InteractionsEffets de l’ésoméprazole sur la pharmacocinétique d’autres substances
L’inhibition de l’acidité gastrique sous ésoméprazole ou sous un autre IPP peut provoquer une augmentation ou une réduction de l’absorption de médicaments dont l’absorption est influencée par le pH intragastrique. Comme en cas d’utilisation d’autres inhibiteurs de l’acidité intragastrique, l’absorption de médicaments tels que le kétoconazole, l’itraconazole ou l’erlotinib peut être réduite et l’absorption de médicaments tels que la digoxine peut être accrue au cours d’un traitement par l’ésoméprazole. Chez des sujets sains, l’administration concomitante d’oméprazole (20 mg par jour) et de digoxine a conduit à une augmentation de 10% de la biodisponibilité de la digoxine (chez 2 sujets, l’augmentation a atteint jusqu’à 30%).
L’ésoméprazole inhibe le CYP2C19, la principale enzyme impliquée dans son métabolisme. La concentration plasmatique de substances métabolisées par le CYP2C19, comme le diazépam, le citalopram, l’imipramine, la clomipramine, la phénytoïne etc. peut par conséquent augmenter, ce qui peut nécessiter une réduction de la dose. Cela doit surtout être pris en compte en cas de prise irrégulière.
En cas d’administration concomitante de 30 mg d’ésoméprazole et de diazépam, on a observé une réduction de la clairance du diazépam de 45%. L’augmentation des taux plasmatiques de diazépam n’a toutefois été observée qu’au plus tôt 12 heures après administration. Les taux plasmatiques se situent alors au-dessous de la fourchette thérapeutique, ce qui rend improbableune interaction clinique.
En cas d’administration concomitante de 40 mg d’ésoméprazole et de phénytoïne, les concentrations plasmatiques minimales de phénytoïne ont augmenté de 13% chez des épileptiques. Il est donc recommandé de surveiller les taux plasmatiques de phénytoïne lors de l’instauration ou de l’arrêt du traitement par l’ésoméprazole.
Lors de l’administration concomitante de 40 mg d’ésoméprazole à des patients traités par la warfarine, la concentration plasmatique minimale de l’isomère R de la warfarine, moins actif, a certes légèrement augmenté, mais les temps de coagulation sont néanmoins restés à l’intérieur de la fourchette acceptable. Depuis la mise sur le marché, des cas d’augmentation cliniquement significative de l’INR sous traitement concomitant par la warfarine ont été toutefois signalés. Une surveillance étroite est recommandée au début et à la fin d’un traitement par la warfarine ou d’un traitement par d’autres dérivés de la coumarine.
Tout comme l’ésoméprazole, l’oméprazole est un inhibiteur du CYP2C19. Dans une étude croisée, l’administration de 40 mg d’oméprazole chez des volontaires a augmenté la Cmax et de l’AUC du cilostazol de 18 et de 26% respectivement, et celles d’un métabolite actif du cilostazol de 29 et de 69% respectivement.
L’administration concomitante de 40 mg d’ésoméprazole et de cisapride à des volontaires sains a entraîné une augmentation de 32% de l’AUC du cisapride et de 31% de sa demi-vie d’élimination, mais pas une augmentation significative des concentrations plasmatiques maximales. Après l’administration de cisapride seul, on a observé un léger allongement de l’intervalle QTc, mais cet allongement ne s’accentue pas après la prise de cisapride et d’ésoméprazole (voir aussi «Mises en garde et précautions»).
Chez certains patients, on a observé un taux accru de méthotrexate lors d’un traitement concomitantpar un inhibiteur de la pompe à protons. Chez les patients recevant duméthotrexate fortement dosé, il est recommandé de suspendre l’administration d’esoméprazole provisoirement.
