CompositionPrincipe actif:
Methadoni hydrochloridum.
Excipients:
Lactosum monohydricum (corresp. 248 mg lactosum), saccharosum 28 mg, maydis amylum, cellulosum microcristallinum, magnesii stearas.
Indications/Possibilités d’emploiA utiliser dans le cadre d'un traitement de substitution en cas de dépendance aux opiacés/opioïdes chez l'adulte, dans le cadre d'une prise en charge médicale, sociale et psychologique.
Posologie/Mode d’emploiL'expérience montre que ces patients nécessitent un contrôle et un soutien attentifs. Pour des raisons de sécurité, il est recommandé d'administrer le médicament quotidiennement sous surveillance au cabinet. Les risques de mélange avec d'autres drogues et/ou de l'alcool doivent être en outre signalés.
Afin d'évaluer les interactions possibles et la posologie nécessaire de Methaddict, la consommation supplémentaire d'autres substances psychotropes doit être abordée avec le patient au début et au cours du traitement de substitution. L'attention du patient doit être attirée sur les dangers d'une telle consommation (voir également «Interactions»).
En particulier pendant les cinq premiers jours de la phase d'induction du traitement, la prise de Methaddict doit être étroitement contrôlée ou avoir lieu sous surveillance visuelle. Commencer le traitement au début de la semaine évite d'avoir à interrompre la surveillance pendant le week-end au cours de la phase d'induction du traitement.
La posologie est basée sur l'apparition de symptômes de sevrage et doit être ajustée pour chaque patient en fonction de sa situation individuelle et de son ressenti subjectif. En règle générale, une fois la dose ajustée, il convient de viser la dose d'entretien la plus faible possible.
La dose quotidienne initiale moyenne est de 20 mg de chlorhydrate de méthadone chez les patients dont le seuil de tolérance aux opiacés est incertain ou inconnu, et de 40 mg de chlorhydrate de méthadone chez les patients dont le seuil de tolérance est connu et qui font un usage continu d'opiacés. Dans des cas isolés extrêmes, la dose quotidienne initiale peut atteindre un maximum de 100 mg de chlorhydrate de méthadone.
La dose initiale doit être prise le matin. En fonction de l'effet subjectif et objectif, il est possible dans certains cas d'administrer une quantité supplémentaire éventuellement nécessaire le soir du 1er jour afin d'éviter un syndrome de sevrage. Cela doit toutefois se faire sous contrôle médical étroit, le cas échéant sous surveillance hospitalière.
Chez les patients dont le seuil de tolérance est faible ou incertain (par exemple après une sortie de prison), il convient de choisir la dose initiale la plus faible.
Si des symptômes de sevrage apparaissent, la dose doit être augmentée progressivement par paliers de 10 à 20 mg de chlorhydrate de méthadone. Une période d'observation médicale d'une semaine doit être respectée entre les changements de dose. L'adaptation de la dose est terminée dès que les symptômes de sevrage n'apparaissent plus; les limites de la tolérance individuelle doivent être respectées. La dose d'entretien peut aller jusqu'à 120 mg de chlorhydrate de méthadone par jour et peut même être plus élevée dans certains cas.
Une dose de plus de 100–120 mg de chlorhydrate de méthadone ne doit être prise que dans des cas isolés et justifiés, lorsqu'une consommation secondaire est exclue avec certitude. Il est recommandé de déterminer les taux plasmatiques de méthadone.
Methaddict est disponible sous forme de comprimés sécables de 80 mg. Pour les autres dosages ainsi que pour l'augmentation ou la diminution progressive des doses, il convient d'utiliser d'autres médicaments contenant du chlorhydrate de méthadone.
Les interactions et/ou l'induction enzymatique par d'autres médicaments (voir «Interactions») peuvent augmenter les besoins quotidiens en méthadone. C'est pourquoi il faut être attentif aux éventuels symptômes de sevrage, même chez les patients stabilisés, et adapter la dose si nécessaire.
