Propriétés/EffetsCode ATC
L04AJ03
Le pegcétacoplan est une molécule symétrique composée de deux pentadécapeptides identiques attachés par une liaison covalente aux extrémités d’une molécule de polyéthylène glycol (PEG) linéaire. Le poids moléculaire du pegcétacoplan est d’environ 43,5 kilodaltons (kDa). Les unités peptidiques se lient aux compléments C3 et C3b, inhibant ainsi largement la cascade du complément. Le fragment PEG de 40 kDa confère une meilleure solubilité et une durée de vie plus longue dans l’organisme après l’administration du médicament.
Mécanisme d’action
Le pegcétacoplan se lie à la protéine C3 du complément et au fragment C3b résultant de son activation avec une haute affinité, régulant ainsi le clivage de la C3 et la production des effecteurs de l’activation du complément en aval. Dans le cadre de l’HPN, l’hémolyse extravasculaire (HEV) est favorisée par l’opsonisation du fragment C3b, tandis que l’hémolyse intravasculaire (HIV) est médiée par le complexe d’attaque membranaire (CAM) en aval. Le pegcétacoplan régule globalement la cascade du complément grâce à une action proximale sur la formation du C3b et du CAM, contrôlant ainsi les mécanismes qui conduisent à l’HEV et à l’HIV.
Dans le cadre de la C3G et de l’IC-MPGN primaire, il se produit une activation excessive de C3, qui peut se déclencher dans toutes les voies d’activation du complément (alterne, classique et des lectines), avec un dépôt excessif de produits de dégradation de C3 dans les glomérules rénaux. Ceci cause une lésion du parenchyme rénal et une atteinte de la fonction rénale. Le pegcétacoplan cible les effecteurs de l’activation du complément (C3 et C3b) en amont et inhibe ainsi l’activation déclenchée dans toutes les voies du complément (alterne, classique et des lectines). Par l’inhibition de C3, le pegcétacoplan agit directement sur l’activation incorrecte de C3 et influence la maladie sous-jacente, en réduisant le dépôt excessif de produits de dégradation de C3 dans les glomérules. En bloquant C3b, le pegcétacoplan inhibe par ailleurs, par un mécanisme d’action supplémentaire dans la cascade du complément, l’activité de la C3-convertase de la voie alterne d’activation du complément (AP). Ceci permet de réduire davantage le dépôt de produits de dégradation de C3 dans les glomérules.
Pharmacodynamique
HPN
Dans l’étude APL2-302, la concentration sérique moyenne en C3 a augmenté, passant de 0,94 g/l au début de l’étude à 3,83 g/l à la semaine 16 dans le groupe traité par le pegcétacoplan, et restée à ce niveau jusqu’à la semaine 48. Dans l’étude APL2-308, la concentration sérique moyenne en C3 a augmenté, passant d’une valeur à l’inclusion de 0,95 g/l à 3,56 g/l à la semaine 26.
Dans l’étude APL2-302, le pourcentage moyen de globules rouges HPN de types II et III, qui était de 66,80 % à l’inclusion, a augmenté à 93,85 % à la semaine 16 et est resté à ce niveau jusqu’à la semaine 48. Dans l’étude APL2-308, le pourcentage moyen de globules rouges HPN de type II et III, qui était de 42,4 % à l’inclusion, a augmenté à 90,0 % à la semaine 26.
Dans l’étude APL2-302, le pourcentage moyen de globules rouges HPN de types II et III avec dépôt de C3, qui était de 17,73 % à l’inclusion, a diminué pour atteindre 0,20 % à la semaine 16 et est resté à ce niveau jusqu’à la semaine 48. Dans l’étude APL2-308, le pourcentage moyen de globules rouges HPN de type II et III avec dépôt de C3, qui était de 2,85 % à l’inclusion, a diminué pour atteindre 0,09 % à la semaine 26.
C3G et IC-MPGN primaire
Dans l’étude APL2-C3G-310, la concentration sérique moyenne en C3 a augmenté, passant de 0,62 g/l au début de l’étude à 3,71 g/l à la semaine 26 et l’effet a été maintenu jusqu’à la semaine 52 dans le groupe traité par pegcétacoplan. Dans le groupe placébo, la concentration en C3 est restée stable jusqu’à la semaine 26 (0,57 g/l au début de l’étude ; 0,58 g/l à la semaine 26), et a augmenté, après le passage au pegcétacoplan, à 3,59 g/l à la semaine 52.
