CompositionPrincipe actif: Chloroquinum ut Chloroquini sulfas.
Excipients: sucre pulvérisé amylacé, stéarate de magnésium, amidon de blé, silice colloïdale hydratée, gélatine.
Forme galénique et quantité de principe actif par unité1 comprimé contient 100 mg de Chloroquinum.
Indications/Possibilités d’emploiProphylaxie et traitement du paludisme sensible à la chloroquine.
Traitement de base de la polyarthrite chronique et du lupus érythémateux.
Il est nécessaire, lors de la prescription d'antipaludiques, de prendre en compte les recommandations des autorités sanitaires nationales et internationales concernant l'évolution des chimiorésistances.
Posologie/Mode d’emploiIl est recommandé d'absorber le médicament après un repas pour assurer une meilleure tolérance gastrique.
Prophylaxie du paludisme
La chloroquine peut être administrée une fois par semaine ou chaque jour. Quel que soit le rythme de l'administration, il est important de commencer le traitement 8 jours avant l'arrivée en zone d'endémie (c'est-à-dire que la seconde prise de 3 comprimés correspondant à l'administration hebdomadaire ou le huitième comprimé correspondant à l'administration quotidienne doivent être absorbés le jour du départ). Le traitement doit être poursuivi 4 semaines après le départ de la zone d'endémie.
Administration hebdomadaire
Début: 8 jours avant l'arrivée en zone d'endémie puis 1×/semaine.
Adultes: 3 comprimés de Nivaquine 1×/semaine.
Enfants: 35-45 kg: 2 comprimés de Nivaquine 1×/semaine.
25-35 kg: 1 comprimé de Nivaquine 1×/semaine.
5-25 kg: 5 mg/kg de poids corporel 1×/semaine.
Arrêt du traitement: 4 semaines après le départ de la zone d'endémie.
Les comprimés doivent être pris chaque semaine, le même jour de la semaine.
Administration quotidienne
Début: 8 jours avant le départ pour la zone d'endémie.
Adultes: 1 comprimé/jour.
Enfants: 35-45 kg: ¾ comprimé/jour.
25-35 kg: ½ comprimé/jour.
5-25 kg: ¼ comprimé/jour.
Arrêt du traitement: 4 semaines après le départ de la zone d'endémie.
Prendre les comprimés après un repas.
La sensibilité des souches de Plasmodium vis-à-vis de la chloroquine et la zone d'endémie elle-même jouent un rôle déterminant pour le choix du schéma posologique. Les instituts de médecine tropicale et les centres de vaccination sont à même de fournir des informations à cet égard.
Traitement du paludisme
Adultes: Premier jour: 6 comprimés en une prise, puis 3 comprimés 6 heures plus tard; second et troisième jour: 3 comprimés/jour; éventuellement, quatrième et cinquième jours: 3 comprimés/jour.
Enfants: Premier jour: 10 mg/kg PC en une prise, puis 5 mg/kg PC 6 heures plus tard; second et troisième jour: 5 mg/kg PC par jour; éventuellement, quatrième et cinquième jours: 5 mg/kg PC et par jour.
En cas de persistance ou d'aggravation des symptômes, il faut suspecter une résistance du Plasmodium à la chloroquine et envisager rapidement un autre traitement antipaludique.
Lupus érythémateux, polyarthrite chronique
Selon la tolérance individuelle au médicament, en moyenne 3 comprimés de Nivaquine/jour durant 1 ou 2 semaines, puis instaurer un traitement d'entretien à raison de 150 mg de Nivaquine/jour.
Remarque: Selon les recommandations de l'OMS, la dose totale de 100 g de chloroquine base ne doit pas être dépassée. Cette dose totale correspond à l'administration quotidienne de 150 mg de chloroquine base durant 2 ans. Des pigmentations oculaires sont possibles si ces quantités sont dépassées (voir paragraphe «Effets indésirables»).
Contre-indicationsHypersensibilité aux 4-aminoquinoléines; carence en glucose-6-phosphate-déshydrogénase (G6PD) (symptômes: anémie hémolytique, favisme); affections des organes hématopoïétiques, ou du système nerveux central; rétinopathie préexistante; myasthénie grave.