En cas de symptômes d'un effet excessif de la méthadone, une réduction de la dose est nécessaire (voir «Surdosage»).
Relais
Lors du passage du chlorhydrate de lévométhadone à Methaddict, le rapport 1:2 (chlorhydrate de lévométhadone: chlorhydrate de méthadone) doit être respecté, à savoir:
·5 mg de chlorhydrate de lévométhadone correspondent par leur activité à 10 mg de chlorhydrate de méthadone, respectivement
·10 mg de chlorhydrate de lévométhadone correspondent par leur activité à 20 mg de chlorhydrate de méthadone, respectivement
·20 mg de chlorhydrate de lévométhadone correspondent par leur activité à 40 mg de chlorhydrate de méthadone
·40 mg de chlorhydrate de lévométhadone correspondent par leur activité à 80 mg de chlorhydrate de méthadone.
Chez certains patients, un ajustement supplémentaire de la dose peut être nécessaire lors du passage du chlorhydrate de lévométhadone au chlorhydrate de méthadone.
Durée du traitement
Dans le cadre du concept thérapeutique global, la durée d'utilisation dépend du déroulement du traitement de substitution et du ressenti individuel du patient. La durée d'utilisation peut varier d'une administration à court terme (par exemple substitution pour les toxicomanes pendant un traitement hospitalier nécessaire) à une médication à long terme.
Fin du traitement
L'arrêt du traitement de substitution doit se faire lentement, par petites étapes, sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et se fonde également sur le ressenti subjectif du patient. Si nécessaire, pour la diminution progressive de la dose, il est également possible de passer à une solution de substitution de méthadone.
Patients âgés
Il est recommandé de réduire la dose à un âge plus avancé (voir «Mises en garde et précautions»).
Patients présentant des troubles des fonctions rénale et hépatique
Il est recommandé de réduire la dose chez les patients souffrant d'une maladie rénale ou d'une maladie hépatique chronique grave (voir «Mises en garde et précautions»).
Enfants et adolescents:
L'utilisation et la sécurité de Methaddict n'ont pas été étudiées à ce jour chez les enfants et les adolescents.
Mode d'administration
Methaddict est à prendre par voie orale. Il ne doit être utilisé que sous contrôle médical. En général, la prise se fait avec suffisamment d'eau.
Contre-indicationsHypersensibilité à la méthadone ou à l'un des composants selon la composition.
Insuffisance respiratoire chronique; pancréatite; abdomen aigu (avant le diagnostic précis); insuffisance hépatique et rénale sévère; traumatisme cérébral; hypertension intracrânienne; intoxication alcoolique aiguë.
Mises en garde et précautionsMethaddict ne doit être utilisé que chez les patients dépendants aux opiacés/opioïdes par des médecins autorisés à pratiquer la substitution, car les doses habituellement utilisées dans les traitements de substitution peuvent entraîner des intoxications graves, voire mortelles, chez les patients non tolérants aux opiacés.
Une évaluation individuelle et une planification du traitement, pouvant inclure une prise en charge hospitalière, doivent être envisagées chez les patients qui, malgré une intervention pharmacothérapeutique appropriée, présentent une consommation de drogue incontrôlée et un comportement à haut risque persistant.
Une indication stricte et une surveillance médicale particulière sont nécessaires dans les cas suivants
·Grossesse et allaitement (voir «Grossesse/Allaitement»)
·Présence d'un trouble de la conscience
·Utilisation simultanée d'autres médicaments et substances à effet dépresseur central ou respiratoire
·États pathologiques dans lesquels il faut éviter une dépression du centre respiratoire
·Pression intracrânienne élevée
·Hypotension consécutive à une hypovolémie
·Hypertrophie de la prostate avec formation d'urine résiduelle
·Pancréatite
·Maladies des voies biliaires
·Maladies obstructives et inflammatoires de l'intestin
·Phéochromocytome
·Hypothyroïdie
·Atteinte modérée à sévère du centre respiratoire et de la fonction respiratoire
·Bradycardie
·Traitement avec des antiarythmiques de classe I et III.