La concentration sérique moyenne en sC5b-9 a chuté, passant de 902,5 ng/ml au début de l’étude à 290,2 ng/ml à la semaine 26 dans le groupe traité par le pegcétacoplan, et l’effet a été maintenu jusqu’à la semaine 52. Dans le groupe placébo, la concentration en sC5b-9 est restée stable jusqu’à la semaine 26 (768,3 ng/ml au début de l’étude ; 759,9 ng/ml à la semaine 26) et a chuté, après le passage au pegcétacoplan, à 272,9 ng/ml à la semaine 52.
À la semaine 26, le nombre de patients présentant une diminution de l’intensité de coloration C3c lors de la biopsie rénale d’au moins deux ordres de grandeur par rapport à la valeur initiale était de 74,3 % dans le groupe pegcétacoplan, 71,4 % ayant atteint une valeur de coloration nulle, par rapport à 11,8 % des patients présentant une diminution de deux ordres de grandeur et 8,8 % ayant atteint une valeur de coloration nulle dans le groupe placébo.
Dans l’étude APL2-C3G-204, la concentration sérique moyenne en C3 a augmenté chez les patients présentant une récidive de la maladie après transplantation, passant de 0,70 g/l au début de l’étude à 2,80 g/l à la semaine 52, et la concentration sérique moyenne en sC5b-9 a diminué de 525,4 ng/ml au début de l’étude à 151,0 ng/ml à la semaine 52.
Électrophysiologie cardiaque
Aucune étude spécifique n’a été menée pour déterminer si et dans quelle mesure le pegcétacoplan peut retarder la repolarisation cardiaque. Le pegcétacoplan est une structure peptidique pégylée qui ne s’est pas révélée inhiber le canal ionique hERG (human Ether-a-go-go-Gen) lors du test correspondant. L’analyse de la relation concentration-QTc (intervalle QT corrigé en fonction de la fréquence cardiaque) a confirmé que le pegcétacoplan n’avait aucun impact sur la repolarisation cardiaque.
Efficacité clinique
HPN
L’efficacité et la sécurité du pegcétacoplan chez les patients atteints d’HPN ont été évaluées dans deux études contrôlées randomisées ouvertes de phase III : l’étude APL2-302 a été menée chez des patients déjà prétraités par un inhibiteur complémentaire, et l’étude APL2-308 a été menée chez des patients qui n’avaient pas été traités au préalable par un inhibiteur complémentaire. Dans les deux études, la dose de pegcétacoplan était de 1080 mg deux fois par semaine. Si nécessaire, la dose de pegcétacoplan pouvait être ajustée à 1080 mg tous les 3 jours.
Étude chez des patients adultes déjà prétraités par un inhibiteur complémentaire (APL2-302)
L’étude APL2-302 était une étude ouverte, randomisée, comprenant une période contrôlée contre comparateur actif de 16 semaines, suivie d’une période en ouvert de 32 semaines (OLP). Cette étude a été menée chez des patients atteints d’HPN qui étaient traités par éculizumab à dose stable depuis au moins trois mois et présentaient un taux d’hémoglobine < 10,5 g/dl.
Les patients éligibles ont été soumis à une période de préinclusion de quatre semaines durant laquelle on leur a administré du pegcétacoplan par voie sous-cutanée à raison de 1080 mg deux fois par semaine en complément de la dose d’éculizumab qu’ils recevaient déjà. Les patients ont ensuite été randomisés selon un ratio de 1:1 en vue de recevoir soit du pegcétacoplan à raison de 1080 mg deux fois par semaine, soit leur dose actuelle d’éculizumab sur toute la durée de la période contrôlée randomisée de 16 semaines. La randomisation a été stratifiée en fonction du nombre de transfusions de concentrés érythrocytaires reçues dans les 12 mois précédant le jour -28 (< 4 ou ≥ 4) et de la numération plaquettaire lors de la sélection (< 100 000/μl; ≥ 100 000/μl). Les patients arrivés au terme de la période contrôlée randomisée ont été inclus dans la période en ouvert, durant laquelle tous les patients ont reçu du pegcétacoplan pendant jusqu’à 32 semaines (les patients ayant reçu l’éculizumab durant la période contrôlée randomisée ont intégré une période de préinclusion de quatre semaines avant de passer sous pegcétacoplan en monothérapie).
