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Lipiodol® Ultra-fluide
Guerbet AG

Composition

Principes actifs
Iodum ut Acidorum Iodatorum Olei Papaveris Estera Ethylica
Excipients
Sulfite de sodium (E 221) max. 0,385 mg/ml (correspondant à max. 0,308 mg de SO2). Teneur en sodium: 0,14 mg/ml (0,06 mmol par ampoule).

Indications/Possibilités d’emploi

Utilisation intralymphatique
Lymphographie
Utilisation intraartérielle après cathétérisme des branches tumorales de l’artère hépatique (avec un produit de contraste hydrosoluble)
Lipiodol Ultra-fluide est utilisé avec des agents chimiothérapeutiques (doxorubicine, épirubicine, mitomycine) comme solution injectable huileuse, radio-opaque, pour la chimio-embolisation intraartérielle (TACE) chez les patients adultes atteints de carcinome hépatocellulaire inopérable de stade intermédiaire (BCLC B).
L’indication Lipiodol-TACE doit toujours être évaluée par un comité interdisciplinaire sur les tumeurs.

Posologie/Mode d’emploi

Lymphographie
Administration intralymphatique stricte. La localisation des vaisseaux lymphatiques peut être facilitée par l'injection sous-cutanée d'un colorant comme le Bleu Patenté V.
Lipiodol Ultrafluide doit être administré à l'aide de seringues en verre ou d'autres dispositifs d'administration pour lesquels la compatibilité avec Lipiodol Ultrafluide a été démontrée. Les instructions d'utilisation de ces dispositifs doivent être respectées. Ce produit peux être administré de préférence avec un injecteur. L'injection doit être exécutée très lentement et à pression très faible, un débit de 0,1 ml/min ne doit pas être excédé et doit être adapté à la capacité de transport des vaisseaux lymphatiques. Des douleurs éventuelles sont généralement attribuées à une extravasation ou à une vitesse et/ou pression de l'injection trop élevées. Pour cette raison, il faut réduire le débit de perfusion si la douleur se déclenche. La dose totale recommandée est appliquée sur une durée de 75 min, idéalement sous contrôles radiologiques fréquents.
La dose dépend du territoire de l'examen et de l'état du patient. Il convient dans tous les cas de limiter au strict minimum la quantité de Lipiodol Ultra-fluide injectée.
Dosage indicatif en lymphographie
5 à 7 ml par voie intralymphatique pour l'opacification d'un membre inférieur (modulé en fonction de la taille du sujet), 2 à 4 ml pour un membre supérieur, soit 10 à 12 ml total pour une lymphographie pédieuse bilatérale ou 5 à 6 ml pour une lymphographie bilatérale des membres supérieurs.
Sur une radiographie thoracique, des micro-emboles graisseux peuvent déjà être détectés au niveau des poumons à partir d’un dosage total supérieur à 14 ml. La dose totale de produit de contraste administrée ne doit pas dépasser 20 ml.
En cas de défaillance de la fonction de stockage du groupe ganglionnaire iliaque et para-aortique (après radiothérapie ou lymphadénectomie), la dose doit être réduite de moitié.
Chimio-embolisation intraartérielle (TACE) du carcinome hépatocellulaire
L’administration est effectuée avec un cathéter placé sélectivement dans une branche tumorale de l’artère hépatique.
La dose du Lipiodol Ultra-fluide dépend du volume et de la taille de la lésion, mais habituellement il ne devrait pas dépasser une dose totale de 15 ml chez les adultes.
Des agents chimiothérapeutiques comme la doxorubicine, l’épirubicine et la mitomycine peuvent être mélangés avec Lipiodol Ultra-fluide pour effectuer une chimio-embolisation intraartérielle.
Instruction pour la préparation d’une émulsion de Lipiodol Ultra-fluide avec un agent chimiothérapeutique
1.Préparez deux seringues avec une capacité suffisante pour contenir le volume totale du mélange. La première seringue est remplie avec la solution de l’agent chimiothérapeutique; la deuxième avec Lipiodol Ultra-fluide.
2.Connectez les deux seringues à un robinet à trois voies.
3.Effectuer 15 à 20 allers-retours entre les deux seringues pour obtenir un mélange homogène. Il est recommandé de commencer par pousser la seringue contenant l'agent chimiothérapeutique.
4.Le mélange doit être préparé juste avant l’utilisation et doit être utilisé directement après sa préparation (dans un délai de 3 heures).
L’émulsion homogène est injectée sous contrôle radiologique dans une branche tumorale avec un microcathéter placé sélectivement dans l’artère hépatique.
La procédure peut être répétée toutes les 4 à 8 semaines en fonction de la réponse de la tumeur et l’état du patient.
Instructions spéciales pour la posologie: Pédiatrie
Lymphographie
En pédiatrie, il est recommandé de ne pas excéder une dose de 0,25 ml/kg et 6 ml au total. Chez le nourrisson âgé de 1 à 2 ans, une dose de 1 ml par extrémité est suffisante.
Précision: l'expérience avec Lipiodol Ultra-fluide en pédiatrie est très limitée.
De manière générale, la dose doit être limitée au strict minimum. Un contrôle radiologique ou visuel en cours d’injection permet d’éviter les surdosages.
Patients souffrant d’insuffisance pondérale
Dans cette population, la dose doit être réduite proportionnellement.
Chimio-embolisation intraartérielle (TACE) du carcinome hépatocellulaire
Ni l’efficacité ni la sécurité du Lipiodol Ultra-fluide en chimio-embolisation trans-artérielle des carcinomes hépatocellulaires ont été établies chez les enfants et les adolescents.
Instructions spéciales pour le dosage: sujets âgés (65 ans et plus):
Le produit doit être administré avec une prudence particulière chez les patients présentant des pathologies sous-jacentes du système cardiovasculaire et pour lesquels une lymphographie est prévue, de l’appareil respiratoire ou du système neurologiques. Sachant qu’une partie du produit embolise temporairement les capillaires pulmonaires, la présence d’une insuffisance cardio-respiratoire chez le patient âgé impose une adaptation de la dose, voire l’annulation de l’examen. Une réduction de la dose administrée réduira encore le risque d’embolie pulmonaire associé à la TACE.