Fonction respiratoire
La méthadone doit être utilisée avec prudence chez les patients avec
·Asthme
·Bronchopneumopathie chronique obstructive
·Cœur pulmonaire
·Réserve respiratoire considérablement réduite
·Altération préexistante de la fonction respiratoire
·Hypoxie ou hypercapnie.
Même aux doses thérapeutiques habituelles, l'activité respiratoire peut être réduite chez ces patients, tandis que la résistance des voies respiratoires est simultanément augmentée jusqu'à l'apparition d'une apnée.
Chez les patients présentant une prédisposition atopique, une exacerbation d'un asthme préexistant, des rash cutanés et des modifications de la formule sanguine (éosinophilie) peuvent survenir.
Pression intracrânienne
L'effet de dépression respiratoire des opioïdes et leur capacité à augmenter la pression du liquide céphalorachidien peuvent être renforcés de manière cliniquement significative en cas d'hypertension intracrânienne préexistante. Compte tenu du profil d'action de la méthadone en tant que μ-agoniste, son utilisation doit se faire avec la plus grande prudence et uniquement si elle est jugée indispensable pour le traitement de tels patients.
Insuffisance surrénalienne
Les opioïdes peuvent provoquer une insuffisance surrénalienne réversible, qui nécessite une surveillance et un traitement de substitution par glucocorticoïdes. Les symptômes de l'insuffisance surrénalienne peuvent notamment comprendre les suivants: nausée, vomissement, perte d'appétit, fatigue, faiblesse, vertige ou tension artérielle basse.
Diminution des hormones sexuelles et augmentation de la prolactine
L'utilisation à long terme d'opioïdes peut être associée à une baisse des taux d'hormones sexuelles et à une augmentation des taux de prolactine. Les symptômes incluent une baisse de la libido, l'impuissance ou l'aménorrhée.
Hypoglycémie
Des cas d'hypoglycémie ont été observés en lien avec un surdosage de méthadone ou une augmentation de la dose de méthadone. En cas d'augmentation de la dose, une surveillance régulière de la glycémie est recommandée.
Spasme du sphincter d'Oddi/pancréatite
Les opioïdes peuvent provoquer un dysfonctionnement et un spasme du sphincter d'Oddi, ce qui augmente la pression intrabiliaire et accroît le risque de symptômes des voies biliaires et de pancréatite.
Utilisation simultanée avec des substances à action dépressive centrale
L'utilisation simultanée d'opioïdes avec des benzodiazépines ou d'autres substances à action dépressive centrale peut renforcer la sédation, et entrainer la dépression respiratoire, le coma et la mort. En raison de ces risques, les opioïdes et les benzodiazépines ou d'autres médicaments à action dépressive centrale ne doivent être administrés de manière concomitante qu'aux patients pour lesquels aucune autre option de traitement n'est envisageable. S'il est décidé de prescrire Methaddict en association avec des benzodiazépines ou d'autres médicaments à action dépressive centrale, il convient de choisir la dose efficace la plus faible et une durée minimale d'utilisation simultanée. Les signes et symptômes de dépression respiratoire et de sédation doivent être surveillés étroitement (voir rubrique «Interactions»)
Risques liés à l'utilisation avec de l'alcool
L'utilisation simultanée d'opioïdes, y compris la méthadone, et d'alcool peut entraîner une sédation, une dépression respiratoire, un coma et la mort. La consommation d'alcool pendant le traitement par la méthadone doit être évitée (voir «Interactions»).
Consommation parallèle
L'abus de drogues, d'alcool et de médicaments pendant le traitement de substitution peut entraîner des incidents mettant en jeu le pronostic vital et doit absolument être évité.
Des contrôles urinaires réguliers doivent être effectués afin d'identifier une éventuelle consommation de drogues.
