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Information professionnelle sur Sufenta®/- forte:Janssen-Cilag AG
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Apt.conduiteEffets indésir.SurdosagePropriétésPharm.cinét.Donn.précl.RemarquesNum. Swissmedic
PrésentationsTitulaireMise à jour 

Composition

Principe actif: Sufentanili citras.
Excipients: Natrii chloridum, Aqua ad iniectabilia.

Forme galénique et quantité de principe actif par unité

Sufenta solution injectable: 0,0075 mg de citrate de sufentanil (corresp. à 5 µg de sufentanil) pro ml.
Sufenta forte solution injectable: 0,075 mg de citrate de sufentanil (corresp. à 50 µg de sufentanil) pro ml.
Sufenta/- forte est une solution aqueuse isotonique et stérile, ne contenant pas d'agent conservateur.

Indications/Possibilités d’emploi

Sufenta/- forte par voie péridurale est indiqué chez l'adulte
·pour l'analgésie postopératoire (chirurgie générale, thoracique, orthopédique, césarienne);
·comme analgésique d'appoint, en association avec la bupivacaïne péridurale pendant les contractions utérines et les accouchements normaux.
Sufenta/- forte par voie intraveineuse est indiqué chez l'adulte
·comme analgésique de base pendant la phase d'induction et d'entretien d'une anesthésie générale combinée (en chirurgie générale, gynécologique, orthopédique);
·comme seul agent anesthésique dans l'induction et l'entretien de la narcose lors d'interventions importantes (chirurgie cardiovasculaire, neurochirurgie).
Utilisation chez l'enfant
·Sufenta/- forte par voie intraveineuse est indiqué chez l'enfant de plus de 1 mois comme analgésique d'appoint pendant la phase d'induction et/ou d'entretien d'une anesthésie générale balancée.
·Sufenta/- forte par voie péridurale est indiqué chez l'enfant de plus de 1 an pour l'analgésie postopératoire (chirurgie générale, thoracique et orthopédique).