Contre-indications

Générales
Hypersensibilité à Lipiodol Ultra-fluide (ester éthylique d’acides gras iodés de l’huile d’oeillette), ou aux produits de contraste iodés, insuffisance pulmonaire grave ou maladie pulmonaire avancée, tuberculose fébrile récente, patients après radiothérapie des poumons, insuffisance cardiaque grave, shunt droite/gauche cardiaque, injection par voie intraveineuse ou intra-artérielle systémique, application intrathécale, application intrabronchique (les bronchioles et alvéoles se rempliraient rapidement), hyperthyroïdie manifeste, augmentation multinodulaire de la thyroïde chez les patients de plus de 45 ans, allaitement, lésions traumatiques, hémorragies ou saignements dans la zone d’injection (risque plus élevé d’embolie)
Contre-indications additionnelles en cas d’une lymphographie
obstruction lymphatique attestée
Contre-indications additionnelles en cas d’une chimio-embolisation intraartérielle (TACE)
L’administration intra-artérielle d’un mélange d’un agent chimiothérapeutique et de Lipiodol Ultra-fluide pour le traitement du carcinome hépatocellulaire peut éventuellement avoir un effet ischémique et toxique sur les voies biliaires. Pour cette raison l’administration sélective dans le tissu hépatique où les canaux biliaires sont dilatés est contrindiquée, sauf si un drainage post-opératoire n’ait été effectué au préalable.

