Mises en garde et précautionsLes patients recevant Mycophenolat Zeugin en tant que composante d’un traitement immunosuppressif sont exposés à un risque accru de lymphome et d’autres tumeurs malignes, notamment de la peau. Le risque semble plus lié à l’intensité et à la durée de l’immunosuppression qu’à l’utilisation d’un produit donné. Comme c’est le cas chez tous les patients exposés à un risque accru de cancer cutané, il convient de se protéger du soleil et des rayons UV en portant des vêtements protecteurs et en utilisant un filtre à fort indice de protection. Une répression excessive du système immunitaire peut également accroître la sensibilité aux infections, notamment aux infections opportunistes, aux infections létales et aux septicémies (voir «Effets indésirables»).
Au cours des trois études contrôlées consacrées à la prévention d’une réaction de rejet après transplantation rénale, des infections létales se sont produites avec une fréquence identique (<2%) chez les patients recevant, en association avec d’autres immunosuppresseurs, soit mycophénolate mofétil, soit le traitement témoin. Dans l’étude contrôlée sur la prévention d’une réaction de rejet après transplantation cardiaque, des infections létales sont survenues chez 1,7% des patients sous mycophénolate mofétil et chez 3,8% des patients sous traitement par l’azathioprine associée à d’autres immunosuppresseurs.
Chez des transplantés cardiaques ayant été traités par mycophénolate mofétil, les infections à virus herpès (h. simplex, h. zoster et cytomégalovirus) ont été plus fréquentes que chez des patients qui avaient reçu de l’azathioprine (voir «Effets indésirables»).
Les infections à h. simplex ont également été plus fréquentes chez les transplantés hépatiques ayant reçu mycophénolate mofétil que chez ceux traités par l’azathioprine.
Jusqu’à 1,5% des transplantés rénaux auxquels mycophénolate mofétil a été administré au titre de la prévention d’une réaction de rejet ont présenté une grave neutropénie (ANC <500/µl).
Jusqu’à 2,8% des transplantés cardiaques ayant reçu 3 g de mycophénolate mofétil par jour ont présenté une neutropénie sévère, tandis que cela n’a été le cas chez aucun des patients sous azathioprine (0%).
La survenue d’une neutropénie peut être due à Mycophenolat Zeugin, aux médications concomitantes, à une infection virale ou à la présence de plusieurs de ces facteurs.
Chez les patients recevant Mycophenolat Zeugin, il convient de surveiller le nombre de neutrophiles et, le cas échéant, de cesser l’administration de Mycophenolat Zeugin ou d’en réduire la dose (voir «Instructions spéciales pour la posologie»). La numération/formule sanguine doit être contrôlée chaque semaine pendant le premier mois de traitement, deux fois par mois au cours des deuxième et troisième mois et une fois par mois pendant le reste de la première année.
Les patients traités par Mycophenolat Zeugin doivent être invités à signaler immédiatement tout signe d’infection, la survenue inattendue de taches bleues, d’hémorragies ou d’autres symptômes d’aplasie médullaire.
Les infections de ce genre comprennent la réactivation d’une infection virale latente par des polyomavirus par exemple. Des cas de leuco-encéphalopathie multifocale progressive (LMP), parfois à issue fatale, ont été observés chez des patients traités par mycophénolate mofétil. Une relation de cause à effet entre la LMP et le mycophénolate mofétil n’a pu être établie en raison des facteurs d’influence tels que la maladie sous-jacente, des immunosuppresseurs et la latence; un rôle contributif ne peut, toutefois être exclu. Des symptômes neurologiques mentionnés par des patients immunosupprimés devraient faire penser à une éventuelle LMP dans le cadre du diagnostic différentiel.
Une néphropathie liée au virus BK a été signalée lors de l’utilisation de mycophénolate mofétil chez des patients ayant subi une transplantation rénale. Ce type d’infection comporte un risque d’évolution grave, aboutissant parfois à la perte du greffon rénal. Une surveillance adéquate des patients peut contribuer à identifier ceux qui ont un risque de développer une néphropathie liée au virus BK. Chez les patients présentant des symptômes de néphropathie liée au virus BK, il convient d’envisager une réduction de l’effet immunosuppresseur.
Dans une évaluation cumulative des cas signalés avec mycophénolate mofétil, un petit nombre de cas de Pure Red Cell Aplasia (PRCA) a été rapporté, en majorité chez des patients transplantés rénaux ou pancréatiques, traités par mycophénolate mofétil en association avec d’autres immunosuppresseurs. Chez quelques patients, un rétablissement de la formule érythrocytaire a été observé après l’interruption ou une réduction de la dose du traitement par mycophénolate mofétil. Il faut faire preuve d’une grande prudence lors de la modification du traitement immunosuppresseur chez les patients transplantés, pour ne pas mettre en danger le greffon.
Etant donné que l’on associe mycophénolate mofétil à une incidence accrue d’effets indésirables au niveau de l’appareil digestif – ulcères gastro-intestinaux, hémorragies, perforations, par exemple –, Mycophenolat Zeugin doit être administré avec précaution aux patients présentant une grave affection gastro-intestinale.
Etant donné que Mycophenolat Zeugin est un inhibiteur de l’inosine monophosphate déshydrogénase (IMPDH), il convient, sur la base de considérations théoriques, de ne pas l’administrer aux patients souffrant de la rare carence héréditaire en hypoxanthine guanine phosphoribosyltransférase (HGPRT), notamment le syndrome de Lesch-Nyhan ou de Kelley-Seegmiller.
Il convient d’attirer l’attention des patients sur le fait que les vaccinations peuvent être moins efficaces lors de traitement par Mycophenolat Zeugin et qu’il faut renoncer à recourir à des vaccins vivants (voir «Interactions»).
Les patients âgés peuvent être exposés, par rapport aux patients plus jeunes, à un plus grand risque d’effets indésirables (voir «Effets indésirables»).
Il est recommandé de ne pas administrer Mycophenolat Zeugin en même temps que l’azathioprine, car ces deux produits peuvent provoquer une aplasie médullaire et leur administration simultanée n’a pas été testée.
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