Propriétés/EffetsCode ATC
V09AX06
Propriétés physiques
Le fluor (18F) se désintègre en oxygène stable (18O) avec une demi-vie d’environ 110 minutes par émission de positons d’une énergie de 634 keV, suivie d’une émission de deux photons d’annihilation d’une énergie de 511 keV.
Mécanisme d’action
Le florbetaben (18F) se lie aux plaques séniles β-amyloïdes dans le cerveau. In vitro, le florbetaben (18F) présente une affinité nanomolaire pour les fibrilles β-amyloïdes synthétiques et pour l’homogénat du cerveau de patients atteints de MA. En outre, la liaison du florbetaben (18F) aux plaques β-amyloïdes dans des sections du cerveau des patients atteints de MA post mortem a été démontrée par autoradiographie et étayée par immunohistochimie ou coloration de Bielschowsky.
Chez des patients en fin de vie, la corrélation quantitative in vivo entre la fixation du florbetaben (18F) dans la substance grise corticale et les dépôts dans les échantillons d’autopsie n’a pas été évaluée. Aucune étude sur la liaison in vivo du florbetaben (18F) aux autres structures β-amyloïdes, ou aux autres structures cérébrales ou récepteurs n’a été menée.
Pharmacodynamique
Aux concentrations chimiques faibles présentes dans Neuraceq, le florbetaben (18F) n’a pas d’activité pharmacodynamique détectable.
Dans les essais cliniques achevés, la fixation du florbetaben (18F) dans 7 zones corticales prédéfinies du cerveau (lobe frontal, pariétal, temporal latéral et médial, occipital, cortex et noyau caudé, gyrus cingulaire postérieur/précunéus et gyrus cingulaire antérieur) et dans le cervelet a été mesurée quantitativement à l’aide des valeurs de fixation normalisées (Standardized Uptake Values, SUV). Les ratios de SUV corticales (SUVR; par rapport au cortex cérébelleux) sont plus élevés chez les patients atteints de MA par rapport à ceux observés chez les témoins sains.
Efficacité clinique
Une étude pivot réalisée sur 31 patients en fin de vie avait pour objectif de déterminer la performance diagnostique du florbetaben (18F) lors de l’évaluation de la densité des plaques séniles β-amyloïdes corticales (nulle ou faible par rapport à modérée ou élevée), d’après les critères CERAD. Les résultats de TEP ont été comparés avec la densité maximale des plaques séniles mesurée sur des sections du gyrus frontal moyen, du gyrus temporal supérieur et moyen, du lobe pariétal inférieur, de l’hippocampe et d’autres régions cérébrales à l’autopsie du patient. Le statut cognitif des patients n’a pas pu être déterminé de manière fiable. Pour les 31 patients, une interprétation visuelle, spécifique au patient, en aveugle de la TEP par 3 évaluateurs en aveugle a généralement révélé une sensibilité de l’interprétation de 100% (IC à 95%: 80,5 à 100%) et une spécificité de 85,7% (IC à 95%: 67,4 à 100%). Dans une analyse post hoc, la sensibilité et la spécificité de l’interprétation visuelle des évaluations spécifiques au patient de la TEP par rapport à l’histopathologie dans une plus grande population (74 patients) étaient respectivement de 97,9% (IC à 95%: 93,8 à 100%) et de 88,9% (IC à 95%: 77 à 100%).
La sensibilité et la spécificité de la détermination des dépôts bêta-amyloïdes au florbetaben (18F) ont fait l’objet d’une étude supplémentaire dans laquelle un groupe différent de 5 évaluateurs en aveugle, formés sur support électronique, a interprété les images de 54 patients de l’étude pivot, étudiés jusqu’à l’autopsie comprise. Les critères d’histopathologie ne correspondaient pas aux critères CERAD. Les résultats étaient inférieurs à ceux obtenus dans l’étude pivot: une sensibilité comprise entre 77,5 et 90% ainsi qu’une spécificité comprise entre 62,5 et 85,7%. L’accord inter-évaluateurs d’après les valeurs de kappa selon Fleiss était compris entre 0,68 et 0,87. En comparant les résultats de TEP avec les prélèvements histopathologiques obtenus pour tous les patients (les mêmes utilisés dans l’étude pivot d’origine et son analyse post hoc), la sensibilité et la spécificité était généralement de 100% (IC à 95%: 89,4 à 100%) et 71,4% (IC à 95%: 52,1 à 90,8%), respectivement.