Mises en garde et précautions

Indications générales
Facteur de risque: hypersensibilité
Il existe un risque d’hypersensibilité, quelle que soit la dose administrée.
Les patients ayant déjà présenté une réaction lors d’une précédente administration de Lipiodol Ultra-fluide ou ayant des antécédents d’hypersensibilité à l’iode sont exposés à un risque accru d’hypersensibilité.
Comme pour tout produit de contraste iodé, des réactions anaphylactoïdes avec des complications cardiovasculaires éventuellement fatales (choc) ou des troubles respiratoires (oedème laryngé, bronchospasme) ainsi que des symptômes abdominaux, des urticaires, des angio-oedèmes ou des troubles neurologiques peuvent survenir.
Ces réactions d’hypersensibilité sont de nature allergique (réactions dites anaphylactiques si graves) ou non allergique. Elles peuvent être immédiates (dans un délai de moins de 60 min) ou retardées (jusqu’à 7 jours après injection). Elles sont indépendantes de la dose, souvent imprévisibles et peuvent être fatales.
Ainsi pour chaque examen, les conditions en personnel et les moyens nécessaires (oxygène, adrénaline, matériel de perfusion, possibilités d’intubation et de respiration artificielle etc.) devront être à disposition pour une réanimation d’urgence. Il est impératif de maintenir une voie d’abord veineuse et d’être familiarisé avec toutes les mesures d’urgence.
Il est recommandé de surveiller le patient pendant au moins 30 à 60 minutes après l’application d’un produit de contraste, car l’expérience a montré que la majorité des réactions d’hypersensibilité graves surviennent dans ce délai (voir aussi «Effets indésirables»).
Facteur de risque de trouble de la fonction thyroïdienne
Générale
A cause de leur teneur en iodure libre et d’une libération d’iodures suite à un clivage enzymatique, les produits de contraste iodés influencent la fonction thyroïdienne et peuvent provoquer une hyperthyroïdie chez les patients prédisposés. Pour éviter ce trouble du métabolisme, le recensement des facteurs de risque thyroïdiens est nécessaire. Les patients à risque sont ceux ayant une hyperthyroïdie latente ou un nodule thyroïdien autonome. A cause d’une présence plus longue du Lipiodol Ultra-fluide dans l’organisme, l’iodisme survient plus fréquemment avec Lipiodol Ultra-fluide qu’avec des dérivés organiques hydrosolubles de l’iode. Chez les patients potentiellement à risque, la fonction thyroïdienne sera vérifiée avant l'exploration et une hyperthyroïdie devra être exclue. Un blocage médicamenteux de la thyroïde à vue préventive sera pris en considération. En outre, l’administration de produits de contraste iodés peut déclencher une hypothyroïdie, surtout chez le nouveau-né et notamment chez le prématuré. C’est pour cela que les taux de TSH et de T4 devraient être contrôlés 7 à 10 jours ainsi que 1 mois après l’administration du produit de contraste. Voir également sous «Interactions», «Effets indésirables» et «Remarques particulières».
Facteur de risque asthme
L’injection de Lipiodol Ultra-fluide peut aggraver les symptômes d’un asthme existant. Chez les patients dont l’asthme n’est pas équilibré par un traitement, la décision d’utiliser Lipiodol Ultra-fluide doit bien faire peser le rapport bénéfice/risque au préalable.
Facteur de risque de la fonction rénale
Les produits de contraste iodés peuvent causer une altération transitoire de la fonction rénale ou aggraver une insuffisance rénale préexistante. Les mesures préventives suivantes sont recommandées:
·Identification des risques: déshydratation, insuffisance rénale, diabète sucré, insuffisance cardiaque grave, myélome multiple, maladie de Waldenström, patients âgés athéromateux.
·Éventuellement, hydrater les patients avant et après le traitement.
·Éviter la combinaison avec les médicaments néphrotoxiques. Les médicaments en cause sont surtout les aminosides, l’organoplatine, le méthotrexate à fortes doses, la pentamidine et certains antiviraux (foscarnet, aciclovir, ganciclovir, valaciclovir, adéfovir, cidofovir, ténofovir), la vancomycine, l’amphotéricine B, ou des immunosuppresseurs comme la ciclosporine ou le tacrolimus, l’ifosfamide.
·Respecter un délai d’au moins 48 heures entre chaque examen radiologique et/ou chaque intervention avec des produits iodés.
Complications emboliques et thrombotiques
Le transfert non contrôlé de Lipiodol Ultrafluide dans le système artério-veineux peut entraîner l’oblitération temporaire de petits vaisseaux (embolie huileuse) dans divers organes. Les signes d’une telle embolie sont peu fréquents et généralement immédiats, mais ils peuvent également apparaître retardés (quelques heures ou quelques jours plus tard). Ils sont généralement passagers. Les cas les plus rapportés comprennent des embolies pulmonaires, des embolies cérébrales (pouvant conduire à un infarctus cérébral) et des embolies cutanées (éventuellement associée à une nécrose cutanée). Par conséquent, le rapport bénéfice-risque chez les patients présentant un foramen ovale ou un shunt connu entre l'artère alimentant la tumeur et la veine pulmonaire doit être soigneusement pesé avant l'examen. Des cas de foramen ovale rouvert avec infarctus cérébral ultérieur dans le cadre d'une embolie pulmonaire Lipiodol Ultrafluide ont été rapportés. Les manifestations cliniques associées à l'infarctus cérébral lié au Lipiodol Ultrafuide comprennent une altération aiguë de la conscience et un essoufflement peu de temps après l'intervention. De plus, des symptômes neurologiques ont également été signalés 24 à 48 heures après la procédure. Les patients présentant une suspicion clinique d’infarctus cérébral doivent subir immédiatement une imagerie de la tête. Les patients doivent être informés des signes possibles d'une embolie et contacter leur médecin ou leur hôpital si des symptômes apparaissent.