Posologie/Mode d’emploi

Posologie usuelle
La posologie doit être adaptée à chaque cas particulier. Elle dépend de plusieurs facteurs: de l'âge, du poids et de l'état général du patient, de l'administration éventuelle d'autres médicaments, ainsi que de l'affection en cause et du type d'opération et d'anesthésie.
En cas d'utilisation de doses supplémentaires, les effets de la dose initiale doivent être pris en compte.
Administration péridurale
Avant d'injecter Sufenta/- forte dans l'espace péridural, s'assurer que l'aiguille ou le cathéter a été correctement introduit.
Analgésie postopératoire: En règle générale, une dose initiale de 30–50 µg produit une analgésie adéquate de 4 à 6 heures. Des boli supplémentaires de 25 µg peuvent être administrés s'il apparaît des signes de déclin de l'analgésie.
La durée d'utilisation en période postopératoire doit être strictement limitée à 24 heures.
Comme analgésique d'appoint pendant les contractions utérines et l'accouchement: L'adjonction de 10 µg de Sufenta/- forte à la bupivacaïne péridurale (0,125–0,25%) fournit une analgésie plus durable et de meilleure qualité. Si nécessaire, cette association peut être répétée à deux reprises. Ne pas dépasser un total de 3× 10 µg de sufentanil par accouchement.
Groupes de patients particuliers
Patients âgés (65 ans et plus)
Réduire les doses chez les patients âgés ou affaiblis. Bien que l'on n'ait pas observé d'allongement de la demi-vie plasmatique du sufentanil chez les patients âgés, les modifications des paramètres cardiovasculaires qu'il peut induire sont plus fréquents chez eux.
Patients pédiatriques
Chez l'enfant, Sufenta/- forte ne doit être administré par voie péridurale que par des anesthésistes spécialement formés à l'anesthésie péridurale pédiatrique et au traitement des effets dépresseurs respiratoires des opioïdes. Un équipement de réanimation approprié comprenant des appareils permettant de sécuriser les voies aériennes ainsi qu'un antagoniste des opiacés doivent être à portée de main.
Les patients pédiatriques doivent être gardés en observation pendant au moins 2 heures après l'administration péridurale de Sufenta/- forte, afin de détecter tout signe de dépression respiratoire. Les données disponibles sur l'administration péridurale de Sufenta/- forte chez des patients pédiatriques sont limitées.
Enfants <1 an
Aucune donnée n'est disponible sur l'administration péridurale de Sufenta/- forte chez le nouveau-né et le nourrisson de moins de 3 mois et il n'existe que des données limitées sur l'administration péridurale de Sufenta/- forte chez l'enfant âgé de 3 mois à 1 an (voir «Propriétés/Effets»). La sécurité et l'efficacité de Sufenta/- forte chez l'enfant de moins de 1 an n'ont pas été établies (voir «Propriétés/Effets»). Aucune recommandation posologique ne peut donc être formulée pour les enfants de ce groupe d'âge.
Enfants ≥1 an
Dans les études cliniques, une seule dose de 0,25-0,75 µg/kg de Sufenta/- forte administrée en bolus peropératoire a entraîné une analgésie pendant une durée de 1 à 12 heures. La procédure chirurgicale et l'utilisation péridurale concomitante d'anesthésiques locaux de type amide influencent la durée de l'analgésie effective.
Administration intraveineuse
Afin d'éviter une bradycardie, il est recommandé d'administrer en i.v. un anticholinergique à dose faible juste avant l'induction.
Utilisation comme analgésique d'appoint: Une dose initiale de 0,5–5 µg/kg de Sufenta/- forte provoque une analgésie profonde chez les patients devant subir une intervention de chirurgie générale. Les réactions sympathiques et hormonales au stress opératoire sont ainsi suffisamment atténuées pour garantir une bonne stabilité cardiovasculaire. La durée de l'effet est fonction de la dose. En règle générale, une dose de 0,5 µg/kg agit pendant 50 min environ. Des doses de 10–25 µg peuvent être réadministrées en fonction des besoins de chaque patient et de la fin présumée de l'opération.
Utilisation comme seul agent anesthésique général: Aux doses >5 µg/kg, le Sufenta induit la narcose et une analgésie durable de degré dose-dépendant, sans qu'il soit nécessaire de recourir à d'autres anesthésiques. Les réactions sympathiques et hormonales au stimuli chirurgicaux sont en outre diminuées. Des réinjections de 25–50 µg suffisent généralement à maintenir la stabilité cardiovasculaire pendant la narcose.
Groupes de patients particuliers
Patients âgés (65 ans et plus)
Réduire les doses chez les patients âgés ou affaiblis. Bien que l'on n'ait pas observé d'allongement de la demi-vie plasmatique du sufentanil chez les patients âgés, les modifications des paramètres cardiovasculaires qu'il peut induire sont plus fréquents chez eux.
Patients pédiatriques
Enfants ≤1 mois (nouveau-nés)
Étant donné la grande variabilité des paramètres pharmacocinétiques chez le nouveau-né, aucune recommandation posologique ne peut être formulée (voir «Mises en garde et précautions», «Propriétés/Effets»).
Enfants >1 mois
Une prémédication par un anticholinergique tel que l'atropine est recommandée pour toutes les doses (en l'absence de contre-indication aux anticholinergiques).
Induction de l'anesthésie
Sufenta/- forte peut être administré en bolus lent de 0,2-0,5 µg/kg pendant 30 secondes ou plus, en association avec un principe actif inducteur d'anesthésie. En cas d'opérations majeures (p.ex. interventions cardiaques), des doses allant jusqu'à 1 µg/kg peuvent être administrées.
Entretien de l'anesthésie chez les patients ventilés
Sufenta/- forte peut être administré dans le cadre d'une anesthésie générale balancée. La posologie dépend de la dose des principes actifs anesthésiques administrés simultanément ainsi que du type et de la durée de l'intervention chirurgicale. Une dose initiale de 0,3–2 µg/kg administrée en bolus lent pendant 30 secondes peut, si nécessaire, être suivie de doses répétées de 0,1–1 µg/kg jusqu'à un maximum de 5 µg/kg lors d'interventions cardiaques.

Contre-indications

Hypersensibilité connue au sufentanil ou à d'autres opioïdes.
Sufenta/- forte, comme d'autres opioïdes administrés par voie péridurale, ne devrait pas être utilisé dans les cas suivants: hémorragie importante ou état de choc, septicémie, infection au site d'injection, trouble de l'hémostase comme thrombocytopénie et coagulopathie, traitement anticoagulant, circonstances médicales ou traitement simultané constituant une contre-indication à l'administration péridurale.
L'administration intraveineuse est contre-indiquée pendant l'accouchement ou, en cas de césarienne, avant le clampage du cordon ombilical, en raison du risque de dépression respiratoire chez le nouveau-né. En revanche, l'administration péridurale de doses n'excédant pas 30 µg pendant les contractions n'a aucune incidence sur l'état de la mère ni sur celui du nouveau-né (voir «Grossesse/Allaitement»).