Troubles de la rétine ou du champ visuel; en cas de crise aiguë de paludisme, il incombe au médecin d'administrer Nivaquine après avoir soigneusement évalué les bénéfices et les risques du traitement.
Mises en garde et précautionsToxicité cardiaque chronique
Une toxicité chronique devrait être considérée si des troubles de la conduction (bloc de branche, bloc auriculo-ventriculaire) ainsi qu'une hypertrophie biventriculaire sont diagnostiqués.
Des cas de cardiomyopathie occasionnant une insuffisance cardiaque, parfois avec issue fatale, ont été rapportés chez des patients traités avec chloroquine. Il est recommandé d'effectuer une surveillance clinique des signes et symptômes de cardiomyopathie. Nivaquine doit être interrompu si une cardiomyopathie se développe.
La résistance à la chloroquine de Plasmodium falciparum est bien documentée; aussi faut-il tenir compte des données épidémiologiques avant un traitement à la chloroquine.
La chloroquine sera utilisée avec prudence chez les patients
·qui ont une anamnèse d'épilepsie (car on a rapporté l'apparition de crises d'épilepsie sous chloroquine);
·qui ont une insuffisance hépatique ou rénale;
·qui présentent une porphyrie (apparition possible d'épisodes aigus);
·qui souffrent de psoriasis (possibilité d'exacerbation des lésions);
·qui présentent une maladie cardiaque, des antécédents de dysrythmies ventriculaires, une hypokaliémie non corrigée et/ou une hypomagnésémie, ou une bradycardie, et qui reçoivent une administration concomitante avec un médicament qui prolonge l'intervalle QT.
Rétinopathie
Une rétinopathie/maculopathie ainsi qu'une dégénération maculaire ont été reportées et une altération irréversible de la rétine pouvant se produire chez les patients soumis à un traitement au long cours. Par conséquent, il faut effectuer un contrôle ophtalmologique au début du traitement et à intervalles réguliers pendant celui-ci.
La recherche d'une anomalie ophtalmologique peut être effectuée par un questionnaire ciblé sur les troubles visuels et une évaluation de l'acuité visuelle par lecture de textes et de caractères de différentes tailles avec chaque œil séparément.
En cours de traitement, les modalités et la fréquence de surveillance ophtalmologique sont à définir en fonction de:
·La dose quotidienne prescrite: les doses de chloroquine inférieures à 4 mg/kg/j sont considérées comme les doses à faible risque.
·La durée du traitement: aux doses inférieures à 4 mg/kg/j, le risque de perte permanente de l'acuité visuelle est considéré comme faible pendant les 10 premières années du traitement.
·La présence de facteurs de risque supplémentaires comme l'âge du patient supérieur à 65 ans, l'insuffisance rénale chronique, l'existence éventuelle d'une atteinte oculaire préalable.
Chez les patients avec une acuité visuelle normale, traités par les doses de chloroquine considérées comme les doses à faible risque et sans autre facteur de risque préalable, un suivi clinique simple peut être effectué une fois par an (questionnaire, évaluation de l'acuité visuelle).
Chez les patients ayant une anomalie ophtalmologique préexistante ou un autre facteur de risque, un suivi ophtalmologique adapté plus rapproché peut être effectué.
Les facteurs de risques du développement d'une rétinopathie incluent l'âge, la durée du traitement, des doses élevées quotidiennes et/ou des doses cumulées, l'insuffisance rénale. L'utilisation concomitante de la chloroquine avec des médicaments connus pour induire une toxicité rétinienne, tel que le tamoxifène, n'est pas recommandée.
Aux moindres troubles visuels indiquant une rétinopathie / maculopathie durant le traitement, la chloroquine devra être immédiatement arrêtée et le patient devra être mis en observation pour une possible progression.
Les modifications de la rétine (et les troubles visuels) peuvent se développer même après la fin du traitement.
Troubles extrapyramidaux
Des troubles extrapyramidaux aigüs ont été rapportés sous chloroquine, disparaissant généralement à l'arrêt du traitement et/ou avec un traitement symptomatique (benzodiazépines et/ou atropiniques). La poursuite du traitement ne doit se faire qu'après évaluation de la balance bénéfice/risque pour le patient et le patient devra être mis sous surveillance.