Patients à risque
Le traitement doit être mené avec une extrême prudence chez les
·patients très vulnérables:Les tentatives de suicide avec des opiacés, surtout en combinaison avec des antidépresseurs, de l'alcool et d'autres substances agissant sur le système nerveux central (SNC), font partie du tableau clinique de la dépendance à une substance.
·maladies abdominales aiguës:Le traitement par la méthadone peut masquer le diagnostic ou l'évolution clinique chez les patients souffrant d'états pathologiques abdominaux aigus. C'est pourquoi les patients présentant des signes d'abdomen aigu sous traitement de substitution doivent faire l'objet d'une surveillance particulièrement étroite jusqu'à l'établissement d'un diagnostic précis.
·patients présentant un allongement connu ou suspecté de l'intervalle QT ou un déséquilibre électrolytique, en particulier une hypokaliémie/des troubles du rythme cardiaque: Sous agonistes des récepteurs μ-opiacés, il faut s'attendre à un allongement de l'intervalle QT et, par conséquent, à la survenue d'une tachycardie ventriculaire polymorphe (torsade de pointes).
En principe, tous les patients doivent être interrogés sur les antécédents cardiaques et les syncopes inexpliquées avant l'introduction du traitement. Le patient doit alors être informé de la possibilité de troubles du rythme cardiaque.
Avant le début du traitement et après 2 semaines de traitement, un ECG doit être réalisé afin de démontrer et de quantifier l'effet du substitut sur l'intervalle QT. De même, avant d'augmenter la dose, il est conseillé de faire un ECG et d'effectuer un ECG de contrôle au moins une fois par an. En cas de syncopes inexpliquées, il faut penser à la possibilité d'une cause cardiaque. Toute modification d'une médication supplémentaire doit tenir compte de la possibilité d'une interaction affectant l'intervalle QT.
Dépendance aux médicaments et potentiel d'abus
La méthadone est un opioïde et est intrinsèquement très addictive. Elle présente une longue demi-vie, et peut donc s'accumuler. Une dose unique permettant de soulager les symptômes peut, en cas de prise quotidienne, entraîner une accumulation et, potentiellement, le décès.
Comme avec les autres opioïdes, une accoutumance ainsi qu'une dépendance physique et/ou psychologique peuvent s'installer en cas d'administration répétée de méthadone.
L'abus ou le mésusage intentionnel de Methaddict peut entraîner un surdosage et/ou le décès.
Le risque d'apparition d'un trouble de l'usage d'opioïde est plus élevé chez les patients présentant des antécédents personnels et/ou familiaux (parent ou frère/soeur) de troubles liés à la consommation de substances (notamment d'un trouble de l'usage d'alcool), chez les fumeurs et chez les patients présentant des antécédents personnels d'autres troubles mentaux (p. ex., trouble dépressif majeur, anxiété et troubles de la personnalité).
L'apparition de signes de conduite toxicophile (p.ex., demande précoce de renouvellement d'ordonnance) doit être surveillée. Cela inclut un examen de la consommation concomitante d'opioïdes et de médicaments psychoactifs (p. ex., benzodiazépines). Chez les patients présentant des signes et symptômes de TUO, une consultation avec un addictologue doit être envisagée.
Dépression respiratoire
Comme pour tous les opioïdes, l'utilisation de Methaddict est associée à un risque de dépression respiratoire cliniquement pertinente. La dépression respiratoire, si elle n'est pas reconnue et traitée immédiatement, peut entraîner un arrêt respiratoire et la mort. Le traitement d'une dépression respiratoire comprend, selon l'état clinique du patient, une surveillance étroite, des mesures de soutien et l'administration d'antagonistes des opioïdes. Une dépression respiratoire grave, potentiellement mortelle ou fatale, peut survenir à tout moment du traitement, le risque étant maximal au début du traitement ou après une augmentation de la dose.
