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Information professionnelle sur Sevredol®:Mundipharma Medical Company, Hamilton, Bermuda, Basel Branch
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Composit.Forme gal.Indic./emploiPosolog./mode d'empl.Contre-Ind.PrécautionsInteract.Grossesse
Apt.conduiteEffets indésir.SurdosagePropriétésPharm.cinét.Donn.précl.RemarquesNum. Swissmedic
PrésentationsTitulaireMise à jour 

Composition

Principe actif: morphini sulfas pentahydricus.
Excipients
Comprimés filmés
Sevredol 10 mg: lactosum monohydricum, color.: E 133 (bleu brillant FCF), excip. pro compresso obducto.
Sevredol 20 mg: lactosum monohydricum, color.: E 110 (jaune orangé S), E 127 (érythrosine), excip. pro compresso obducto.
Suppositoires
Excipiens pro suppositorio.

Forme galénique et quantité de principe actif par unité

Sevredol 10 mg (sécable): comprimé filmé bleu, biconvexe, en forme de capsule, avec une rainure de fragmentation et portant la mention «IR» et «10» sur une face, contient 10 mg de sulfate de morphine pentahydraté, équivalant à 7,5 mg de morphine.
Sevredol 20 mg (sécable): comprimé filmé rose, biconvexe, en forme de capsule, avec une rainure de fragmentation et portant la mention «IR» et «20» sur une face, contient 20 mg de sulfate de morphine pentahydraté, équivalant à 15 mg de morphine.
Sevredol suppositoires contient 10 mg, 20 mg ou 30 mg de sulfate de morphine pentahydraté, équivalant à 7,5 mg, 15 mg ou 22,5 mg de morphine.

Indications/Possibilités d’emploi

Douleurs aiguës et prolongées moyennement fortes à fortes ou en cas d'efficacité insuffisante des analgésiques non opioïdes et/ou des opioïdes faibles.

Posologie/Mode d’emploi

Mode d'administration
Les comprimés filmés peuvent être pris pendant ou entre les repas, avec un volume suffisant de liquide.
Les comprimés filmés disposent d'une rainure de fragmentation et peuvent être divisés pour ajuster la dose.
Les suppositoires sont introduits par voie rectale.
Posologie
La posologie doit être adaptée à l'intensité de la douleur, ainsi qu'à la sensibilité, à l'âge et au poids du patient.
Les recommandations générales de posologie sont les suivantes:
Adultes et adolescents de plus de 12 ans
Patients non habitués aux opioïdes
La dose initiale chez les patients qui n'ont jamais été traités par des opioïdes est généralement de 10 mg toutes les 4 heures.
Analgésique complémentaire et titration de la dose
La dose journalière sera augmentée progressivement jusqu'à atteindre une analgésie suffisante avec deux administrations maximum du médicament de réserve.

Dose de départ (jour 1)

