Mises en garde et précautionsDans les situations suivantes, il faut réduire la dose et injecter lentement le médicament:
Maladies cardio-vasculaires graves, hypovolémie, hypotension ou choc, insuffisance endocrinienne (hypophysaire, thyroïdienne, corticosurrénalienne, pancréatique) et maladie d’Addison. Chez ces patients, il faut réduire la dose car des doses «normales» font encourir un risque élevé d’hypotension grave et d’insuffisance circulatoire.
Etats susceptibles de prolonger ou de potentialiser l’effet hypnotique, comme par exemple prémédication excessive, perturbations des fonctions hépatiques et rénales, myxoedème, augmentation de l’azotémie, anémie sévère, myasthénie, dystrophies musculaires, augmentation de la pression intracrânienne et antécédents d’asthme.
Précautions particulières
Du personnel expérimenté en anesthésie doit toujours surveiller l’emploi de Pentothal, en ayant à portée de main tout le matériel nécessaire pour soutenir la respiration et la circulation.
Il faut disposer d’appareils de réanimation et d’intubation endotrachéale ainsi que d’oxygène. Il faut maintenir en permanence la perméabilité des voies aériennes.
L’administration de Pentothal en injection par voie intraveineuse continue n’est pas admise. L’injection par voie intraveineuse de thiopental durant plusieurs heures peut provoquer des nécroses tissulaires.
Il faut absolument éviter l’injection extravasculaire ou intra-artérielle.
Injection extravasculaire
Celle-ci doit être évitée absolument. Il est impératif de contrôler, avant l’injection, la présence de l’aiguille à l’intérieur de la lumière veineuse. L’injection extravasculaire peut provoquer une irritation des tissus, une douleur et une induration locales, un spasme veineux ainsi que des nécroses. Suite à une injection extravasculaire, les mesures préconisées comprennent l’injection locale de 1% de procaïne qui induit également une vasodilatation. Des applications humides chaudes améliorent la perfusion sanguine et font disparaître l’infiltration locale.
Injection dans une artère
Il est impératif d’éviter l’injection de Pentothal dans une artère. Une telle injection peut en effet provoquer un spasme vasculaire, des lésions endothéliales, une thrombose et de violentes douleurs dans le territoire tributaire de toute l’artère considérée, avec apparition d’une pâleur extrême du bras et des doigts, voire une nécrose des doigts. Si le patient est encore conscient et qu’il se plaint d’une sensation de douleurs, l’injection de Pentothal doit être immédiatement suspendue. Les mesures appropriées à entreprendre dans une telle situation dépendent de la gravité des symptômes.
Les mesures comprennent:
1. Le relâchement du garrot et de vêtements trop serrés. Cette mesure vise à diluer l’anesthésique injecté.
2. Maintenir, si possible, la canule au site de l’injection.
3. Administrer une injection intra-artérielle d’une solution de papavérine (40 à 80 mg), de faible concentration, ou encore, une solution de procaïne à 1% afin de lever le spasme de la musculature lisse.
4. Si nécessaire, il est recommandé d’entreprendre une sympatholyse du plexus brachial et/ou des ganglions stellaires, afin de réduire la douleur et d’induire une perfusion accrue des collatérales. Si besoin, on pratiquera une injection de papavérine dans l’artère sous-clavière.
5. En l’absence de contre-indications, on administrera de l’héparine afin de prévenir la formation de thrombus.
6. Envisager éventuellement une infiltration à l’aide d’un alpha-bloquant tel que la phentolamine au niveau de la zone, siège du spasme vasculaire.
7. Il convient de procéder en outre, à la demande, à un traitement symptomatique.
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