Mises en garde et précautions

La survenue d'une dépression respiratoire est dose-dépendante et dépend aussi de la durée d'administration. Elle peut être traitée par tout antagoniste spécifique des opioïdes comme la naloxone, par exemple. Il peut être nécessaire de recourir à des administrations répétées de l'antagoniste, car sa durée d'action peut être inférieure à la durée de la dépression respiratoire.
Comme tous les opioïdes puissants, Sufenta/- forte provoque en i.v. une analgésie profonde, qui s'accompagne d'une dépression respiratoire. Celle-ci peut se poursuivre jusqu'à la phase post-opératoire initiale ou bien resurgir aussi pendant cette phase (voir «Pharmacocinétique – Distribution»). Avant de décharger de la salle de réveil un patient ayant reçu Sufenta en perfusion ou à haute dose, il est indispensable de s'assurer qu'il respire spontanément et de façon suffisante et régulière. Une hyperventilation durant l'anesthésie peut modifier la réaction du patient au CO2 et avoir de ce fait un retentissement sur la respiration postopératoire.
Il est donc indispensable de tenir prêts l'appareillage de réanimation, de ventilation en particulier, ainsi que des antagonistes des opiacés.
L'utilisation concomitante de Sufenta/- forte et de dépresseurs du SNC, notamment de benzodiazépines ou de médicaments apparentés, chez des patients respirant spontanément implique un risque accru de dépression respiratoire, de sédation profonde, de coma et de décès. Si l'on décide d'administrer Sufenta/- forte en même temps qu'un dépresseur du SNC, notamment une benzodiazépine ou un médicament apparenté, la dose efficace la plus faible des deux médicaments doit être utilisée et la durée du traitement concomitant doit être aussi courte que possible. Les patients doivent faire l'objet d'une surveillance étroite pour détecter des signes et symptômes de dépression respiratoire et de sédation profonde. À cet égard, il est formellement recommandé d'informer les patients et leurs soignants d'être attentifs à ces symptômes (voir «Interactions»).
Sufenta/- forte administré en i.v. peut provoquer une rigidité musculaire, principalement dans la région thoracique. Cet effet peut généralement être évité par les mesures suivantes: administration en injection i.v. lente (ceci est généralement suffisant pour de faibles doses), une benzodiazépine en prémédication et l'administration de myorelaxants.
Des mouvements myocloniques non épileptiques peuvent survenir.
Une bradycardie (ou parfois un arrêt cardiaque) peut survenir lorsque le patient n'a pas reçu suffisamment d'anticholinergique ou lorsque Sufenta/- forte est associé à un myorelaxant non vagolytique. L'atropine peut traiter la bradycardie.
Les opioïdes peuvent provoquer une hypotension, surtout en cas d'hypovolémie. Des mesures appropriées doivent être prises pour stabiliser la pression artérielle.
Eviter l'injection en bolus rapide chez les patients à l'élasticité des vaisseaux cérébraux réduite. Chez ces patients, une diminution transitoire de la pression artérielle entraîne généralement une brève réduction de la pression de perfusion cérébrale.
En cas de dépendance ou de traitement aux narcotiques (patients déjà sous traitement narcotique, toxicomanie), une posologie accrue peut être nécessaire.
Il est conseillé de réduire la posologie des patients âgés ou sensibles.
Chez les patients suivants, la dose doit être augmentée avec prudence: hyperthyroïdie non contrôlée, pneumopathie, réserve respiratoire réduite, alcoolisme, insuffisance hépatique et rénale. Ces patients nécessitent aussi une plus longue surveillance.
En administration péridurale, la prudence est de rigueur lorsqu'il existe déjà une dépression respiratoire ou une gêne respiratoire fonctionnelle, ainsi qu'en présence d'une fœtopathie. En raison de la survenue précoce de la dépression respiratoire, le patient devrait faire l'objet d'une surveillance attentive après chaque dose pendant au moins 1 heure.
Étant donné la grande variabilité des paramètres pharmacocinétiques chez le nouveau-né, il existe un risque de surdosage ou de sous-dosage de Sufenta/- forte administré par voie intraveineuse durant la période néonatale (voir «Propriétés/Effets»).
La sécurité et l'efficacité de Sufenta/- forte administré par voie péridurale chez l'enfant de moins de 1 an n'ont pas été établies (voir «Propriétés/Effets»).