Hypoglycémie
Il a été démontré que chloroquine provoque des hypoglycémies sévères y compris des pertes de conscience pouvant mettre la vie des patients en danger recevant ou non des traitements antidiabétiques. Les patients traités avec chloroquine doivent être avertis du risque d'hypoglycémies ainsi que des signes et symptômes cliniques associés. Les patients se présentant avec des symptômes cliniques suggérant une hypoglycémie durant leur traitement avec Nivaquine doivent faire contrôler leur glycémie et leur traitement si nécessaire.
Un traitement prolongé n'est pas recommandé chez l'enfant.
InteractionsDes interactions médicamenteuses peuvent apparaître avec d'autres médicaments.
Association contre-indiquée:
·Citalopram ou escitalopram: risque majoré de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointe.
·Dompéridone: risque majoré de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointe.
Association déconseillée:
La chloroquine prolonge l'espace QT, il est déconseillé de l'associer avec des médicaments susceptibles de donner des torsades de pointes, par exemple: les anti-arythmiques de classe IA et III (amiodarone), les antipsychotiques, l'halofantrine, la luméfantrine, la pentamidine, certains antibiotiques (moxifloxacine).
Le risque de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointe est majoré.
Si cela est possible, interrompre l'un des deux traitements.
Si l'association ne peut être évitée, contrôle préalable du QT et surveillance ECG monitorée.
L'utilisation concomitante de la chloroquine avec des médicaments connus pour induire une toxicité rétinienne, tel que le tamoxifène, n'est pas recommandée
Associations faisant l'objet de précautions d'emploi:
·Topiques gastro-intestinaux antiacides et charbon: sels (carbonates, citrates, gluconates, magaldrates, phosphates, sulfates, silicates), oxydes et hydroxydes d'aluminium, de calcium et de magnésium. Ils diminuent l'absorption digestive de la chloroquine. Prendre les topiques gastro-intestinaux à distance de la chloroquine (plus de 2 heures si possible);
·Ciclosporine: risque d'augmentation des concentrations sanguines de ciclosporine et de la créatininémie. Réaliser un dosage des concentrations sanguines de la ciclosporine, un contrôle de la fonction rénale et une adaptation de la posologie, pendant l'association et après l'arrêt de la chloroquine;
·Hormones thyroïdiennes: risque d'hypothyroïdie clinique chez les patients substitués par hormones thyroïdiennes. Surveillance des concentrations sériques de T3 et de T4 et adaptation, si besoin, de la posologie de l'hormone thyroïdienne pendant le traitement par l'antipaludique et après son arrêt.
Associations à prendre en compte:
·Cimétidine: ralentissement de l'élimination de la chloroquine et risque de surdosage;
·Médicaments abaissant le seul épileptogène: l'utilisation conjointe de médicaments proconvulsivants, ou abaissant le seuil épileptogène, devra être soigneusement pesée, en raison de la sévérité du risque encouru. Ces médicaments sont représentés notamment par la plupart des antidépresseurs (imipraminiques, inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine), les neuroleptiques (phénothiazines et butyrophénones), la méfloquine, le bupropion, le tramadol;
·L'alcool et les substances hépatotoxiques: potentialisation de l'effet hépatotoxique;
·Les inhibiteurs de la MAO: potentialisation de la toxicité de la 4-amino-quinoléine;
·Les corticostéroïdes: des myopathies ou des cardiomyopathies peuvent être aggravées;
·La vaccination simultanée nécessaire contre la typhoïde (entreprendre la prophylaxie contre le paludisme au moins 3 jours après l'administration de la dernière capsule de vaccin);
·Les sels d'or, l'indométacine et le probénécide renforcent le risque d'une sensibilisation à la chloroquine et le risque de rétinopathie.
·Digoxine: l'administration simultanée prolongée avec chloroquine peut entraîner une augmentation des taux plasmatiques de digoxine, qui comporte le risque d'une intoxication par le glucoside.
·Méthotrexate et autres antagonistes de l'acide folique: leur effet est renforcé par la chloroquine.