Troubles respiratoires du sommeil
Les opioïdes peuvent provoquer des troubles respiratoires du sommeil, notamment une apnée centrale du sommeil (ACS) et une hypoxémie du sommeil. L'utilisation d'opioïdes est associée à un risque dose-dépendant d'ACS. Il convient d'envisager de réduire la dose totale d'opioïdes chez les patients présentant une ACS.
Exposition accidentelle
Les patients et les personnes qui s'en occupent doivent être informés que Methaddict contient une substance active en quantité susceptible d'entraîner la mort, en particulier chez les enfants. Les patients et les personnes qui s'en occupent doivent être informés de la nécessité de conserver toutes les doses unitaires hors de portée des enfants et d'éliminer correctement les doses unitaires entamées ou non utilisées.
Syndrome de sevrage néonatal aux opioïdes
L'utilisation prolongée de Methaddict pendant la grossesse peut entraîner un syndrome de sevrage néonatal aux opioïdes, qui peut potentiellement mettre la vie en danger lorsqu'il n'est pas identifié et traité en temps opportuns. Le traitement doit être effectué selon des protocoles développés par des experts en néonatologie. Si l'utilisation d'opioïdes chez une femme enceinte est nécessaire pendant une période prolongée, informez la patiente du risque de syndrome de sevrage néonatal aux opioïdes et assurezvous que le traitement approprié est disponible, le cas échéant.
Remarques complémentaires
L'arrêt après une utilisation répétée ou l'utilisation d'un antagoniste des opiacés provoquent un syndrome de sevrage.
La prise de méthadone par des personnes non tolérantes aux opiacés met en jeu le pronostic vital et peut entraîner la mort par arrêt respiratoire.
Methaddict est exclusivement destiné à être pris par voie orale. L'utilisation abusive de Methaddict par voie intraveineuse peut entraîner des effets secondaires graves, y compris des effets potentiellement mortels, tels que sepsis, phlébite ou embolie pulmonaire.
La méthadone doit être utilisée avec prudence chez les patients souffrant d'insuffisance surrénalienne, car les opioïdes peuvent réduire la production de cortisol.
Contrôles antidopage
L'utilisation de Methaddict peut conduire à des résultats positifs en cas de contrôle antidopage. L'utilisation abusive de Methaddict à des fins de dopage peut être dangereuse pour la santé.
Lactose et saccharose
Les comprimés de Methaddict contiennent du lactose et du saccharose. Les patients présentant une rare intolérance héréditaire au fructose ou au galactose, un déficit total en lactase, une malabsorption du glucose-galactose ou une insuffisance en sucrase-isomaltase ne doivent pas utiliser ce médicament.
InteractionsInhibiteurs du métabolisme de la méthadone, surtout du CYP 3A4 (risque de prolongation du l'intervalle QT/torsade de pointes; v. «Mises en garde et précautions»).
Inducteurs du métabolisme de la méthadone (rifampicine, l'extrait de millepertuis et autres peuvent réduire l'efficacité de la méthadone).
Médicaments qui prolongent l'intervalle QT (v. «Mises en garde et précautions»).
L'utilisation concomitante d'autres médicaments affectant le SNC, tels que d'autres opioïdes, des sédatifs tels que les benzodiazépines ou les hypnotiques, les anesthésiques généraux, les phénothiazines, les tranquillisants, les relaxants de la musculature squelettique, les antihistaminiques sédatifs, les gabapentinoïdes (gabapentine et prégabaline) et l'alcool peut produire des effets dépresseurs additifs, entraînant une dépression respiratoire, une hypotension, une forte sédation ou un coma, parfois fatal (voir la rubrique «Mises en garde et précautions»).
Les antidépresseurs tricycliques et le diazépam inhibent le métabolisme de la méthadone et peuvent renforcer et prolonger ses effets.