10 mg/4 h

Réserve 5-10% de la dose journalière, max. toutes les 1-2 heures

Jour 2

20 mg/4 h

idem

Jour 3

30 mg/4 h

idem

Jour 4

50 mg/4 h

idem

Jour 5

70 mg/4 h

idem

Jour 6

100 mg/4 h

idem

Augmentations supplémentaires de 30-50%

idem

Une alternative consiste à corriger tous les jours la dose journalière sur base de la réserve utilisée la veille. Les doses unitaires toutes les 4 heures s'obtiennent à partir de la dose journalière nouvellement calculée, répartie en 6 doses unitaires toutes les 4 heures.
La dose d'entretien est alors atteinte lorsque la dose journalière reste constante pendant 2-3 jours (c'est-à-dire avec maximum 2 prises de réserve).
Patients déjà traités par la morphine par voie parentérale
Lors du passage de la morphine administrée par voie parentérale à Sevredol, la posologie suivante doit être appliquée: dose journalière de morphine parentérale × 3 = nouvelle dose journalière de Sevredol. Un ajustement posologique individuel est nécessaire.
Patients déjà traités par un autre opioïde
Bien que l'on dispose de tableaux utiles afin de déterminer l'équivalence thérapeutique entre les opioïdes administrés par voie orale et parentérale, la puissance relative des différents principes actifs et formes galéniques est sujette à d'importantes variabilités interindividuelles. L'absence d'études cliniques systématiques sur le passage de tous les opioïdes possibles à Sevredol empêche également toute recommandation posologique spécifique. Tout changement de principe actif ou de forme galénique nécessite une nouvelle augmentation progressive des doses sous contrôle clinique.
Durée du traitement
Sevredol ne doit pas être administré plus longtemps qu'absolument nécessaire. Si un traitement prolongé de la douleur est nécessaire, en raison de la nature et de la sévérité de la maladie, une surveillance attentive et régulière doit être mise en place pour déterminer dans quelle mesure il faut poursuivre le traitement. Quand le recours aux opioïdes n'est plus indiqué, le traitement doit être arrêté de manière progressive (voir rubrique «Mises en garde et précautions»).
Instructions spéciales pour la posologie
Enfants de moins de 12 ans
Sevredol 10 mg comprimés filmés
La posologie initiale pour la population pédiatrique n'ayant jamais été traitée par des opioïdes est généralement la suivante:
3-5 ans: 5 mg toutes les 4 heures.
6-12 ans: 5-10 mg toutes les 4 heures.
Ensuite on procédera à un ajustement individuel du dosage comme chez l'adulte.
La sécurité et l'efficacité de Sevredol comprimés ne sont pas encore suffisamment documentées pour les enfants de moins de 3 ans. Les données disponibles sont limitées (voir rubrique «Pharmacocinétique»).
Sevredol suppositoires
La sécurité et l'efficacité de Sevredol suppositoires ne sont pas encore suffisamment documentées pour les enfants de moins de 12 ans. Les données disponibles sont limitées.
Patients âgés
La posologie doit être adaptée en fonction de la situation individuelle de chaque patient et du ressenti subjectif (voir rubrique «Phamacocinétique»).
Insuffisance hépatique et rénale
Chez les patients ayant une insuffisance hépatique sévère ou une insuffisance rénale, la dose doit être réduite, puis augmentée avec une prudence particulière (voir rubrique «Pharmacocinétique»).

Contre-indications

·Hypersensibilité au principe actif ou à l'un des excipients conformément à la composition,
·dépression respiratoire sévère avec hypoxie et/ou hypercapnie,
·broncho-pneumopathie chronique obstructive sévère,
·syndrome abdominal aigu,
·iléus paralytique.

