Mises en garde et précautionsL’acétate d’ulipristal ne doit être prescrit qu’après un diagnostic minutieux visant notamment à exclure d’autres causes de saignements utérins abondants et une grossesse. En cas d’anomalies de l’endomètre, et en particulier lorsqu’il n’est pas possible de différencier à l’échographie avec certitude des myomes sous-muqueux de polypes endométriaux, il est indispensable d’exclure avant tout traitement, par des méthodes appropriées (y c. curetage), des modifications pré-malignes ou malignes de l’endomètre.
En raison de l’absence de données sur la sécurité d’emploi à long terme sans interruption, la durée de chaque période de traitement ne doit pas dépasser 3 mois (voir « Indications / Possibilités d’emploi » et « Posologie / Mode d’emploi »). Des données suffisantes sur la sécurité et l’efficacité ne sont disponibles que pour une utilisation sur un maximum de 4 cycles de traitement de 3 mois.
Toxicité hépatique
Depuis la commercialisation, des cas de lésions hépatiques ont été rapportés. Ces lésions étaient parfois graves, et certains cas d’insuffisance hépatique aiguë ont nécessité une greffe du foie. Telle est la raison pour laquelle des tests de la fonction hépatique doivent être effectués avant le début du traitement. Un traitement sous Esmya ne doit pas être initié si les transaminases (ALAT ou ASAT) sont > 2 × limite supérieure de la normale (LSN).Pendant le traitement, des tests de la fonction hépatique doivent être réalisés au moins une fois par mois au cours des deux premiers cycles de traitement. Pour les cycles de traitement suivants, la fonction hépatique doit être testée une fois avant chaque nouveau cycle de traitement et lorsque cliniquement indiqué.En outre, des tests de la fonction hépatique doivent être effectués 2 à 4 semaines après l’interruption du traitement.
Les patientes qui présentent des taux de transaminases (ASAT ou ALAT) supérieures à trois fois la limite supérieure de la normale au cours du traitement doivent interrompre la prise du médicament et être étroitement surveillées.Si une patiente présente des signes ou des symptômes compatibles avec une lésion hépatique (p. ex. anorexie, nausées, vomissements, douleur de l’hypochondre droit, ictère), le traitement doit être arrêté et des tests de la fonction hépatique doivent être réalisés.
L’apparition de signes nouveaux d’asthénie ou de fatigue peut également révéler une atteinte de la fonction hépatique. Dans ce cas, la patiente devrait informer immédiatement son médecin au sujet de la survenance de ces symptômes, surtout lorsque l’asthénie et la fatigue vont de pair avec d’autres symptômes mentionnés. Si la fonction hépatique ne présente rien d’anormal, le traitement peut être poursuivi sous surveillance étroite dans ces cas de figure. Il convient de souligner toutefois que dans certains cas, les symptômes cliniques sont apparus avant que des analyses de laboratoire aient permis de confirmer une atteinte de la fonction hépatique.
Par précaution, les patientes devraient éviter de consommer de l’alcool pendant le traitement sous Esmya (ainsi que pendant les invervalles entre les cycles de traitement.)
Changements endométriaux
L’ulipristal acétate possède une action pharmacodynamique spécifique sur l’endomètre.
En cas de traitements répétés intermittents, une surveillance régulière de l’endomètre est recommandée. Ceci peut inclure une échographie annuelle qui doit être réalisée pendant une période sans traitement, après le retour des règles.
Une augmentation de l’épaisseur de l’endomètre peut se produire. Chez 10 à 15 % des patientes, un épaississement de l’endomètre (> 16 mm par ultrasons ou IRM à la fin du traitement) a été observé avec l’ulipristal acétate à la fin de la première période de traitement de 3 mois. Au cours des périodes de traitement suivantes, l’épaississement de l’endomètre a été moins souvent observé (4.9 % et 3.5 % de patientes respectivement à la fin de la deuxième et quatrième période de traitement). L’épaississement de l’endomètre est réversible lorsque le traitement s’arrête et la menstruation redémarre. Si l’épaississement de l’endomètre persiste pendant les périodes sans traitement après le retour des règles ou au-delà de 3 mois après la fin des périodes de traitement, il sera recommandé d’examiner le problème selon les pratiques cliniques habituelles (par exemple une biopsie de l’endomètre) afin d’exclure toute évolution cliniquement pertinente.
En outre, on a observé des changements spécifiques au niveau de l’histologie de l’endomètre chez les patientes traitées par ulipristal acétate. Ces changements histologiques sont désignés comme « Progesterone Receptor Modulator Associated Endometrial Changes » (PAEC) et ne doivent pas être confondus avec une hyperplasie endométriale (voir «Propriétés/Effets»).