Interactions

Médicaments exerçant un effet dépresseur sur le système nerveux central (SNC)
Les médicaments agissant sur le système nerveux central, tels que les barbituriques, les benzodiazépines ou médicaments apparentés, les neuroleptiques, les anesthésiques généraux et d'autres dépresseurs non spécifiques du SNC (comme l'alcool), peuvent renforcer la dépression respiratoire induite par les opioïdes. La dose de Sufenta/- forte requise sera plus basse que d'habitude chez les patients ayant reçu de tels dépresseurs centraux. L'utilisation concomitante de ce type de médicaments et de Sufenta/- forte chez des patients respirant spontanément peut accroître le risque de dépression respiratoire, de sédation profonde, de coma et de décès (voir «Mises en garde et précautions»).
Effets de Sufenta/- forte sur d'autres médicaments
Il convient de réduire la posologie des autres dépresseurs du SNC après l'administration de Sufenta/- forte. Cela est particulièrement important après des interventions chirurgicales car l'analgésie profonde va de pair avec une dépression respiratoire marquée qui peut persister ou réapparaître en phase post-opératoire. L'administration d'un médicament dépresseur du système nerveux central, tel qu'une benzodiazépine ou un médicament apparenté, au cours de cette phase peut accroître le risque de dépression respiratoire de manière disproportionnée (voir «Mises en garde et précautions»).
Inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO)
Les patients traités par IMAO (dont la sélégiline), devraient cesser ce traitement deux semaines avant l'intervention chirurgicale.
Inhibiteurs du cytochrome P450 3A4 (inhibiteurs du CYP3A4)
Le sufentanil est principalement métabolisé par le cytochrome P450 3A4. Cependant, in vivo, l'érythromycine (qui inhibe également le P450 3A4) n'inhibe pas le métabolisme d'une dose i.v. unique de sufentanil. Bien qu'il n'existe pas de données cliniques à ce sujet, des données in vitro suggèrent que l'érythromycine, ainsi que d'autres inhibiteurs puissants de cet isoenzyme (tel le kétoconazole, l'itraconazole et le ritonavir) peuvent inhiber le métabolisme du sufentanil. Cette inhibition peut accroître le risque de décalage ou de prolongation de la dépression respiratoire. Une surveillance toute particulière des patients est nécessaire en cas d'emploi simultané de Sufenta/- forte et d'inhibiteurs du CYP3A4, comme par exemple les macrolides, les antimycotiques imidazolés ou les inhibiteurs des protéases. En particulier, il peut s'avérer nécessaire de diminuer la posologie de Sufenta/- forte.
Substances sérotoninergiques
L'utilisation simultanée de sufentanil et d'une substance sérotoninergique, telle qu'un inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (ISRS), un inhibiteur de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN) ou un IMAO peut accroître le risque de syndrome sérotoninergique, un état potentiellement fatal.

Grossesse/Allaitement

Grossesse
Le sufentanil n'a pas eu d'effets tératogènes lors des études de reproduction effectuées chez l'animal (voir «Données précliniques»). Il n'existe cependant pas d'études contrôlées sur des femmes enceintes, c'est pourquoi Sufenta/- forte ne devrait pas être utilisé pendant la grossesse sauf en cas d'absolue nécessité.
Le sufentanil passe vite dans le placenta humain avec une augmentation linéaire en cas d'augmentation de la concentration maternelle. Un rapport de 0,81 a été déterminé pour le rapport concentration veineuse ombilicale: concentration veineuse maternelle.
Des études cliniques contrôlées ont montré que Sufenta/- forte, administré pendant les contractions avec la bupivacaïne en épidurale à des dosages allant jusqu'à 30 µg, n'a aucun effet négatif sur la santé de la mère ni du nouveau-né. On devrait toutefois renoncer à une administration intra-veineuse de Sufenta/- forte pendant les contractions (voir «Contre-indications»). Après administration par voie épidurale d'une dose totale maximale de 30 µg, des concentrations plasmatiques moyennes de 0,016 ng/ml ont été mesurées dans la veine ombilicale. Un antidote pour le traitement de l'enfant devrait toujours être disponible.
Allaitement
Sufenta/- forte passe dans le lait maternel. Sufenta/- forte ne devrait pas être utilisé pendant l'allaitement à cause de son effet analgésique possible sur le nouveau-né.

Effet sur l’aptitude à la conduite et l’utilisation de machines

La conduite automobile ou l'utilisation d'une machine ne peut entrer en ligne de compte que lorsqu'un délai suffisant s'est écoulé depuis l'administration de Sufenta/- forte.