Les patients avaient été vaccinés contre Streptococcus pneumoniae, Neisseria meningitidis des types A, C, W, Y et B, et Haemophilus influenzae de type B (Hib) soit dans les deux ans qui ont précédé le premier jour du traitement, soit dans les deux semaines qui ont suivi le début du traitement par pegcétacoplan. Les patients qui ont été vaccinés après le jour 1 ont reçu un traitement prophylactique par des antibiotiques appropriés jusqu’à deux semaines après la vaccination. De plus, le médecin-investigateur pouvait décider d’administrer une antibiothérapie prophylactique conformément aux directives thérapeutiques locales en vigueur aux patients atteints d’HPN qui étaient traités par un inhibiteur complémentaire. Le pegcétacoplan a été administré en perfusion sous-cutanée. La durée de la perfusion était de 20 à 40 minutes environ.
Les critères d’efficacité principal et secondaires ont été évalués à la semaine 16. Le critère principal d’efficacité était l’évolution du taux Hb entre l’inclusion et la semaine 16 (durant la période contrôlée randomisée). La valeur à l’inclusion a été définie comme la moyenne des mesures obtenues avant l’administration de la première dose de pegcétacoplan. Les transfusions évitées, c-à-d. la part de patients n’ayant pas eu besoin d’une transfusion durant la période contrôlée randomisée, et l’évolution du nombre absolu de réticulocytes, du taux de LDH et du score sur l’échelle FACIT-Fatigue (Functional Assessment of Chronic Illness Therapy – Fatigue) entre l’inclusion et la semaine 16 étaient des critères secondaires d’efficacité importants. Au total, 80 patients ont intégré la période de préinclusion. À la fin de la période de préinclusion, les 80 patients ont tous été randomisés: 41 ont été placés dans le groupe sous pegcétacoplan et 39 dans le groupe sous éculizumab. Les caractéristiques démographiques et les caractéristiques initiales de la maladie étaient globalement équilibrées entre les groupes de traitement (voir Tableau 3). Au total, 38 patients du groupe traité par pegcétacoplan et 39 patients du groupe traité par l’éculizumab sont allés au terme de la période contrôlée randomisée de 16 semaines et ont ensuite participé à la période de traitement en ouvert de 32 semaines. Au total, 12 patients sur 80 traités par pegcétacoplan (15 %) ont arrêté l’étude en raison d’événements indésirables. Chez 15 patients, la posologie a été ajustée à 1080 mg tous les trois jours conformément au protocole de l’étude. Les bénéfices ont été évalués chez douze patients, et chez huit d’entre eux, l’ajustement de la posologie a apporté un bénéfice.
Tableau 3: Données démographiques et caractéristiques initiales des patients dans l’étude APL2-302
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Paramètres
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Statistiques
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Pegcétacoplan (n=41)
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Éculizumab (n=39)
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Âge (ans)
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Moyenne (ET)
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50,2 (16,3)
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47,3 (15,8)
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Dose d’éculizumab à l’inclusion 900 mg par voie i.v. toutes les 2 semaines 900 mg par voie i.v. tous les 11 jours 1200 mg par voie i.v. toutes les 2 semaines 1500 mg par voie i.v. toutes les 2 semaines
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n (%) n (%) n (%) n (%)
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26 (63,4) 1 (2,4) 12 (29,3) 2 (4,9)
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29 (74,4) 1 (2,6) 9 (23,1) 0
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Femmes
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n (%)
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27 (65,9)
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22 (56,4)
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Délai (années) entre le diagnostic d’HPN et le jour -28
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Moyenne (ET)
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8,7 (7,4)
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11,4 (9,7)
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Taux Hb (g/dl)
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Moyenne (ET)
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8,7 (1,1)
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8,7 (0,9)
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Nombre absolu de réticulocytes (109/l)
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Moyenne (ET)
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218 (75,0)
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216 (69,1)
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Taux de LDH (U/l)
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Moyenne (ET)
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257,5 (97,6)
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308,6 (284,8)
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Score total FACIT-F*
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Moyenne (ET)
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32,2 (11,4)
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31,6 (12,5)
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Nombre de transfusions reçues dans les 12 mois précédant le jour -28
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Moyenne (ET)
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6,1 (7,3)
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6,9 (7,7)
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< 4
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n (%)
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20 (48,8)
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16 (41,0)
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≥ 4
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n (%)
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21 (51,2)
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23 (59,0)
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Numération plaquettaire lors de la sélection (109/l)
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Moyenne (ET)
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167 (98,3)
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147 (68,8)
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Numération plaquettaire lors de la sélection <100 000/μl
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n (%)
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12 (29,3)
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9 (23,1)
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Numération plaquettaire lors de la sélection ≥100 000/μl
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n (%)
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29 (70,7)
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30 (76,9)
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Antécédents d’anémie aplasique
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n (%)
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11 (26,8)
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9 (23,1)
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Antécédents de syndrome myélodysplasique
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n (%)
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1 (2,4)
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2 (5,1)
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* Le score FACIT-Fatigue est mesuré sur une échelle allant de 0 à 52, les valeurs élevées indiquant une fatigue moindre.