Un syndrome sérotoninergique peut survenir en cas d'administration simultanée d'opioïdes avec des inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) et d'agents sérotoninergiques, tels que les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN) et les antidépresseurs tricycliques (ATC). Les symptômes d'un syndrome sérotoninergique peuvent inclure des modifications de l'état de conscience, une instabilité autonome, des anomalies neuromusculaires et/ou des symptômes gastro-intestinaux.
La phénytoïne et la rifampicine accélèrent le métabolisme de la méthadone par induction enzymatique et peuvent déclencher des symptômes de sevrage.
Pentazocine et buprénorphine antagonisent en partie l'effet de la méthadone et peuvent déclencher des symptômes de sevrage.
Cannabidiol
L'administration concomitante de cannabidiol peut augmenter les concentrations plasmatiques de méthadone.
Grossesse, allaitementGrossesse
L'utilisation prolongée de Methaddict pendant la grossesse peut entraîner un syndrome de sevrage néonatal aux opioïdes, qui peut potentiellement mettre la vie en danger lorsqu'il n'est pas identifié et traité en temps opportuns. Le traitement doit être effectué selon des protocoles développés par des experts en néonatologie. Si l'utilisation d'opioïdes chez une femme enceinte est nécessaire pendant une période prolongée, informez la patiente du risque de syndrome de sevrage néonatal aux opioïdes et assurezvous que le traitement approprié est disponible, le cas échéant (voir également la rubrique «Mises en garde et précautions»).
Lors d'une utilisation prolongée ou en hautes doses lors de l'accouchement, il y a des indices clairs de risque pour le fœtus humain.
Chez les femmes enceintes dépendantes aux opioïdes, l'instauration ou la poursuite d'un traitement de substitution est recommandée. Une substitution adaptée pour éviter des symptômes de sevrage limite l'ampleur des dommages pour le fœtus.
Du fait des modifications physiologiques pendant la grossesse, il peut être nécessaire d'augmenter la dose ou de fractionner la dose journalière.
Allaitement
La méthadone est excrétée en faibles quantités dans le lait maternel.
Pendant le traitement par la méthadone, il convient d'éviter d'allaiter. Si la mère a été traitée avec de la méthadone jusqu'à la fin de sa grossesse, l'allaitement peut être envisagé pour atténuer un syndrome de sevrage néonatal. Pour décider si l'allaitement peut être recommandé sous méthadone, il convient de demander conseil à un spécialiste clinique. Par ailleurs, il faut savoir si la femme prend une dose d'entretien de méthadone stable et si elle continue de consommer une substance illégale. Si l'allaitement est envisagé, la dose de méthadone définie doit être aussi faible que possible. Les médecins prescripteurs doivent demander à la femme allaitante de surveiller toute sédation et tout problème respiratoire chez son enfant et, le cas échéant, de consulter un médecin sans attendre. Bien que la quantité de méthadone qui passe dans le lait maternel ne suffise pas pour réprimer complètement les manifestations de sevrage chez les nourrissons allaités, elle peut atténuer la sévérité d'un syndrome de sevrage néonatal. S'il est nécessaire d'arrêter l'allaitement, il convient de le faire progressivement, car un sevrage soudain pourrait aggraver les symptômes de sevrage du nourrisson.
Effet sur l’aptitude à la conduite et l’utilisation de machinesMethaddict possède une influence marquée sur la capacité de conduire et le maniement de machines. Les patients qui utilisent des machines et/ou qui conduisent un véhicule doivent être avisés du fait que la méthadone peut compromettre la vitesse de réaction.
Effets indésirablesLes effets indésirables de la méthadone sont le plus souvent dose-dépendants et qualitativement analogues à ceux de la morphine.
Fréquences: souvent (>1/100, <1/10), occasionnellement (>1/1000, <1/100), rarement (>1/10'000, <1/1000), très rarement (>1/10'000).
Affections hématologiques et du système lymphatique
Rarement: Lors de l'utilisation prolongée: lymphocytose, hyperalbuminémie, hyperglobulinémie.