Metformine
Chez les patients diabétiques traités avec la metformine et présentant une insuffisance rénale, le traitement avec la metformine doit être arrêté; en cas d’une fonction rénale normale le traitement avec la metformine doit être interrompu pendant au moins 48 heures après l’administration du produit de contraste.
Lymphographie
Les capillaires pulmonaires sont toujours embolisés après l’administration vasculaire de Lipiodol Ultra-fluide. Cette embolisation peut être objectivée radiologiquement par l‘apparition de miliaire; elle est de nature passagère et cliniquement anodine chez la plupart des patients. Toutefois, certains signes cliniques peuvent également être présents et apparaissent en général immédiatement, mais aussi après quelques heures voire quelques jours. Des cas rares de lésions pulmonaires sévères, parfois fatales, ont été rapportés.
C’est pourquoi une radiographie du thorax est indispensable avant la lymphographie, car l'existence d'une insuffisance cardio-respiratoire ou d’une maladie pulmonaire (voir aussi «Contre-indications») doit soit faire récuser l'examen, soit après un examen fonctionnel et différencié des poumons adapter les doses avec la plus grande précaution, en sachant qu'obligatoirement une partie du produit va emboliser temporairement les capillaires pulmonaires.
L’utilisation de Lipiodol Ultra-fluide est particulièrement dangereuse et peut avoir une issue fatale chez les patients ayant une maladie pulmonaire préexistante avec restriction de la capacité pulmonaire et/ou diminution du flux sanguin pulmonaire. Aussi bien la capacité de diffusion de l’oxygène que le flux sanguin pulmonaire peuvent diminuer significativement après l’administration de Lipiodol Ultra-fluide, et ce sans autres manifestations cliniques. Les patients ayant des antécédents de maladies pulmonaires montrent également un taux accru de complications pulmonaires, comme des infarctus. Même s’il est rare, l‘infarctus pulmonaire peut apparaître sans maladie pulmonaire préexistante.
Après chimiothérapie ou radiothérapie, les ganglions diminuent et ne retiennent que peu de produit de contraste, rendant une réduction posologique nécessaire.
De manière générale, la dose doit être limitée au strict minimum. Un contrôle radiologique ou visuel en cours d’injection permet d’éviter les surdosages. De plus, le danger d’une embolie graisseuse est présent. C’est pourquoi les structures vasculaires sont particulièrement à éviter. De même, le produit ne doit pas être injecté dans une zone hémorragique ou traumatisée.
De manière générale et particulièrement chez le patient âgé, l’indication de la lymphographie doit être posée avec grande rigueur.
En présence d’un oedème lymphatique primaire, les indications pour l’administration de Lipiodol Ultra-fluide doivent être évaluées selon des critères très stricts, car l’oedème peut être accentué malgré une technique d’examen menée avec soin.
Chimio-embolisation intraartérielle (TACE) du carcinome hépatocellulaire
La chimio-embolisation intraartérielle n’est pas recommandée chez les patients avec une cirrhose du foie décompensée (Child Pugh ≥ 8), une insuffisance hépatique avancée, ainsi qu’une invasion tumorale macroscopique et/ou une dissémination extra-hépatique de la tumeur.
L’utilisation hépatique intraartérielle peut causer une insuffisance hépatique irréversible chez les patients avec une insuffisance hépatique grave et/ou chez les patients traités par plusieurs sessions rapprochées. Une mortalité post- interventionnelle accrue a été observée en cas d’une invasion tumorale du foie au-dessus du 50%, un taux de bilirubine > 2 mg/dl, un taux de lactate déshydrogénase > 425 mg/dl, un taux d’aspartate aminotransférase > 100 IE/l et/ou une cirrhose décompensée.
Avant d’initier une procédure de TACE, les facteurs de risques cardiovasculaires et/ou pulmonaires doivent être évalués.
Les varices œsophagiennes doivent être surveillées attentivement car elles peuvent se rompre immédiatement après le traitement. Si un risque de rupture est identifié, une sclérothérapie/ligature endoscopique doit être effectuée avant la procédure de chimio-embolisation trans-artérielle.
Le risque de surinfection dans la zone traitée est peut-être prévenu par l'administration d'antibiotiques.
Lors de l’administration de Lipiodol Ultra-fluide par voie intra-artérielle, plusieurs cas de pneumonie interstitielle avec dyspnée, insuffisance respiratoire aiguë et/ou à issue fatale ont été rapportés. Les patients ayant un shunt cardiaque droite-gauche et ceux présentant une embolie pulmonaire massive sont particulièrement exposés à la survenue de micro-emboles graisseux au niveau cérébral.
Lipiodol Ultra-fluide contient du sulfite de sodium. Dans de rares cas, il peut provoquer des réactions d’hypersensibilité sévères et des bronchospasmes.
Teneur totale en sodium
Ce médicament contient moins de 1 mmol (23 mg) de sodium par dose, c’est-à-dire qu’il est essentiellement «sans sodium».