Le pegcétacoplan s’est révélé supérieur à l’éculizumab s’agissant du critère d’évaluation principal, à savoir l’évolution du taux d’hémoglobine par rapport à l’inclusion (p < 0,0001). L’évolution médiane ajustée du taux d’hémoglobine par rapport à l’inclusion était de 2,4 g/dl dans le groupe sous pegcétacoplan contre -1,5 g/dl dans le groupe sous éculizumab, soit une augmentation médiane ajustée à la semaine 16 de 3,8 g/dl sous pegcétacoplan par comparaison avec l’éculizumab (figure 1).
Figure 1: Évolution moyenne ajustée (± ET) du taux d’hémoglobine (g/dl) entre l’inclusion et la semaine 16 dans l’étude APL2-302

La non-infériorité s’agissant des critères d’évaluation secondaires importants, à savoir les transfusions évitées et l’évolution du nombre absolu de réticulocytes par rapport à l’inclusion, a été démontrée. Des transfusions ont pu être évitées chez 85 % des patients du groupe sous pegcétacoplan contre chez 15 % des patients du groupe sous éculizumab.
Concernant l’évolution du taux de LDH par rapport à l’inclusion, la non-infériorité n’a pas été prouvée.
En raison de la hiérarchie des tests, l’évolution du score FACIT-Fatigue par rapport à l’inclusion n’a pas été formellement analysée.
Les moyennes ajustées, la différence entre les traitements, les intervalles de confiance et les analyses statistiques réalisées pour les principaux critères d’évaluation secondaires sont présentés à la figure 2.
Figure 2: Analyse des critères d’évaluation secondaires importants dans l’étude APL2-302

Les résultats ont été cohérents dans toutes les analyses de confirmation du critère principal et des critères secondaires importants, en incluant toutes les données observées, y compris les données post-transfusion.
Les analyses de l’efficacité basées sur les critères d’évaluation principal et secondaires n’ont mis en évidence aucune différence notable entre les patients traités par pegcétacoplan selon le sexe, l’origine ethnique ou l’âge.
Une normalisation du taux Hb a été obtenue à la semaine 16 chez 34 % des patients du groupe sous pegcétacoplan contre 0 % dans le groupe sous éculizumab. Au total, 78 % des patients traités par pegcétacoplan ont vu leur nombre absolu de réticulocytes se normaliser par rapport à 3 % dans le groupe sous éculizumab. Une normalisation du taux de LDH a été obtenue chez 71 % des patients traités par pegcétacoplan contre 15 % dans le groupe sous éculizumab.
Au total, 77 patients ont intégré la période en ouvert de 32 semaines durant laquelle tous les patients ont reçu du pegcétacoplan, ce qui correspond à une exposition totale de 48 semaines au maximum. Globalement, les résultats à 48 semaines concordaient avec ceux enregistrés à la semaine 16 et prouvent que l’efficacité est durable.
Étude chez des patients adultes n’ayant pas reçu de traitement préalable par un inhibiteur complémentaire (APL2-308)
L’étude APL2-308 était une étude ouverte, randomisée, contrôlée, menée chez des patients atteints d’HPN qui n’avaient pas été traités par un inhibiteur complémentaire au cours des trois mois précédant l’étude et qui présentaient un taux Hb inférieur à la limite inférieure de la normale (LLN). Les patients éligibles ont été randomisés selon un ratio de 2:1 et ont reçu du pegcétacoplan ou un traitement de soutien (p. ex. transfusions, corticostéroïdes, supplémentation, notamment en fer, acide folique et vitamine B12), désigné ci-après comme groupe témoin, pendant toute la durée de traitement de 26 semaines.