·Insuline et médicaments antidiabétiques: la chloroquine peut accentuer les effets d'un traitement hypoglycémiant, il peut être nécessaire de diminuer les doses d'insuline ou de médicaments antidiabétiques.
·La réponse en anticorps à une vaccination antirabique (vaccin préparé par culture sur cellules diploïdes humaines) peut également être affectée par la chloroquine.
·Agalsidase: il existe un risque théorique d'inhibition de l'activité intracellulaire de l'α-galactosidase en cas d'administration simultanée d'agalsidase et chloroquine.
Grossesse/AllaitementLa chloroquine franchit la barrière placentaire et passe également en faibles quantités dans le lait maternel. Des malformations foetales ont été décrites chez l'animal et chez l'homme (perte de la vision, ototoxicité, dysfunction vestibulaire), qui semblent toutefois dépendre de la dose. En règle générale, ces effets ne sont pas à redouter avec la posologie recommandée pour la prophylaxie et le traitement du paludisme et la prise de Nivaquine pendant la grossesse, aux doses recommandées, semble être sans danger. Etant donné que la survenue du paludisme au cours de la grossesse constitue un risque majeur pour le fœtus, l'administration de chloroquine à titre prophylactique ou curatif apparaît indiquée chez de nombreuses patientes.
La sécurité de la prise de Nivaquine à fortes doses pendant une période prolongée n'a pas été établie chez la femme enceinte. Nivaquine à doses élevées ne devrait pas être employé pendant la grossesse, sauf en cas de nécessité absolue.
La chloroquine ne doit pas être administrée au cours de la grossesse pour le traitement de la polyarthrite chronique.
La concentration de chloroquine dans le lait maternel est très minime; des risques pour le foetus existent dans le cadre d'une lactation prolongée, en raison d'une cumulation possible de la substance active dans la rétine de l'enfant.
Bien que la chloroquine passe dans le lait maternel, les quantités ne sont pas suffisantes pour conférer un bénéfice quelconque au nourrisson; aussi une prophylaxie séparée pour le nourrisson s'avère-t-elle nécessaire.
Effet sur l’aptitude à la conduite et l’utilisation de machinesDes étourdissements et des troubles transitoires de la vision peuvent réduire la concentration et la capacité de réaction lors de la conduite d'un véhicule ou de la manoevre d'une machine.
Effets indésirablesLa fréquence est indiquée comme suit: très fréquents (≥1/10), fréquents (<1/10, ≥1/100), occasionnels (<1/100, ≥1/1000), rares (<1/1000, ≥1/10'000), très rares (<1/10'000), fréquence indéterminée (ne peut être estimée sur la base de données disponibles).
Affections hématologiques et du système lymphatique
Rares: agranulocytose, pancytopénie et thrombocytopénie.
Affections du système immunitaire
Fréquents: réactions anaphylactiques/anaphylactoïdes incluant un œdème de Quincke.
Fréquence indéterminée: Des cas d'anémie hémolytiques chez des patients ayant un déficit en G6PD ont été observés en cas d'association avec d'autres traitements pouvant potentiellement générer une hémolyse (voir le paragraphe «contre-indications»).
Troubles du métabolisme et de la nutrition
Fréquence indéterminée: des cas d'hypoglycémie ont été rapportés.
Affections psychiatriques
Très fréquents: insomnie (37%).
Fréquents: dépression.
Rares: anxiété, agitation, confusion, hallucinations, délire.
Fréquence indéterminée: Des cas de comportements suicidaires ont été rapportés.
Affections du système nerveux
Très fréquents: céphalées (25%).
Fréquents: vertige, l'apparition de crises d'épilepsie a été observée - même aux faibles doses utilisées pour la prophylaxie du paludisme.
Occasionnels: neuropathie.
Rares: polyneuropathie.
Fréquence indéterminée: Des cas de troubles extrapyramidaux aigus (tels que dystonie, dyskinésie, protrusion de la langue, torticolis) ont été rapportés.
Affections oculaires
Fréquents: troubles réversibles affectant l'œil tels que difficultés d'accommodation, vision floue temporaire.