Mises en garde et précautions

Tout comme pour d'autres médicaments opioïdes, la survenue d'une dépression respiratoire constitue le principal risque en cas de surdosage (voir rubrique «Surdosage»).
Sevredol doit être administré avec précaution dans les cas suivants:
·personnes âgées ou affaiblies,
·cœur pulmonaire sévère, asthme bronchique sévère, dépression respiratoire,
·insuffisance hépatique sévère ou insuffisance rénale,
·hypothyroïdie,
·maladie d'Addison (insuffisance surrénalienne),
·psychose toxique, alcoolisme, delirium tremens,
·lithiase biliaire ou autres maladies biliaires aiguës,
·pancréatite,
·maladie intestinale occlusive ou inflammatoire,
·hyperplasie de la prostate avec formation d'urine résiduelle,
·hypotension, hypertension, maladies cardiovasculaires préexistantes,
·traumatisme crânien (en raison du risque d'augmentation de la pression intracrânienne),
·épilepsie ou prédisposition aux convulsions,
·prise concomitante de substances à effet dépresseur central ou d'inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) (voir rubrique «Interactions»),
·allaitement (voir rubrique «Grossesse/Allaitement»).
L'utilisation prolongée de Sevredol peut conduire au développement d'une tolérance pouvant rendre nécessaire une augmentation des doses pour parvenir à l'effet analgésique souhaité. L'utilisation chronique de Sevredol peut conduire à une dépendance physique, et l'apparition d'un syndrome de sevrage est possible à l'arrêt abrupt du traitement. Lorsque le traitement par la morphine n'est plus nécessaire, il est conseillé de réduire progressivement la dose journalière pour éviter l'apparition de symptômes d'un syndrome de sevrage.
La morphine présente un potentiel d'abus semblable à celui d'autres agonistes opioïdes forts. Une dépendance psychique (toxicomanie médicamenteuse) peut apparaître suite à l'administration d'analgésiques opioïdes comme Sevredol. La prudence est de rigueur lors de la prescription de Sevredol chez des patients présentant des antécédents d'alcoolisme ou d'abus de drogues ou de médicaments.
Une hyperalgésie, au cours de laquelle une augmentation supplémentaire de la dose de Sevredol n'apporte pas de soulagement supplémentaire de la douleur, peut survenir, en particulier à dosage élevé. Une diminution de la dose de morphine ou le passage à un autre opioïde peut alors être nécessaire.
L'apparition confirmée ou soupçonnée d'un iléus paralytique en cours de traitement impose l'arrêt immédiat de Sevredol.
L'emploi préopératoire de Sevredol n'est pas recommandé. La prudence est de rigueur lors de l'utilisation de Sevredol pendant les premières 24 heures après l'opération. Après une intervention abdominale, Sevredol ne doit être instauré qu'après normalisation de la motilité gastro-intestinale. Le moment de la première prise de Sevredol après l'intervention chirurgicale est déterminé à partir d'une évaluation approfondie des bénéfices et des risques pour chaque patient et dépend du type et de l'étendue de l'intervention chirurgicale, des moyens anesthésiques utilisés, des traitements concomitants et de l'état général du patient.
Les opioïdes, tels que la morphine, peuvent influer sur l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien ou gonadique. Certaines modifications peuvent être observées telles qu’une élévation de la prolactine sérique et une diminution du taux plasmatique de cortisol et de testostérone. Ces modifications hormonales peuvent se manifester par des symptômes cliniques.
Étant donné le lien possible entre l'apparition d'un syndrome thoracique aigu et l'utilisation de morphine chez des patients atteints de drépanocytose pendant une crise vaso-occlusive, il est recommandé de surveiller étroitement les symptômes d'un syndrome thoracique aigu.
Les comprimés filmés de Sevredol contiennent du lactose. Leur prise est déconseillée chez les patients présentant une rare intolérance héréditaire au galactose, un déficit en lactase ou une malabsorption du glucose-galactose.
Les comprimés filmés à 20 mg de Sevredol contiennent le colorant azoïque jaune orangé S (E 110). Les comprimés filmés à 20 mg de Sevredol doivent être utilisés avec précaution chez les patients souffrant d'une hypersensibilité aux colorants azoïques, à l'acide acétylsalicylique et à d'autres inhibiteurs des prostaglandines.
L'utilisation de Sevredol peut induire une réaction positive lors de contrôles antidopage.

Interactions

Les substances à effet dépresseur central telles que benzodiazépines, barbituriques, autres opioïdes, alcool, neuroleptiques (phénothiazines), antidépresseurs tricycliques, antihistaminiques H1 sédatifs, antiémétiques à action centrale, gabapentine, prégabaline, anesthésiques, sédatifs, hypnotiques ou anxiolytiques peuvent augmenter le risque de dépression respiratoire, d'hypotension et de déficit d'attention. Dans les cas graves, une sédation prononcée, le coma et la mort peuvent survenir.
Si un traitement en association est envisagé, il convient de prendre en considération une réduction de la dose d'une des substances ou des deux et de surveiller régulièrement les patients pour repérer les signes de dépression respiratoire, de sédation et d'hypotension.
La consommation concomitante d'alcool est à proscrire (voir également rubrique «Mises en garde et précautions»).
Après la prise concomitante de péthidine et d'un inhibiteur de la monoamine oxydase (IMAO), des cas graves d'interactions affectant le système nerveux central et les fonctions respiratoire et circulatoire ont été observés. On ne peut exclure un potentiel d'interaction semblable avec Sevredol. Sevredol n'est pas indiqué en association avec des IMAO ou dans un intervalle de 14 jours après l'arrêt d'un tel traitement (voir également rubrique «Mises en garde et précautions»).
Les myorelaxants peuvent renforcer les effets de la morphine.