La randomisation a été stratifiée en fonction du nombre de transfusions de PRBC reçues dans les 12 mois précédant le jour -28 (< 4 ou ≥ 4). À tout moment durant l’étude, un patient affecté au groupe témoin dont le taux Hb était de ≥ 2 g/dl en dessous de la valeur à l’inclusion ou présentant un évènement thromboembolique associé à l’HPN, pouvait passer dans le groupe pegcétacoplan pour le reste de l’étude, conformément au protocole de l’étude.
Au total, 53 patients ont été randomisés : 35 patients dans le groupe pegcétacoplan et 18 patients dans le groupe témoin. Les données démographiques et les caractéristiques de la maladie des patients à l’inclusion étaient globalement équilibrées dans les groupes de traitement. L’âge moyen était de 42,2 ans dans le groupe pegcétacoplan et de 49,1 ans dans le groupe témoin. Le nombre moyen de transfusions de concentrés érythrocytaires reçues dans les 12 mois précédant l’étude préliminaire était de 3,9 dans le groupe pegcétacoplan et de 5,1 dans le groupe témoin. Cinq patients dans chaque groupe (14,3 % dans le groupe pegcétacoplan et 27,8 % dans le groupe témoin) présentaient des antécédents d’anémie aplasique. Les autres valeurs à l’inclusion étaient : valeur moyenne Hb à l’inclusion (groupe pegcétacoplan 9,4 g/dl contre 8,7 g/dl dans le groupe témoin), nombre absolu de réticulocytes (groupe pegcétacoplan 230,2 × 109/l contre 180,3 × 109/l dans le groupe témoin), taux de LDH (groupe pegcétacoplan 2 151,0 E/l contre 1 945,9 E/l dans le groupe témoin) et numération plaquettaire (groupe pegcétacoplan 191,4 × 109/l contre 125,5 × 109/l dans le groupe témoin). 11 patients sur les 18 affectés au groupe témoin sont passés au pegcétacoplan, car leur taux Hb a baissé de ≥ 2 g/dl en dessous de la valeur à l’inclusion. 52 patients randomisés sur 53 (97,8 %) ont reçu un traitement antibiotique prophylactique conformément aux directives de prescription locales.
Les critères d’efficacité principaux et secondaires ont été évalués à la semaine 26. Les deux critères co-principaux d’efficacité étaient la stabilisation du taux Hb, définie comme l’évitement d’une chute de la concentration Hb > 1 g/dl par rapport à l’inclusion sans transfusion, et l’évolution de la concentration de LDH par rapport à l’inclusion.
Dans le groupe traité par pegcétacoplan, 30 patients sur 35 (85,7 %) ont atteint une stabilisation du taux Hb contre 0 patient dans le groupe témoin. L’écart ajusté entre le groupe pegcétacoplan et le groupe témoin était de 73,1 % (IC à 95 % : 57,2 % à 89,0 % ; p < 0,0001).
La variation moyenne (ET) des moindres carrés (LS) de la concentration de LDH à la semaine 26 par rapport à l’inclusion était de -1 870 E/l dans le groupe traité par pegcétacoplan contre -400 E/l dans le groupe témoin (p < 0,0001). La différence entre le groupe pegcétacoplan et le groupe témoin était de 1 470 (IC à 95 % : -2 113 à -827). Les différences de traitement entre le groupe pegcétacoplan et le groupe témoin ont été observées à la semaine 2 et ont perduré jusqu’à la semaine 26 (figure 3). Les concentrations de LDH du groupe témoin sont restées élevées.
Figure 3 : Concentration de LDH (E/l) moyenne (±ET) dans le temps selon le groupe de traitement dans l’étude APL2-308

Pour les critères d’efficacité secondaires importants, réponse de l’Hb sans transfusion, variation du taux Hb et évolution du nombre absolu de réticulocytes, une différence significative entre les traitements a été observée dans le groupe traité par pegcétacoplan par rapport au groupe témoin (tableau 4).