Effets indésirables

Comme tous les analgésiques de type opioïdes, Sufenta/- forte provoque un myosis et une dépression respiratoire dose-dépendante (y compris avec issue mortelle). La dépression respiratoire peut réapparaître pendant la phase postopératoire. Sufenta/- forte peut provoquer une rigidité musculaire (et aussi une rigidité thoracique) et des mouvements myocloniques.
Données provenant d'études cliniques
La sécurité d'emploi de Sufenta/- forte a été évaluée dans 6 études cliniques auprès de 650 patients traités par du sufentanil. Parmi ces 650 patients, 78 ont participé à 2 études sur le sufentanil: dans celles-ci, le sufentanil a été administré par voie intraveineuse comme anesthésique d'induction et d'entretien de l'anesthésie chez des patients devant subir une intervention lourde (by-pass coronarien ou opération à cœur ouvert). Les 572 patients restants ont participé à 4 études au cours desquelles le sufentanil a été administré par voie épidurale en tant qu'analgésique postopératoire ou en tant qu'analgésique d'appoint lors d'une anesthésie épidurale par la bupivacaïne pendant le travail et l'accouchement par voie vaginale. Tous ces patients ont reçu au moins une dose de sufentanil et des données concernant la sécurité d'emploi ont été collectées. En se fondant sur les données regroupées de ces études cliniques, les effets indésirables suivants ont été le plus fréquemment (>5%) notifiés: sédation (19,5%), prurit (15,2%), nausées (9,8%) et vomissements (5,7%). Le tableau 1 ci-dessous présente les effets indésirables (EI) survenus sous sufentanil dans ces études et signalés.
Les fréquences sont présentées selon la convention suivante:
Très fréquent: ≥1/10; fréquent: ≥1/100 et <1/10; occasionnel: ≥1/1000 et <1/100; rare: ≥1/10'000 et <1/1000; très rare: ≥1/10'000, y compris les rapports de cas isolés.
Tableau 1: Effets indésirables signalés lors de 6 études cliniques sur le sufentanil

Infections et infestations

Occasionnels

rhinite.

Affections du système immunitaire

Occasionnels

hypersensibilité.

Affections psychiatriques

Occasionnels

apathie, nervosité.

Affections du système nerveux

Très fréquents

sédation 19,5%.

Fréquents

tremblement néonatal, obnubilation, céphalées.

Occasionnels

ataxie, dyskinésie néonatale, dystonie, hyperréflexie, hypertension, hypokinésie néonatale, somnolence.

Affections oculaires

Occasionnels

troubles visuels.

Affections cardiaques

Fréquents

tachycardie.

Occasionnels

bloc auriculoventriculaire, cyanose, bradycardie, arythmie*, anomalies à l'électrocardiogramme.

Affections vasculaires

Fréquents

hypertension, hypotension, pâleur.

Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales

Fréquents

cyanose néonatale.

Occasionnels

bronchospasme, hypoventilation, dysphonie, toux, hoquet, maladies des voies respiratoires.

Affections gastro-intestinales

Fréquents

nausées, vomissements.

Affections de la peau et du tissu sous-cutané

Très fréquents

prurit 15,2%.

Fréquents

coloration cutanée.

Occasionnels

dermatite allergique, sécheresse cutanée, hyperhidrose, éruption cutanée, éruption néonatale.

Affections musculosquelettiques et du tissu conjonctif

Fréquents

myoclonies.

Occasionnels

dorsalgie, hypotension néonatale.

Affections du rein et des voies urinaires

Fréquents

rétention urinaire, incontinence urinaire.

Troubles généraux et anomalies au site d'administration

Fréquents

pyrexie.

Occasionnels

hypothermie, température corporelle basse, température corporelle élevée, frissons, douleurs au site d'injection*, réaction au site d'injection, douleur.

* Effets indésirables qui n'ont été observés qu'au cours des études dans lesquelles le sufentanil était administré en tant qu'agent anesthésique par voie intraveineuse.
Données post-marketing
Le tableau 2 présente les effets indésirables constatés après l'introduction du citrate de sufentanil sur le marché dans le cadre de la surveillance post-marketing.
Les fréquences obtenues par ces notifications spontanées ne correspondent pas à la véritable incidence ou la fréquence comme c'est le cas à partir des données provenant d'études cliniques ou épidémiologiques (en raison d'un under-reporting).
Tableau 2: Effets indésirables identifiés après la mise sur le marché au cours de l'utilisation de Sufenta/Sufenta forte, classés par catégories de fréquence estimée d'après la fréquence des notifications spontanées

Affections du système immunitaire

Très rares

choc anaphylactique, réaction anaphylactique, réaction anaphylactoïde.

Affections du système nerveux

Très rares

coma, convulsions, contractions musculaires involontaires.

Affections oculaires

Très rares

myosis.

Affections cardiaques

Très rares

arrêt cardiaque (voir aussi à la rubrique «Mises en garde et précautions»).

Affections vasculaires

Très rares

choc.

Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales

Très rares

arrêt respiratoire, apnée, dépression respiratoire, œdème pulmonaire, laryngospasme (voir aussi aux rubriques «Contre-indications» et «Mises en garde et précautions»).