Rares: opacifications cornéennes dose-dépendantes, asymptomatiques et réversibles, après un traitement à long terme. Elles ont été observées chez 30 – 70% des patients ayant reçu des doses élevées.
Il a été rapporté des cas de rétinopathie après un traitement prolongé. Des dépôts dans la rétine (irréversibles), entraînant des pertes de champ visuel peuvent apparaître (voir «mises en garde et précautions»).
Fréquence indéterminée: Des cas de maculopathie et de dégénérescence maculaire ont été rapportés et peuvent être irréversibles.
Affections de l'oreille et du labyrinthe
Occasionnels: ototoxicité telle que tintement de l'oreille, hypoacousie, surdité.
Affections cardiaques
Occasionnels: cardiomyopathie lors d'un traitement prolongé avec de fortes doses pouvant provoquer une insuffisance cardiaque parfois létale.
Rares: altérations de l'ECG, troubles du rythme cardiaque y compris prolongation du QT, torsade de pointes, tachycardie ventriculaire et fibrillation ventriculaire ont été rapportés avec des doses thérapeutiques de chloroquine ainsi qu'après des overdoses. Le risque est plus élevé si chloroquine est administrée à des doses élevées. Des cas fatals ont été rapportés.
Fréquence indéterminée: Des cas de troubles de la conduction tels que bloc de branche/bloc atrio-ventriculaire ont été observés.
Affections vasculaires
Rares: chute de tension.
Affections gastro-intestinales
Très fréquents: nausée (22.1%), vomissements (38.9%) et diarrhée (43.6%) (pour éviter ces effets, prendre de préférence Nivaquine après les repas).
Fréquents: stomatite.
Affections hépato-biliaires
Rares: anomalies des tests hépatiques et hépatites.
Affections de la peau et du tissu sous-cutané
Très fréquents: prurit (45%).
Fréquents: exanthème, urticaire.
Occasionnels: alopécie, coloration bleu noir, surtout des ongles et des muqueuses,
Rares: exacerbation réversible d'un psoriasis et des troubles pigmentaires, érythème polymorphe, syndrome de Stevens-Johnson, nécrolyse épidermique toxique.
Très rares: dermatite exfoliatrice généralisée et des réactions cutanées squameuses similaires.
Fréquence indéterminée: Des cas de Syndrome d'hypersensibilité médicamenteuse (DRESS syndrome: Drug Rash with Eosinophilia and Systemic Symptoms) ont été rapportés.
Affections musculo-squelettiques et maladies du tissu conjonctif et des os
Occasionnels: myopathie.
SurdosageSymptômes: la chloroquine est résorbée rapidement et est hautement toxique en cas de surdosage. Les enfants sont particulièrement sensibles.
Les principaux symptômes de surdosage sont, au début, des maux de tête, une somnolence, des troubles de la vision, nausée et vomissements, suivis rapidement - en raison d'une forte toxicité cardiaque - d'un arrêt respiratoire et cardiovasculaire. Les symptômes de surdosage peuvent également inclurent des troubles du rythme et de la conduction, y compris une prolongation du QT, torsade de pointes, tachycardie ventriculaire et fibrillation ventriculaire. Une insuffisance respiratoire ou une insuffisance cardiaque aiguë, ainsi que des troubles du rythme cardiaque peuvent entraîner une issue fatale. Les troubles du rythme cardiaque sont amplifiés par une éventuelle hypokaliémie, provoquée par un flux de potassium de l'espace extracellulaire vers l'espace intracellulaire.
Des cas de troubles extrapyramidaux ont été également rapportés dans un contexte de surdosage de chloroquine.
Traitement: un surdosage aigu de chloroquine pouvant rapidement entraîner la mort, le patient doit être hospitalisé aussi vite que possible et être soumis à un traitement intensif de soutien et à une surveillance. L'état clinique et les résultats de laboratoire, en particulier la kaliémie, doivent être surveillés attentivement.
En cas de suspicion de surdosage massif ou de symptômes toxiques prononcés, il s'est avéré en outre que l'administration rapide d'adrénaline (p.ex. 0,2 mg en perfusion lente) et de diazépam (p.ex. 0,5 mg/kg en perfusion pendant 10 min) peut améliorer les chances de survie.