Tableau 4 : analyse des critères secondaires importants dans l’étude APL2-308
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Paramètre
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Pegcétacoplan (N = 35)
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Groupe témoin (N = 18)
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Différence (IC à 95 %) Valeur p
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Réponse de l’Hb sans transfusiona (n, %)
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25 (71 %)
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1 (6 %)
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54 % (34 %; 74 %) p < 0,0001
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Variation du taux Hb (g/dl) de l’inclusion à la semaine 26 Moyenne LS (ET)
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2,9 (0,38)
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0,3 (0,76)
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2,7 (1,0 ; 4,4)
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Évolution du nombre absolu de réticulocytes (109/l) de l’inclusion à la semaine 26 Moyenne LS (ET)
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-123 (9,2)
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-19 (25,2)
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-104 (-159 ; -49)
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a La réponse de l’Hb était définie comme l’augmentation de l’hémoglobine de ≥ 1 g/dl de l’inclusion à la semaine 26. IC = intervalle de confiance, LS = moindre carré (least square), ET = erreur type
C3G et IC-MPGN primaire
L’efficacité et la sécurité du pegcétacoplan chez les patients atteints de C3G ou d‘IC-MPGN primaire ont été évaluées dans l’étude contrôlée par placébo, randomisée en double aveugle de phase III APL2-C3G-310 ; étaient inclus des adultes et des adolescents présentant une maladie des reins natifs ou une récidive de C3G ou d’IC-MPGN primaire après une transplantation rénale.
La dose de pegcétacoplan était de 1080 mg deux fois par semaine pour les adultes ou les adolescents d’un poids corporel ≥ 50 kg ou en fonction du poids pour les adolescents dont le poids corporel était inférieur à 50 kg.
Étude chez des patients adultes et adolescents atteints de C3G ou d’IC-MPGN primaire (APL2-C3G-310)
L’étude APL2-C3G-310 était une étude randomisée, en double aveugle, avec une période de traitement contrôlée par placébo de 26 semaines, suivie d’une période de traitement en ouvert de 26 semaines (OLP). Cette étude a été menée chez des adolescents âgés de 12 à 17 ans et des adultes atteints de C3G ou d’IC-MPGN primaire. Ont été inclus des patients présentant une maladie des reins natifs et des patients présentant une récidive de la maladie après transplantation, avec une protéinurie ≥ 1 g/jour et un DFGe ≥ 30 ml/min/1,73 m2. Les patients ont reçu au moins 12 semaines avant la randomisation une dose stable et optimisée pour le traitement de la C3G/IC-MPGN primaire (p. ex. inhibiteurs du SRA, inhibiteurs du cotransporteur sodiumglucose de type 2 [inhibiteur SGLT2], immunosuppreseurs, corticostéroïdes systémiques à une dose maximale équivalente à 20 mg/jour de prednisone).
Les patients en question ont été randomisés selon un ratio de 1:1 en vue de recevoir pendant la phase de traitement de 26 semaines contrôlée par placébo (RCP) le pegcétacoplan ou le placébo deux fois par semaine par voie sous-cutanée. Lors de la randomisation, deux facteurs de stratification ont été appliqués: patients avec une récidive de la maladie après transplantation par rapport aux patients avec une maladie des reins natifs, et patients ayant une biopsie des reins au début de l’étude (soit pendant la sélection soit pendant les 28 semaines avant la randomisation) par rapport aux patients sans biopsie des reins au début de l’étude. Pendant la RCP, les modifications du schéma de traitement initial pour la C3G/l’IC-MPGN primaire ont été limitées au minimum, et entreprises uniquement si ceci était nécessaire au bien-être du patient. Les patients qui avaient conclu la phase RCP sont passés à la phase de traitement en ouvert de 26 semaines (OLP), durant laquelle tous les participants recevaient du pegcétacoplan deux fois par semaine.
124 patients au total ont été randomisés, dont 63 ont reçu du pegcétacoplan et 61 le placébo. Les données démographiques et les caractéristiques de la maladie des patients à l’inclusion étaient réparties de manière globalement équilibrée entre les deux groupes (voir Tableau 5). Au total, 118 patients ont conclu la RCP de 26 semaines, et 114 d’entre eux la phase de traitement OLP par pegcétacoplan (N = 59 pegcétacoplan/pegcétacoplan ; N = 55 placébo/pegcétacoplan).