Ces changements sont dans la plupart des cas réversibles après l’arrêt du traitement.
En particulier, les patientes en périménopause devraient être surveillées jusqu’à la régression complète des changements.
En l’absence de données sur la sécurité lors d’une exposition continue supérieure à 3 mois, le risque d’un impact indésirable sur l’endomètre est inconnu; c’est pourquoi la durée de chaque période de traitement ne doit pas dépasser 3 mois.
Si, suite à une hystérectomie ou une biopsie endométriale, des spécimens sont envoyés pour une analyse histologique, le pathologiste doit être informé du fait que la patiente a pris de l’ulipristal acétate.
Hémorragie utérine
Les patientes avec des saignements menstruels abondants dus à des fibromes utérins risquent des saignements excessifs qui peuvent nécessiter une intervention chirurgicale. Quelques cas ont été rapportés au cours du traitement par ulipristal acétate ou dans les 2 à 3 mois consécutifs à l’arrêt du traitement.
La patiente doit être prévenue du fait que l’ulipristal acétate entraîne généralement une diminution cliniquement significative des saignements menstruels (dans les 10 jours) ou une aménorrhée. Si les saignements excessifs persistent, la patiente doit en informer son médecin. Les menstruations ré-apparaissent généralement dans les 4 semaines qui suivent la fin de chaque période de traitement et se sont avérées de moins en moins abondantes au fur et à mesure des périodes répétées de traitement.
Pendant un traitement séquentiel répété, après la réduction initiale des saignements ou l’aménorrhée, si une modification du profil de saignements persistant ou inattendu est observée, telle que la survenue de saignements intermenstruels, il sera peut-être nécessaire d’examiner le problème selon les pratiques cliniques habituelles afin d’exclure une condition pathologique sous-jacente.
Kystes ovariens
Des kystes ovariens fonctionnels ont été observés pendant et après le traitement avec ulipristal acétate. Dans la plupart des cas, ils ont disparu spontanément en quelques semaines.
Insuffisance rénale
On ne s’attend pas à ce que l’insuffisance rénale modifie l’élimination de l’ulipristal acétate de manière significative. En l’absence d’études spécifiques, l’ulipristal acétate n’est pas recommandé chez les patientes atteintes d’insuffisance rénale grave (voir « Posologie/mode d’emploi »).
Asthmatiques
L’ulipristal acétate a montré une affinité significative sur le récepteur des glucocorticoïdes. Bien qu’un effet cliniquement significatif ait pu être exclu par un contrôle systématique des taux d’ACTH dans les études de Phase III, l’utilisation de l’ulipristal acétate chez des femmes atteintes d’asthme et traitées par un glucocorticoïde oral n’est pas recommandée, par mesure de précaution.
Fonction thyroïdienne
Dans le cadre des études cliniques, on a très rarement observé chez les patientes présentant une dysfonction thyroïdienne latente préexistante la manifestation d’une hypothyroïdie, et encore moins fréquemment d’une hyperthyroïdie. Aussi une surveillance appropriée et, le cas échéant, un ajustement du traitement de la dysfonction thyroïdienne sont-ils recommandés chez les patientes présentant de tels facteurs de risque ou une dysfonction thyroïdienne préexistante.
Traitements concomitants
L’utilisation simultanée d’inhibiteurs puissants ou modérés du CYP3A4 (par ex. itraconazole, voriconazole, posaconazole, clarithromycine, érythromycine, ritonavir, cobicistat et le jus de pamplemousse) et de l’ulipristal acétate est contre-indiquée (voir « Interactions). L’utilisation simultanée d’inhibiteurs légers du CYP3A4 et de l’ulipristal acétate n’est pas recommandée.
L’utilisation simultanée de l’ulipristal acétate et d’inducteurs du CYP3A4 (par ex. barbituriques, carbamazépine, efavirenz, rifabutine, rifampicine, phénytoïne, primidone ou des médicaments phytothérapeutiques contenant du millepertuis) est contre-indiquée (voir « Interactions »).
Arrêt du traitement
En cas d’arrêt d’un traitement au long cours par Esmya avant la ménopause, il faut s’attendre dans les quelques mois qui suivent à une récidive des symptômes et à une nouvelle augmentation de la taille des myomes.
Contraception
Esmya n’est pas un contraceptif. Bien que la plupart des patientes prenant de l’ulipristal acétate en doses thérapeutiques présentent une anovulation, une méthode non hormonale de contraception est recommandée pendant le traitement. L’utilisation simultanée d’un contraceptif hormonal combiné ou d’un contraceptif progestatif pur (y compris les SIU diffuseurs de progestatif) n’est pas recommandée (voir « Interactions »).
|