Interactions

Aucune étude d’interaction n’a été menée avec d’autres médicaments.
Bêta-bloquants, substances vasomotrices, inhibiteurs de l’enzyme de conversion, antagonistes des récepteurs de l’angiotensine
Ces médicaments entraînent une baisse de l’efficacité des mécanismes de compensation cardiovasculaire des troubles tensionnels, par ex. en cas de choc.
Lors de l’apparition de choc ou d’hypotension en cas d’emploi d‘un produit de contraste iodé, les réactions cardiovasculaires de compensation peuvent être réduites lorsque le patient est sous bêta-bloquants, substances vasomotrices, inhibiteurs de l’enzyme de conversion et antagonistes des récepteurs de l’angiotensine. C’est pourquoi le traitement par ces médicaments doit être arrêté avant la lymphographie. En cas de poursuite indispensable du traitement, récuser la lymphographie ou surveiller le patient en soins intensifs. Sous bêta-bloquant, le traitement d’un choc ou la suppression d’un bronchospasme sont rendus difficiles. Au lieu de l’adrénaline, d’autres médicaments peuvent être nécessaires.
Diurétiques
Les diurétiques étant susceptibles d’induire une déshydratation, le risque d’insuffisance rénale aiguë est accru, en particulier lorsque les produits de contraste iodés sont administrés à fortes doses. Le patient doit donc être réhydraté avant administration intra-artérielle de Lipiodol Ultra-fluide.
Radiopharmaceutiques
Les produits de contraste iodés perturbent pendant plusieurs semaines, voire pour Lipiodol Ultra-fluide plusieurs mois, la capture de l’iode radioactif par le tissu thyroïdien pouvant entraîner d’une part un défaut de fixation dans la scintigraphie thyroïdienne et d’autre part par une baisse d’efficacité du traitement par l’iode radioactif.
Metformine
Chez les patients diabétiques, l’administration du Lipiodol Ultra-fluide peut causer une acidose lactique déclenchée par une insuffisance rénale. Chez les patients devant subir une administration trans-artérielle de Lipiodol Ultra-fluide, le traitement par la metformine doit être suspendu avant la procédure et n’être repris qu’au plus tôt 2 jours après (voir aussi la rubrique «Mises en garde et précautions»).
Interleukine-2 (IL-2), interféron
Une hypersensibilité accrue aux produits de contraste, respectivement une toxicité IL-2 plus forte associée à des symptômes comme par ex. rougeur cutanée, érythème, fièvre ou symptômes grippaux, ainsi que des réactions allergiques tardives peuvent se manifester lors de l'administration simultanée d'interleukine 2. Des réactions semblables ont été rapportées avec d'autres modulateurs du système immunitaire tel que l'interféron. Si possible, éviter un examen radiologique avec un produit de contraste chez les patients traités par IL-2 et le reporter à une date ultérieure, au moins deux semaines après la fin du traitement.

Grossesse, Allaitement

Grossesse
L'innocuité de l'utilisation du Lipiodol Ultra-fluide chez les femmes enceintes n'a pas été jusqu'ici établie dans des études précliniques ou cliniques. L'utilisation de produits de contraste iodés peu de temps avant le terme peut conduire à une hypothyroïdie du nouveau-né. Une exposition aux rayons X doit être, en outre, évitée autant que possible durant la grossesse. Il ne faudra donc effectuer une lymphographie avec Lipiodol Ultra-fluide chez la femme enceinte qu'en cas d'indication de caractère vital ou lorsqu’aucune alternative existe.
L’utilisation de Lipiodol Ultra-fluide pendant la grossesse entraîne le passage de l’iodure libéré dans le fœtus. Cet iodure est susceptible d’entraîner une altération de la fonction thyroïdienne chez le fœtus.
Allaitement
Les données de la littérature montrent un passage important d'iode dans le lait chez les animaux (chèvre et lapin) et chez l’homme après administration intramusculaire de Lipiodol Ultra-fluide. Parce que le risque d’une hypothyroïdie est accru, l'utilisation de Lipiodol Ultra-fluide est contre-indiquée durant l’allaitement.

Effet sur l’aptitude à la conduite et l’utilisation de machines

Aucune étude correspondante n’a été effectuée.