Grossesse/Allaitement

Grossesse
La morphine passe la barrière placentaire. Des signes d'atteinte de l'embryon et du fœtus dans l'utérus (voir rubrique «Données précliniques») ont été constatés lors d'essais réalisés chez l'animal avec de la morphine administrée à haute dose. On ne dispose pas de données suffisantes chez l'être humain qui permettraient d'évaluer de manière concluante un risque tératogène possible. L'existence d'une relation possible avec une augmentation de la fréquence des hernies inguinales a toutefois été rapportée.
En cas de prise chronique pendant la grossesse, un syndrome de sevrage nécessitant un traitement adapté peut apparaître après la naissance chez le nouveau-né.
Administrée à hautes doses pendant l'accouchement, la morphine peut entraîner une dépression respiratoire chez le nouveau-né.
Par conséquent, Sevredol ne doit être utilisé pendant la grossesse que lorsque le bénéfice pour la mère est clairement supérieur au risque pour l'enfant. En raison des effets toxiques potentiels de la morphine sur la reproduction chez l'être humain, cette dernière ne doit être administrée à des femmes et des hommes en âge de procréer que si une contraception efficace est garantie.
Allaitement
La morphine passe dans le lait maternel dans des concentrations supérieures à celles pouvant être atteintes dans le plasma de la mère.
Des concentrations plasmatiques efficaces de morphine pouvant être atteintes chez le nourrisson, il convient d'évaluer très soigneusement le rapport bénéfice-risque du traitement par Sevredol pendant l'allaitement.
Fertilité
Une aménorrhée, une baisse de la libido et des troubles de l'érection ont été décrits comme des effets indésirables possibles de la morphine (voir rubrique «Effets indésirables»). Il convient d'expliquer au patient qu'un risque de grossesse existe même en cas d'aménorrhée et qu'une contraception efficace est par conséquent nécessaire.
Les expérimentations animales ont montré que la morphine peut altérer la fertilité (voir rubrique «Données précliniques»).

Effet sur l’aptitude à la conduite et l’utilisation de machines

Sevredol peut diminuer la capacité du patient à conduire et à utiliser des machines, particulièrement en début de traitement, après augmentation du dosage ou passage à Sevredol, ou en cas d'association avec l'alcool ou d'autres substances à effet dépresseur central. La mise en place de restrictions n'est pas obligatoire avec un traitement stable. De ce fait, les patients doivent discuter avec leur médecin pour savoir s'ils ont le droit de conduire ou d'utiliser des machines.

