Aucune donnée sur la demi-vie d'élimination chez le foetus n'est disponible.
Métabolisme
Des études in vitro et des études menées sur l'animal ont montré que la prilocaïne est métabolisée dans les poumons et les reins.
La prilocaïne est métabolisée dans le foie principalement par hydrolyse de l'amide en o-toluidine et npropylamine. Les 2-amino-3-hydroxytoluidine et 2-amino-5-hydroxytoluidine sont formés à partir de l'o-toluidine. Ces métabolites sont jugés responsables de la formation de méthémoglobine.
Élimination
Moins de 5% de prilocaïne sont éliminés dans les urines sous forme inchangée. La prilocaïne a une demi-vie d'élimination de 1,6 heures.
Cinétique pour certains groupes de patients
Il n'est pas établi dans quelle mesure les affections telles qu'une cirrhose du foie ou une insuffisance cardiaque congénitale influencent la biodisponibilité de la prilocaïne.
Données précliniquesLa dose thérapeutique utilisée localement pour une l'homme est proche de la dose qui est toxique chez l'animal en administration intraveineuse. Les symptômes de toxicité aiguë chez l’animal sont : diminution de l'activité, crampes, détresse respiratoire, cyanose et mort par défaillance cardiaqueL’injection sous-cutanée de 3 ml / kg de poids corporel de chlorhydrate de prilocaïne a eu pour effet des nécroses locales réversibles. chez le rat. Aucune lésion n’a été observée chez le singe avec la même dose.
Mutagénicité / Carcinogénicité
La prilocaïne n'a pas présenté d’effets mutagènes lors des tests de mutagénité. Les indications relatives à un potentiel mutagène sont issues d’observations concernant le métabolite o-toluidine, qui a entrainé, dans différents systèmes de tests in vitro, des modifications du matériel génétique et de la croissance cellulaire (mutations chromosomiques, aneuploïdes, réparation ADN, transformation des cellules).
Les études de cancérogénicité sur des rats et des souris, avec des doses élevées du métabolite o-toluidine ont mis en évidence des fréquences accrues de tumeurs au niveau de la rate et de la vessie.
La pertinence de ces deux résultats ne chez l’homme en cas d’utilisation thérapeutique de courte durée de la prilocaïne ne semble pas être établie; il est cependant indiqué, pour des raisons de sécurité, de ne pas utiliser la prilocaïne à des posologies élevées sur des périodes prolongées.
Toxicité sur la reproduction
La prilocaïne n'a pas d’effet sur la fertilité des rats mâles et femelles. Le taux de survie postnatal des petits de mères traitées était cependant en baisse. Dans une étude d’embryotoxicité sur le rat des effets létaux pour le foetus ont été observés, et des hydronéphroses dose-dépendantes sont apparues dans les foetus.
Remarques particulièresIncompatibilités
La solubilité de la prilocaïne est limitée à un pH inférieur à 7,0. Il faut tenir compte de ce fait lorsque des solutions alcalines, par exemple du carbonate, sont ajoutées, car il peut se produire un précipité de la base.
Stabilité
Le médicament ne doit pas être utilisé au-delà de la date figurant après la mention «EXP» sur le récipient.
Stabilité après ouverture
La préparation ne contient pas de conservateur. Pour des raisons microbiologiques, la préparation prête à l’emploi doit être utilisée immédiatement après ouverture.
Jeter les restes de solution.
Remarques particulières concernant le stockage
Conserver dans l’emballage d’origine, protégé de la lumière et à température ambiante (15-25°C). Tenir hors de portée des enfants.
Numéro d’autorisation56’546 (Swissmedic)
PrésentationPrilocain Sintetica 5 mg/ml, solution injectable , ampoules 10 x 10 ml et 5 x 20 ml Ⓑ
Prilocain Sintetica 10 mg/ml, solution injectable, ampoules 10 x 10 ml et 5 x 20 ml Ⓑ
Prilocain Sintetica 20 mg/ml, solution injectable, ampoules 10 x 10 ml et 5 x 20 ml Ⓑ
Titulaire de l’autorisationSintetica SA
CH-6850 Mendrisio
Mise à jour de l’informationFévrier 2021
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