L'acidification de l'urine, l'hémodialyse, la dialyse péritonéale ou la transfusion sanguine ne se sont pas avérées utiles pour le traitement d'une intoxication à la chloroquine.
Si un enfant sans surveillance avale des comprimés de Nivaquine, faire vomir l'enfant le plus rapidement possible.
Propriétés/EffetsCode ATC: P01BA01
Mécanismes d'action/pharmacodynamie
La chloroquine est un dérivé des 4-amino-quinoléines qui, outre ses effets schizonticides, possède également des propriétés antiinflammatoires et immunosuppressives.
Le mécanisme de l'effet sur les schizontes érythrocytaires n'est pas entièrement élucidé; la chloroquine s'accumule dans les érythrocytes humains parasités.
Effet antirhumatismal: une stabilisation de la membrane lysosomiale et une inhibition de la synthèse des prostaglandines sont discutées en tant que mécanismes de l'effet antiinflammatoire.
PharmacocinétiqueAbsorption
La chloroquine est rapidement et presque complètement résorbée. Les concentrations maximales sont mesurées 2 à 6 heures après l'administration. L'alimentation associée à la prise de chloroquine facilite la résorption et augmente la biodisponibilité. Taux plasmatique après administration orale d'une dose de 300 mg de chloroquine base par semaine: maximum 150-250 µg/l, minimum 20-40 µg/l. La concentration plasmatique à l'équilibre après administration quotidienne de 300 mg de chloroquine base est d'environ 125 µg/l.
Distribution
La chloroquine est liée aux protéines plasmatiques dans la proportion de 50-65%. Le volume de distribution est large (les données varient selon les auteurs dans les limites de 800 l/kg et 115-400 l/kg). La substance s'accumule dans les érythrocytes (2-5 fois) et dans le foie, les poumons, les reins, le coeur (10 fois), ainsi que dans le système nerveux central, la rétine et l'intestin.
Les concentrations plasmatiques efficaces de chloroquine se situent, en règle entre 12,8 et 32 µg/l pour la prophylaxie du paludisme, entre 96 et 192 µg/l pour le traitement du paludisme et à environ 65 µg/l pour le traitement de base des processus inflammatoires rhumatismaux.
La chloroquine franchit la barrière placentaire et passe également en faibles quantités dans le lait maternel.
Métabolisme
Le métabolite principal est la mono-déséthyl-chloroquine qui est également schizonticide.
Elimination
Le temps de demi-élimination est variable. Il dépend de la dose et de la durée du traitement et peut être compris entre 6 heures et plus de 10 jours. Les valeurs de 10 à 30 jours sont le plus souvent citées.
La chloroquine est éliminée lentement dans les urines (jusqu'à 50-80%), dans une proportion d'environ 25% sous forme de monodéséthyl-chloroquine.
Cinétique pour certains groupes de patients
L'élimination est retardée au cours de l'insuffisance rénale. La posologie doit tenir compte de cette élimination retardée.
Données précliniquesPotentiel mutagène et carcinogène
Les effets mutagènes de la chloroquine n'ont pas fait l'objet d'un nombre suffisant d'études jusqu'à présent. La pertinence de résultats contradictoires pour l'homme n'est pas clairement établie.
Une étude sur une longue période chez des rats n'a pas révélé de signes d'un potentiel carcinogène.
Toxicité de reproduction
La chloroquine est embryotoxique chez le rat (lésions diverses). Dans une autre étude, la chloroquine a induit des anomalies oculaires chez 47% des rats exposés avant la naissance.
Remarques particulièresStabilité
Le médicament ne doit pas être utilisé au-delà de la date figurant après la mention «EXP» sur l'emballage.
Remarques concernant le stockage
Conserver à température ambiante (15–25 °C) et hors de portée des enfants.
Numéro d’autorisation18889 (Swissmedic).
PrésentationComprimés (sécables) à 100 mg: 100. [B]
Titulaire de l’autorisationsanofi-aventis (suisse) sa, 1214 Vernier/GE.
Mise à jour de l’informationSeptembre 2017.
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