Affections de la peau et du tissu sous-cutané

Très rares

érythème.

Affections musculosquelettiques et du tissu conjonctif

Très rares

spasmes musculaires (voir aussi à la rubrique «Mises en garde et précautions»).

Le syndrome de la veine cave inférieure (ou Supine Hypotensive Syndrome of Pregnancy) est une complication fréquente lors de la grossesse. Au cours d'une étude contrôlée par placebo avec administration de sufentanil par voie épidurale lors de l'accouchement, un syndrome de la veine cave inférieure est apparu dans plus de 1% des cas chez les patientes recevant en même temps de la bupivacaïne et de l'épinéphrine. En raison de l'administration concomitante de plusieurs médicaments, il n'est pas possible de considérer avec certitude que ce syndrome fait partie des effets secondaires de Sufenta/- forte, mais un effet favorisant, p.ex. en raison des propriétés hypotensives de ce médicament, ne peut pas non plus être exclu.
Population pédiatrique
Il est probable que la fréquence, le type et le degré de sévérité des effets indésirables chez les patients pédiatriques correspondent à ceux observés chez les adultes.

Surdosage

Signes et symptômes
Le surdosage se manifeste par un renforcement des effets pharmacologiques de Sufenta/- forte. Des dépressions respiratoires de différents degrés de sévérité, allant d'une bradypnée à une apnée, peuvent survenir.
Traitement
En cas d'hypoventilation ou d'apnée, procéder à une oxygénation avec ventilation contrôlée. Administrer un antagoniste spécifique comme la naloxone et tenir compte du fait que la dépression respiratoire peut durer plus longtemps que l'effet de l'antagoniste. Il peut donc être nécessaire d'administrer plusieurs doses successives de l'antagoniste.
Si la dépression respiratoire est associée à une rigidité musculaire, administrer un myorelaxant en i.v. pour faciliter la ventilation artificielle.
Surveiller étroitement le patient et penser à maintenir une température et un apport liquidien suffisants. Penser à une hypovolémie en cas d'hypotension sévère ou persistante; celle-ci sera corrigée par un remplissage vasculaire parentéral.

Propriétés/Effets

Code ATC: N01AH03
Mécanisme d'action
Le sufentanil est un analgésique narcotique très puissant (environ 10 fois plus puissant que le Fentanyl®), utilisé en injection péridurale et intraveineuse. Chez le rat, sa marge thérapeutique est élevée: le rapport DL50/DE50 minimale est de 25 211 (Fentanyl: 277; morphine: 69,5).
Administration intraveineuse
L'action du sufentanil administré en i.v. intervient rapidement. Il est vite éliminé en administration de courte durée et permet ainsi un réveil rapide. Le degré d'analgésie est dose-dépendant et dépend aussi de la durée d'administration. Il peut être ajusté au degré de douleur de l'intervention chirurgicale.
Comme tous les analgésiques opioïdes, le sufentanil peut provoquer une rigidité musculaire dépendante de la dose et de la vitesse d'administration.
Les études ont montré que Sufenta/- forte ne provoque pas de sécrétion manifeste d'histamine.
Tous les effets du sufentanil peuvent être supprimés par un antagoniste des opiacés spécifique (comme la naloxone).
Administration péridurale
En administration péridurale, Sufenta/- forte est utilisé pour le traitement des douleurs post-opératoires et comme analgésique d'appoint. Il entraîne en l'espace de 5–10 min une rachianesthésie profonde et de durée moyenne (4–6 heures en général).
Population pédiatrique
Après administration péridurale de 0,75 µg/kg de sufentanil chez 15 enfants âgés de 4 à 12 ans, le délai moyen d'apparition de l'analgésie a été de 3,0 ± 0,3 minutes et la durée moyenne de l'analgésie a été de 198 ± 19 minutes.
Le sufentanil n'a été administré par voie péridurale que chez un nombre limité d'enfants âgés de 3 mois à 1 an en bolus unique de 0,25-0,75 μg/kg pour le contrôle postopératoire de la douleur.
Chez les enfants de plus de 3 mois, une dose bolus de 0,1 μg/kg de sufentanil par voie péridurale, suivie d'une perfusion péridurale de 0,03-0,3 μg/kg/h en association avec un anesthésique local de type amide a entraîné une analgésie postopératoire efficace durant jusqu'à 72 heures chez des patients ayant subi une intervention sous-ombilicale.