Effets indésirables

Pour éviter les effets indésirables, la dose doit être maintenue aussi faible que possible
Lymphographie: suite à l’embolie graisseuse qui se manifeste toujours, une hyperthermie de 38 à 39°C de courte durée est généralement observée qui reste généralement cliniquement anodine.
Une miliaire transitoire, visible radiologiquement, est relativement fréquente, en particulier si la dose a été globalement importante ou inadaptée. Des anomalies anatomiques comme fistules lymphoveineuses ou noeuds lymphatiques ayant une capacité de stockage réduite soit avec l’âge soit après une radiothérapie ou un traitement cytostatique, peuvent favoriser les miliaires.
L’utilisation de Lipiodol Ultra-fluide provoque dans les ganglions lymphatiques une réaction à corps étranger avec la formation de macrophages et de cellules géantes à corps étranger et la survenue d’un catarrhe sinusal, d’une plasmocytose ainsi que la transformation ultérieure du tissu conjonctif des ganglions lymphatiques. Des ganglions lymphatiques sains tolèrent la diminution de capacité de transport qui en résulte. Dans le cas de lésions ou d’hypoplasie des ganglions lymphatiques, ces transformations peuvent exacerber une lymphostase existante.
Des réactions d’hypersensibilité sont possibles. Ces réactions peuvent être accompagnées d’un ou de plusieurs symptômes, d’apparition concomitante ou successive, incluant le plus souvent des manifestations cutanées, respiratoires et/ou cardiovasculaires, qui peuvent chacun être annonciateurs d’un état de choc débutant et, dans de très rares cas, aller jusqu’au décès.
En cas d’une chimio-embolisation, la plupart des effets indésirables ne sont pas causés par Lipiodol Ultra-fluide même, mais par les agents chimiothérapeutiques ou l’embolisation.
Les effets indésirables les plus fréquents causés par le Lipiodol Ultra-fluide en cas d’un traitement par TACE sont le syndrome de post-embolisation (fièvre, douleurs abdominales, nausées, vomissements) et des modifications transitoires des tests de la fonction hépatique.
D'autres effets indésirables graves liés à la dissémination non contrôlée de Lipiodol Ultrafluide dans divers organes peuvent également survenir, notamment des embolies pulmonaires, cérébrales (pouvant conduire à un infarctus cérébral) ou cutanées (éventuellement associées à une nécrose cutanée). Une embolie pulmonaire massive a été associée de complications graves, notamment une dyspnée, un œdème pulmonaire, un épanchement pleural, un syndrome de détresse respiratoire aiguë et une pneumopathie.
D’autres complications possibles sont:
·Aggravation de l’hypertension portale
·Hémorragies gastrointestinales
·Troubles hépatiques fonctionnels
·Abcès hépatique
·Insuffisance hépatique (également irréversible) chez les patients avec des troubles hépatiques graves
·Bilome
·Cholécystite
·Encéphalopathie hépatique
·Embolie pulmonaire, œdème pulmonaire, épanchement pleural, syndrome de détresse respiratoire aiguë, pneumonie
·Pancréatite, ascite
·Thrombose veineuse hépatique, infarctus hépatique
·Nécrose cutanée
En plus des indications dans la rubrique «Mises en garde et précautions», nous vous signalons les effets indésirables classés ci-dessous selon MedDRA et avec les fréquences suivantes: très fréquent (≥ 1/10); fréquent (≥ 1/100 à < 1/10); occasionnel (≥ 1/1 000 à < 1/100); rare (≥ 1/10 000 à < 1/1 000); très rare (< 1/10 000), inconnu (ne peut être estimé à partir des données disponibles). Ces données sont principalement basées sur notre expérience post-marketing.
La fréquence des effets indésirables est indiquée comme suit:
Affections hématologiques et du système lymphatique
Rare: aggravation d’une lymphostase (lymphœdème)
Inconnu: thromboembolie avec occlusion vasculaire (artères cérébrales et rétiniennes), infarctus
Affections endocriniennes
Inconnu: goitre
Affections oculaires
Inconnu: thrombose veineuse rétinienne*, embolisations de l'artère rétinienne
*après TAE ou TACE
Affections hépatobiliaires
Inconnu: cholécystite*, insuffisance hépatique*, infarctus hépatique*, thrombose veineuse hépatique*, bilome*
*après TAE ou TACE
Affections du système immunitaire
Rare: hypersensibilité, réaction anaphylactique ou anaphylactoïde
Infections et infestations
Inconnu: abcès hépatique*
*après TAE ou TACE
Affections du système nerveux
Rare: céphalée, diminution du niveau de conscience, embolie artérielle cérébrale
Très rare: hémiplégie
Inconnu: encéphalopathie hépatique*, infarctus cérébral
*après TAE ou TACE
Affections du système respiratoire
Fréquent: embolie pulmonaire*
Occasionnel: dyspnée, pneumopathie interstitielle diffuse
Rare: pneumonie*, asthme, toux, ronchi, œdème pulmonaire
Inconnu: syndrome de détresse respiratoire aiguë*, épanchement pleural*
*après TAE ou TACE
Affections du système gastro-intestinal
Rare: diarrhée, vomissement, nausée
Inconnu: ascite*, pancréatite*
*après TAE ou TACE
Affections de la peau et du tissu sous-cutané
Rare: rash, érythème, urticaire
Inconnu: nécrose cutanée*
*après TAE ou TACE
Troubles généraux et anomalies au site d'administration
Occasionnel: fièvre
Rare: douleur au site d’injection, œdème localisé, œdème de la face, œdème au site d’injection
Très rare: parotidite
Inconnu: granulome, douleur
Lésions, intoxications et complications d’interventions
Inconnu: syndrome post embolisation*
*après TAE ou TACE
Affections cardiaques
Inconnu: syndrome de Kounis
Affections vasculaires
Rare: embolie avec occlusion vasculaire (dans des cas individuels conduisant à des infarctus d’organes), choc (collapsus circulatoire)
Investigations
Rare: pression artérielle diminuée
Inconnu: enzyme hépatique anormale
Effets indésirables chez l’enfant
La nature attendue des effets indésirables est identique à celle des effets rapportés chez l’adulte. Leur fréquence ne peut être estimée sur la base des données disponibles.
La déclaration des effets secondaires suspectés après l’autorisation est d’une grande importance. Elle permet un suivi continu du rapport bénéfice-risque du médicament. Les professionnels de santé sont tenus de déclarer toute suspicion d’effet secondaire nouveau ou grave via le portail d’annonce en ligne ElViS (Electronic Vigilance System). Vous trouverez des informations à ce sujet sur www.swissmedic.ch.