Affections endocriniennes
Occasionnellement: Lors de l'utilisation prolongée: transpiration excessive.
Troubles du métabolisme et de la nutrition
Fréquence inconnue: hypoglycémie.
Affections psychiatriques
Fréquence inconnue: dépendance.
Affections du système nerveux
Souvent: nausées.
Occasionnellement: agitation, sédation, somnolence; dysphorie, euphorie, nervosité, vertiges.
Affections cardiaques
Occasionnellement: légère baisse de la tension artérielle; orthostase.
Rarement: prolongation de l'intervalle QT à l'ECG/arythmies ventriculaires, torsade de pointes (v. «Mises en garde et précautions»).
Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales
Occasionnellement: Dépression respiratoire dose-dépendante.
Fréquence inconnue: syndrome d'apnée centrale du sommeil
Affections gastro-intestinales
Souvent: vomissement; constipation spastique.
Fréquence inconnue: pancréatite.
Affections hépatobiliaires
Occasionnellement: Augmentation du tonus des voies biliaires et pancréatiques.
Fréquence inconnue: Spasme du sphincter d'Oddi
Affections du rein et des voies urinaires
Occasionnellement: Rétention urinaire.
Affections des organes de reproduction et du sein
Souvent: en cas d'utilisation prolongée troubles de la libido et/ou de la puissance sexuelle.
Très rarement: hyperprolactinémie.
En cas de prise chronique, il peut se développer une dépendance de type morphinique.
L'annonce d'effets secondaires présumés après l'autorisation est d'une grande importance. Elle permet un suivi continu du rapport bénéfice-risque du médicament. Les professionnels de santé sont tenus de déclarer toute suspicion d'effet secondaire nouveau ou grave via le portail d'annonce en ligne ElViS (Electronic Vigilance System). Vous trouverez des informations à ce sujet sur www.swissmedic.ch.
SurdosageComme pour tous les opioïdes, il existe un risque élevé d'intoxication et de surdosage chez les personnes non habituées aux opioïdes.
Signes et symptômes
Les symptômes aigus sont notamment: myosis, dépression respiratoire, somnolence pouvant évoluer vers un état de stupeur ou un coma. D'autres symptômes possibles sont les nausées, les vomissements, l'hypotension, la bradycardie, le prolongement de l'intervalle QT, les arythmies, la diminution du tonus musculaire et l'atonie intestinale. Des cas d'hypoglycémie ont été rapportés. Les cas de surdosage sévère peuvent entraîner un arrêt respiratoire, un œdème pulmonaire non cardiogénique, une insuffisance circulatoire, voire le décès.
Dans le cadre d'un traitement de substitution, des intoxications mixtes, notamment par benzodiazépines, alcool et cocaïne, peuvent survenir et masquer les symptômes typiques d'une intoxication due à la méthadone. Pour cette raison, il convient de surveiller les symptômes au moment du diagnostic.
Des cas de leucoencéphalopathie toxique ont été observés dans le contexte d'un surdosage de méthadone.
Traitement
1.maintien de la liberté des voies respiratoires et ventilation avec de l'oxygène.
2.administration d'un antagoniste de la morphine (p.ex. la naloxone); posologie selon le prospectus d'emballage correspondant.Cave: L'effet de la naloxone est de courte durée. La méthadone possède par contre une longue demi-vie. L'administration de la naloxone devrait ainsi éventuellement être répétée et le patient devrait être surveillé pendant une période prolongée (en particulier concernant la respiration).
3.traitement du choc, associé éventuellement à un traitement antibiotique (risque de pneumonie).
4.Surveillance par l'ECG.
Propriétés/EffetsCode ATC
N07BC02
La méthadone appartient au groupe des analgésiques puissants du type morphine. Aux doses équivalentes, son action est d'environ 3–4 fois plus puissante et aussi plus prolongée que celle de la morphine.