Pharmacocinétique

Le sufentanil est un opioïde de synthèse agissant pharmacologiquement comme un agoniste µ.
Distribution
Des études sur des doses intraveineuses de 250–1500 µg de sufentanil, au cours desquelles des mesures des concentrations sériques ont été effectuées sur une longue durée, ont livré les résultats suivants: les demi-vies séquentielles de la phase de redistribution s'élevaient à 2,3–4,5 minutes et à 35–73 minutes. Le volume de distribution du compartiment central est de 14,2 l, le volume de distribution à l'état d'équilibre est de 344 l.
Ce sont les demi-vies séquentielles de la phase de redistribution, et non la demi-vie terminale (4,1 h après 250 µg et jusqu'à 10–16 h après 500–1500 µg), qui déterminent le déclin de son taux plasmatique depuis le taux thérapeutique jusqu'à la phase de réveil. La pharmacocinétique du sufentanil évolue de manière linéaire dans le domaine posologique étudié.
En administration péridurale, les concentrations plasmatiques maximales sont atteintes dans les 10 min qui suivent l'injection; celles-ci sont 4–6 fois plus basses qu'après injection intraveineuse. L'absorption initiale est rapide, mais elle peut être réduite de 25–50% par l'administration d'adrénaline (50–75 µg).
Après injection i.v. de 5 µg/kg/PC, les taux plasmatiques sont de l'ordre de 28 ng/ml. Le sufentanil est largement distribué dans les tissus. En raison de sa forte lipophilie, il traverse rapidement la membrane cellulaire et pénètre la barrière hémato-encéphalique.
Le sufentanil se lie fortement aux protéines plasmatiques (92,5%). Par rapport à l'adulte, la liaison aux protéines chez l'enfant est faible; elle augmente avec l'âge. Chez le nouveau-né, le sufentanil est lié à près de 80,5% à des protéines, contre 88,5% chez le nourrisson et 91,9% chez l'enfant.
Une augmentation secondaire de la concentration plasmatique peut se produire par redistribution tissulaire.
Métabolisme
Le foie et l'intestin grêle sont les principaux sites de biotransformation. Le cytochrome P450 3A4 est le principal enzyme impliqué.
Elimination
La durée moyenne de demi-vie d'élimination du sufentanil est de 784 (656–938) minutes. En raison de la limite de détection du test, la durée de demi-vie d'élimination du sufentanil après administration de la dose de 250 µg était significativement plus courte (240 min) qu'après administration de la dose de 1500 µg. La clairance plasmatique est de 917 ml/min. Près de 80% de la dose administrée est éliminée au cours des 24 heures qui suivent, et seulement 2% de la dose de médicament administrée est éliminée sous forme inchangée.
Cinétique chez des groupes de patients particuliers
Patients avec perturbation de la fonction hépatique
Chez les patients cirrhotiques et par rapport aux sujets témoins, le volume de distribution est légèrement augmenté et la clairance globale est légèrement diminuée. Il s'ensuit un allongement significatif de près de 30% de la durée de demi-vie, ce qui impose une surveillance postopératoire plus longue (voir «Mises en garde et précautions»).
Patients avec perturbation de la fonction rénale
Le volume de distribution à l'état d'équilibre, la clairance globale et la durée de demi-vie d'élimination terminale chez les patients en dialyse et chez les patients après transplantation rénale ne diffèrent pas des valeurs correspondantes des sujets témoins en bonne santé. La fraction non liée du sufentanil dans cette population est la même que celle de personnes en bonne santé.
Patients pédiatriques
Les données pharmacocinétiques sont limitées chez l'enfant.
Administration intraveineuse:
La liaison aux protéines plasmatiques est plus faible chez l'enfant que chez l'adulte et augmente avec l'âge. Chez le nouveau-né, le sufentanil est lié à près de 80,5% aux protéines plasmatiques, contre 88,5% chez l'enfant en bas âge, 91,9% chez l'enfant et 92,5% chez l'adulte.
Après l'administration d'un bolus intraveineux de 10-15 µg/kg de sufentanil à des patients pédiatriques ayant subi une intervention chirurgicale cardiaque, la pharmacocinétique du sufentanil décrit, comme chez l'adulte, une courbe triexponentielle. La clairance normalisée en fonction du poids corporel s'est révélée plus élevée chez l'enfant en bas âge et l'enfant que chez l'adolescent, chez qui la clairance était comparable à celle de l'adulte. Les nouveau-nés ont présenté une clairance significativement plus faible avec une grande variabilité (intervalle de 1,2 à 8,8 ml/min/kg et une valeur divergente unique de 21,4 ml/min/kg). Les nouveau-nés ont présenté un volume de distribution plus grand à l'état d'équilibre et une demi-vie d'élimination plus longue. Les différences pharmacodynamiques dues aux différences des paramètres pharmacocinétiques peuvent être encore plus grandes lorsque l'on prend en considération la fraction non liée.
Administration péridurale:
Après administration péridurale de 0,75 µg/kg de sufentanil à 15 enfants âgés de 4 à 12 ans, les concentrations plasmatiques mesurées 30, 60, 120 et 240 minutes après l'injection ont été comprises entre 0,08 ± 0,01 et 0,10 ± 0,01 ng/ml.
Chez 6 enfants âgés de 5 à 12 ans ayant reçu un bolus de 0,6 µg/kg de sufentanil, suivi d'une perfusion péridurale continue de 0,08 µg/kg/h de sufentanil et de 0,2 mg/kg/h de bupivacaïne pendant 48 heures, la concentration maximale a été atteinte environ 20 minutes après l'injection du bolus et a été comprise entre une valeur inférieure au seuil de détection (<0,02 ng/ml) et 0,074 ng/ml.