Surdosage

En cas d’une lymphographie, la dose totale de Lipiodol Ultra-fluide ne peut pas dépasser 20 ml. En cas d’une chimio-embolisation intraartérielle, on ne doit pas dépasser une dose de 15 ml.
Un surdosage peut être à l’origine de complications cardio-pulmonaires, de problèmes veineux centraux ou d'embolies cérébrales qui augmentent de façon critique avec la dose ou si le médicament est injecté par erreur par voie intraveineuse et qui peuvent entraîner le décès. Il est recommandé d'arrêter l'injection dès qu'on visualise Lipiodol Ultra-fluide dans le conduit thoracique ou si on note une obstruction lymphatique. Le traitement doit viser au maintien de toutes les fonctions vitales et à la mise en place rapide d'un traitement symptomatique.

Propriétés/Effets

Code ATC
V08AD01
Mécanisme d’action
Viscosité à 37°C: 25 mPa.s.
Densité à 20°C: 1,28 g/ml
Lipiodol Ultra-fluide est un produit de contraste huileux, lipophile, iodé, qui étant insoluble dans l’eau forme des structures micellaires lorsqu'il est mélangé avec des solutions aqueuses. Cette propriété rend possible l’utilisation du Lipiodol Ultra-fluide comme véhicule pour les agents chimiothérapeutiques dans la chimio-embolisation intraartérielle conventionnelle (TACE) permet et favorise l’embolisation des vaisseaux et au même temps permet la visualisation de la procédure sous fluoroscopie.
En chimio-embolisation conventionnelle par injection intra-artérielle hépatique sélective, Lipiodol Ultra-fluide permet, en tant qu’agent de contraste huileux, de visualiser et contrôler la procédure grâce à ses propriétés opacifiantes, en tant que véhicule, de transporter et éluer les médicaments anticancéreux dans les nodules de carcinome hépatocellulaire et, en tant qu’agent embolique transitoire, de contribuer à l'embolisation vasculaire induite au cours de la procédure. S’agissant d’une procédure sélective par injection intra-artérielle hépatique, la chimio-embolisation conventionnelle combine l'effet d'un anticancéreux ciblé au niveau loco-régional avec une nécrose ischémique induite par double embolisation artério-portale.
Pharmacodynamique
Après l’injection intralymphatique, Lipiodol Ultra-fluide est réparti sur l’ensemble du système lymphatique connecté au site d’injection. Le contraste maximal des vaisseaux lymphatiques est obtenu pendant et peu après l’injection. Les ganglions lymphatiques sont affichés et différenciés de manière optimale 24 à 48 heures post injection, jusqu’à plusieurs mois.
Efficacité clinique
Non applicable comme diagnostic.