Effets indésirables

Les fréquences sont définies comme suit: «très fréquent» (≥1/10), «fréquent» (≥1/100, <1/10), «occasionnel» (≥1/1000, <1/100), «rare» (≥1/10 000, <1/1000), «très rare» (<1/10 000), «fréquence inconnue» (ne peut être estimée à partir des données disponibles).
Troubles du système immunitaire
Occasionnel: réactions d'hypersensibilité.
Fréquence inconnue: réactions anaphylactiques et anaphylactoïdes.
Troubles du métabolisme et de la nutrition
Fréquent: diminution ou perte de l'appétit.
Troubles psychiatriques
Fréquent: confusion, insomnie.
Occasionnel: agitation, euphorie, hallucinations, changement d'humeur.
Fréquence inconnue: troubles de la pensée, dépendance médicamenteuse, dysphorie.
Troubles du système nerveux
Fréquent: sensation vertigineuse, céphalées, contractions musculaires involontaires, sédation.
Occasionnel: convulsions, hypertonie musculaire, paresthésie.
Fréquence inconnue: allodynie, hyperalgésie.
Troubles oculaires
Occasionnel: troubles de la vision.
Fréquence inconnue: myosis.
Troubles de l'oreille et du conduit auditif
Occasionnel: vertiges.
Troubles cardiaques
Occasionnel: palpitations.
Fréquence inconnue: bradycardie.
Troubles vasculaires
Occasionnel: rougeur du visage, hypotension (hypotension orthostatique en particulier), syncope.
Troubles respiratoires, thoraciques et médiastinaux
Occasionnel: œdème pulmonaire, dépression respiratoire, bronchospasme.
Fréquence inconnue: diminution de la toux.
Troubles gastro-intestinaux
Très fréquent: constipation (34%), nausées (11%).
Fréquent: douleurs abdominales, sécheresse buccale, vomissements (surtout en début de traitement).
Un laxatif approprié devrait être administré en cas de constipation. Il est recommandé de prendre des mesures nutritionnelles.
La survenue de nausées et vomissements est inhabituelle lors du traitement au long cours et ces effets peuvent, le cas échéant, être traités par un antiémétique.
Occasionnel: iléus, dysgueusie, dyspepsie.
Fréquence inconnue: troubles de l'odorat.
Troubles hépato-biliaires
Occasionnel: élévation des enzymes hépatiques.
Fréquence inconnue: douleurs au niveau des voies biliaires (coliques hépatiques, spasmes des voies biliaires).
Troubles cutanés et des tissus sous-cutanés
Fréquent: hyperhidrose, éruption cutanée (rash), prurit.
Occasionnel: urticaire.
Troubles rénaux et urinaires
Occasionnel: rétention urinaire.
Troubles des organes de reproduction et du sein
Fréquence inconnue: aménorrhée, baisse de la libido, troubles de l'érection.
Troubles généraux
Fréquent: asthénie, fatigue, malaise.
Occasionnel: œdèmes périphériques.
Fréquence inconnue: développement d'une tolérance, syndrome de sevrage médicamenteux, syndrome de sevrage néonatal.

Surdosage

Comme pour tous les opioïdes, il existe un risque élevé d'intoxication et de surdosage chez les personnes non habituées aux opioïdes.
Symptômes
Les symptômes aigus sont notamment: myosis, dépression respiratoire, somnolence pouvant évoluer vers un état de stupeur ou un coma. D'autres symptômes possibles sont: nausées, vomissements, hypotension, bradycardie, diminution du tonus musculaire, atonie intestinale, rhabdomyolyse pouvant aller jusqu'à l'insuffisance rénale et pneumonie par aspiration. Les cas de surdosage sévère peuvent entraîner un arrêt respiratoire, un œdème pulmonaire non cardiogénique, une insuffisance circulatoire, voire le décès.
Traitement
Il convient de surveiller la respiration et l'état de conscience. En cas de dépression respiratoire ou du SNC cliniquement significative, pratiquer la respiration artificielle, stabiliser la circulation et administrer la naloxone.
Posologie: 0,4-2 mg de naloxone par voie intraveineuse (chez l'enfant: 0,01 mg/kg de poids corporel). Si nécessaire, répéter l'opération toutes les deux à trois minutes à deux ou trois reprises ou administrer une perfusion continue (voir information professionnelle correspondante).
La durée d'action de la naloxone est relativement courte (demi-vie plasmatique: t½ de la naloxone = 1-1,5 heure, t½ de la morphine = 2-4 heures). Par conséquent, le patient doit être surveillé de manière prolongée même après administration de naloxone, et des administrations répétées de naloxone peuvent être nécessaires.
La naloxone doit être utilisée avec précaution chez les personnes susceptibles de prendre des opioïdes depuis longtemps (tolérance). La suppression soudaine ou totale de l'effet des opioïdes peut entraîner un syndrome de sevrage aigu. Une dose initiale de 0,04 mg de naloxone est recommandée.
Dans des cas spécifiques, on peut envisager une désintoxication primaire avec du charbon actif ou une vidange rectale en cas d'administration rectale.