Données précliniques

Les effets pré cliniques n'ont été observés que lors d'expositions, celles-ci sont éloignées des doses maximales humaines et par conséquent ne sont pas très pertinentes pour l'utilisation clinique.
Le sufentanil a été étudié dans une série d'études non clinique de sécurité, y compris: toxicité après une administration unique en i.v. Bolus, perfusion i.v.; administration intra-artérielle et épidurale; toxicité après plusieurs doses jusqu'à un mois (chiens et cobayes) et jusqu'à six mois (rats), toxicité de la reproduction par administration i.v., tératogénicité et embryotoxicité. La mutagénicité a été étudiée lors d'études in vitro et in vivo. Les données issues des études toxicologiques montrent que le sufentanil a une large marge de sécurité. Comme il fallait s'y attendre chez un analgésique opioïde, la cause de mort est la dépression respiratoire lors de la détermination de la DL50, d'autres variations pathologiques spécifiques aux médicaments n'ont pas été observées. L'administration épidurale était bioéquivalente avec d'autres voies d'administration systémique comme les injections i.v. et s.c.
La toxicité subchronique chez les rats et les chiens a montré, que la plupart des effets, qui ont été observés sous sufentanil, sont en rapport avec une analgésie journalière répétée et un mauvais état physique, ce qui est un résultat connu lors d'un surdosage en analgésiques opioïdes. Aucun organe ou tissus ne semble être concerné en premier. Les études de reproductions chez les rats et les lapins à des doses comprises entre 80 et 100 µg/kg/jour montrent, que le sufentanil n'est ni tératogène, ni anti-fertile primaire, ni embryotoxique ou fœtotoxique. L'effet embryolétal est qualifié comme un effet secondaire à la toxicité maternelle. Les études de mutagénicité ne donnent pas de renseignements quant à un effet mutagène.

Remarques particulières

Incompatibilités
Le médicament ne doit être mélangé qu'avec les préparations listées sous «Remarques concernant la manipulation».
Conservation
Le médicament ne doit pas être utilisé au-delà de la date mentionnée sur l'emballage après «Exp.».
La solution pour injections ne contient pas d'agents de conservation. Par conséquent, la solution est à utiliser immédiatement après ouverture. Jetez tout reste.
Remarques concernant le stockage
Conserver à l'abri de la lumière et à température ambiante (15–25 °C). Tenir hors de portée des enfants. Conserver les ampoules dans leur emballage original afin de les protéger de la lumière.
Remarques concernant la manipulation
Porter des gants lors de l'ouverture de l'ampoule.
En cas de contact involontaire avec la peau, il convient de rincer à l'eau la zone cutanée concernée. Éviter d'utiliser du savon, de l'alcool et d'autres nettoyants susceptibles de provoquer une lésion cutanée d'origine chimique ou physique.
Au besoin, Sufenta/- forte peut être mélangé aux solutions de perfusion suivantes: solution saline, solution de glucose, Ringer-lactate. La dilution pour injections ne contient pas d'agents de conservation. Une «in-use» stabilité physicochimique de 24 heures a été démontrée. Pour raisons microbiologiques, la solution doit être utilisée immédiatement après dilution. Les dilutions sont compatibles avec les poches et flacons de perfusion en plastique.

Numéro d’autorisation

52413 (Swissmedic).

Présentation

Sufenta sol inj amp 5× 2 ml (A)
Sufenta sol inj amp 5× 10 ml (A)
Sufenta forte sol inj amp 5× 1 ml (A)
Sufenta forte sol inj amp 5× 5 ml (A)

Titulaire de l’autorisation

Janssen-Cilag AG, Zug, ZG.

Mise à jour de l’information

Décembre 2018.

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