Dans une étude longitudinale, 45 patients (ayant reçu le diagnostic clinique de trouble cognitif léger [mild cognitive impairment, MCI]) ont subi des examens TEP initiaux au florbetaben (18F) et ont été suivis pendant 24 mois pour évaluer la relation entre l’imagerie au florbetaben (18F) et les modifications du statut diagnostique. Au total, 29 (64,4%) patients atteints de MCI étaient positifs d’après l’examen TEP au florbetaben (18F). Lors de l’examen de suivi à 24 mois, 19 (42,2%) étaient passés au diagnostic clinique de MA. Sur les 29 patients atteints de MCI ayant présenté un examen TEP positif, un diagnostic clinique de MA a été posé chez 19 (65,5%) après 24 mois par rapport à 0 (0%) des 16 patients ayant présenté un examen négatif. La sensibilité de la TEP au florbetaben (18F) pour démontrer la progression d’un MCI en MA chez 19 patients ayant développé une MA était de 100%, la spécificité chez 26 patients sans progression était de 61,5% (IC à 95%: 42,8 à 80,2%) et le rapport de vraisemblance était de 2,60 (1,60 à 4,23). La conception de l’étude ne permet pas d’estimer le risque de progression d’un MCI en MA clinique.
Utilisation en appoint des informations quantitatives pour l’interprétation des images
La fiabilité de l’utilisation des informations quantitative comme appoint à une évaluation visuelle a été analysée dans une étude clinique rétrospective, qui évaluait (i) la performance diagnostique (c.-à-d. sensibilité et spécificité) de l’évaluation quantitative des images TEP au florbetaben par rapport à la confirmation histopathologique de la présence de plaques séniles bêta-amyloïdes dans le cerveau de patients en fin de vie (n=81) et de jeunes en bonne santé, normaux sur le plan cognitif (n=10), ainsi que (ii) la concordance entre l’évaluation visuelle majoritaire de cinq évaluateurs indépendants en aveugle et l’évaluation quantitative des images TEP au florbetaben (n=386).
Trois packs logiciel portant le marquage CE utilisant l’ensemble du cervelet comme région de référence ont été utilisés pour estimer la charge bêta-amyloïde à l’aide des valeurs de fixation normalisées (Hermes Brass v.5.1.1, Neurocloud v.1.4) ou centiloids (MIMneuro v.7.1.2). Toutes les images ont été soumises à un contrôle de qualité afin de garantir le positionnement correct de la ou des ROI; les cas qui n’ont pas réussi le contrôle de qualité ont été exclus de l’analyse (en moyenne 2,6% des cas analysés avec un logiciel portant le marquage CE).
La sensibilité et la spécificité moyennes des trois packs logiciels portant le marquage CE pour la quantification des plaques bêta-amyloïdes étaient de 95,8±1,8% et de 98,1±1,4%, respectivement. Les seuils pour la quantification des plaques bêta-amyloïdes étaient dérivés des échantillons avec confirmation post-mortem du statut amyloïde dans le cerveau comme norme de référence (provenant d’une cohorte d’autopsie clinique centrale) en utilisant l’analyse de la courbe des receiver operating characteristics (ROC). Dans un deuxième ensemble de données, les seuils dérivés ont été utilisés pour classer une cohorte de test et pour comparer l’évaluation quantitative binaire ainsi que l’évaluation visuelle. Dans un ensemble de données dont la qualité a été vérifiée, la concordance moyenne entre l’évaluation visuelle et les packs logiciels portant le marquage CE a été de 91,2±1,7% et 96,2±1,8% dans un sous-ensemble dans lequel tous les évaluateurs avaient évalué les images de manière uniforme (c.à.-d. évaluation visuelle consensuelle).
Enfants et adolescents
Neuraceq ne s’applique pas aux enfants et aux adolescents.
|