Des interactions entre l’oméprazole et des agents antirétroviraux ont été rapportées. La signification clinique et les mécanismes de ces interactions rapportées ne sont pas toujours connus. Un pH intragastrique accru pendant un traitement à l’oméprazole peut éventuellement modifier l’absorption du médicament antirétroviral. D’autres mécanismes d’interaction possibles dépendent du CYP2C19. Pour certains agents antirétroviraux tels que l’atazanavir et le nelfinavir, on a rapporté des taux sériques réduits lors d’une administration concomitante d’oméprazole. Par conséquent, une telle association n’est pas recommandée. L’administration d’oméprazole (40 mg, 1× par jour) chez des sujets sains recevant en même temps de l’atazanavir 300 mg/ritonavir 100 mg a entraîné une réduction considérable de l’exposition à l’atazanavir (réduction de l’AUC, de la Cmax et de la Cmin d’environ 75%). L’augmentation de la dose d’atazanavir à 400 mg n’a pas compensé l’influence de l’oméprazole sur l’exposition à l’atazanavir. Des taux sériques accrus ont été rapportés pour d’autres agents antirétroviraux, parexemple pour le saquinavir. Il existe aussi certains agents antirétroviraux dont le taux sérique reste inchangé lors d’une administration concomitante d’oméprazole. Sachant que l’oméprazole et l’ésoméprazole ont des effets pharmacodynamiques et des propriétés pharmacocinétiques similaires, une administration d’ésoméprazole en association avec un traitement aux agents antirétroviraux tels que l’atazanavir ou le nelfinavir n’est pas recommandée.
On a pu démontrer que l’ésoméprazole ne possède pas d’effets cliniquement significatifs sur la pharmacocinétique de l’amoxicilline ou de la quinidine.
Dans des études de courte durée portant sur l’administration simultanée d’ésoméprazole et de naproxène, aucune interaction pharmacocinétique cliniquement pertinente n’apu être mise en évidence.
Dans une étude clinique avec permutations, le clopidogrel (dose initiale de 300 mg, puis dose de 75 mg par jour) a été administré seul et en association avec l’oméprazole (80 mg, administration en même temps que le clopidogrel) pendant 5 jours. Lors d’une administration simultanée de clopidogrel et d’oméprazole, l’exposition au métabolite actif du clopidogrel a baissé de 46% le 1er jour et de 42% le 5e jour. Lors d’une administration simultanée de clopidogrel et d’oméprazole, l’inhibition moyenne de l’agrégation plaquettaire induite par 5 µM d’ADP a baissé de 47% au bout de 24 h et de 30% au bout de 5 jours. Une autre étude a montré que l’administration de clopidogrel et d’oméprazole à des moments différents n’empêchait pas cette interaction. Il est probable que l’interaction soit due aux effets inhibiteurs de l’oméprazole sur le CYP2C19. On doit donc supposer qu’une interaction similaire se produit entre l’ésoméprazole et le clopidogrel. Des données contradictoires concernant les conséquences cliniques de cette interaction pharmacocinétique/pharmacodynamique en termes de complications cardio-vasculaires significatives ont été rapportées par des études observationnelles et des études cliniques.
Effets d’autres substances sur la pharmacocinétique de l’ésoméprazole
L’ésoméprazole est métabolisé par le CYP2C19 et le CYP3A4. L’administration concomitante d’ésoméprazole et de clarithromycine, un inhibiteur du CYP3A4 (500 mg 2 fois par jour), a eu pour conséquence de doubler l’AUC de l’ésoméprazole. L’administration concomitante d’ésoméprazole et d’un inhibiteur combiné du CYP2C19 et du CYP3A4 comme par ex. le voriconazole peut provoquer plus que le doublement de la Cmax et del’AUC de l’ésoméprazole. Toutefois, une adaptation posologique del’ésoméprazole lors d’une posologie usuelle n’est nécessaire dans aucun de ces deux cas.
Les médicaments inducteurs du CYP2C19 et/ou du CYP3A4 (par exemple rifampicine ou millepertuis [Hypericum perforatum]) peuvent réduire le taux sérique d’ésoméprazole en augmentant le métabolisme de l’ésoméprazole.
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