Tableau 5 : données démographiques initiales et caractéristiques de la maladie des patients de l’étude APL2-C3G-310
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Paramètre
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Statistique
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Pegcétacoplan (N = 63)
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Placébo (N = 61)
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Âge (ans)
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Moyenne (ET)
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28,2 (17,1)
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23,6 (14,3)
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Adolescents (12–17 ans)
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n (%)
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28 (44,4)
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27 (44,3)
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Adultes ≥18 ans
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n (%)
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35 (55,6)
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34 (55,7)
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Sexe Homme Femme
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n (%) n (%)
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26 (41,3) 37 (58,7)
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28 (45,9) 33 (54,1)
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Maladie à la sélection
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C3G
|
n (%)
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51 (81,0)
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45 (73,8)
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C3GN
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n (%)
|
45 (71,4)
|
41 (67,2)
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DDD
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n (%)
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4 (6,3)
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4 (6,6)
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Non définie
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n (%)
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2 (3,2)
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0
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IC-MPGN
|
n (%)
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12 (19,0)
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16 (26,2)
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Délai depuis le diagnostic de C3G/IC-MPGN (années)
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Moyenne (ET)
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3,64 (3,47)
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3,76 (3,62)
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Transplantation rénale préalable
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n (%)
|
5 (7,9)
|
4 (6,6)
| |
Délai depuis la dernière transplantation rénale (années)
|
Moyenne (ET)
|
11,4 (6,7)
|
5,8 (6,4)
| |
Délai depuis la dernière récivide de la maladie après transplantation (années)
|
Moyenne (ET)
|
1,47 (1,49)
|
1,38 (1,64)
| |
uPCR dans l’urine du matin mesurée trois fois à l’inclusion (mg/g)
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Moyenne (ET)
|
3124 (2408)
|
2541 (2015)
| |
DFGe à l’inclusion (ml/min/1,73 m2)
|
Moyenne (ET)
|
78,5 (34,1)
|
87,2 (37,2)
| |
Coloration C3c dans la biopsie à l’inclusion
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3+
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n (%)
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51 (81,0)
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51 (83,6)
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2+
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n (%)
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12 (19,0)
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10 (16,4)
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Albumine sérique à l’inclusion (g/dl)
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Moyenne (ET)
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3,31 (0,61)
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3,39 (0,70)
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C3 sérique à l’inclusion (mg/dl)
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Moyenne (ET)
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60,6 (45,7)
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56,3 (35,6)
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Manifestations de la maladie
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Œdèmes
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n (%)
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45 (71,4)
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32 (52,5)
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Fatigue
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n (%)
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16 (25,4)
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8 (13,1)
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Hématurie
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n (%)
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37 (58,7)
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39 (63,9)
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Pression artérielle élevée
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n (%)
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35 (55,6)
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29 (47,5)
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Syndrome néphrotique
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n (%)
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32 (50,8)
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27 (44,3)
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Traitements associés au début de l’étude*
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Principes actifs agissant sur le système rénine-angiotensine
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n (%)
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59 (93,7)
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54 (88,5)
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Immunsuppresseurs
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n (%)
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49 (77,8)
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45 (73,8)
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Glucocorticoïdes
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n (%)
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29 (46,0)
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27 (44,3)
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* dans un délai de 12 semaines avant le début de l’étude.
C3G = glomérulopathie à dépôts de C3, C3GN = glomérulonéphrite à dépôts de C3, DDD = Dense Deposit Desease (maladie du dépôt dense), IC MPGN = glomérulonéphrite membranoproliférative à médiation par les complexes immuns, FMU = urine du matin, uPCR = ratio protéinure/créatininurie, DFGe = débit de filtration glomérulaire estimé, ET = écart-type
Le critère d’évaluation principal de l’efficacité était le rapport de transformation logarithmique de l’uPCR dans l’urine du matin (FMU) à la semaine 26 par rapport à l’inclusion.