Propriétés/Effets

Code ATC: N02AA01
La morphine, principal alcaloïde issu du pavot somnifère (Papaver somniferum), est un agoniste pur des récepteurs aux opioïdes avec une affinité prononcée pour les récepteurs de type µ et une affinité plus faible pour les récepteurs de type κ.
Action sur le système nerveux central
La morphine présente une activité analgésique, antitussive, sédative, tranquillisante, dépressive respiratoire, myotique, antidiurétique, émétique et antiémétique (effet tardif) et faiblement dépressive de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque.
Autres effets pharmacologiques
Par l'intermédiaire des récepteurs aux opioïdes périphériques, la morphine soutient l'action analgésique, entraîne une réduction de la motilité et une augmentation du tonus des muscles lisses du tractus gastro-intestinal (constipation spastique), une contraction des sphincters des voies biliaires, une augmentation du tonus de la musculature de la vessie et du sphincter vésical, un ralentissement de la vidange gastrique par constriction du pylore, une rougeur du visage, un urticaire et un prurit par libération d'histamine, des bronchospasmes chez les asthmatiques ou des changements hormonaux (voir rubrique «Mises en garde et précautions»).

Pharmacocinétique

Absorption
Après administration orale, la morphine est rapidement absorbée et est soumise à un métabolisme de premier passage marqué. La biodisponibilité de la morphine après administration orale est d'environ 20 à 40%.
La biodisponibilité relative de Sevredol comprimés filmés par rapport à une solution de morphine administrée par voie orale est d'environ 100%.
La biodisponibilité absolue de la morphine après administration rectale est d'environ 30 à 70%.
L'absorption de la morphine après l'administration de Sevredol comprimés filmés n'est pas influencée de manière cliniquement pertinente par la prise de nourriture.
Deux études pharmacocinétiques (à chaque fois, n=6) ont examiné l'administration unique de Sevredol 20 mg comprimés filmés et de Sevredol 10 mg suppositoires. Pour les deux formes galéniques, les concentrations maximales de morphine dans le plasma sont atteintes après environ 1 heure. Les valeurs consignées sont présentées ci-après.

Sevredol 20 mg comprimés filmés à jeun

Sevredol 10 mg suppositoires

Cmax [ng/ml]
Moyenne (écart-type)

23,5 (7,3)

15,3 (9,9)

tmax [h]
Médiane (fourchette)

1,1 (0,8-2,0)

0,8 (0,5-0,8)

AUC0–t [ng/ml × h]
Moyenne géométrique (écart-type)

64,7 (1,24)

47,4 (1,46)