Les effets cliniques de la méthadone dans le traitement de la dépendance aux opiacés/opioïdes reposent sur deux mécanismes: d'une part, la méthadone, en tant qu'agoniste opioïde synthétique, produit des effets de type morphinique, qui suppriment les symptômes de sevrage chez les personnes dépendantes aux opiacés/opioïdes. D'autre part, l'utilisation chronique de méthadone par voie orale peut, en fonction de la dose et de la durée de la substitution, provoquer une tolérance qui conduit au blocage de l'effet ressenti subjectivement comme euphorisant («high») des opiacés utilisés par voie parentérale.
L'effet dans la substitution débute 1 à 2 heures après l'administration orale et dure 6 à 8 heures en cas d'administration unique. En cas d'administration répétée, la durée d'action augmente jusqu'à 22 à 48 heures en raison de l'atteinte de l'équilibre pharmacocinétique, de sorte qu'une administration quotidienne unique est suffisante.
Son action centrale se manifeste aussi par une sédation, une dépression respiratoire, une inhibition du centre de la toux, une miose, des vomissements, ainsi qu'une antidiurèse. A la périphérie, le tonus de la musculature lisse s'élève; l'évacuation de l'estomac, de la vésicule biliaire et de la vessie est par conséquent inhibée et le transit intestinal ralenti.
La méthadone est beaucoup moins lipophile en comparaison à l'héroïne; la prise orale empêche en outre une élévation rapide de la concentration dans le cerveau et diminue ainsi l'effet euphorisant.
L'efficacité analgésique, le développement d'une dépendance et la dépression respiratoire peuvent être rapportés principalement à la forme L. La D-méthadone présente une activité antitussive prononcée.
PharmacocinétiqueAbsorption
Après application orale, la méthadone est rapidement et presque complètement absorbée et peut être décelé dans le plasma après une demi-heure. Lors d'une administration orale, les pics plasmatiques maximaux sont retrouvés après 4 heures. La biodisponibilité est de l'ordre d'environ 80%. Lors d'une administration orale prolongée de méthadone, la durée d'action peut augmenter jusqu'à 22–48 heures.
Distribution
Le volume de distribution est de l'ordre de 4,0 l/kg; la liaison aux protéines plasmatiques est d'environ 90%. La méthadone est liée aux différentes protéines tissulaires, en particulier cérébrales. Ceci explique les effets cumulatifs ainsi que l'élimination lente de la méthadone. La méthadone traverse le placenta et passe dans le lait maternel.
Métabolisme
La méthadone est métabolisée dans le foie par N-déméthylation et cyclisation en pyrrolinène et pyrrolidinène. Impliqué dans le métabolisme sont également divers enzymes CYP, notamment les 2D6 et 3A4 sont inhibées par la méthadone.
Elimination
L'élimination se fait avant tout sous forme de ces métabolites dans les urines (filtration glomérulaire et réabsorption) et dans la bile. Après administration orale de 15 mg de méthadone, 25% du produit sont éliminés par voie rénale dans les 24 heures et encore 25% dans les 72 heures suivantes.
Une faible partie de la méthadone est excrétée sous forme inchangée. L'acidification des urines accélère la vitesse d'élimination.
Lors de l'utilisation chronique, la demi-vie de la méthadone est de 25 (13–47) heures. Au début de la thérapie, la demi-vie est plus courte.
Données précliniquesIl n'existe pas de données précliniques relevant à l'administration.
Remarques particulièresStabilité
Le médicament ne doit être utilisé au-delà de la date figurant après la mention «EXP» sur le récipient.
Remarques particulières concernant le stockage
Conserver dans l'emballage original, pas au-dessus de 30°C et hors de la portée des enfants.
Numéro d’autorisation69406 (Swissmedic)
PrésentationMethaddict compr 80 mg (divisible): 20, 50 et 70 [A+]
Titulaire de l’autorisationSandoz Pharmaceuticals SA, Risch; domicile: Rotkreuz
Mise à jour de l’informationMars 2024
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