Le pegcétacoplan s’est avéré supérieur au placébo, avec une réduction statistiquement significative de l’uPCR de 68,1 % (IC à 95 %: 57,3 % à 76,2 %, p < 0,0001) par rapport à l’inclusion, contre, pour le groupe placébo, après 26 semaines de traitement (-67,2 % [IC à 95 %: -74,9 % à -57,2 %], c-à-d.+ 2,9 % [IC à 95 %: -8,6 % à 15,9 %] pour le pegcétacoplan par rapport au placébo. Une efficacité similaire a été observée dans les sous-groupes indépendamment de l’âge (adolescents vs adultes), du type de maladie (C3G vs IC-MPGN primaire), du statut de la maladie (native vs récidive après transplantation) et de l’administration simultanée d’immunosuppresseurs/glucocorticoïdes (oui vs non). L’effet du pegcétacoplan sur l’uPCR a été maintenu jusqu’à la semaine 52 (-67,2 % par rapport à l’inclusion). Les patients, qui sont passés du placébo au pegcétacoplan à la semaine 26 (Figure 4) ont présenté une diminution similaire à la semaine 52 (-51,3 %).
Figure 4: Rapport de la moyenne géométrique (IC à 95 %) de l’uCPR dans la FMU par rapport à l’inclusion dans le temps et par groupe de traitement, sur la base du modèle MMRM dans l’étude APL2-C3G-310

Remarque: le rapport de la moyenne géométrique est calculé à partir des moyennes des moindres carrés réexponentialisées
IC = intervalle de confiance, LS = méthode des moindres carrés (Least-Squares), FMU = urine du matin, uPCR = rapport protéinurie/créatinine, MMRM = modèle mixte de mesures répétées
Durant le traitement par pegcétacoplan de 26 semaines, une amélioration statistiquement significative du critère d’évaluation secondaire a été observée : 60,3 % des patients traités par pegcétacoplan ont atteint une réduction ≥ 50 % de l’uPCR, contre 4,9 % dans le groupe placébo (p < 0,0001).
Le traitement par pegcétacoplan de 26 semaines a également donné lieu à une part plus élevée de patients atteignant une réduction de deux ordres de grandeur ou plus sur une échelle de 0 à 3 dans l’intensité de la coloration de C3 des reins, 26 patients (74,3 %) sous pégcétacoplan contre 4 patients (11,8 %) sous placébo (valeur nominale p < 0,0001), ce qui indique une modification de la maladie chez les patients traités par pegcetacoplan.
Le traitement par pegcétacoplan de 26 semaines a montré une stabilisation du DFGe avec une modification par rapport à l’inclusion de -1,497 (2,242) sous pegcétacoplan contre -7,808 (1,919) sous placébo (valeur nominale p = 0,0333). L’effet du pegcétacoplan sur le DFGe a été maintenu jusqu’à la semaine 52.
Une efficacité similaire a été observée pour la réduction de la protéinurie ≥ 50 %, une clairance de la coloration de C3 et une stabilisation du DFGe dans tous les sousgroupes concernés à la semaine 26.
Étude chez des adultes présentant une récidive de C3G ou d’IC-MPGN primaire après transplantation (APL2 C3G-204)
L’étude APL2-C3G-204 était une étude en ouvert, randomisée, de phase II, incluant 13 patients adultes atteints d’une récidive de la maladie C3G (N = 10) ou IC-MPGN primaire (N = 3) après transplantation sur une période de 52 semaines.
Au cours des 12 premières semaines de l’étude, 10 patients ont reçu du pegcétacoplan en plus du traitement standard (SOC), et 3 patients uniquement le traitement standard. Tous les patients ont reçu du pegcétacoplan de la semaine 13 à la semaine 52.
Le critère d’évaluation principal, une réduction de l’intensité de la coloration de C3 lors de la biopsie rénale à la semaine 12, a été observé chez 50 % des patients traités par pegcétacoplan (5 patients sur 10, dont 4 ont obtenu un score de coloration nul), et chez 33,3 % des patients du groupe de contrôle (1 patient sur 3, ce dernier obtenant un score de coloration de 1).
Globalement, les modifications et modifications en pourcentage du DFGe étaient faibles par rapport à la valeur à l’inclusion (critère d’évaluation secondaire). Le DFGe moyen (ET) est passé de 52,3 (12,11) ml/min/1,73 m2 au début de l’étude à 57,3 (25,12) ml/min/1,73 m2 à la semaine 52, et le DFGe médian est passé de 50,5 ml/min/1,73 m2 au début de l’étude à 58,5 ml/min/1,73 m2 à la semaine 52. Chez la plupart des patients (9 patients sur 13 [69,2 %]) dans tous les groupes, une stabilisation ou une amélioration du DFGe à la semaine 52 a été atteinte.
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