Distribution
Le volume de distribution de la morphine est de 3-4 l/kg. La liaison aux protéines plasmatiques est d'environ 35%.
Métabolisme
La morphine est principalement métabolisée dans le foie par le gène UGT2B7 en morphine-3-glucuronide (M3G) (57%) et morphine-6-glucuronide (M6G) (10%).
Les métabolites atteignent des concentrations plasmatiques supérieures à celle de la morphine (M3G/morphine: 34; M6G/morphine: 3,9). La formation de protéines plasmatiques de M3G et M6G est faible, respectivement 10% et 15%.
M3G n'a pas d'action analgésique, M6G a une action deux fois plus puissante et deux fois plus longue que la morphine. M6G est principalement responsable de l'efficacité analgésique de la morphine.
Après application rectale, la formation de métabolites glucuronidés est plus faible qu'après application orale du fait de l'absence de métabolisme de premier passage.
Elimination
La demi-vie d'élimination de la morphine après une administration orale, rectale et intraveineuse est de 2-4 heures et la clairance plasmatique totale est de 15-30 ml/min/kg. La morphine est principalement éliminée par les reins sous forme de morphine-glucuronide. Environ 7 à 10% de la morphine administrée sont excrétés par la bile avec les fèces.
Cinétique pour certains groupes de patients
Pédiatrie
La clairance est fortement réduite chez les nouveau-nés et s'élève à environ 5 ml/kg/min. La clairance de la morphine atteint chez les jeunes enfants âgés de 6 à 30 mois des taux semblables à ceux observés chez les adultes. Le volume de distribution est indépendant de l'âge. En raison des fortes différences interindividuelles, une titration de la dose s'impose dans tous les cas.
Patients âgés
On sait que le métabolisme de la morphine peut être ralenti chez les patients âgés, ce qui entraîne des concentrations maximales plus élevées et des demi-vies plus longues.
Insuffisance hépatique
Les patients atteints de cirrhose hépatique montrent des modifications au niveau de la pharmacocinétique de la morphine. De ce fait, la demi-vie plasmatique de la morphine est prolongée du fait d'une réduction de la glucurono-conjugaison et de la clairance. De même, le rapport M3G et M6G/morphine dans le plasma est abaissé, ce qui suggère une activité métabolique réduite.
Insuffisance rénale
Les patients atteints d'insuffisance rénale présentent des modifications au niveau de la pharmacocinétique de la morphine. L'AUC plasmatique est augmentée et la clairance est réduite. Par rapport aux personnes ayant une fonction rénale normale, les patients atteints d'insuffisance rénale sévère présentent également des concentrations plasmatiques significativement accrues de M3G et de M6G.

Données précliniques

Mutagénicité
Les résultats des tests de mutagénicité sont clairement positifs, indiquant que la morphine a une action clastogène et qu'elle exerce cet effet également sur les cellules germinales. Sur la base des résultats de plusieurs tests de mutagénicité, la morphine est à considérer comme une substance mutagène; un tel effet doit aussi être supposé chez l'être humain.
Carcinogénicité
Il n'existe pas d'études animales à long terme concernant le potentiel cancérogène de la morphine.
Toxicité sur la reproduction
Une diminution de la fertilité et des dommages chromosomiques au niveau des gamètes des rats mâles ont été rapportés.
Une étude menée chez des rats femelles ayant reçu par voie intrapéritonéale des doses toxiques de morphine allant jusqu'à 15 mg/kg/jour avant l'accouplement, jusqu'à 30 mg/kg/jour pendant l'accouplement et jusqu'à 40 mg/kg/jour après la gestation a mis en évidence une nette baisse de la fertilité des rats femelles, un taux accru de mortinatalité, de retards de croissance et de symptômes de sevrage à la morphine.
Une croissance moindre, une maturité motrice, comportementale et sexuelle réduite et des troubles de la fertilité (fonction testiculaire très fortement réduite et suppression de la spermatogenèse) ont par ailleurs été constatés chez des descendants mâles de rats ou hamsters traités par la morphine.
Des effets tératogènes (sur le squelette et les tissus mous) ont été observés chez des rongeurs lors de l'administration parentérale de doses élevées toxiques chez la mère.

Remarques particulières

Conservation
Le médicament ne doit pas être utilisé au-delà de la date figurant après la mention «EXP» sur le récipient.
Remarques concernant le stockage
Comprimés filmés: ne pas conserver au-dessus de 30 °C. Tenir hors de portée des enfants.
Suppositoires: conserver à température ambiante (15–25 °C) et hors de portée des enfants.

Numéro d’autorisation

52076 (comprimés filmés), 51590 (suppositoires) (Swissmedic).

Présentation

Sevredol 10 mg et 20 mg, comprimés filmés: 20 [A+]
Sevredol 10 mg, 20 mg et 30 mg, suppositoires: 12 [A+]

Titulaire de l’autorisation

Mundipharma Medical Company, Hamilton/Bermuda, succursale de Bâle.

Mise à jour de l’information

Septembre 2019.

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