Pharmacocinétique

Absorption
Inconnu.
Distribution
Lymphographie
Après injection intra-lymphatique, Lipiodol Ultra-fluide se répartit dans le système lymphatique. Le contraste maximal des vaisseaux lymphatiques est obtenu pendant et peu après l’injection. Les ganglions lymphatiques sont affichés et différenciés de manière optimale 24 à 48 heures post injection, jusqu’à plusieurs mois. La majeure partie du produit de contraste est retenue dans le réticulum des noeuds lymphatiques et conduit à une réaction à des corps étrangers. Après quelques jours déjà, les gouttes d’huiles sont phagocytées par des cellules géantes polycaryotiques survenues en masse. La dégradation dépend, entre autres, de l’activité des macrophages, de la maladie et de l’âge du patient.
Il entre dans l'espace intravasculaire par des anastomoses lymphoveineuses ou par le conduit thoracique. Il est transporté par voie sanguine au foie, aux poumons, où les gouttelettes lipidiques sont dégradées au niveau des alvéoles pulmonaires, ainsi qu’à la rate et aux tissus adipeux. Les gouttes du produit de contraste restent en partie accrochées dans les capillaires pulmonaires et y provoquent les micro-emboles décrits plus haut. Après une lymphographie on peut retrouver jusqu’à 50-70% de la dose injectée dans les poumons. Après chimiothérapie ou radiothérapie, les ganglions diminuent et ne retiennent que peu de produit de contraste
Chimio-embolisation intraartérielle
Lors d’une chimio-embolisation intraartérielle conventionnelle (TACE), après son injection intraartérielle hépatique sélective, Lipiodol Ultra-fluide, lorsqu’une cathétérisation correctement effectuée, atteint principalement le réseau capillaire de la tumeur, où il peut rester plusieurs mois. Les gouttelettes d’huile dérivantes sont absorbées par le système réticulo-endothélial dans les poumons, le foie, la rate et périphérique.
Lipiodol Ultra-fluide appliqué par injection intra-artérielle hépatique sélective peut être utilisé comme produit de contraste huileux grâce à ses propriétés opacifiantes et son tropisme pour les tumeurs hépatiques afin de visualiser le carcinome hépatocellulaire, l’imagerie post-opératoire étant possible pour un suivi efficace des patients pendant plusieurs mois.
Métabolisme
Lipiodol Ultra-fluide est éliminé des poumons par divers processus avec une demi-vie de 8 jours. Ceux-ci comprennent: la phagocytose par les macrophages alvéolaires, la métabolisation en iodure de sodium et en acides gras libres, et la fragmentation en gouttelettes plus petites avec passage capillaire ultérieur. Ceux-ci sont ensuite phagocytés et décomposés par les cellules du SRE (Système Réticulo-Endothélial). L’iodure de sodium est libéré par les estérases.
Élimination
L’iodure libéré est non seulement éliminé par filtration glomérulaire, mais également par le foie et le pancréas. En l’espace de 6 jours, on retrouve 10% de la dose injectée dans l’urine sous forme d’iodures. Aucune information n’est disponible sur le devenir de l’ester éthylique de l’acide stéarique formé après la scission de l’iode.
Lipiodol Ultra-fluide peut persister plusieurs semaines ou mois après lymphographie.
Élimination après injection intra-artérielle sélective
30 % à 50 % (médiane de 42 %) du Lipiodol Ultra-fluide administré par voie intra-artérielle sont excrétés dans l’urine dans les 8 jours et environ 2 à 3 % dans les 4 jours via la bile ou dans les 5 jours via les selles.
Lipiodol Ultra-fluide est lentement métabolisé (entre autres déiodé). L’iodure libéré et sa concentration accrue dans le plasma pourraient être à l’origine d’un possible déraillement de la fonction thyroïdienne. Notez la rubrique «Mises en garde et précautions».
Cinétique pour certains groupes de patients
Aucune donnée spécifique n’est disponible.

Données précliniques

Il n’existe pas d’études précliniques contrôlées.

Remarques particulières

Incompatibilités
Aucune étude correspondante n’a été effectuée. Lipiodol Ultra-fluide peut être mélangé avec les agents chimiothérapeutiques suivants: doxorubicine, épirubicine et mitomycine. La compatibilité du mélange a été vérifiée pour une durée de trois heures. Lipiodol Ultra-fluide ne doit pas être mélangé à d’autres produits. Lipiodol Ultrafluide doit être administré à l'aide de seringues en verre ou d'autres dispositifs d'administration pour lesquels la compatibilité avec Lipiodol Ultrafluide a été démontrée. Les instructions d'utilisation de ces dispositifs doivent être respectées.
Influence sur les méthodes de diagnostic
La lymphographie sature la thyroïde en iode pendant plusieurs mois, si bien que le diagnostic de la thyroïde peut être altéré jusqu’à 2 ans après l’examen.
Stabilité
Lipiodol Ultra-fluide ne peut être utilisé que jusqu’à la date de péremption «EXP».
Stabilité après ouverture
Parce que la solution injectable est sans agent de conservation, le produit de contraste une fois ouvert doit être utilisé rapidement et les restes éventuels doivent être éliminés.
Remarques particulières concernant le stockage
Protéger de la lumière/des rayons X et conserver à température ambiante entre 15-25 °C. Conserver hors de portée des enfants.

Numéro d’autorisation

30274 (Swissmedic)

Présentation

Boîte avec 1 ampoule de 10 ml (verre de type I, exempt de latex) (B)

Titulaire de l’autorisation

Guerbet SA, Zürich

Mise à jour de l’information

Août 2023