PharmacocinétiquePropriétés pharmacocinétiques générales du principe actif
Absorption
La nisoldipine est absorbée à hauteur d'au moins 87% par les muqueuses gastro-intestinales. Le jus de pamplemousse augmente la biodisponibilité des dihydropyridines en inhibant le métabolisme de premier passage (voir aussi «Interactions»).
Distribution
Le volume de distribution de la nisoldipine est de 2,7 l/kg. La nisoldipine est liée aux protéines plasmatiques, essentiellement l'albumine, à hauteur de plus de 99%.
Métabolisme
La nisoldipine est soumise à un important métabolisme de premier passage dans le foie et dans le tractus gastro-intestinal. Après administration orale d'une solution, la biodisponibilité systémique est d'environ 4-8%. La biodisponibilité de l'énantiomère (+), qui exerce l'effet pharmacologique, est environ 5 fois supérieure à celle de l'énantiomère (-). Autrement dit, les concentrations plasmatiques du principe actif racémique reflètent presque exclusivement les concentrations de l'énantiomère (+).
On trouve de la nisoldipine non métabolisée dans le plasma 15-30 minutes après l'administration d'une solution. La nisoldipine est totalement métabolisée, il n'y a pas de principe actif inchangé décelable dans les urines.
Aucun des métabolites sauf le métabolite M 9 n'exerce d'activité pharmacologique. Chez l'animal, l'activité du métabolite M 9 représente environ 10% de celle de la nisoldipine; sa contribution à l'effet hémodynamique de la nisoldipine chez l'homme est très vraisemblablement négligeable.
Elimination
La cinétique d'élimination est linéaire à toutes les doses (les doses étudiées vont de 10 à 40 mg/jour). Les demi-vies de la nisoldipine sont d'environ 2 heures (phase β) et 10-12 heures (phase γ). En l'espace de 24 heures, environ 75-90% des métabolites sont excrétés dans les urines et environ 15% dans les selles.
Propriétés pharmacocinétiques particulières du comprimé CC
Les comprimés CC de nisoldipine libèrent le principe actif de façon contrôlée et prolongée, de sorte qu'il suffit d'une prise par jour. Le comprimé contient 80% de la dose dans l'enrobage à dissolution lente et 20% du principe actif dans le noyau à dissolution rapide.
Comparativement au comprimé laqué à libération rapide, la pharmacocinétique du comprimé CC à l'état d'équilibre se caractérise par une concentration maximale moindre et une fluctuation «maximum/minimum» environ 4 fois moindre (cette fluctuation est de 113% pour le comprimé CC contre 434% pour le comprimé laqué). A l'état d'équilibre, il existe un plateau des concentrations plasmatiques de 0 à 24 h. L'état d'équilibre est atteint dès la deuxième dose. Après une prise de 20 mg sous la forme du comprimé CC, les concentrations plasmatiques maximales de nisoldipine sont atteintes en moyenne au bout de 7,3 h et sont de 0,86 µg/l. Etant donné la résorption lente du principe actif, on observe une cinétique dite «flip-flop» après la prise du comprimé CC, c'est-à-dire que la demi-vie terminale reflète la phase de résorption. La biodisponibilité absolue de la nisoldipine du comprimé CC est de 5,5% (intervalle de confiance à 90%: de 4,8 à 6,4%). A l'état d'équilibre, la biodisponibilité relative, comparativement au comprimé pelliculé, est de 146%.
Après la prise simultanée du comprimé CC et d'aliments, on a observé une augmentation des concentrations maximales et une légère diminution de l'AUC (surface sous la courbe des concentrations plasmatiques en fonction du temps) de nisoldipine. C'est pourquoi il est recommandé de prendre les comprimés à jeun.
Cinétique dans des situations cliniques particulières
(voir aussi «Posologie/Mode d'emploi»).
Chez les patients âgés, les valeurs de la C max et de l'AUC de la nisoldipine sont environ doublées (jusqu'à + 163% et 270%, respectivement).
La fluctuation maximum/minimum n'est toutefois pas plus importante. Chez les personnes âgées, il est recommandé d'ajuster la posologie: commencer par des doses réduites et surveiller étroitement (voir aussi «Posologie/Mode d'emploi»).
Il n'existe pas de différences entre les sujets sains et les patients présentant des lésions rénales, y compris les patients anuriques hémodialysés, sur le plan des valeurs de la C max et de l'AUC de la nisoldipine.
Autrement dit, il n'est pas nécessaire d'ajuster la posologie chez ces patients. Un dysfonctionnement rénal n'affecte pas la liaison de la nisoldipine aux protéines.
En cas de cirrhose du foie, les valeurs de la C max et de l'AUC peuvent être multipliées par environ 3-4. Chez ces patients, il faut donc utiliser initialement la dose minimale (10 mg de Syscor CC une fois par jour) et assurer une surveillance étroite.
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